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L'identité communiste

De
686 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 336
EAN13 : 9782296299436
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L'identité communiste... La psychananlyse, la psychiatrie, la psychologie

A paraître du même auteur : La Lumière du marxisme et l'ombre du parti (Phénomène démocratique, identité communiste et phénomène totalitaire au XXe siècle)

1994 ISBN: 2-7384-3064-3

@ L'Harmattan,

Bernard FOUTRIER

L'IDENTITÉ LA PSYCHIATRIE,

COMMUNISTE... LA PSYCHOLOGIE

LA PSYCHANALYSE,

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

SOMMAIRE
"Je ne dis pas que ce (livre) écartera (...) toute espèce de doute (...)"

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PRESENTATION - CONSIDERATIONS GENERALES DE
CONCEPTIONS ET DE METHODES. I Phénomène démocratique, phénomène communiste et phénomène totalitaire au XXème siècle. II La psychologie, la psychiatrie, la psychanalyse dans l'univers du PCF (1920.45-1980). La méthode de la "description bibliographique" III La psychologie, la psychiatrie, la psychanalyse dans l'hebdomadaire "France Nouvelle" et la sphère politique de l'univers du PCF (1944-1980). La structuration et la déstructuration de l'identité communiste du PCF comme" parti marxiste"

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LIVRE PREMIER "FRANCE NOUVELLE" (NOVEMBRE 1945-FEVRIER 1980) : LA PENETRATION MASSIVE ET LA RECONNAISSANCE DE FAIT DE LA PSYCHANALYSE DANS LA SPHERE POLITIQUE DE L'UNIVERS DU PCF AU COURS DES ANNEES SOIXANTE DIX ET LES PROCESSUS DE DESTRUCTURATION, JUSQU'AUX LIMITES DE SA COHERENCE INTERNE, DE L'IDENTITE COMMUNISTE COMME "PARTI MARXISTE" DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS. A "France Nouvelle" : Novembre 1945-décembre 1973. Alentours et traces psychologiques, lentes et tardives ouvertures du côté de la psychanalyse.

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Chapitre

I.Novembre

1945

- Déc.1955/Janv.1956-Décembre
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1961. Alentours et traces psychologiques, premières ouvertures et premières apparitions de la psychiatrie et de la psychanalyse. Chapitre II.Janvier 1962-Décembre 1967. "Comment lire Freud?" ...Ou d'une accélération sensible en 1967 du processus de rentrée de la psychanalyse dans l'univers du PCF. Chapitre IIIJanvier 1968-Décembre 1973. Psychanalyse.. Ouverture tardive, ouverture tout de même.

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B "France Nouvelle" : Janvier 1974 Décembre 1976. L'ouverture à bouchées doubles... Débats feutrés, contradictions et polémiques ouvertes.

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Chapitre IVJanvier 1974-Décembre 1974. L'ouverture, contradictions et premiers débats. Chapitre VJanvier 1975-Décembre 1975. L'ouverture à pied, à cheval et en bateau à voile. Le souffle des" problèmes de société" Chapitre VIJanvier 1976-Décembre 1976. Triomphe du "désaliénisme" ? Triomphe de la psychanalyse?

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C "France Nouvelle" : Janvier 1977 Décembre 1977. Le mouvement d'ouverture à son point culminant et à ses limites. Chapitre VII. Des limites et des avantages du pluralisme" en miettes" : de la persistance des contradictions à l'insistance des "problèmes de société"... jusqu'à la poussée de "l'individu" au plein coeur des conceptions politiques du PCF. Chapitre VIII. De la répression psychiatrique en URSS aux problèmes de "la Colie" et de la spécificité psychique: les limites du "désaliénisme" ... Chapitre IX. De la psychanalyse et de la spécificité psychique aux spécificités de l'individu et à la démocratie: l'univers du PCF et l'identité communiste du PCF comme" parti marxiste" aux limites de leur cohérence interne.

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D "France Nouvelle" : Janvier 1978 - Février 1980. Le reflux... "Et le combat cessa Caute de combattants". Chapitre XJanvier 1978-Décembre 1978. Malgré quelques "beaux restes", le reflux. Chapitre XIJanvier 1979-Décembre 1979. Enlisements et paralysies, le recul se confirme. Chapitre XIIJanvier-Février 1980. Les dernières lueurs d'une fin crépusculaire.

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LIVRE DEUXIEME"LES CAHIERS DU COMMUNISME", "L'HUMANITE", "IA RAISON. CAHIERS DE PSYCHOPATHOLOGIE SCIENTIFIQUE". DE IA CONDAMNATION DE lA PSYCHANALYSE DE JUIN 1949 A SA RECONNAISSANCE DE FAIT DANS LES ANNEES SOIXANTE DIX: IA PSYCHANALYSE, "L'ESPRIT DE PARTI" ET LES PROCESSUS DE STRUCTURATION ET DE DESTRUCTURATION DE L'IDENTITE COMMUNISTE COMME "PARTI MARXISTE" DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.

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Chapitre XIII. "Les Cahiers du communisme", ou "l'esprit de parti". Série et notes bibliographiques (Novembre 1944-Janvier 1980).

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Chapitre XIV."L'Humanité". 1949, J'année de la condamnation de la psychanalyse, ou le triomphe de "l'esprit de parti" et la condamnation de juin 1949 de la psychanalyse. - Chapitre XV. Les orientations de la revue "La Raison. Cahiers de psychopathologie scientifique" (1951-1958) : "l'esprit de parti" et l'histoire française du pavlovisme dans l'univers du PCF. Chapitre XVI. 1959.61-1967. Psychiatrie, psychothérapie, psychanalyse. La psychanalyse, des "fourgons de la psychiatrie" à "Comment lire Freud? " Chapitre XVII. "L'Humanité". Janvier 1969-Décembre 1973. La page" Spéciale Idée" , ou J'ouverture... - Chapitre XVIII." L'Humanité". J anvjer 1974- Février 1980. (I) Du triomphe du "désaliénisme" à l'irrésistible poussée de la psychanalyse. Chapitre XIX. "L'Humanité'''. Janvier 1974-Février 1980. (II) Encore l'individu, encore la psychanalyse, toujours la psychiatrie, et le marxisme toujours... jusqu'aux limites de cohérence interne de l'univers du PCF et de l'identité communiste du PCF comme "parti marxiste" . Chapitre XX. "L"Humanité". Janvier 1974-Février 1980. (III) Le marxisme est-il totalitaire? L'identité communiste et la structuration de la notion identitaire du "parti marxiste" comme "entité totalitaire"... de 1883-1908 à 1949, où l'on retrouve la condamnation de la psychanalyse de juin 1949.

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EPILOGUE: LA PSYCHANALYSE, LA PSYCHIATRIE, LA PSYCHOLOGIE ET L'IDENTITE COMMUNISTE DU PCF ET DU PHENOMENE COMMUNISTE DANS LA SPHERE POUTIQUE DE L'UNIVERS DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS. (1944-1980). 1) Quelle thèse? La psychanalyse, la psychiatrie, la psychologie et la cohérence interne de l'univers du PCF et de J'identité communiste du PCF comme" parti marxiste". Propositions et énoncés. 2) Un objet conséquent? L'importance de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse dans l'univers du PCF. 3) La méthode, le mode d'exposition? Le fil rouge du problème de la spécificité psychique du psychisme, de l'" ordre psychique"

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INDEX THEMATIQUE

SOMMAIRE.

TABLE DES MATIERES DETAILLEE.

"Je ne dis pas que ce traité écartera, pour celui qui l'aura compris, toute espèce de doute, mais je dis qu'il écartera la plupart des obscurités, et les plus graves. L'homme attentif ne me demandera pas ni n'espérera lorsque nous aurons parlé d'un certain sujet, que nous l'achevions, ou, lorsque nous aurons commencé l'explication du sens d'une certaine allégorie, que nous épuisions tout ce qui a été dit au sujet de cette allégorie: ceci, un homme intelligent ne pourrait le faire de vive voix, dans une conversation, et comment pourrait-il le consigner dans un livre sans s'exposer à être un point de mire pour tout ignorant prétendant à la science, et qui lancerait vers lui les flèches de son ignorance. " Moïse MAIMONIDE ("Le guide des égarés")

"(...) la vérité tantôt nous apparaît de manière à nous sembler (claire comme) le jour, tantôt elle est cachée par les choses matérielles et usuelles, de sorte que nous retombons dans une nuit profonde à peu près comme nous étions auparavant, et nous sommes alors comme l'homme qui, se trouvant dans une nuit profondément obscure, y voit parfois briller un éclair (...). II faut savoir que, lorsqu'un des hommes parfaits désire, selon le degré de sa perfection, se prononcer, soit verbalement, ou par écrit, sur quelque chose qu'il a compris (...), il lui arrivera pour l'enseignement des autres ce qui lui est arrivé dans ses propres études; je veux dire que la chose apparaîtra et se fera entrevoir, et qu'ensuite elle se dérobera; car on dirait que telle est la nature de cette chose, qu'il s'agisse de beaucoup ou de peu." Moïse MAIMONIDE ("Le Guide des égarés")

- PRESENTATION CONSIDERATIONS GENERALES DE CONCEPTIONS ET DE METHODES.

I

PHENOMENE DEMOCRATIQUE, PHENOMENE COMMUNISTE ET PHENOMENE TOTALITAIRE AU XXème SIECLE. (page 10). 1) Les principaux axes de mes recherches sur le phénomène et l'univers communistes. (page 10). 2) Août 1914 : phénomène de mort politique, phénomène démocratique et phénomène totalitaire. (page 13). 3) Du phénomène démocratique au phénomène totalitaire: le phénomène communiste comme axe charnière actif majeur du phénomène totalitaire et comme axe charnière actif majeur entre le phénomène démocratique et le phénomène totalitaire. (page 11). 11- IA PSYCHOLOGIE, IA PSYCHIATRIE, IA PSYCHANALYSE DANS L'UNIVERS DU PCF (1920.45-1980). IA METHODE DE IA "DESCRIPTION BIBLIOGRAPHIQUE". (page 22). 111- IA PSYCHOLOGIE, IA PSYCHIATRIE, IA PSYCHANALYSE DANS L'HEBDOMADAIRE "FRANCE NOUVELLE" ET LA SPHERE POLITIQUE DE L'UNIVERS DU PCF (1944-1980). IA STRUcrURATION ET IA DESTRUCTURATION DE L'IDENTITE COMMUNISTE DU PCF COMME "PARTI MARXISTE". (page 29).

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PHENOMENE DEMOCRATIQUE, PHENOMENE COMMUNISTE ET PHENOMENE TOTAUTAlRE AU XXème SIECLE.
I

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1) Les principaux axes de mes recherches sur le phénomène et l'univers communistes. Le travail que je présente ici appartient à tout un ensemble de recherches que, maintenant depuis plus de trente ans, je poursuis et développe relativement à la formation et au fonctionnement, à l'histoire et à la signification du phénomène et de l'univers communistes. Commencé véritablement en 1962, en conséquence directe de la tenue du 22ème Congrès du PCUS et de ses répercussions quant au marxisme et à la philosophie marxiste, cet ensemble de recherches se recoupant les unes les autres, conduites de front, s'est au cours des années organisé et développé en étoile autour des axes suivants : 18)L'étude, entre 1883 et 1908, de PLEKHANOV à LENINE en passant par la polémique centrale entre BERNSTEIN et KAUTSKY, de la naissance et de la formation, à la "belle époque" de la social-démocratie allemande, de la notion identitaire du "parti marxiste", du marxisme et de la philosophie marxiste. Cette recherche commencée en 1962-1963 a été poursuivie, et conduite à bien pour l'essentiel, jusqu'en 1973.75. Son enjeu est d'abord de démontrer que la formation du marxisme comme ensemble idéologique structuré et systématisé, et, au coeur, au foyer de celui-ci, la naissance et la formation de la philosophie marxiste sont non phénomènes de type purement idéologique, mais d'abord phénomènes de type sociopolitique et politique, en ce que leur structuration interne comme tels ne se développe qu'en ce qu'elle est d'abord fondamentalement processus constitutif régulateur de la cohérence interne de la notion identitaire, non pas idéologique mais essentiellement politique, du "parti marxiste", "notion identitaire du parti marxiste" qui n'est rien d'autre que l'identité communiste du phénomène communiste. Fondamentalement, "il n'est marxisme que du parti" et "la lumière du marxisme" n'est que l'ombre portée du parti sur la réalité, les choses et les hommes: ce n'est pas la notion identitaire du "parti marxiste" -l'identité communiste- qui résulte, comme en étant la mise en forme, la réalisation, instrumentale politique dans un "parti politi~ue", du marxisme et de la philosophie marxiste, ce sont au contraire ceux-ci qui résultent des processus socio-politiques et politiques de la structuration de la notion identitaire du "parti marxiste" -l'identité communiste-, entre 1883-1908 et plus précisément entre 1890-1898.99-1908. L'autre enjeu, totalement lié au précédent, est de montrer que par là, non par leur contenu idéologique intrinsèque, mais par leur statut socio-politique et politique fondamental comme processus constitutif régulateur de la notion identitaire du "parti marxiste", le marxisme et la philosophie marxiste participèrent, dès avant 1914, et de par leur origine même, à la structuration et au fonctionnement en cohérence interne de la notion identitaire du "parti marxiste" -l'identité communiste- comme "entité totalitaire". En effet, dernier enjeu essentiel de cet axe de mes recherches sur le phénomène communiste, l'étude de la naissance de la philosophie marxiste à la "belle époque" de la social-démocratie allemande

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démontre que la notion identitaire du "parti marxiste", qui allait devenir en 19171919 l'identité communiste du phénomène communiste et fournir comme telle les formes politiques et politico-idéologiques du phénomène et système totalitaires de type communiste de l'URSS, s'est constituée, entre 1890-1898.99-1908, en fonctionnement et cohérence internes, comme "entité totalitaire" au plein coeur de la social-démocratie européenne, où elle relève comme "entité totalitaire" même, fondamentalement des processus sodo-politiques et politiques du phénomène démocratique tel que celui-ci s'est développé et "formé" entre 1870-1914. en Europe. Les analyses de la note bibliographique "conclusive" (83) de la série bibliographique concernant le journal "L'Humanité" -tout le chapitre XX ci-après- relèvent. pour l'essentiel. de ce premier axe de mes recherches. 28) L'étude des fondements du droit en univers communiste. à partir de l'étude, entre MARX et STALINE. de la conception générale du droit de E. PASUKANIS, l'un des principaux juristes et théoriciens soviétiques du droit des années vingt. Commencée en 1973, cette recherche est toujours actuellement en cours. Son enjeu est d'abord de montrer, en liaison étroite avec l'étude -de MARX à STALINE- des destinées historiques de la structuration interne du marxisme, ce qu'il advient en univers communiste de la notion essentielle de "loi", dans l'enchevêtrement et la confusion de ses diverses acceptations et "formes", morale. juridique. politique, scientifique. Dans le présent travail, on retrouve ce problème. qui d'ailleurs n'y fait que pointer, dans les notes bibliographiques (221), (223), (224), (225) -dans le chapitre VIII ci-après-, (277) et (287) -dans les chapitres XI et XII ci-aprèsconcernant dans la série bibliographique consacrée à l'hebdomadaire "France NouvelIe", le problème des "normes" et celui de l'expertise psychiatrique en justice. L'autre enjeu de cette étude des fondements du droit et plus généralement de "la loi" en univers communiste est d'analyser, de mettre en évidence l'imbrication des destinées historiques, entre MARX et STALINE, de la structuration interne du marxisme et du jeu et rôle de celui-ci dans l'instauration de l'ordre et du système totalitaires de la Russie soviétique, et, plus fondamentalement, de mettre en évidence, sur ce problème aussi complexe qu'essentiel de "la loi" et du "droit". le jeu et rôle de l'identité communiste du phénomène communiste -la notion identitaire du "parti marxiste"- dans les "formes" de type communiste du phénomène et système totalitaires de l'URSS. 38) L'étude, que je présente plus en détail ci-après, de "la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du Parti Communiste Français de 1920-1945 à 1980". Cette recherche a été commencée au début de l'année 1970. Bien qu'ayant été poursuivie de diverses façons jusqu'à ce jour, elle a été conduite à bien pour l'essentiel en 1980-1981 ; ses enjeux sont multiples que je résumerai tout à l'heure. En liaison étroite avec les problèmes de la cohérence interne du marxisme, de la philosophie marxiste et de l'identité communiste -la notion identitaire du "parti marxiste" et son fonctionnement en cohérence interne comme "entité totalitaire"-, son enjeu fondamental est l'étude dans l'univers communiste, du destin du statut de l'ordre psychique et de sa spécificité comme psychique dans l'enchevêtrement confus de ses

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divers rapports à l'ordre biologique, à l'ordre social et à l'ordre culturel, ordres de la nature, de la société et de la culture. Le travail que je présente ici est bien évidemment une partie de cette recherche d'ensemble à laquelle j'ai consacré des milliers d'heures; et le problème de la spécificité du psychisme comme tel est bien l'un des axes majeurs des analyses que je développe dans mon présent travail ; notamment, les analyses ci-après des notes bibliographiques "conclusives" (220) et (222) de la série bibliographique concernant "France Nouvelle" -les textes I et II du chapitre IX ci-après-, et des notes bibliographiques "conclusives" (82) et (83) de la série bibliographique concernant "L'Humanité" -les chapitres XIX et XX ciaprès- recoupent largement le problème de la spécificité psychique, qui ici, dans lesdites notes bibliographiques "conclusives" comme tout au long du présent ouvrage, est intimement lié à l'enjeu essentiel de ce dernier: les rapports entre la situation de la psychanalyse, de la psychiatrie et de la psychologie dans la sphère politique de l'univers du PCF et les processus de structuration et de déstructuration de l'identité communiste du PCF comme "parti marxiste". 48) L'étude, entre 1945.1947-1956, de ce que, par écho à la fameuse formule "du socialisme aux couleurs de la France", j'appellerai "le stalinisme aux couleurs de la France", qui recoupe ce qui a été dénommé non sans raison mais à tort "le jdanovisme" qui, en plein coeur du phénomène démocratique français, recouvre, en réalité, certes par référence massive à l'URSS de STALINE, mais d'abord par le jeu de processus internes propres à l'univers du PCF, l'achèvement de la structuration de la cohérence interne de l'identité communiste du PCF comme "parti marxiste", et, partant, de la structuration interne, en son foyer de cohérence et d'identité, de l'univers communiste du PCF comme "entité totalitaire". Commencée en tant que telle en 1978-1979, cette recherche a été poursuivie, et pour l'essentiel conduite à son terme, jusqu'au cours de l'année 1989 passée. Evidemment, l'axe de recherche ciavant sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF relève tout à fait de celui-ci. Et même, il en a été pour beaucoup à l'origine, notamment de par l'étude -voir tout le chapitre XIV ci-après- de la condamnation de la psychanalyse en juin 1949, et l'étude de l'histoire française du pavlovisme entre 1950 et 1956.58 -voir tout le chapitre XV ci-après-, qui relève tout à fait de mon axe de recherche sur "le stalinisme aux couleurs de la France". il en est encore de même, par exemple, des analyses concernant "l'esprit de parti" dans les notes bibliographiques de la série bibliographique consacrée à la revue "Les Cahiers du Communisme" dans le chapitre XIII ci-après. Enfm, la dernière partie des analyses de la note bibliographique "conclusive" (83) de la série bibliographique concernant "L'Humanité" -le point 8 du chapitre XX ci-après- relève aussi de ce dernier axe de recherche. Pour en terminer avec celui-ci, je préciserai qu'il constitue le cadre dans lequel se situe, comme en constituant un axe second, une recherche commencée dès 1969-1970, reprise de nombreuses fois depuis, et que j'espère conduire à bien dans les deux-trois années à venir, sur "1945-1980, l'univers intellectuel, idéologique et culturel du PCF par la description bibliographique parallèle des revues "La Pensée" (1939-1980) et "La Nouvelle Critique" (1948-1980)".

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2) Août 1914 : phénomène de mort politique, phénomène démocratique et phénomène totalitaire. Si depuis 1967-1969, époque où j'ai cessé pour l'essentiel toute activité politique militante, j'ai consacré la majeure partie de mon temps à cet ensemble de recherches sur l'univers communiste, c'est -outre diverses motivations personnelles que je connais bien pour y avoir longuement réfléchi et les avoir longuement analyséesparce que je considère que le phénomène communiste est le phénomène politique et historique le plus important dù vingtième siècle, mais aussi, par sa signification, de toute l'histoire moderne et contemporaine. En effet, il n'a pas seulement, par son ampleur dans le temps et dans l'espace, massivement déterminé l'histoire de notre siècle, il a été l'axe majeur de l'installation durable d'un type d'organisation de la société et des rapports entre les hommes radicalement inédit: le système totalitaire, dont il est, à mon sens, significatif qu'il s'est traduit d'abord -en même temps qu'il en a résulté- par, sans aucun doute, le plus grand phénomène de "mort politique" de l'histoire moderne qu'une société a connu étant en situation de paix et de par des processus proprement internes à elle-même. De plus, à la différence du phénomène fasciste et national-socialiste, qui s'inscrit en position purement réactionnelle, à contre-courant, en rupture radicale même, avec les évolutions dominantes résultant de l'ensemble des processus économiques, sociaux, politiques et culturels à l'oeuvre pour le moins depuis le seizième siècle en Europe, le phénomène communiste, quant à lui, s'ancre, s'origine directement au coeur même de ces processus, et s'inscrit non moins directement dans la suite possible desdites évolutions résultant de ceux-ci. Là est d'ailleurs la raison essentielle pour laquelle le phénomène communiste a été le phénomène historique déterminant du vingtième siècle, ainsi que l'axe majeur de l'apparition et de l'installation durable d'un système totalitaire. Et, notamment, le phénomène communiste s'ancre directement, il est directement intimement lié aux évolutions et processus socio-politiques dominants de l'Europe moderne et contemporaine, et dont résultent, entre 1870 et 1914, l'impétueux développement du phénomène démocratique, le triomphe et l'installation de la démocratie dans divers pays d'Europe. Comme déjà dit dans l'exposé ci-avant du premier axe de mes recherches sur le phénomène communiste, celui-ci est partie intégrante du phénomène et du mouvement socialistes européens, il est directement issu de la social-démocratie d'avant 1914, où, au plein coeur du phénomène démocratique européen, s'est cristallisée la notion identitaire soda-politique et politique du "parti marxiste", c'est-à-dire l'identité communiste même du phénomène communiste; voir l'ensemble des analyses du chapitre XX ci-après. Quand je dis que le phénomène communiste est l'axe majeur d'apparition et d'installation du phénomène et du système totalitaires, j'entends d'abord qu'il en est le vecteur actif décisif, la cause décisive directe, mais non -contrairement à ce que l'on prétend trop souvent- la cause fondamentale. Le phénomène et le système totalitaires se sont développés au cours du XXème siècle selon deux axes et types socio-historiques radicalement opposés: le phénomène communiste, d'une part, et le

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phénomène fasciste et nazi, d'autre part. Ces deux axes, de type communiste et de type fasciste et nazi, présentent bien une série de similitudes certaines: "le parti unique dirigeant", l"'Etat-parti", l"'idéologie officielle" unique et exclusive, l'embrigadement total et l'encadrement total politico-idéologiques et policiers des populations et des individus. Cependant, ces simulitudes "formelles", par où les deux axes et types participent, relèvent bien, l'un et l'autre, du phénomène et du système de forme totalitaire, ne sauraient annuler l'opposition socio-historique radicale entre eux, comme on l'a trop fait sous peine de ne pouvoir saisir la signification socio-historique et socio-politique ainsi occultée du phénomène totalitaire au XXème siècle, à commencer par ce fait essentiel: le développement du phénomène et du système de forme totalitaire selon deux axes et types socio-historiques radicalement opposés, le phénomène communiste d'une part, le phénomène fasciste et nazi d'autre part, témoigne de ce que ceux-ci, pour causes décisives directes qu'ils soient du phénomène et du système de forme totalitaire, ne sont pas les causes fondamentales profondes de ceux-ci. En effet, les causes fondamentales profondes de l'apparition et du développement au XXème siècle du phénomène et du système de forme totalitaire sont struturelles, de type socio-économique, socio-culturel et socio-politique, qui tiennent -sans aucun précédent historique- aux extraordinaires capacités de développement, de transformation et d'universalisation propres au mode capitaliste de production et, en son plein coeur, au mouvement du "capital" et de la "marchandise" comme formes et mouvements spécifiquement économiques: extraordinaires capacités de développement, de transformation et d'unh'ersalisation des forces productives et des moyens de production, de la "maîtrise" -non tant scientifique que technique et d'abord "économique"- de la nature, et de la "socialisation" sans cesse accélérée des sociétés, des populations et des individus comme teJs eux-mêmes. Notamment, cet extraordinaire dynamisme dudit mode de production capitaliste est tel qu'il bouleverse profondément les cadres traditionnels d'espace et de temps des sociétés, au point que celles-ci, de sociétés de permanence et d'équilibre, sont devenues sociétés de perpétuel mouvement accéléré, de déséquilibre constant, et, comme jamais auparavant, de conflits multiples, de telle sorte même que "la crise" y devient une "forme", un mode privilégié de développement. Mais, de plus, où les effets sont encore démultipliés dudit "perpétuel mouvement accéléré et de déséquilibre constant" des sociétés, l'extraordinaire capacité du mode capitaliste de production et, en particulier, J'extraordinaire capacité de mouvement et d'universalisation du "capital" et de la "marchandise" comme formes et mouvements spécifiquement économiques sont tels qu'ils bouleversent, font éclater, désintègrent profondément les structures et cadres matériels, culturels et mentaux aussi intimement intriqués que largement indifférenciés entre eux des modes traditionnels d'''intégration'' des sociétés, des population et des individus. Lesdites structures matérielles, culturelles, mentales traditionnelles d'intégration sont désormais radicalement dissociées, désintriquées, jusqu'au clivage, les unes des au-

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tres, par, aussi contradictoire que conflictuelle, aussi aléatoire et aveugle que sans cesse accélérée, la "socialisation" des sociétés, des populations et des individus, c'est-à-dire par leur" intégration" -à commencer maintenant par ceIles des individus comme tels- désormais uniquement "sociale", radicalement "socioéconomique" ... Où, désormais, les "formes de conscience" sont "sociales", de type fondamentalement aussi idéologique qu'imaginaire... Où, désormais même, l'''être humain" des individus est lui-même "social", qui, par delà son sens "social" aussi technico-fonctionnel qu'imaginaire d'appartenance au "tout social" de "la société", n'a plus possibilité d'accès à l'universel, à la transcendance et au sens symbolique que sous les "formes" socio-politiques du "sujet de droit" -partielet surtout du "sujet politique" -universelcomme "citoyen" . Et c'est pourquoi les causes fondamentales, à la fois structureIles et historiques -dans le sens ici d'abord d'événementielles- créant les conditions décisives de l'apparition éventuelle d'un phénomène et d'un système de forme totalitaire sont d'abord de type socio-politique. Lesdites causes fondamentales décisives de type socio-poJitique de l'apparition et du développement au cours du XXèmesièc1e du phénomène et du système de forme totalitaire sont structurelles parce qu'elles relèvent structurellement du dynamisme extraordinaire du mode capitaliste de production et du mouvement du "capital" et de la "marchandise" comme formes et mouvements spécifiquement économiques, parce qu'elles relèvent structurellement du bouleversement radical des cadres et structures traditionnels d'équilibre et d"'intégration" des sociétés, et parce que structurellement, elles relèvent tout particulièrement du perpétuel mouvement accéléré, contradictoire et conflictuel, de développement et d'universalisation des processus de "socialisation" des sociétés, des populations et d'abord surtout des individus. Elles sont historiques -au sens ici d'abord d'événementielles- parce qu'elles relèvent des processus socio-politiques du phénomène démocratique tel qu'il s'est développé et "formé" entre 1870-1914 en Europe, et parce qu'elles relèvent de l'échec ouvert en août 1914 dudit phénomène démocratique et, avec lui, de l'échec de la problématique socio-économique, socio-culturelle et d'abord sodo-politique des capacités et possibilités d'installation durable de la démocratie comme forme de gouvernement et système politique fondés non sur le principe de pouvoir étatique mais sur le principe formel de la citoyenneté: en effet, comme telle, comme reposant fondamentalement sur le principe formel de la citoyenneté, la démocratie est la seule forme de gouvernement, le seul système politique rézlisant pleinement le caractère formel du politique, et par là, par ce caractère formel même, la démocratie est la seule" forme de gouvernement", quelque fragile qu'elle soit structurellement, susceptible d'assurer la régulation socio-politique, qui est décisive, dudU perpétuel mouvement accéléré et hautement conflictuel de développement et d'universalisation des processus de "socialisation" -d'intégration uniquement" sociale", radicalement" socio-économique" - des sociétés, des populations et d'abord des individus.

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A dire vrai, le problème essentiel de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle n'était nullement: "capitalisme et/ou socialisme", voire "socialisme ou barbarie", mais d'abord: "démocratie et/ou totalitarisme", plus exactement "phénomène démocratique et/ou phénomène totalitaire". Il en est d'ailleurs encore de même aujourd'hui, sauf que circonscrit pour l'essentiel avant 1914 à l'espace européen, le problème se joue désormais au niveau planétaire. Août 1914 ne signa pas que la "faillite" de la social-démocratie, il signifia plus profondément un échec retentissant pour la forme politique Qémocratique qui venait tout juste, entre 1870 et 1914, de triompher et de s'installer parmi les plus importants pays belligérants d'Europe. Pendant quatre années, les plus puissants Etats démocratiques d'Europe devenaient les principaux protagonistes d'une "guerre mondiale" que l'on dit même, sinistre présage, "totale", et qui devint le premier de ces gigantesques phénomènes de "mort politique", qui, sans précédents équivalents dans toute l'histoire moderne et contemporaine, allaient balayer, plusieurs décennies durant, toute l'Europe et au-delà. Pour comprendre l'histoire mondiale et d'abord l'histoire européenne du XXème siècle, il ne faut jamais oublier que de 1914 à 1956, résultat des deux guerres mondiales, des révolutions, contre-révolutions et guerres civiles, des phénomènes et systèmes totalitaires, de type communiste et de type nazi, la "mort politique" faucha sur le continent européen, c'est-à-dire au plein centre de gravité de l'histoire mondiale, probablement presque autant de vies humaines qu'en comptait l'Europe à la naissance de VOLTAIRE. Et si j'insiste sur l'importance historique de ce gigantesque phénomène de "mort politique", c'est que je le considère non seulement comme conséquence phénoménale, mais encore et d'abord comme cause phénoménale de l'histoire du XXème siècle, et notamment comme cause phénoménale socio-politique décisive, entre 1914-1956, de l'échec durable du phénomène démocratique en même temps que du développement du phénomène totalitaire. Plus que leur affaiblissement économique durable, le rôle des puissants Etats démocratiques d'Europe comme principaux protagonistes, entre 1914-1918, du véritable premier triomphe de la "mort politique" porta à ce point discrédit à la jeune forme politique démocratique que celle-ci fut incapable de jouer son rôle de régulation socio-politique majeure, et fut même éliminée comme telle, lors des effondrements successifs -conséquences d'abord de la première guerre mondiale- de la Russie, de l'Italie, puis de l'Allemagne, de l'Espagne et même de la France. Un quart de siècle après août 1914, la forme politique démocratique, la démocratie, était balayée de tout le continent européen que se partagaient désormais deux systèmes totalitaires. Bref, après plusieurs décennies de succès notoires dans divers pays d'Europe, en août 1914, par les déclarations de guerre, et ensuite, quatre années durant, de par le rôle des Etats démocratiques dans ce qui fut alors le premier gigantesque phénomène de "mort politique" de l'histoire contemporaine, la toute jeune forme politique démocratique se trouva brutalement en situation d'échec

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retentissant comme réguJateur socio-poJitique majeur du perpétueJ mouvement accéléré et conflictuel de développement et d'universalisation des processus de "socialisation" des sociétés, des popuJations et d'abord des individus -tous phénomènes relevant de l'extraordinaire dynamisme du mode capitaliste de production. Et comme tel, cet échec, consécutivement à la guerre, de la toute jeune forme politique démocratique -telle qu'elle s'est constituée entre 1870 et 1914- est bien historiquement et structurellement, la cause fondamentale décisive favorisant l'apparition et le développement des phénomènes et systèmes totalitaires. 3) Du phénomène démocratique au phénomène totalitaire: le phénomène communiste comme axe charnière actif majeur du phénomène totaJitaire et comme axe charnière actif majeur entre le phénomène démocratique et le phénomène totalitaire. Pour autant, cet échec de la toute jeune forme politique démocratique n'est, en lui même et de par lui-même, pas suffisant pour l'apparition et le développement des phénomènes et systèmes de forme totalitaire. Il faut encore que se constituent des axes, des vecteurs socio-poJitiques actifs permettant la structuration, la cristallisation des "formes" comme totalitaires de ces phénomènes et systèmes. C'est ce rôle d'axes, de vecteurs socio-politiques actifs que jouèrent le phénomène communiste, d'une part, et le phénomène fasciste et nazi, d'autre part. Et par ce rôle, ils sont bien l'un et l'autre, historiquement, causes décisives directes de l'apparition et du développement des phénomènes et systèmes de forme totalitaire. Si je considère que le phénomène communiste consitue l'axe majeur de ceux-ci, c'est que je le pense effectivement comme plus important, plus caractéristique, et plus significatif que le phénomène fasciste et nazi dans l'apparition et le développement du phénomène et du système totalitaires, et ce pour diverses raisons: - raison pour une part, certes, d'antériorité historique; - mais surtout, raison d'abord de bien plus considérable amplitude, et dans l'espace et dans le temps; raison ensuite, qui est fondamentale, de bien plus grand "aboutissement", de bien plus grand "achèvement" des processus de "forme" totalitaire: le phénomène totalitaire de type communiste en "Russie soviétique", ce ne sera pas seulement, dès 1917-1921, l'instauration d'un "Etat totalitaire", ce sera encore, entre 1929-1933, la réalisation aboutie durable d'une "société totalitaire" ; - raison encore, tout aussi -voire davantage même- fondamentale, de différence d'ancrage, déjà signalée ci-avant, dans les processus fondamentaux -économiques, sociaux, culturels et politiques- de toute l'histoire moderne et contemporaine; en particulier, enfin -d'où l'importance fondamentale du problème de l'identité communiste et du premier axe ci-avant de mes recherches concernant la structuration de l'identité communiste entre 1890-1898.99- 1908-, raison de différence majeure d'ancrage dans les processus sodo-poJitiques du phénomène démocratique, au coeur et à l'ombre desquels s'est formée, struc-

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turée, avec la notion identitaire du "parti marxiste", l'identité communiste du phénomène communiste - voir ici, comme déjà dit, l'ens.emble des analyses du chapitre XX ci-après. Et en liaison à ces deux derniers points des différences d'ancrage existant entre le phénomène communiste et le phénomène fasciste et nazi, le phénomène communiste n'est pas seulement l'axe majeur de l'apparition et du développement des phénomènes et systèmes totalitaires. Ou plus exactement, il l'est encore en ce qu'il constitue l'axe charnière actif majeur entre les phénomènes et systèmes totalitaires et les évolutions et processus fondamentaux de l'histoire moderne et contemporaine, et en ce qu'i) est, constitue, en particulier, l'axe charnière actif majeur entre le phénomène démocratique lui-même et le phénomène totalitaire. Comme axe majeur de l'apparition et du développement des phénomènes et systèmes totalitaires, d'une part, et, d'autre part, de par ses ancrages au coeur des évolutions et processus économiques, sociaux, culturels, politiques, relevant, dans l'histoire moderne et contemporaine, du dynamisme du mode capitaliste de production, le phénomène communiste constitue entre ceux-ci et ceux7'"là,entre les phénomènes et systèmes totalitaires et les évolutions et processus fondamentaux de l'histoire moderne et contemporaine, l'axe charnière actif majeur où se jouent la signification historique du phénomène communiste lui-même en même temps que, de façon privilégiée, la signification historique profonde de l'apparition et du dé\'eloppement, au cours de ce siècle, des phénomènes et systèmes de forme
to ta Ii ta ire.

En particulier, - comme axe majeur de l'apparition et du développement du phénomène et du système de "forme" totalitaire, d'une part, - et de par son ancrage fondamental au coeur des processus socio-politiques du phénomène démocratique tel que celui-ci s'est développé et "formé" entre 18701914, d'autre part, LE PHENOMENE COMMUNISTE, à la nette différence du phénomène nazi et fasciste et en opposition radicale avec lui, CONSTITUE L'AXE CHARNIERE ACTIF MAJEUR ENTRE LE PHENOMENE DEMOCRATIQUE ET LE PHENOMENE TOTAUTAIRE, - AXE CHARNIERE ACfIF MAJEUR DONT COMME TEL, LA TRAME SIGNIFIANTE DONNE AU PHENOMENE COMMUNISTE, SA SIGNIFICATION HISTORIQUE RADICALEMENT" SOCIO-POUTIQUE", - AXE CHARNIERE ACfIF MAJEUR OU, A TRAVERS ET PAR LE PHENOMENE COMMUNISTE, LE PHENOMENE DE "FORME" TOTAUTAIRE ET LE PHENOMENE DE "FORME" DEMOCRATIQUE APPARAISSENT BIEN POUR CE QUI SONT HISTORIQUEMENT: DEUX "DOUBLES" "SOCIO-POLITIQUES" RADICALEMENT ANTINOMIQUES... "RADICALEMENT ANTINOMIQUES" CERTES, MAIS NEANMOINS "DOUBLES SOCIO-POLITIQUES" D'ABORD.

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Ce dont témoignent les deux clés de voûte du phénomène et du système totalitaires, le "Parti-Etat unique" et "J'idéologie officielle" aussi exclusive qu'impérative du "Parti-Etat unique" : l'un et l'autre sont directement issus des deux processus fondamentaux socio-politiquement constitutifs du phénomène démocratique que sont, avec l'universalisation du principe de citoyenneté et l'instauration du Suffrage Universel, la formation des "partis politiques modernes" et la caractérisation essentieHement "idéologique" des" formes de conscience sociale" par où se forme, se joue et s'exprime "l'opinion publique". De ce point de vue, avec en particulier leurs deux fondements du "Parti-Etat unique" et de "l'idéologie officielle" aussi exclusive qu'impérative du "Parti-Etat unique", le phénomène communiste et, avec lui, le phénomène ~otalitaire dans son ensemble apparaissent, tout Comme le phénomène démocratique, bel et bien comme une réponse socio-politique, une tentative de réponse socio-politique, résolument "moderne", au point d'être pour l'essentiel quasi inédite comme forme d'organisation de la société et des hommes. Quoique se développant sur la base de l'échec du phénomène démocratique et sur la base du phénomène de "mort politique" de masse ouverts l'un et l'autre en août 1914, le phénomène communiste et avec lui le phénomène totalitaire dans son ensemble sont tout comme le phénomène démocratique, une tentative socio-politique de réponse au."{effets, aussi puissants que permanents, des processus déstabilisateurs des cadres traditionnels de temps, d'espace et d'équilibre des sociétés, et d'abord, fondamentalement, une tentative socio-politique de réponses aux processus déstabilisateurs de "sociaJisation" -d'intégration uniquement "sociale", radicalement "socio-économique"des sociétés, des populations et d'abord des individus, processus résultant les uns et les autres du dynamisme sans précédent du mode capitaJiste de production et tout particulièrement du dynamisme sans précédent du mouvement du "capital" et de la "marchandise" comme "formes" et "mouvements" spécifiquement économiques. C'est en tant qu'il constitue cet axe charnière actif majeur du phénomène totalitaire, cet axe charnière actif majeur entre le phénomène totalitaire et les évolutions et processus fondamentaux de l'histoire moderne et contemporaine, ainsi que cet axe charnière actif majeur entre le phénomène démocratique lui-même et le phénomène totalitaire, que le phénomène communiste est l'objet de l'ensemble de mes recherches le concernant; et celles-ci visent précisément la triple signification historique et du phénomène communiste, et du phénomène et système de "forme" totalitaire, et finalement du phénomène démocratique lui-même. Et si le phénomène et système totalitaires comme tels, comme totalitaires, donnent bien signification au phénomène communiste, tel qu'il a historiquement eu lieu au vingtième siècle, ce n'est cependant qu'en tant et que pour autant que le phénomène et système de forme totalitaire participent de la trame signifiante du phénomène communiste comme d'abord axe charnière actif majeur entre le phénomène démocratique et eux-mêmes. En effet, de ses ancrages sodo-historiques au système totalitaire, c'est bien comme étant précisément cet axe charnière actif majeur et constituant ainsi en lui-même et de par lui-même la trame signifiante

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où se joue sa signification historique, le phénomène communiste qui, par et à travers celle-ci, donne fondamentalement -et non l'inverse- leur signification historique au phénomène et au système de forme totalitaire. Le problème de l'ensemble de mes recherches sur le phénomène communiste n'est donc pas, comme on le fait trop commodément et trop souvent, généralement par esprit polémique ou par hostilité, de comprendre, d'expliquer le phénomène communiste par le phénomène et le système totalitaires, l'explication et la signification dernières du phénomène communiste étant qu'il serait un phénomène et un système totalitaires. Le problème de mes recherches est, au contraire, d'abord de comprendre et d'expliquer ceux-ci par celui-là, d'abord de comprendre et d'expliquer le phénomène et le système totalitaires par le phénomène communiste - et non J'inverse. De même d'ailleurs, le problème de mes recherches n'est pas non plus, comme en particulier le font généralement les communistes, dans un esprit de justification, d'expliquer, de comprendre le phénomène communiste par ses ancrages dans les processus sodo-économiques, sodo-culturels, soda-politiques du mode de production capitaliste et des sociétés existantes. Mon problème est là encore, au contraire, d'abord d'expliquer et de comprendre ceux-ci par celui-là, d'abord d'expliquer et de comprendre lesdits ancrages "externes" du phénomène communiste par la réalité "interne" de celui-ci -où se joue "J'identité communiste" de celui-ci, identité non directement déductible, par voies empiriques factuelles, des ancrages" externes" du phénomène communiste. Bref, le problème de l'ensemble de mes recherches sur le phénomène communiste est d'expliquer et de comprendre à partir de la seule étude de ce qu'il est de par luimême et en lui-même, comment le phénomène communiste, de par lui-même et en lui-même, participe et relève, d'une part, de ses ancrages socio-historiques divers, notamment ses ancrages soda-politiques dans le phénomène démocratique, et, d'autre part, de l'apparition et du développement du phénomène et du système de forme totalitaire. Plus précisément encore, le problème essentiel de l'ensemble de mes recherches sur le phénomène communiste est de comprendre et d'expliquer à partir de l'étude de sa seule réalité interne, comment, de ses ancrages soda-historiques divers au phénomène et système de forme totalitaire, le phénomène communiste élabore de par luimême et en lui-même la trame signifiante par où il se constitue et fonctionne comme axe charnière actif majeur de l'apparition et du développement, au cours du vingtième siècle, du phénomène et du système totalitaires. Evidemment, ma démarche de recherche est toujours, de ce fait, radicalement interne/externe, au point que l'objet de mes recherches est moins en général le "phénomène communiste" comme tel, comme "phénomène", c'est-à-dire "en situation" dans la réalité historique où il se déploie, que d'abord, plus précisément, la seule "réalité interne" du phénomène communiste, "réalité interne" que je pourrais fort parfaitement définir et délimiter en disant qu'elle est le champ d'ombre portée de la notion identitaire du "parti marxiste" -c'est-à-dire de "l'identité com-

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muniste"- sur la réalité, des choses et d'abord des individus, mais qu'il me suffit ici de nommer par le terme d'"univers communiste", dont je me sers dans tous mes textes pour désigner l'objet de mes recherches -ce qui me permet de préciser que dans le travail que je présente ici, la notion d"'univers du PCF" désigne la "réalité interne" du PCF, et éventuellement du phénomène communiste français, telle qu'elle est structurée par l'identité communiste même du PCF comme "parti marxiste".

22 II LA PSYCHOLOGIE, LA PSYCHIATRIE, LA PSYCHANALYSE DANS L'UNIVERS DU PCF (1920.45-1980). LA METHODE DE "lA DESCRIPTION BIBLIOGRAPHIQUE". Comme étant l'un des quatre axes principaux de l'ensemble de mes recherches sur l'univers communiste, cette recherche participe bien des conceptions et visées que je viens, concernant l'ensemble de mes recherches, de résumer rapidement. EHe y participe essentieHement de deux façons: d'abord, comme déjà remarqué ci-avant, en ce qu'eHe concerne le destin dans l'univers communiste, du statut de l'ordre psychique et de sa spécificité dans l'enchevêtrement confus de ses rapports à l'ordre biologique, à l'ordre social et à l'ordre culturel; ensuite, en ce qu'eHe vise sur un objet précis, à une description exhaustive du fonctionnemént interne de l'univers du PCF. Toutefois, pour fondamentaux qu'ils soient, ces deux objectifs ne sont qu'à long terme et n'ont de sens que parce qu'ils se jouent d'abord à travers de multiples enjeux, qui, de ce fait mais aussi par eux-mêmes, pour plus partiels qu'ils soient, n'en sont pas moins importants. Et ce sont ces enjeux-là que je veux maintenant préciser rapidement. Du fait de l'importance des enracinements de l'univers du PCF dans les ensembles psychiatriques et psychologiques français, et du fait de l'importance des matériaux constituant son objet, l'intérêt général de l'ensemble de ma recherche sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF, de 1920-1945 à 1980, est de trois ordres: d'abord, eHe concerne un demi siècle de l'histoire inteHectuelle, scientifique, idéologique et culturelle. française, et plus particulièrement un demi siècle de l'histoire de la psychologie, de la psychiatrie, de la psychanalyse en France; ensuite, sur un exemple historique précis, eHe concerne l'étude du triple rapport épistémologique complexe des ,sCiences entre eHes, des sciences, de l'idéologie et de la philosophie, et des sciences, de la politique et de l'institution politique; enfm, elle concerne bien évidemment l'histoire du PCF et du phénomène communiste français. Plus précisément, les buts de ma recherche sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF, de 1920-1945 à 1980, sont pour l'essentielles suivants: I") il s'agit d'abord d'étudier ce qu'il en a été et ce qu'il en est des conceptions relatives à la psychologie, psychiatrie et psychanalyse dans l'univers du PCF, et d'étudier la place, le rôle, le statut de ceHes-ci dans celui-ci; c'est là tout un aspect, aussi méconnu qu'il est important, de l'histoire et de la sphère inteHectueHes,

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idéologiqueset cultureHesde l'universdu PCF ;

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2") il s'agit ensuite d'étudier sur un cas précis et beaucoup plus important et développé qu'on le croit généralement -il constitue un ensemble d'environ 2700 textes et de quelques dizaines de milliers de pages-, le fonctionnement de la réalité interne, de l'univers du PCF et du phénomène communiste français; 3") il s'agit encore d'étudier les significations historiques diverses -scientifiques, culturelles, idéologiques et politiques, ces dernières surtout quant au jeu du

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"centralisme démocratique" et quant au jeu du double rapport à l'URSS et aux enracinements français de l'univers du PCF- des positions et évolutions relatives à la psychologie, psychiatrie et psychanalyse dans l'univers du PCF ; 48) il s'agit enfm, à partir d'une étude exhaustive d'un domaine précis, d'élaborer pour l'étude du phénomène et de l'univers communistes, de nouvelles méthodes et conceptions, ayant, sur la base d'une démarche radicalement interne/externe, pour fondement premier radical, encore et toujours la description de la réaHté interne -de l'univers- du phénomène communiste, et, présentement la description de la réalité interne -de l'univers- du PCF et du phénomène communiste français. L'ensemble de ma recherche sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF, de 1920-45 à 1980, a de bout en bout pour méthode de base, que je tiens pour fort efficace et importante dans l'étude de l'univers et du phénomène communistes, la description bibliographique. L'importance fondamentale de ceJJe-ci tient à ce que je considère ici que la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF est et n'est rien d'autre que l'ensemble des textes qui dans l'univers du PCF concernent la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse. Cet ensemble de textes constitue comme tel, comme ensemble, l'objet de ma recherche, où l'étude de la place, du rôle, du statut de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse dans l'univers du PCF est et n'est que l'étude de l'ensemble comme tel de ces textes. Et cette étude se constitue et se développe de bout en bout sur la base et par le moyen méthodologique essentiel de la description bibliographique exhaustive de l'ensemble comme tel des textes qui concernent la psychologie, la psy-chiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF. Simultanément, j'ai donc d'abord procédé, par dépouillement des diverses publications de l'univers du PCF, à la réunion la plus exhaustive possible de la totalité des textes concernés, en même temps que j'ai procédé à leur description bibliographique systématique -avec quelques ajustements de méthode pour les textes de la période de l'entre-deux-guerres, de 1920 à 1939, du fait d'une série de particularités importantes de celle-ci. La description bibliographique est de façon indissociable simultanément historique -ici, en historicité- et structurelle, en ce qu'elle rend compte de l'événementialité des textes en même temps qu'elle construit la totalité de ceux-c. comme ensemble structuré: la description bibliographique est à la fois constamment. chronologique, caractéristique première de l'événementialité et de l'historicité des textes, en même temps que multilinéaire, suivant les axes organisant la totalité des textes comme ensemble structuré. Cette dualité historique et structurelle de la description bibliographique se retrouve dans ses deux formes de base, que sont la note bibliographique et la série bibliographique. Les notes bibliographiques, qui comprennent chacune un ou plusieurs textes, ainsi qu'une ou plusieurs collaborations, sont de type historique comme faits datés, événements toujours ordonnés en suite chronologique, et elles sont de type structurel comme éléments de base des séries bibliographiques. De même, celles-ci

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sont de type structurel, en ce qu'elles sont des ensembles -ou des sous-ensemblesrésultant de la répartition des notes bibliographiques selon les axes de structuration de l'ensemble des textes; et elles sont de type historique, en ce que leur ordonnancement interne est toujours classement rigoureusement chronologique des notes bibliographiques comme faits datés et événements. Outre leur ordre chronologique interne, les séries bibliographiques ont été établies selon les axes de structurations suivants: 18) par publications et revues, elles-mêmes ordonnées et différenciées entre elles en publications idéologiques -ou de la sphère idéologique de l'univers du PCF-, comme par exemple "La Nouvelle Critique" ou "La Pensée", en publications spécialisées -ou de la sphère des activités spécialisées de l'univers du PCF-, par exemple "La Raison. Cahiers de psychopathologie scientifique" ou "L'Ecole et la Nation", enfin en publications politiques -ou de la sphère politique de l'univers du PCF-, comme "Les Cahiers du Communisme", "France Nouvelle" et "L'Humanité". Les séries bibliographiques ainsi obtenues sont les séries bibliographiques fondamentales, en ce qu'elles en constituent la base, de toute la description bibliographique de l'ensemble des textes. Toutes ces séries bibliographiques fondamentales constituent, pour la période de 1944.45-1980, un ensemble de 1946 notes bibliographiques, environ 2200 textes et 2300-2400 collaborations, pour dix séries bibliographiques -voir le tableau de la page 652- qui, sous une forme ou sous une autre, pourraient peut-être un jour faire l'objet d'une publication. Ce premier axe de structurations par publications et "sphères" de l'univers du PCF résuJte, est l'expression privilégiée du jeu régulateur contradictoire du centralisme démocratique dans l'univers du PCF ; 28) par" disciplines", au sens habituel du terme: psychologie, psychiatrie, psychanalyse -avec diverses sousséries notamment pour la psychologie et la psychiatrie- ; et aussi par" auteurs" , concernant en particulier le "groupe creuset" des cinquante-soixante auteurs, dont le rôle a été majeur quant à la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF. Ce jeu des disciplines, entre elles et à l'intérieur de chacune d'elles, et ce jeu, des plus importants, des auteurs résuJtent, sont l'expression privilégiée du jeu stabiJisateur et régulateur contradictoire dans l'univers du PCF, des enracinements de celui-ci dans la société française; 38) par "référents" politico-idéologiques impératifs, ceux-ci étant, d'une part, la philosophie marxiste et l'idéologie marxiste, et d'autre part, l'U.R.S.S. -ainsi que les divers "pays socialistes"- ; concernant l'URSS et les "pays socialistes", la série bibliographique est double, ou "parallèle", distinguant d'une part, les textes soviétiques et des "pays socialistes" parus dans les diverses publications de l'univers du PCF, et, d'autre part, les textes français concernant l'URSS et les "pays socialistes", ou leur faisant référence, au sujet de la psychologie, de la psychiatrie ou de la psychanalyse. Bien évidemment, ce jeu des référents politico-idéologiques impératifs résulte, est l'expression privilégiée du jeu régulateur contradictoire de la philosophie et de J'idéologie marxistes ainsi que de la référence à l'URSS

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dans J'univers du PCF, et, de façon plus générale, l'expression privilégiée du jeu régulateur contradictoire de "J'esprit de parti" dans l'univers du PCF. Le caractère proprement descriptif de la description bibliographique est assuré de différentes façons: d'abord par J'établissement même des notes bibliographiques; d'une part, l'ensemble de celles-ci délimite très précisement l'objet de ma recherche, et, d'autre part, il en constitue une première description brute fort détaillée. Chaque note bibliographique contient au minimum six informations factuelles, et en général, notamment avec les remarques et analyses accompagnant chacune d'elle, pour le moins en moyenne le double. C'est-à-dire par exemple que les 1946 notes bibliographiques des dix séries bibliographiques de la période 1944.45-1980 -voir ciaprès dans l'" Epilogue" le tableau de la page 652- représentent, grosso modo, au minimum 20 000 informations factuelles brutes; et, pour la période 1920.45-1980, la totalité -environ 2 300- des notes bibliographiques de l'ensemble de la description bibliographique représente au minimum 25 000 informations factuelles brutes: l'ensemble des notes bibliographiques et chacune d'elles constituent bien une première description factuelle brute fort détaillée de l'objet de ma recherche, en même temps qu'elles le délimitent avec précision. ensuite, par J'établissement même des séries bibliographiques; l'organisation des informations factuelles des notes bibliographiques par séries bibliographiques représente, quant à elle, une seconde description de l'objet de ma recherche: la description brute de son organisation interne comme ensemble structuré. TI faut d'ailleurs bien voir ici que lorsque je dis que les séries bibliographiques sont établies par axes de structurations, ceux-ci ne sont désignés comme tels que par référence à la totalité des notes bibliographiques considérées comme ensemble structuré, et qu'ils sont, en réalité, d'abord des axes de description, ou encore que leur nature, leur contenu internes sont d'abord, en deçà de leur rôle structurant, de type descriptif. Par exemple, l'hebdomadaire "France Nouvelle" constitue bien un axe de structuration de l'objet de ma recherche, il n'empêche que la série bibliographique le concernant, telle qu'elle est établie, c'est d'abord, avec ses 290 notes bibliographiques, environ au minimum 3 500 informations factuelles brutes décrivant la situation de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse dans cette publication. Bref, l'établissement d'une série bibliographique est d'abord de type descriptif, et c'est pourquoi l'établissement de l'ensemble des séries bibliographiques constitue une description brute fort détaillée de l'organisation interne de l'objet de ma recherche; ensuite encore, par description bibliographique statistique; celle-ci concerne soit une seule série bibliographique, soit un groupe de plusieurs séries bibliographiques. Elle a pour éléments de base le nombre des notes bibliographiques, le nombre des textes, le nombre des collaborations: ces trois nombres ne sont pas en effet nécessairement identiques pour une même série bibliographique; par exemple la série bibliographique concernant "France Nouvelle" compte 290 notes bibliographiques, pour 390 textes et 448 collaborations, et les dix séries bibliographiques et leurs 1946 notes bibliographiques de la période 1944.45-1980 comptent environ

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2 200 textes et 2 300 à 2 400 collaborations. Outre ces éléments de base, la description bibliographique statistique prend également en compte deux autres éléments: la nature, ou le type des textes, ainsi que la forme d'expression des textes et collaborations. Elle prend enfin en compte les "auteurs" -plusieurs centaines- et les "disciplines". Elle est une étude statistique d'abord de la répartition chronologique de ces trois groupes d'éléments, ainsi que, également chronologique, de la répartition de ces trois groupes d'éléments les uns par rapport aux autres. Elle se présente sous la forme de tableaux statistiques, voire de graphiques, accompagnés d'un commentaire analytique et synthétique. La description bibliographique statistique est surtout intéressante pour les dix séries bibliographiques fondamentales, par publications et "sphères" de l'univers du PCF. Elle apporte des données précieuses dans les problèmes de périodisation, dans les analyses des contenus, dans l'analyse des rythmes d'évolutions et de leurs différences tensionnelles selon les divers axes de structurations de l'univers du PCF. C'est au sujet de la série bibliographique concernant "France Nouvelle" que j'ai poussé le plus loin cette description bibliographique statistique, dans un travail d'analyse de plusieurs dizaines de tableaux statistiques, travail sur la publication duquel, sauf pari insensé sur l'intelligence des institutions scientifiques du pays, je n'ai guère d'illusion. - enfin, par une note bibliographique de contenu concernant les orientations principales de chaque série bibliographique, ou du moins des plus importantes. Il s'agit généralement d'un texte synthétique de 35-50 pages construit directement à partir des données bibliographiques de la série bibliographique concernée et de sa description bibliographique statistique. Pour donner une idée plus précise de ce dont il s'agit, je préciserai qu'à l'origine, le chapitre XV ci-après sur "Les orientations de la revue" La Raison" (...)" est l'une de ces "notes bibliographiques de contenu et d'orientation". Il faut dire maintenant que la description bibliographique, telle que je viens rapidement de la décrire, n'est pas possible comme méthode de base de ma recherche, sans une connaissance préalable, ou du moins simultanée, approfondie du contenu de l'ensemble des textes constituant l'objet de ma recherche. Mais il y a loin de cette connaissance même approfondie du contenu de l'ensemble des textes à l'analyse de ce contenu. L'hétérogénéité et la fluidité fort importantes des problèmes traités par l'ensemble des textes, le caractère pluridisciplinaire complexe, souvent confus de celui-ci, la fluidité, le caractère fort mouvant des analyses, notions, concepts inhérents aux disciplines en question constituent autant de difficultés, qui sont encore aggravées jusqu'à l'aléatoire par les charges passionnelles considérables, scientifiques, culturelles, idéologiques, sociales qui pèsent sur lesdites disciplines, ainsi que sur leurs objets. Et encore ces difficultés se trouvent démultipliées par celles relevant de l'analyse de l'univers marxiste et communiste du PCF, ainsi que, pire encore, par les charges autrement plus passionnelles que toutes les précédentes concernant tout ce qui touche à l'idéologie, à la philosophie marxistes et au phénomène communiste.

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Bref, bien que s'accompagnant nécessairement d'une connaissance approfondie du contenu de l'ensemble des textes, la méthode de la description bibliographique, telle que je l'ai résumée ci-avant, constitue l'axe essentiel de la démarche permettant, par l'organisation descriptive interne de cette première connaissance, de passer de celled à J'analyse du contenu de J'ensemble des textes. La méthode de la description bibliographique permet de surmonter les obstacles que constituent les difficultés que je viens d'évoquer ainsi que l'énorme fluidité qui en résulte quant à_ l'objet de ma recherche: ce, d'abord, par la matérialisation, la stabilisation et la délimitation précises de celui-ci comme étant et n'étant que l'ensemble des textes concernant la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse, parus dans les publications de l'univers du PCF ; - ce, ensuite, en procédant précisément à la description -à la description d'abord, à la description encore, à la description toujours, description factuelle, historique et structurelle- de cette énorme fluidité interne même -résultant des diverses difficultés évoquées ci-dessus- de l'objet de ma recherche.

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La description bibliographique est en elle-même déjà analyse du contenu de l'ensemble des textes qui constituent l'objet de ma recherche sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF, de 1920-1945 à 1980. Et de ce point de vue, la description bibliographique n'est pas seulement méthode de base de ma recherche, elle est encore partie intégrante et pièce maîtresse des résultats mêmes de ma recherche, qui finalement consiste en une triple analyse, analyse bibliographique, analyse historique et analyse structurelle, du contenu de l'ensemble, comme tel, des textes concernant la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse parus dans les publications de l'univers du PCF. Et si je dis que la description bibliographique constitue en elle-même la pièce maîtresse des résultats de ma recherche, c'est que l'analyse bibliographique de contenu qu'elle forme de par ellemême commande directement les deux autres analyses -historique et structurellede contenu, dont elle est la légitimation, l'argument majeurs, et dont je vais dire maintenant quelques mots. Ainsi, à partir, sur la base de la description et analyse bibliographiques, j'ai, plus classiquement, procédé à une analyse et description historiques, autant que faire se peut rigoureusement chronologiques, du contenu scientifique, idéologique, individuel -par auteur- et politique de l'ensemble des textes formant l'objet de ma recherche. il s'agit de décrire, d'établir avec précision, de "restituer" aussi exactement que possible l'importance, fort méconnue et passablement déformée, la diversité et l'unité, ainsi que les changements, continuités et blocages des attitudes et positions relatives à la psychologie, psychiatrie et psychanalyse dans l'univers du PCF de 1920-1945 à 1980. Ensuite, en combinant les données de la description bibliographique et de l'analyse historique des contenus, j'ai procédé à une analyse et description structureHes de l'organisation et du fonctionnement internes de la totalité des textes considérée

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comme ensemble structuré, où diversité se conjugue avec unité, où évolutions et changements se marient avec continuités, pesanteurs et blocages. n s'agit de décrire, d'établir avec précision comment l'organisation et le fonctionnement internes de l'ensemble comme tel des textes résultent des entrecroisements et recoupements des jeux, contradictoires entre eux certes mais d'abord chacun en eux-mêmes, des processus stabilisateurs et régulateurs, qui assurent et réassurent constamment et la cohérence interne de J'univers du PCF, et le rapport de réalité de celui-ci à son environnement, et qui, à chaque moment, président à la conjugaison de la diversité et de l'unité, au mariage des évolutions, changements et continuités, pesanteurs, blocages à l'intérieur de l'univers du PCF. Ou encore, plus précisément, il s'agit de décrire, d'analyser l'organisation et le fonctionnement internes de l'ensemble comme tel des textes, en décrivant, analysant et établissant avec précision le rôle, les intrications et désintrications dans l'univers du PCF : - du jeu régulateur -régulateur d'abord stabilisateur- contradictoire des enracinements nationaux de J'univers du PCF dans le tissu scientifique, idéologique et culturel français, jeu qui, ici, est le jeu régulateur-stabilisateur contradictoire des" disciplines", en chacune d'elles et entre elles, et celui, fort important, des "auteurs" ; - du jeu régulateur -régulateur d'abord de cohérence interne- contradictoire, d'une part, du centralisme démocratique et de la sphère politique de l'univers du PCF, et, d'autre part, de 1'"esprit de parti" , à travers les référents politico-idéologiques obligés de l'idéologie et de la philosophie marxistes ainsi que du rapport à l'URSS. Description et analyse bibliographiques, analyse historique, analyse structurelle, bref, des années durant j'ai travaillé avec obstination à rassembler, organiser l'exposé des résultats finaux de mes recherches sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF, de 1920.45 à 1980, selon un ensemble d'environ 2500 pages imprimées, composé de trois livres: le premier ayant pour objet l'analyse historique de contenu, le second livre la description et l'analyse bibliographiques de contenu, le troisième livre l'analyse structurelle de contenu. Et encore dans le cours des années quatre vingts, bien longtemps après qu'en 1980-81 j'ai pour l'essentiel achevé mon travail de recherches proprement dites, ce sont ces trois livres que je voulais terminer et, à tout hasard, publier. Hélas ...

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- LA PSYCHOLOGIE, LA PSYCHIATRIE, LA PSYCHANALYSE DANS L'HEBDOMADAIRE "FRANCE NOUVELLE" ET LA SPHERE POUTIQUE DE L'UNIVERS DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS (1944-1980). LA STRUCTURATION ET LA DESTRUCTURATION DE L'IDENTITE COMMUNISTE DU PCF COMME "PARTI MARXISTE".
III

Las ... "France, mère des arts, des lettres et des lois, tu m'as longtemps sevré du lait de ta mamelle", et depuis ces années 1980.81, avant même d'ailleurs, familier des joies de l'A.N.P.E., voire, aussi souvent, des plaisirs du vide social le plus absolu, j'ai attendu en vain et j'ai essayé à diverses reprises également en vain que les conditions sociales, matérielles et fmancières, soient réunies qui me permettent de pouvoir conduire à bien la rédaction défmitive desdits livres. En vain... et je préfère n'en rien dire, je risquerais d'écrire, pour paraphraser le titre d'un article de Lucien BONNAFE sur la psychanalyse, quelques "insolences plénières sur la recherche et l'argent"... En attendant, donc, rongeant mon frein, m'exerçant à parfaire les vertus de ma nécessité, j'ai poursuivi l'ensemble de mes recherches en leurs diverses directions. J'ai en particulier beaucoup travaillé sur les problèmes de l'histoire de la sphère intellectuelle, idéologique et culturelle de l'univers du PCF entre 1945.47-1956 -voir ciavant le quatrième axe de l'ensemble de mes recherches sur l'univers communiste. Et bien évidemment, j'ai repris à divers moments ma recherche sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF, de 1920-1945 à 1980, vérifiant, corrigeant, complétant les séries bibliographiques existantes, en ajoutant de nouvelles et réorganisant les autres. Mais surtout, en 1975-1976 environ, quand j'avais établi les séries bibliographiques concernant, de la Libération à 1973, "Les Cahiers du Communisme", "France Nouvelle" et "L'Humanité", j'avais été frappé par l'intérêt de ces séries pour mon travail; la page "Spéciale Idées" de "L'Humanité", entre 1969-1973, avait, à l'époque, tout spécialement retenu mon attention. Cet intérêt était pleinement confirmé lorsque, à la fm des années soixante dix et au tout début des années quatre vingts, je complétais lesdites séries pour la période 19741980. Il apparaissait très nettement, qu'esquissé dés 1960 et durant les années soixante, le mouvement se confirmait pleinement tout au long des années soiunte di't, selon lequel les publications de la sphère politique de l'univers du PCF, notamment "France Nouvelle" et "L'Humanité", devenaient l'axe majeur de la pénétration de la psychanalyse ainsi que de la psychiatrie dans l'univers du PCF. Et par exemple, si l'on compare les données bibliographiques des séries bibliographiques concernant "France Nouvelle" et "La Nouvelle Critique", il est éloquent de constater que pour toute la période 1945-1980, on compte 290 notes bibliographiques, avec 390 textes et 448 collaborations pour "France Nouvelle", contre, pour "La Nouvelle Critique", 187 notes bibliographiques, avec 242 textes et 311 collaborations, soit 103 notes bibliographiques, 148 textes, 137 collaborations de plus pour "France Nouvelle" que pour "La Nouvelle Critique".

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Si l'on entre plus dans le détail et que l'on considère les trois périodes 1945-1955, 1956-1967, 1968-1980, cela donne: de 1945 à 1955 (et "La Nouvelle Critique" commence en décembre 1948), 19 notes bibliographiques, textes et collaborations pour "France Nouvelle", contre 44 notes bibliographiques, 67 textes et 79 collaborations pour "La Nouvelle Critique" ; de 1956 à 1967,66 notes bibliographiques, 75 textes et 86 collaborations pour "France Nouvelle" contre 30 notes bibliographiques, 33 textes et 45 collaborations pour "La Nouvelle Critique" ; enfm de 1968 à 1980, 205 notes bibliographiques, 296 textes et 343 collaborations pour "France Nouvelle" contre 113 notes bibliographiques, 142 textes et 187 collaborations pour "La Nouvelle Critique". Et ainsi, tandis que, avec trois années de publication de moins, de 1945 à 1955, les nombre des notes bibliographiques, des textes et des collaborations concernant "La Nouvelle Critique" sont respectivement de plus de deux fois, de plus de trois fois, et même quatre fois supérieurs à ceux concernant "France Nouvelle", dès la période suivante, de 1956 à 1967, la situation s'inverse, les nombres de notes bibliographiques, textes et collaborations concernant "France Nouvelle" devenant alors à peu près le double de ceux concernant "La Nouvelle Critique". Et cette proportion reste à peu près la même durant la dernière période, de 1968 à 1980, où il faut ici tenir compte de l'augmentation quantitative considérable de toutes ces données, et bien apprécier, que par rapport à toute la période antérieure de 1945 à 1967, les nombres de notes bibliographiques, textes et collaborations de 1968 à 1980 sont dans "France Nouvelle" multipliés en gros, respectivement, par deux et demi, trois et trois et demi, contre en moyenne dans "La Nouvelle Critique" à peu près par un et demi. En fait, dès le début des années soixante, dont ici est significative, en mars 1966, la session d'Argenteuil du Comité central du PCF consacrée aux "problèmes idéologiques et culturels", la sphère et les publications politiques du PCF s'ouvrent de façon importante aux questions intellectuelles, idéologiques et culturelles; et ce mouvement va se développer encore, de plus en plus considérablement, tout au long des années soixante dix ; de sorte que, et ici les problèmes de la psychanalyse et de la psychiatrie sont caractéristiques, les publications et la sphère politiques de l'univers du PCF font preuve, de 1970 à 1980, d'un dynamisme supérieur à celui de la sphère et des publications idéologiques de l'univers du PCF, et quant à la pénétration dans l'univers du PCF des influences socio-culturelles de la société française, et même quant aux initiatives en matière idéologique et culturelle. Ce dont témoignent de façon spectaculaire l'abandon de la dictature du prolétariat, mais aussi la reconnaissance de la non-réductibilité de la sphère individuelle des individus au politique, au socio-politique et au social, mais encore la pénétration de la psychanalyse dans l'univers du PCF, qui relancée publiquement en 1970 dans "La Nouvelle Critique", trouva ses lieux de prédilection -ainsi que la psychiatriedans "L'Humanité" et "France Nouvelle" ; au point que -voir à ce sujet au début du chapitre XVII ci-après, pages 510-512, le tableau et le commentaire que je donne dans la série bibliographique consacrée à "L'Humanité"- entre 1969-1973, le nombre de textes concernant la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans la

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page "Spéciale Idées" de "L'Humanité" est supérieur au nombre des textes concernant l'ensemble des sciences sociales ou l'ensemble des sciences de la nature et des mathématiques, qu'il est égal au nombre de textes concernant l'histoire; et si l'on ajoute les textes annexes concernant la pédagogie, la santé et la médecine, on obtient un groupe de textes de loin plus important que le nombre de textes concernant les
arts et la littérature,l'économiepolitique et l'économie,ou mêmela philosophie.

Sur tous ces problèmes du dynamisme respectif de la sphère politique et de la sphère idéologique relativement aux problèmes idéologiques et culturels et relativement à la pénétration des influences socio-culturelles de la société française dans l'univers d\J PCF durant les années soixante dix, on se reportera aux analyses de la note bibliographique (222) -le texte II du chapitre IX ci-après- de la série bibliographique concernant "France Nouvelle", où, en rapport avec le problème de la spécificité de l'individu, de la sphère individuelle et de la pénétration massive de la psychanalyse et de la psychiatrie dans l'univers du PCF, je traite du décalage croissant, jusqu'à la dissociation, à partir du milieu des années soixante dix, entre la pensée politique et la pensée philosophique dans l'univers du PCF, entre la sphère politique et la sphère idéologique de l'univers du PCF. Néanmoins, j'ajouterai encore sur ces questions, que c'est de 1974 à 1977, qui sont en gros les années du 22ème congrès du PCF et celles où le problème de la spécificité de l'individu va être posé avec le plus de force dans l'univers du PCF, que les mouvements de pénétration de la psychanalyse et de la psychiatrie vont atteindre leur plus grande ampleur dans "France Nouvelle" avec un total de 95 notes bibliographiques, 173 textes et 199 collaborations -soit respectivement environ 33 %, 44 % et 44 % de la totalité des notes bibliographiques, textes et collaborations parues de 1945 à 1980 dans "France Nouvelle"- ; pour la même période de 1974 à 1977, on ne compte dans "La Nouvelle Critique" que 49 notes bibliographiques, 55 textes et 77 collaborations, soit environ respectivement deux fois, trois fois et deux fois et demi moins que dans "France Nouvelle", et elles ne représentent respectivement que 26%, 23 % et 25 % du total des notes bibliographiques, textes et collaborations de "La Nouvelle Critique" entre 1948 et 1980. Et, année de l'apogée de ce mouvement de pénétration de la psychanalyse et de la psychiatrie dans "France Nouvelle", ce y compris pour la période même de sa plus grande ampleur entre 1974-1977, 1977 est aussi l'année du plus grand écart entre "France Nouvelle" et "La Nouvelle Critique", où, entre 1974 et 1977, l'année 1977 est précisément l'année de plus faible publication: soit 26 notes bibliographiques, 67 textes et 75 collaborations pour "France Nouvel1e" contre 8, 9 et 15 pour "La Nouvelle Critique", c'est-àdire respectivement, grosso modo, trois fois, sept fois et cinq fois moins que dans "France Nouvelle" ; l'écart est criant ici entre "France Nouvelle" et la sphère politique, d'une part, et, d'autre part, "La Nouvelle Critique" et la sphère idéologique, dont la dynamique ici frôle la paralysie. Mais "France Nouvelle" et la sphère politique ne sont pas seulement le lieu de la plus forte poussée de la pénétration de la psychanalyse et de la psychiatrie dans l'univers du PCF. Ils sont aussi le lieu des plus grands échanges d'idées, de dé-

32 bats et de discussions concernant la psychanalyse et la psychiatrie dans l'univers du PCF. Ce qui se reflète pour une large part dans la structure des notes bibliographiques, dont rendent bien compte les deux coefficients de parution des textes et des collaborations par note bibliographique: pour toute la période de parution de "France Nouvelle", de 1945 à 1980, ces deux coefficients sont respectivement de 1,34 et 1,54, ils passent à 1,82 et 2,09 pour la période de 1974 à 1977, à 2,23 et 2,55 pour l'année 1976 et enfin à 2,58 et 2,88 pour l'année culminante de 1977. Comparativement, ces coefficients de publication des textes et collaborations par note bibliographique sont respectivement les suivants pour "La Nouvelle Critique" : de 1948 à 1980, 1,29 et 1,66, c'est-à-dire à peu près du même ordre que pour "France Nouvelle" ; par contre pour la période 1974-1977, où ils augmentent dans "France Nouvelle", ils baissent passant à 1,12 et 1,57, pour diminuer encore en 1976 -1 et 1,54-, et s'ils remontent en 1977 -1,12 et 1,88-, c'est sur un nombre de notes, textes et collaborations trop faible -8, 9 et 15- et dérisoire par rapport à "France Nouvelle" -26, 67 et 75- pour que cette remontée soit significative. Entre 1968-1980, et en particuJier en 1974-1977, "France Nouvelle" est bien le lieu de prédilection des échanges, des débats d'idées et discussions jusqu'à la polémique au sujet de la psychanalyse et de la psychiatrie. Et il faut signaler que ceci se fait en particulier par le développement considérable de la rubrique "En direct avec les lecteurs" qui, en 1972-73, devient sur les sujets les plus divers, une véritable tribune de discussion permanente dans "France Nouvelle" ; soit, en ce qui concerne la psychanalyse et la psychiatrie, 73 notes bibliographiques pour 139 lettres et 145 collaborations entre 1972 et 1980 ; et entre 1974 et 1977,46 notes, 105 lettres et 107 collaborations, représentant respectivement 48 %, 61 % et 54 % de la totalité des notes, textes et collaborations de ces années 1974 à 1977. En 1976, cela donne Il notes pour 34 lettres et 35 collaborations -respectivement 50 %, 69 % et 63 % du total de l'année des notes, textes et collaborations- ; et pour l'année 1977 : 17 notes, 43 lettres et 44 collaborations -soit 65 %, 64 % et 59 % du total de l'année. Au passage, sur ce strict plan historique, je ferai deux remarques au sujet, d'une part, des années 1978-1980, et, d'autre part, de la psychologie. La rupture de l'Union de la gauche à l'automne 1977 et son échec aux élections législatives du printemps 1978 entraînèrent divers remous dans l'univers du PCF, qui concernèrent notamment "France Nouvelle" et son comité de rédaction. Les effets de cette situation nouvelle se sont bien faits sentir quant à la psychanalyse et à la psychiatrie. Les totaux des notes bibliographiques, textes et collaborations sont pour les deux années 19761977, de 48, 116, 131, et ils passent pour 1978-1979, à 55 notes bibliographiques, mais tombent à 64 textes et 75 collaborations, soit une diminution de plus de 40 % du nombre des textes et collaborations; et la légère augmentation du nombre des notes bibliographiques tient essentiellement à une modification de la structure de celles-ci, qui témoigne outre de la chute des textes et collaborations, d'un très net ralentissement des échanges d'idées, débats et discussions: les coefficients de parution des textes et collaborations par note bibliographique qui sont de 2,42 et

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2,73 pour 1976-1977, tombent, pour les années 1978-1979, à 1,16 et 1,36 -qui sont même nettement inférieurs à ceux de la totalité de la période de parution de "France Nouvelle". L'évolution de la rubrique "En direct avec les lecteurs" est très nette qui confirme cette baisse sensible des échanges d'idées, débats et discussions: de 28 notes bibliographiques, 77 lettres et 79 collaborations en 1976-1977, on tombe à 21 notes bibliographiques, 27 lettres et 29 collaborations pour 1978-1979. Et tandis qu'en 1976-1977, elles représentaient 58 %,66 % et 60 % du total des notes, textes et collaborations pour ces deux années, elles n'en représentaient plus, pour 1978-1979, que 38 %, 42 % et 39 %. En fait, on en revient au niveau éditorial, de façon régressive, à peu près à la situation de 1975 puis de 1974 ; mais ce recul s'accompagne aussi de mouvements régressifs négatifs de repli eu égard et à la psychanalyse -du fait essentiellement du passage au premier plan des collaborations de l'hebdomadaire, d'idéologues-philosophes se situant dans la mouvance de Lucien SEVE-, et aussi à la psychiatrie, par rapport ici au désaIiénisme. On se reportera ciaprès à ce sujet, notamment aux analyses des notes bibliographiques (248), (252) -dans le chapitre X-, (255) -dans le chapitre XI-, et (281), (288) -dans le chapitre XII- de la série bibliographique consacrée à "France Nouvelle". Toutefois, pour la même période, les notes bibliographiques (81) à (88) de la série bibliographique concernant "L'Humanité" -dans le chapitre XVIII ci-après- témoignent de ce que, pour l'essentiel, les acquis des années précédentes concernant tant la psychanalyse que le désaliénisme en psychiatrie ne sont pas remis en cause. Enfin, on aurait tort de n'interpréter la disparition de "France Nouvelle" en février 1980 que comme une conséquence des remous et de la crise qui agitèrent le comité de rédaction de "France Nouvelle" en 1978-1979, avec notamment les départs de Yvonne QUILES et surtout de Gérard BELLOIN, dont le rôle fut aussi important que positif au sujet de la psychanalyse et de la psychiatrie. Certes cette crise et ces remous ont dû favoriser les conditions de la disparition de "France Nouvelle". Mais celui-ci résulte essentiellement de la réorganisation, en 1979-1980, de l'ensemble de la sphère intellectuelle, idéologique et culturelle de l'univers du PCF, avec le remplacement du "Centre d'Etudes et de Recherches marxistes" (le C.E.R.M.) et de l' "Institut Maurice THOREZ" par l' "Institut de Recherches Marxistes", auquel était désormais rattachée officiellement la revue "La Pensée", tandis que l'hebdomadaire "Révolution" remplaçait conjointement "France Nouvelle" et... "La Nouvelle Critique". Ce qui est fort signifIcatif de l'importance de l'ouverture, depuis 19561961, de "France Nouvelle" aux problèmes intellectuels, idéologiques et culturels: "France Nouvelle" a fmi par faire double emploi avec "La Nouvelle Critique", dont, de son côté, le caractère politique avait nettement été renforcé depuis 1967. Soit maintenant ma seconde remarque concernant la psychologie. A la différence des revues "La Pensée", "La Nouvelle Critique", ou des publications du CERM et de l'ensemble de la sphère idéologique de l'univers du PCF, la sphère politique de l'univers du PCF, "L'Humanité" et "France Nouvelle" en particulier, accordent durant les années soixante dix, une place fort restreinte à la psychologie, dérisoire même com-

34 parativement à la psychanalyse et à la psychiatrie. Les textes au sujet de la psychologie sont très peu nombreux, même s'ils sont toujours intéressants et importants lorsqu'ils sont par exemple de René ZAZZO ou Jean-François LE NY -voir notamment, ci-après, dans la série bibliographique concernant "France Nouvelle", la note bibliographique (36) du chapitre I, ou les notes bibliographiques (15) du chapitre XVII et (60), (66) du chapitre XVIII dans la série bibliographique consacrée à "L'Humanité". Outre ce que j'en dis dans les "Remarques introductives" du chapitre IX ciaprès, cette situation de la psychologie dans la sphère politique de l'univers du PCF, dans "L'Humanité" et davantage encore dans "France Nouvelle" au cours des années soixante dix ne relève pas d'une quelconque censure idéologique ou même politique à l'égard de la psychologie, elle résulte des motivations mêmes pour lesquelles "France Nouvelle" et "L'Humanité" se sont largement ouvertes à la psychanalyse et à la psychiatrie surtout après 1968-1970 : tout au long des années soixante et de façon beaucoup plus importante après 1968, liées à la montée de divers courants culturels, intellectuels, idéologiques, ainsi que liées à la montée de divers "problèmes de société" -problèmes de la sexualité, de la femme, du couple, de la famille, etc , la psychanalyse surtout mais aussi la psychiatrie sont passées, comme jamais auparavant, à l'avant-scène socio-idéologique et socio-culturelle de la société française; non seulement la psychologie ne bénéficie que peu de cette situation, mais à certains égards, celle-ci lui nuit; entre autres, la considérable poussée de la psychanalyse lui fut plutôt défavorable. Et cette situation socio-idéologique, socio-culturelle et à maints égards socio-politique de l'ensemble de la société française, situation favorable à la psychanalyse et à la psychiatrie et beaucoup moins favorable à la psychologie, est la raison essentielle pour laquelle, tandis qu'elles négligeaient la psychologie, la sphère politique de l'univers du PCF, "L'Humanité" et "France Nouvelle" s'ouvraient largement, sous le souffle des "problèmes de société", à la psychanalyse et à la psychiatrie. Encore fallait-il toutefois pour ce faire -où je retrouve la cause essentielle dans le cours de mes recherches de mon intérêt dès 1975-1976, renforcé à la rm des années soixante dix et en 1980-1981, pour les publications de la sphère politique de l'univers du PCF-, que soient surmontées les pesanteurs idéologiques et culturelles, qui, malgré certains signes d'évolution, rendaient encore aléatoires à la rm des années soixante une telle ouverture de l'univers du PCF, notamment du côté de la psychanalyse. Et c'est sur ce point précis -à propos de ces pesanteurs idéologiques et culturelles traditionnelles de l'univers du PCF-, que la sphère politique de celuici, "L'Humanité" et encore davantage "France Nouvelle" surent faire preuve, tout au long des années sob:ante di,,<,d'un dynamisme socio-poJitique, socioculturel et socio-idéologique remarquable et bien supérieur à celui de la sphère idéologique, et notamment, comme on vient de le voir, de "La Nouvelle Critique" Bref, tout au long des années soixante dix, axe majeur de la pénétration massive de la psychanalyse et de la psychiatrie dans l'univers du PCF, lieu de prédilection dans

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celui-ci des échanges, débats d'idées et discussions à propos de la psychanalyse et de la psychiatrie, plus généralement une ouverture et un dynamisme socio-culturels et socio-idéologiques remarquables, supérieurs à ceux de la sphère idéologique ... sans cesse se trouvaient confirmées les raisons essentielles de mon intérêt à la fm des années soixante dix et au tout début des années quatre vingts, pour les publications de la sphère politique de l'univers du PCF, pour "L'Humanité" et d'abord pour "France Nouvelle". C'est pourquoi je me décidais et procédais en 1984 et 1985 à un travail approfondi d'analyse de contenu et d'analyse critique de l'ensemble des notes et textes de la série bibliographique consacrée à "France Nouvelle", soit la majeure partie des analyses des chapitres I à XII ci-après. Et c'est à cette époque, qu'en attendant de pouvoir passer à la rédaction définitive des trois livres ci-dessus mentionnés terminant ma recherche d'ensemble sur la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'univers du PCF de 1920-1945 à 1980, je décidais, à partir de l'étude approfondie du contenu des 290 notes bibliographiques et 390 textes de la série bibliographique concernant "France Nouvelle", de faire de l'étude des publications de la sphère politique de l'univers du PCF, un sous-ensemble particuner de ma recherche. J'adjoignais donc à mon étude de 1984-1985 sur "France Nouvelle", l'analyse, telle que je l'avais établie en 1975-76 et terminée à la fm de 1979, des 38 notes bibliographiques de la série bibliographique concernant "Les Cahiers du Communisme" de 1944 à 1980 -le chapitre XIII ci-après. J'y ajoutais encore les analyses, telle que je les avais rédigées en 1975-76, des 43 notes bibliographiques de la série bibliographique concernant "L'Humanité" de 1944 à 1973 -le chapitre XIV et le chapitre XVII ci-après, analyses qu'avec un nouveau détour en 1987-1988, du côté des problèmes, d'une part, du "totalitarisme", et, d'autre part, du "jdanovisme", je complétais en 1987-1990, par l'analyse approfondie des 45 autres notes bibliographiques, pour la période 1974-1980, de la série bibliographique concernant "L'Humanité" -les chapitres XVIII, XIX et XX ci-après. il en résultait fmalement, de 1945 à 1980, pour la sphère politique de l'univers du PCF et les publications "Les Cahiers du Communisme", "France Nouvelle" et "L'Humanité" -celle-ci dépouillée partiellement-, un ensemble de 416 notes bibliographiques, avec environ 530 textes et presque 600 collaborations. Et en particulier, avec, comme déjà précisé, ses 290 notes bibliographiques, 390 textes et 448 collaborations, ses débats, discussions et controverses, la série bibliographique concernant "France Nouvelle" constitue, pour la période 1944.45-1980, la plus importante des dix séries bibliographiques par revues, publications et sphères de l'univers du PCF. C'est l'ensemble de ces analyses des 416 notes bibliographiques et environ 530 textes de "France Nouvelle", des "Cahiers du Communisme" et de "L'Humanité", qui constitue le présent ouvrage. En effet, il m'apparut fort clairement au cours de l'année 1989 que je ne pourrais finalement pas réunir les conditions sociales, matérielles et fmancières, me permettant de procéder à l'écriture définitive des trois livres susmentionnés de ma recherche. De plus, le temps passant, c'était désormais tout l'ensemble, et sa poursuite terminale, de mes recherches sur l'univers communiste qui était menacé. Et puis après tout, même

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s'il eut été aussi honorable que drôle et dérisoire qu'il y mourût "sans pousser un cri", peut-être est-il vrai que la faim fmit toujours par faire sortir le loup du bois. Bref, triomphe du "réalisme socialiste" à l'heure de l'effondrement des régimes communistes de l'Europe centrale et orientale, je me décidais défmitivement, au cours de l'année 1989, à faire de cette partie de ma recherche sur "la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse dans l'hebdomadaire "France Nouvelle" et la sphère politique de l'univers du PCF (1944-1980)", un ouvrage tout à fait distinct de ma recherche d'ensemble sur la psychologie, la psychiatrie, la psychanalyse dans l'univers du PCF de 1920 à 1980. J'y étais d'autant plus déterminé que, d'abord, telles que je les avais développées et organisées, mes analyses concernant la sphère politique de l'univers du PCF me permettaient de bien rendre compte des aspects et des moments essentiels de l'histoire de la psychanalyse, de la psychiatrie, de la psychologie dans l'univers du PCF. Mais surtout, raison décisive de ma détermination, lesdites analyses quant à la psychanalyse, la psychiatrie et la psychologie dans les publications et la sphère poJjtiques de l'univers du PCF débouchaient sur des résultats majeurs concernant le problème fondamental des processus de structuration et de déstructuration de l'IDENTITE COMMUNISTE même du PCF et du phénomène communiste. Et c'est là ce qui détermine le plan, l'organisation du présent ouvrage en deux parties qui sont rigoureusement d'égale longueur. En 1984-1985, mes analyses de la série bibliographique concernant "France Nouvelle" me permettaient d'établir avec précision que commencée au tout début des années sOLunte, mais désormais liée au souffle puissant des" problèmes de société" et surtout au problème de "l'individu" dans l'univers du PCF, la pénétration massive au cours des années SOLunte db: de la psychanalyse et de la psychiatrie dans la sphère politique de l'univers du PCF aboutissait, entre 1974-1979 et en particulier en 1976-1977, à ce que le problème de la psychanalyse se trouve posé, poussé au coeur même .;.qui se développent tout au long des années sob:ante dix- des processus de dissociation entre la sphère politique et la sphère idéologique de l'univers du PCF, et finalement des processus de déstructuration, jusqu'à ses limites de cohérence interne, de J'identité communiste du PCF comme" parti marxiste" Cest très exactement là l'objet de la "PREMIERE PARTIE" du présent ouvrage qui rassemble les analyses chronologiques des 290 notes bibliographiques, 390 textes et 448 collaborations de la série bibliographique concernant "France Nouvelle". Et c'est très précisément là le terme ultime de mes analyses de ladite première partie que je développe dans les notes bibliographiques" conclusives" (220) et (222), les textes I et II du chapitre IX. On remarquera enfm, résultat de ma méthode d'analyse et d'exposition rigoureusement chronologique par note bibliographique et où l'on comprendra que ce n'est point le hasard si ledit chapitre IX "conclusif" ne termine point la "PREMIERE PARTIE" mais relève de l'année 1977, que si la série bibliographique consacrée à "France Nouvelle" porte sur la période 1945-

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1980, environ 90 % des analyses de la "PREMIERE PARTIE" concernent les années 1968-1980,75 % les années 1974-1978,50 % les deux années 1976-1977 et 40 % la seule année 1977. Mais, par ailleurs, depuis le milieu et la seconde moitié des années soixante dix, mes recherches sur la formation de l'identité communiste entre 1883-1908, du côté de PLEKHANOV/BERNSTEIN-KAUTSKY/LENINE, et mes recherches sur la sphère intellectuelle, idéologique et culturelle de l'univers du PCF -voir ci-avant les deux axes 1/ et 4/ de mes recherches d'ensemble sur le phénomène communistem'avaient conduit à la conclusion selon laquelle la période 1944.45-1955.56 et plus particulièrement les années 1948-1949.50 marquaient l'achèvement, conforme à Ja structuration de la notion identitaire du "parti marxiste" entre 1883-1908, de la structuration de l'identité communiste du PCF comme "parti marxiste", avec J'affirmation politico-idéoJogique de Ja notion de "J'esprit de parti" comme impératif obligé absoJu dans l'ensemble de l'univers du PCF, à commencer par sa sphère intellectuelle, idéologique et culturelle. Or, en 1948-1949, Je processus politico-idéologique aboutissant à la condamnation de Ja psychanalyse de juin 1949 constituait déjà l'un des principaux axes poJitico-idéoJogiques dudit achèvement de Ja structuration de J'identité communiste du PCF comme" parti marxiste", de sorte que si Je problème de Ja psychanaJyse se trouvait être poussé dans les années sotunte dix et en particulier entre 19741979 et 1976-1977, au coeur même des processus politico-idéologiques de la déstructuration, jusqu'à ses limites de cohérence interne, de l'identité communiste du PCF, il s'était déjà trouvé poussé en 1948-1949, au: coeur même des processus politico-idéoJogiques de J'achèvement de la structuration de ladite identité communiste du PCF comme "parti marxiste". Cest très exactement là l'objet de la "DEUXIEME PARTIE" du présent ouvrage qui rassemble les analyses chronologiques des 38 notes bibliographiques de la série bibliographique concernant, entre 1944-1980, "Les Cahiers du Communisme" -le chapitre XIII-, des 88 notes bibliographiques concernant, pour l'année 1949 et les années 1969-1980, "L'Humanité" -les chapitres XIV, XVII XVIII, mais aussi

XIX et XX-, analyses auxquellesj'ai ajouté -le chapitre XV

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des orien-

tations de la revue "La Raison" des années 1951-1958, et -le chapitre XVIl'analyse de la situation de la psychanalyse et de la psychiatrie dans l'univers du PCF entre 1959-1967. Ainsi constituée, la "DEUXIEME PARTIE" du présent ouvrage permet d'abord de replacer, de ressituer les analyses de la "PREMIERE PARTIE" concernant "France Nouvelle", dans la continuité historique et par rapport aux moments et aspects essentiels de la situation de la psychanalyse, de la psychiatrie et de la psychologie dans l'univers du PCF : soit environ 70 % de l'ensemble de la "DEUXIEME PARTIE", et de façon fort équilibrée, environ respectivement 17-18 % pour chacune des quatre périodes de 1944.45-1949, de 1951-1958, de 1959-1967 et de 1968.69-1980. Ensuite, avec les analyses chronologiques des notes bibliographiques concernant "L'Humanité", la "DEUXIEME PARTIE" du présent ouvrage

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permet encore de montrer que les évolutions dans "L'Humanité" au cours des années soixante dix sont les mêmes que celles de "France Nouvelle" analysées dans la "PREMIERE PARTIE" , et que la pénétration massive de la psychanalyse et de la psychiatrie, la poussée de la psychanalyse durant les années soixante dix au coeur des processus de dissociation de l'univers du PCF et des processus de déstructuration, jusqu'aux limites de sa cohérence, de l'identité communiste du PCF comme "parti marxiste" concernent bien non seulement "France Nouvelle" mais l'ensemble de la sphère politique de l'univers du PCF, et donc l'ensemble de l'univers du PCF même. C'est très précisément là le terme ultime des analyses de la "DEUXIEME PARTIE", que je développe dans la note bibliographique "conclusive" (82) -tout Je chapitre XIX- de la série bibliographique concernant "L'Humanité". Ensuite encore, avec le chapitre XIII et la série bibliographique consacrée aux "Cahiers du Communisme", avec le chapitre XIV, les notes bibliographiques concernant "L'Humanité" pour l'année 1949 et l'analyse de la condamnation de la psychanalyse de juin 1949, avec le chapitre XV portant sur l'analyse des orientations de la revue "La Raison" et l'histoire française du pavlovisme, la "DEUXIEME PARTIE" du présent ouvrage montre comment en rapport avec l'affIrmation de la notion de "l'esprit de parti" comme impératif absolu pour l'ensemble de l'univers du PCF, à commencer par sa sphère intellectuelle, idéologique et culturelle, le problème de la psychanalyse, par la condamnation de celle-ci en juin 1949, participe bien déjà alors du coeur même des processus politico-idéologiques de l'achèvement de la structuration de l'identité communiste du PCF comme "parti marxiste". Enfm avec l'analyse du problème du "totalitarisme" et la question de savoir si le "marxisme est totalitaire" -dont Lucien BONNAFE traite en 1979 dans "L'Humanité"-, c'est-àdire avec les analyses de la note bibliographique "conclusive" (83) -tout Je chapitre XX- de la série bibliographique concernant "L'Humanité", la "DEUXIEME PARTIE" du présent ouvrage pennet, en rapport avec l'analyse même des processus de structuration de la notion identitaire du "parti marxiste" -de l'identité communiste- entre 1890-1908 et chez LENINE, de dégager la signification fondamentale de la situation d'abord de la psychanalyse -mais aussi de la psychiatrie et de la psychologie- dans l'univers du PCF, quant aux processus de structuration et de déstructuration de l'identité communiste du PCF et du phénomène communiste. Cest cette signification fondamentale que je rassemble, synthétise dans les sept "propositions" de la première partie de l'"Epilogue" de mon travail. Je terminerai par un dernier mot à propos de la fonne d'exposition de mon travail, l'analyse chronologique par séries bibliographiques des 416 notes bibliographiques, environ 530 textes et presque 600 collaborations. Sans doute ne manquera-t-elle pas de surprendre. Il s'agit d'un choix délibéré de ma part, qui résulte de ma volonté à m'en tenir rigoureusement aux principes d'analyse de ma méthode de la "description bibliographique", et par là de ma volonté à m'en tenir à une démarche d'analyse rigoureusement interne/externe. C'est elle qui détermine radicalemen~ l'organisation et les équilibres internes du présent ouvrage. Son avantage est de lier in-

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dissolublement, de soumettre obstinément mes analyses, toutes mes analyses -y compris "conc1usives"- à la "tYrannie" de la description et construction "factuelles" et "structurelles" de l'objet même de mon travail. Elle comportait un sérieux risque d'éparpillement de mes analyses, un manque de suivi de celles-ci et un affaiblissement de la cohérence de l'ensemble. Mais comme on le verra, il n'en est rien. La petite boule de neige en roulant a bien [mi par former un bonhomme... qui ne fondra pas aussi vite que de coutume aux feux de la critique.

- LIVRE PREMIER "FRANCE NOUVELLE" (NOVEMBRE 1945 - FEVRIER 1980) : IA PENETRATION MASSIVE ET LA RECONNAISSANCE DE FAIT DE IA PSYCHANALYSE DANS IA SPHERE POLITIQUE DE L'UNIVERS DU PCF AU COURS DES ANNEES SOIXANTE DIX ET LES PROCESSUS DE DESTRUCTURATION, JUSQU'AUX LIMITES DE SA COHERENCE INTERNE, DE L'IDENTITE COMMUNISTE COMME "PARTI MARXISTE" DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.

A - "France Nouve]Je" : Novembre 1945-Décembre 1973. Alentours et traces psychologiques, lentes et tardives ouvertures du côté de la psychanalyse. (page 43). Chapitre I.Novembre 1945-Déc.1955/Janv.1956-Décembre 1961. Alentours et traces psychologiques, premières ouvertures et premières apparitions de la psychiatire et de la psychanalyse .(page 44). Chapitre II,Janvier 1962-Décembre 1967. "Comment lire Freud ?"... Ou d'une accélération sensible en 1967 du processus de rentrée de la psychanalyse dans l'univers du PCF. (page 63). Chapitre III,Janvier 1968-Décembre 1973. Psychanalyse: ouverture tardive, ouverture tout de même. (page 71). B - "France Nouve]Je" : Janvier 1974-Décembre 1976. L'ouverture à bouchées doubles... Débats reutrés, contradictions et polémiques ouvertes. (page 94). Chapitre IV,Janvier 1974-Décembre 1974. L'ouverture, contradictions et premiers débats. (page 95). Chapitre V.Janvier 1975-Décembre 1975. L'ouverture à pied, à cheval et en bateau à voile. Le souffle des" problèmes de société". (page 121). Chapitre VI.Janvier 1976-Décembre 1976. Triomphe du "désaliénisme" ? Triomphe de la psychanalyse? (page 134).

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C - "France Nouvelle" : Janvier 1977-Décembre 1977. Le mouvement d'ouverture à son point culminant et à ses limites. (page 164). Chapitre VII. Des limites et des avantages du pluralisme" en miettes" : de la persistance des contradictions à l'insistance des" problèmes de société"... jusqu'à la poussée de "l'individu" au plein coeur des conceptions politiques du PCF. (page 165). Chapitre VIII. De la répression psychiatrique en URSS aux problèmes de "la folie" et de la spécificité psychique: les limites du "désaliénisme"... (page 202). Chapitre IX. De la psychanalyse et de la spécificité psychique aux spécificités de l'individu et à la démocratie: l'univers du PCF et l'identité communiste du PCF comme" parti marxiste" aux limites de leur cohérence interne. (page 227). D - "France Nouvelle" : Janvier 1978-Février 1980. Le reflux... "Et le combat cessa faute de combattants". (page 272). Chapitre XJanvier 1978-Décembre 1978. Malgré quelques "beaux restes", le reflux. (page 273). Chapitre XIJanvier 1979-Décembre 1979. Enlisements et paralysies, le recul se confirme. (page 307). Chapitre XII. Janvier-Février 1980. Les dernières lueurs d'une fin crépusculaire. (page 326).

-A"FRANCE NOUVELLE" : NOVEMBRE 1945 - DECEMBRE ALENTOURS ET TRACES PSYCHOLOGIQUES, LENTES OUVERTURES DU COTE DE LA PSYCHANALYSE.
1973. ET TARDIVES

Chapitre I - Novembre 1945-Déc. 1955/Janv. 1956-Décembre 1961. Alentours et traces psychologiques, premières ouvertures et premières apparitions de la psychiatrie et de la psychanalyse. (page 44). Chapitre II - Janvier 1962-Décembre 1967. "Comment lire FREUD ?"...O" d'une accélération sensible en 1967 du processus de rentrée de la psychanalyse dans l'univers du PCF. (page 63). Chapitre III Janvier 1968-Décembre ouverture tout de même. (page 77).

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1973. Psychanalyse:

ouverture tardive,

- CHAPITRE I NOVEMBRE 1945 DEC.1955/JANV.1956 - DECEMBRE 1961. ALENTOURS ET TRACES PSYCHOLOGIQUES, PREMIERES OUVERTURES ET PREMIERES APPARITIONS DE IA PSYCHIATRIE ET DE IA PSYCHANALYSE. (ANNEES 1945-1946) (1) - "France Nouvelle". W 19. Samedi 30 mars 1946 (page 1). A propos de]a future campagne électorale des élections ]égislatives du 2 juin 1946, sont publiées, en première page-couverture de "France Nouvelle", les photos de 16 députés communistes, dont la photo de Henri WALLON député communiste de la Seine (le N81 de "France Nouvelle" est paru le samedi 24 novembre 1945). (2) - "France Nouvelle". W 49. Samedi 26 octobre 1946 (page 8). Dans le cadre de la campagne électorale pour les élections législatives du 10 novembre 1946, "France Nouvelle" publie des bilans de l'activité des ministres communistes, dont, sous le titre "Les réalisations concrètes de René ARTHAUD", le bilan d'activité du ministre communiste de la Santé publique, René ARTHAUD. Ce bilan comporte cinq points principaux, soit selon les sous-titres du journal: "18) développement de la prévention; 28) soigner les enfants; 38) la lutte contre la tuberculose; 48) du matériel pour nos hôpitaux; S8) la pénicilline pour tous". D'autres mesures sont signalées dont "la réorganisation totale des services et de l'équipement psychiatriques" et "l'institution d'écoles publiques d'infirmières". Et le bilan se termine en insistant sur "la médecine préventive" et la "médecine sociale".
(ANNEE 1947) - rien. (ANNEE 1948)

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(3) - "France Nouvelle". W 112. Samedi 7 février 1948 (pages 6-7). Article non signé: "(Un aspect de la lutte pour l'indépendance nationale. Défense des éditions françaises). Contre l'invasion de ]a littérature américaine de démoralisation et de perversion de la jeunesse". L'article dénonce notamment dans cette "invasion de la littérature américaine", l'exaltation de la violence, de l'individualisme, du surnaturel, et, page 7, "le caractère malsain de certaines publications dont le contenu peut compromettre l'équilibre et la formation sexuelle des enfants". (4) - "France Nouvelle". N8143 du 11 septembre 1948 (page 10). Dans la page "La Pensée et l'Art", A. FADEIEV: "L'ignominie, le culte de la bestialité contre la culture et la liberté humaine préparent les buts expansionnistes des impérialistes américains". Extrait du discours de A. FADEIEV au Congrès Universel des Intellectuels pour la Paix, le 2S août 1948 à WROCLA W. II s'agit d'une très violente attaque contre la "culture américaine" et les écrivains et intellectuels "occidentaux" - de Henri MILLER à ]-P. SARTRE en passant par GENET, KOESTLER et MALRAUX. A. FADEIEV dénonce le culte de la violence, de la

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délinquance, de la drogue et de la pornographie chez ces écrivains de la décadence et de la déchéance au service de l'impérialisme américain. La page "La Pensée et l'Art" apparaît dans le N" 122, du 17 avril 1948, de "France Nouvelle". Sa tenue -au cours de 1948, 1949, 1950- est de plus en plus irrégulière, jusqu'à pratiquement disparaître. (5) - "France Nouvelle". N" 158 du 25 décembre 1948 (page 11). J. BABY: "Le travailleur soviétique, homme nouveau". Extrait d'un article de Jean BABY paru dans le numéro de décembre 1948 de la revue "Démocratie Nouvelle". (ANNEE 1949) - rien. Ce qui est d'autant plus intéressant à remarquer qu'il s'agit de l'année de la condamnation de la psychanalyse -dans le n" 7 de juin 1949 de "La Nouvelle Critique"- qui ne trouve donc aucun écho dans "France Nouvelle". (ANNEES 1950, 1951 et 1952) "France Nouvelle". N" 259 du 2 décembre 1950 (page 8). Article non signé: "Le surmenage des mmtants". Il s'agit bien des "militants" mais aussi également du "surmenage" au sujet duquel est donné une série d'informations médicales et de conseils médicaux. (7) - "France Nom'eUe". N" 288 du 23 juin 1951 (page 12). Encadré annonçant la sortie du N" 27, de juin 1951, de la "Nouvelle Critique", avec le sommaire du numéro, où, parmi les divers articles de ce sommaire, figure l'article de Sven FOLLIN "Bilan de la psychanalyse" -il s'agit d'une conférence faite le 4 mai 1951, à la Mutualité à Paris, et publiée pages 38-58 dans le N" 27 de juin 1951 de "La Nouvelle Critique", sous le titre exact: "Bilan de la psychanalyse. De la psychanalyse à la guerre psychologique". (8) - "France Nouvelle". N" 327 du 22 mars 1952 (page 4). Ségolène MALLERET : "Du 12 au 16 avril à Vienne (Autriche), Conférence Internationale pour la défense de l'enCance". La conférence est convoquée à l'appel de "hautes personnalités de 33 pays" et elle a le soutien de la Fédération Démocratique Internationale des Femmes. Cest à la délégation française qu'est revenue la présentation du "rapport général" : "Ce qui peut être fait pour l'enfance grâce au maintien de la paix", qui fut exposé par M. Gustave MONOD, directeur honoraire de l'Enseignement du second degré.
(6)

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(ANNEE 1953) (9) - "France Nouvelle". N" 376 du 28 février 1953 (page 11). Victor LEDUC: "(Pour le 70ème anniversaire de la mort de Karl MARX. 29 et 30 mars). Journées Nationales d'Etudes des Intellectuels Communistes". Au centre de ces "Journées" qui ont lieu à Ivry se trouve l'étude de l'ouvrage "Les problèmes économiques du socialisme en URSS" de Staline -qui vient de mourir. Annonçant ces "Journées", V. LEDUC énumère les groupes ou "cercles" d'intellectuels communistes "de toutes les disciplines", dont entre autres les psychologues, les méde-

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cins, psychologues scolaires et psycho-techniciens d'orientation professionnelle, qui participeront à ces journées. Les travaux des ces "Journées" sont publiés pages 125368 du N' 45, d'avril-mai 1953, de "La Nouvelle Critique". Les docteurs Victor LAFITTE et Emile BEAULIEU interviennent au nom du "cercle des médecins" -pages 211.221 et 221.228. Le docteur Henri VERMOREL intervient au nom du cercle "PAVLOV" de Lyon, il est suivi dans la même optique pavlovienne par M. DOELNITZ, à titre personnel, de Nice -pages 322.323 et 324. L'intervention au nom du "cercle des psychologues", dont il n'est publié pages 228.232 que des extraits, est un texte de Henri WALLON lu et présenté par Hélène GRATIOTALPHANDERY, ce que précisera une note "rectifications" page 96 du N' 46, de juin 1953, de "La Nouvelle Critique". Cette intervention est suivie de celle, à titre personnel, de Maurice MOUILLAUD, de Marseille -pages 232.236. L'intervention du "cercle des psychologues scolaires" est présentée par Henri CHAMBRON -pages 237.240-, et celle du "cercle des conseillers d'orientation professionnelle et psycho-techniciens" par Antoine LEaN -pages 240.247. Voir également la note bibliographique (10) ci-dessous. (10) - "France Nouvelle". N' 381 du 4 avril 1953 (pages 6-7). Georges COGNIOT: "Pour livrer bataille en science et en philosophie, il faut en finir avec l'opportunisme". Il s'agit d'extraits du discours de clôture aux Journées Nationales des Intellectuels Communistes, les 29-30 mars 1953 à Ivry - voir la note bibliographique (9) ci-dessus. Il est précisé que ces extraits du discours de G. COGNIOT sont "les passages consacrés à la lutte contre l'opportunisme". Dans le passage dénonçant l'opportunisme dans la lutte contre les influences américaines, dont "la camelotc pédagogique de DEWEY", G. COGNIOT précise, page 6 : "Des campagnes ont été faites par le parti contre les égarements de ce genre, et cela avec. le concours d'éminents spécialistes comme le camarade WALLON, qui prend une part considérable à la lutte contre les chimères nuisibles dans la théorie de l'éducation". (11) - "France Nouvelle". N' 387 du 16 mai 1953 (page 10). Marcel CORNU: "Pour le 70ème anniversaire de la mort de Karl MARX ; un colloque universitaire organisé par" La Pensée". Ce colloque aura lieu à Paris les 24-25 mai 1953. Evoquant le problème de "l'éducation polytechnique", thème de l'une des séances du colloque, M. CORNU précise: "Comment MARX et ses continuateurs (dont STALINE qui vient d'être cité; F.B) ont-ils défini l'éducation polytechnique? Tel est le sujet réservé à Henri WALLON, Professeur honoraire au Collège de France, et à Madame Fernande SECLET-RIOU, qui fut la secrétaire de la commission LANGEVIN-WALLON pour la réforme de l'enseignement". L'intégralité du "Colloque" est publiée dans le N' 51, de novembre 1953, de "La Pensée", pages 1201. La séance sur les "sciences de l'éducation" et "l'éducation polytcchnique" a lieu le 25 mai 1953 -pages 144.176. Henri WALLON préside la séance, qu'il ouvre et conclut -pages 145 et 172.176 ; le rapport sur "l'enseignement polytechnique" est présenté par Fernande SECLET-RIOU, pages 146.154. A la "discussion" qui suit, pages 154.171, participent, outre F. SECLET-RIOU, G. BESSE, M. CAVEING,

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CANAC, IMCHE, E. KAHANE, L. LANGEVIN, MANDRIN, MIALARET, MAUBLANC, RIGNY, VARAIN, R. VERDENAL. Enfin, l'intervention de Antoine LEON, qui n'a pu être présentée au collogue est publiée -"l'enseignement psychotechnique et l'orientation professionneJJe"- pages 163.165. Voir également la note bibliographique (49) ci-après. (12) "France Nou\'elle". N" 409 du 17 octobre 1953 (page 8). Ségolène MALLERET: "Pour une politique de l'enfance". Cet article annonce, en rappelant la "Charte de l'Enfance" adoptée le 19 octobre 1951 à la Sorbonne, les "Etats Généraux de l'Enfance" qui auront lieu les 19-20 décembre 1953 à l'initiative du Mouvement National pour la Défense de l'Enfance. Il est fait référence au plan d'enseignement LANGEVIN-WALLON. Et S. MALLERET termine son article en faisant la liaison entre ces "Etats Généraux de l'Enfance" et la tenue les 14-15 novembre 1953 de "Journées des femmes communistes" dont traitent par ailleurs plusieurs articles de "France Nouvelle".

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(ANNEE 1954) (13) - "France Nouvelle". N" 457 du 18 septembre 1954 (page 9). R. ENAVD : "La responsabilité des fédérations et instituteurs communistes dans la diffusion de "L'Ecole et la Nation". Ce texte est donné avec en encadré le sommaire du N. 31, de septembre 1954, de "L'Ecole et la Nation", dont comme premier article mentionné: Henri WALLON, "Psychologie et matérialisme dialectique" ; annoncé, avec une photo de Henri WALLON, en page 1 du N" 31, de septembre 1954, de "L'Ecole et la Nation", ce texte de Henri WALLON est publié dans les "pages pédagogiques" VIII-IX. (14) - "France Nouvelle". N. 462 du 23 octobre 1954 (page 8). Texte non signé: "Le ColJoque de "La Pensée" sur LENINE philosophe et savant". Ce colloque a eu lieu le 1er mars 1954 à Paris. Ses travaux sont publiés dans le n" 57, de septembre-octobre 1954, de "La Pensée". Une rapide mention est faite de la participation de "Henri WALLON qui montra comment la psychologie trouvait sa raison d'être dans le matérialisme dialectique". Henri WALLON intervient de deux façons dans ce colloque, une première fois sur le thème "Psychologie animale et psychologie humaine" -pages 91.93-, et à l'occasion du discours de clôture -pages 125.130qu'il consacre à "l'enseigement de LENINE, du matérialisme dialectique" relativement à la psychologie. Il faut remarquer que la première intervention de H. WALLON s'insère dans la discussion, pages 91.96, à laquelle participent Victor LAFITTE, Guy BESSE et Lucien SEVE, à la suite de l'intervention de Lucien SEVE -pages 86.91- "LENINE et la psychologie" qui constitue, référence à LENINE à la clé, la première vive critique du pavlovisme en psychologie dans l'univers du PCF -voir à ce sujet les points II, le N" 10 de "La Raison", et III du chapitre XV ci-après: "Les orientations de la revue "La Raison. Cahiers de psychopathologie scientifique". (1951-1958). (...)".

48

(ANNEE 1955) (15) - "France Nouvelle". W 482 du 12 mars 1955 (page 10). Ségolène MALLERET: "26-27 mars à la Sorbonne. Un plan d'urgence sera dressé aux Assises Nationales de l'Enfance". Ces "Assises" sont organisées à l'initiative du "Mouvement National de Défense de l'Enfance" et avec la participation de diverses organisations, dont la CGT, l'UFF, le Mouvement Coopératif Moderne, etc ... (16) - "France Nouvelle". N" 490 du 7 mai 1955 (page 3). Encadré avec compte-rendu assez détaillé du N" 38 d'aniJ 1955 de "L'Ecole et la Nation", avec mention d'un article de H. WALLON sur la formation des maîtres, dans les "pages pédagogiques" II et III du numéro. Il s'agit en fait de la seconde sortie du texte de H. WALLON, dont la première partie est parue dans les "pages pédagogiques" I et II du N" 37, de mars 1955, de "L'Ecole et la Nation" -cet article de H. WALLON "La formation psychologique des maîtres" avait déjà été publié dans le numéro d'août-septembre 1938 de la revue "Pour l'Ere Nouvelle". (11) - "France Nouvelle". N" 500 du 16 juilJet 1955 (page 11). Est signalé le N" 67, dejuiIJet-août 1955, de "La Nouvelle Critique", avec mention de l'article qu'y publie Henri WALLON, "Pavlovisme et psychologie". L'article de Henri WALLON "Pavlovisme et psychologie" est publié pages 213-220 du N" 67 de juillet-août 1955, de "La Nouvelle Critique" ; il concerne, paru en 1955 aux "Editions de la Nouvelle Critique", le N" 6 de la revue "Questions Scientifiques", N"6 dont le thème est "Psychologie et Activité Nerveuse Supérieure" ; voir ci-après les points II et III du "chapitre XV. Les orientations de la revue "La Raison. Cahiers de psychopathologie scientifique" (1951-1958.61). (...)". (18) - "France Nounlle". N" 500 du 16 juilJet 1955 (page 12). Rubrique "En vacances, lisez de bons livres", WILLIAM GROSSIN : "Histoire naturelle de l'amour". Il s'agit du compte rendu positif du livre, paru à Vienne et traduit aux Editeurs Français Réunis, "Histoire naturelle de l'amour" des docteurs E. SCHINDEL et A. ROT - avec une préface du docteur Gaston BAISSETTE. Il est indiqué, qu'en trois parties, ce livre traite de l'éducation et de la vie sexuelles, de la biologie de la reproduction, de la famille et de la lutte pour le socialisme. Outre le compte-rendu de W. GROSSIN, il est publié un extrait du livre sous le titre: "Les conditions du libre épanouissement de l'amour". (19) - "France Nouvelle". N" 520 du 3 décembre 1955 (page 2). René MAUBIANC : "Un numéro particulièrement riche de "La Pensée". Il s'agit du N" 63 de septembre-octobre 1955 de "La Pensée", dont R. MAUBLANC cite, entre autres, l'article de Henri WALLON "Tristesse ou espoir des vieux ?", et l'article de Guy BESSE "Réflexions sur 1"'Esquisse d'une psychologie des classes sociales" de Maurice HALBWACHS" -ces deux articles sont publiés, respectivement, pages 1517 et pages 105-115 du N" 63, de septembre-octobre 1955, de "La Pensée".

49 (ANNEE 1956) (20) - "France Nouvelle". W 557 du 18 août 1956 (pages 10-12). "La négation des lois du développement social sous le drapeau des darwinistes sociaux", article soviétique paru dans le N° 7, de 1956, de la revue soviétique "Communiste".

(ANNEE 1957) (21) - "France Nounlle". N° 587 du 14 mars 1957 (page 9). Texte non signé: "Le docteur LAMAZE était de ceux qui n'acceptent pas la souffrance humaine". Outre un texte en hommage au docteur F. LAMAZE qui vient de mourir, il est publié un extrait de la préface de son livre "Qu'est-te que l'accouchement sans douleur ?" qui était sorti en 1956 aux Editions de la Farandole, dans la col1ection "Savoir et connaître". (22) - "France Nouvelle". W 589 du 28 mars 1957 (page 6). Texte non signé: "Une grande vedette: l'accouchement sans douleur". 11s'agit d'un article à propos de la sortie du film de Paul LE CHANOIS "Le cas du docteur LAURENT", avec Jean GABIN et Nicole COURCEL. Le "cas" du docteur LAURENT, c'est l'organisation d'un accouchement sans douleur -voir la note bibliographique (23) ci-dessous. (23) - "France Nouvelle". N° 592 du 18 avril 1957 (pages 17-18). Marie PERROT: "Vous devez voir" Le cas du docteur IAURENT". La note bibliographique (22) ci-avant était une brève annonce et un bref commentaire de ce film. 11s'agit avec l'article de Marie PERROT d'une analyse assez développée du film. (24) - "France Nouvelle". N° 604 du 11 juillet 1957 (page 20). Georges POLITZER: "Sur les lumières du 18ème siècle". 11s'agit d'un extrait de l'article de G. POLITZER "La philosophie des lumières et la pensée moderne", paru dans le N.8 de juiUet 1939 des "Cahiers du Bo1chévisme". (25) - "France Nouvelle". W 614 du 12 septembre 1957 (page 12). Fernande SECLET-RIOU: "Rentrée des classes toujours plus difficile", texte essentiellement politique sur la rentrée scolaire. (ANNEE 1958) (26) - "France Nouvelle". W 648 du 10 avril 1958 (page 22). "Le travail et la fatigue. "La névrose des téléphonistes et des mécanographes", une thèse de Jean BEGOIN, médecin des hôpitaux psychiatriques. 11s'agit d'un extrait de la préface de Louis LE GUILlANT à la thèse de J. BEGOIN, avec un encadré concernant le N. double 20-21, 192 pages, de "La Raison" paru au premier trimestre 1958 et où sont publiées la thèse de J. BEGOIN et la préface de Louis LE GUILlANT -voir ci-après le point V du "chapitre XV. Les orientations de la revue "La Raison. Cahiers de psychopathologie scientifique" (00')'" (27) - "France Nouvelle". N° 682 du 20 novembre 1958 (pages 8-9). F. SEC LET RI 0 V : "La réforme de l'enseignement? Quelle réforme? " , première réaction inquiète et hostile aux premiers "bruits" de réforme de l'enseignement envisagée par le nouveau "pouvoir gaulliste".

-

50 (28) - "France Nouvelle". W 683 du 27 novembre 1958 (pages 14 et Marcel DUFRICHE: "Un piège du capitalisme, les "relations humaines".

17).

(ANNEE 1959) (29) - "France Nouvelle". W 697. Semaine du 5- 11 mars 1959 (page 8). Henri WALLON: "L'action psychologique ou le "moral injecté" . Il s'agit d'un extrait du texte de Henri WALLON publié dans le N8 103 de "La Nouvelle Critique" -voir, pages 145-174 dudit numéro, le dossier "La psychologie de l'action psychologique" où Henri WALLON, J.F. LE NY et CI. FLAMENT dénoncent les méthodes de "l'action psychologique" des officiers de l'armée française en Algérie. (30) - "France Nouvelle". W 697. Semaine du 5- 11 mars 1959 (pages 11-14). Maria RABATE, Maria DORIAT, Catherine IAGATU, Jacqueline AYMOT, Renée DERV AUX: "(Dossier). Des femmes communistes exposent J'action de leur Parti pour la femme et J'enfant". Ce dossier rappelle l'action dans ce domaine des ministres communistes F. BILLOUX et A. CROIZAT à La Libération, souligne l'action des municipalités communistes, expose les propositions du PCF ; mais encore, une partie du "dossier", page 13, est consacrée à -selon le sous-titre- "Une grande oeuvre humaine: l'accouchement sans douleur", notamment avec le travail effectué en ce domaine à la polyclinique des Métallurgistes, à Paris, où, du 28 mars 1952 au 17 février 1959,9865 accouchements sans douleur ont été pratiqués. (31) - "France NounlJe". W 703. Semaine du 16 avril 1959 (page 23). Roland
DESNE: "L'Emile" de

JJ.

ROUSSEAU:

"un poème pédagogique

sous J'an-

cien régime". Cet article est rédigé à propos de la parution, pour "la vente du livre marxiste" des 2-3 mai 1959, de 1"'Emile"de J.J. ROUSSEAU, aux Editions Sociales dans "les Classiques du Peuple" avec une double présentation de Henri WALLON et de J.c. LECERCLE. R. DESNE fait part surtout du texte de H. WALLON auquel il se réfère pour rapprocher l'''Emile'' de ROUSSEAU du fameux livre soviétique "Poème pédagogique" de A. MAKARENKO. (32) - "France Nouvelle". W 705. Jeudi 30 avril 1959 (page 15). Dans un encadré consacré aux livres des Editions de Moscou, qui seront exposés à "la vente du livre marxiste" des 2-3 mai 1959, est signalé le volume des "Oeuvres choisies" de SETCHENOV, "le père de la physiologie russe" selon le mot de PAVLOV que rappelle l'encadré publicitaire. (33) - "France Nouvelle". N8 711. Jeudi 11 juin 1959 (pages 28-29). Fernande SECLET-RIOU: "Un homme véritable: Henri WALLON". A l'occasion des 80 ans de Henri WALLON, F. SECLET-RIOU rappelle les grandes lignes de l'oèuvre psychologique et pédagogique de Henri WALLON. A propos de l'itinéraire de celui-ci, elle note, page 28 : "Elève de l'Ecole Normale Supérieure, il en sort agrégé de philosophie. Passionné par les problèmes que pose la psychologie, il n'est pas satisfait par les solutions idéalistes officiellement admises. Il entreprend ses études de médecine et s'attache plus particulièrement à l'étude du système nerveux. Il ouvre alors à la psychologie, en France, une voie matérialiste entièrement nouvelle et extraordinairement féconde".

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Puis parlant de "l'étude de l'enfant, par les méthodes scientifiques, qui domine son oeuvre", F. SECLET-RIOU remarque, page 28 : "Pour comprendre les activités mentales de l'adulte, Henri WALLON s'est attaché à en suivre l'évolution depuis la naissance de l'enfant". Ensuite, elle souligne, entre autres, fortement l'importance de "l'influence du niveau social et culturel du milieu" sur le développement psychique de l'enfant. La suite de l'article, qui en constitue la majeure partie, est entièrement consacrée à l'activité politique et militante de Henri WALLON. Enfin, page 29, en bas de l'article, un encadré annonce, organisée par le PCF, pour le mardi 16 juin 1959, une soirée "hommage à Henri WALLON pour son 80ème anniversaire", sous la présidence de Roger GARAUDY, et où, avec celui-ci, F. SECLET-RIOU, I. MEYERSON, R. ZAZZO et G. COGNIOT parleront de "l'oeuvre du pédagogue, du psychologue, du philosophe et du citoyen" Henri WALLON. (34) "France NouveJJe". N8 727 du 17 octobre 1959 (page 22). Rubrique "Sciences et Vie" , Lucien BARNIER : "Le cerveau reste malgré tout un univers mystérieux". L'article présente les derniers progrès de la neurobiologie et de la neurophysiologie du cerveau.

-

(ANNEE 1960) (35) - "France NouveJJe". N8760 du 11 mai 1960 (page 24). Est signalée la sortie aux P.D.F. du livre de René ZAZZO "Les Jumeaux, le Couple et la Personne". Ce livre est ainsi présenté: "Bilan de 15 années de recherches, cet ouvrage constitue un dépassement des conceptions classiques sur le rôle respectif de l'hérédité et du milieu dans la formation de la personnalité. De l'étude des "ressemblances" entre les jumeaux, René ZAZZO est passé à celles des "dissemblances". Comment des êtres parfaitement identiques et vivant dans le même milieu, peuvent-ils en fin de compte posséder chacun une individualité propre ?". Et le texte poursuit: "Critiquant à la fois la conception étroitement organiciste, fataliste, des matérialistes du 19ème siècle, et le spiritualisme qui refuse à la science toute compétence pour expliquer l'individualité humaine, René ZAZZO se place résolument dans la perspective du matérialisme dialectique pour tenter de résoudre le problème. La conscience, qui fait de l'individu une personne libre, est déterminée par les conditions matérielles (organiques et sociales) mais elle devient à
son tour déterminante"

- voir

la note bibliogaphique

(36) ci-dessous.

(36) - "France Nouvelle". N8 762 du 25 mai 1960 (page 26). Entretien avec René ZAZZO : "Psychologie. Les jumeaux, le couple et la personne". Cet entretien porte sur le livre de René ZAZZO paru aux P.U.F. -voir la note bibliographique (35) ci-dessus-, mais aussi sur les discussions qu'il a suscitées au sein d'un séminaire du CERM qui lui a été consacré et où R. ZAZZO lui-même a présenté son travaille 12 mai 1960 -le texte de l'exposé de René ZAZZO a été publié pages 49-66 du n8 93, de septembre-octobre 1960, de "La Pensée", sous le titre: "La dialectique de la personnalité. A propos des jumeaux".

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L'interview de R. ZAZZO est important de deux points de vue qui concernent, d'une part, la psychologie, et, d'autre part, le marxisme. D'abord, esprit fin et intelligent, René ZAZZO, qui, après Henri WALLON, est l'un des meilleurs psychologues français contemporains, est l'une de ces personnes rares dont les propos sont toujours intéressants. Ensuite, même si pour l'essentiel René ZAZZO pense de longue date ce qu'il dit dans le présent interview, il n'empêche que les positions qu'il développe ici rendent bien compte des premières "ouvertures" qui ont lieu après 1956 et surtout 1959 dans l'univers intellectuel, idéologique et culturel du PCF. 1) "PSYCHOLOGIE INTEGRALE", "DIALECTIQUE DE LA PERSONNALITE", ELABORATION DE "L'INDIVIDUALITE" ET DU "SUJET". Pour ce qui est de la psychologie, René ZAZZO explique d'abord pourquoi il utilise la notion de "psychologie intégrale" qui conduit à redéfinir non les rapports mais le terrain de la psychologie scientifique relativement à la philosophie. R. ZAZZO déclare: "Je n'ai aucune conception à proposer, mais une attitude: un parti pris d'audace, une ambition scientifique à la mesure même de l'homme. Et s'il s'agit de briser quelque chose, ce sont les limites imposées à la psychologie scientifique d'aujourd'hui par la peur des idées générales, par la peur de se poser des questions sur la "signification" de l'être humain. On redoute de retomber dans les pièges et dans les bavardages de la métaphysique. En conséquence de quoi la plupart des psychologues se tiennent prudemment à l'écart tout autant des problèmes de causalité organique que des problèmes d'ordre spirituel. Il est de très mauvais goût de parler de conscience, de personne, de liberté. Cela appartient, dit-on, à la philosophie, non à la science. Et pourtant, quel serait l'intérêt d'une psychologie qui n'aborderait pas ces problèmes? C'est un fait que les spéculations métaphysiques occupent le terrain de nos ignorances, le terrain que la science n'a pas su conquérir; c'est un fait que la philosophie contemporaine (avec J.P. SARTRE, Gabriel MARCEL, Emmanuel MOUNIER et bien d'autres) traduit le besoin légitime d'une révision profonde d'anciennes notions et que ce besoin correspond souvent aux exigences mêmes de la science. Les notions de devenir créateur, de personne, de liberté sont la traduction de problèmes réels: nous devons les dépouiller de leurs élans mystiques, comme nous le conseillait déjà H. WALLON, il y a plus de vingt ans, nous devons les prendre à notre compte". Et R. ZAZZO en arrive alors à définir ce qu'il entend par "psychologie intégrale" : "Une psychologie intégrale ne signifie rien d'autre pour moi qu'une science dont la tâche est d'expliquer l'homme à la fois dans ses conditions d'existence et dans ses

raisons d'existence

(00')'

Dans ses conditionsd'existence(organiqueset sociales) qui

peuvent l'aliéner ou le révéler à lui-même, c'est-à-dire en faire un objet ou un véritable sujet. Dans ses raisons d'être, c'est-à-dire dans un système de fins et de valeurs. La psychologie doit s'employer à comprendre l'homme depuis ses hérédités les plus strictes, les plus irrévocables, jusqu'à cette émergence d'autonomie, de liberté qui fait de lui une personne".

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Cette conception d'une "psychologie intégrale" rendant compte de l'émergence de la personne, de la "dialectique de la personnalité" -comme dit ZAZZO-, René ZAZZO la développe, l'illustre ensuite par l'exemple des jumeaux, qu'il a analysé dans son livre "Les jumeaux, le couple et la personne". Il déclare: "Les jumeaux nous obligent à poser, à résoudre scientifiquement le problème de l'originalité individuelle, sans quoi la personnalité des jumeaux est un phénomène absolument incompréhensible, un mystère impénétrable. Pour un individu ordinaire, on est tenté d'expliquer sa personnalité, toute sa personnalité, par sa constitution héréditaire et par les influences du milieu. Pour les jumeaux identiques on est bien forcé de constater que ce genre d'explication n'est pas suffisant. En effet, voici un couple d'individus qui du point de vue de l'hérédité sont absolument identiques (ils sont littéralement un même être en deux exemplaires), qui, par surcroît, ont été élevés dans le même milieu. Or, malgré cette identité d'hérédité et de milieu, les jumeaux deviennent des individus différents, des personnes. Les jumeaux nous mettent au pied du mur. Les causalités invoquées habituellement ne nous permettent absolument pas d'expliquer l'originalité de chacun des partenaires. Alors de deux choses l'une. Ou bien il faut admettre une âme, un principe mystérieux d'individuation: c'est la capitulation de la science au profit d'une métaphysique spiritualiste. Ou bien il faut supposer que l'individualité s'élabore bien à partir des conditions organiques et sociales, mais qu'elle s'en dégage, qu'elle émerge comme une création originale". Abordant le point central du problème, René ZAZZO poursuit, Henri WALLON à la clé : "Mais comment s'accomplit cette création, ce dépassement? (...). L'essentiel, sans doute, est de voir comment chez le petit enfant se développe la conscience de soi. Une conscience déterminée sans doute par toutes sortes de causes organiques et sociales (maturation du système nerveux, influences multiples du milieu), mais qui devient cause à son tour. Or l'observation des jumeaux nous permet de saisir dans des conditions privilégiées la dialectique du moi et du toi, dans la genèse de la conscience. C'est une affirmation fréquente de la philosophie contemporaine et un enseignement bien établi par Henri WALLON que la conscience du "moi" n'est pas primitive, qu'elle est précédée par la conscience confuse du "nous" et que c'est graduellement que l'enfant construit à la fois l'image du soi et l'image d'autrui. Pour le couple de jumeaux ce dégagement de l'image de soi, en opposition à l'image d'autrui, est particulèrement difficile, puisque chaque enfant a devant lui comme une réplique de lui-même. Mais l'affirmation de soi en est d'autant plus significative, d'autant mieux révélatrice de la dialectique de la conscience. Ainsi les jumeaux pendant si longtemps utilisés pour démontrer les pouvoirs de l'hérédité, j'invoque aujourd'hui leur témoignage pour démontrer le pouvoir créateur de la conscience". Le double intérêt de l'ensemble des propos de R. ZAZZO sur la psychologie tient, d'une part, à ce qu'est bien soulignée la façon dont, selon ZAZZO, la psychologie se construit constamment à la fois contre et par différenciation d'avec la philosophie; d'autre part, avec sa notion de "psychologie intégrale" centrée autour des notions d'''individu'', de "personne" et surtout de "conscience de soi" qui se constitue dans "la dialectique du moi et du toi", dansla dialectique de la construction de "l'image de

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soi" et de "l'image d'autrui", René ZAZZO pose avec acuité le difficile problème de la spécificité de la psychologie et de l'importance de cette spécificité dans l'étude de "la "signification" de l'être humain", qui comme "personne", avec en son coeur le problème de la constitution de la "conscience de soi", se développe et s'affirme comme telle en se "dégageant" de ses déterminants biologiques et sociaux, et par delà ceux-ci. Mieux même, René ZAZZO est ici très près d'atteindre et de formuler très clairement ce qui constitue sans aucun doute le problème fondamental de la spécificité de la psychologie: à savoir le problème fondamental de la spécificité psychique du psychisme humain avec en son coeur le problème fondamental décisif de la spécificité du "sujet psychique" ou, plus précisément, de la "spécificité psychique" du "sujet". C'est bien ce problème que René ZAZZO cerne constamment avec les notions d"'individu", de "personne", de "personnalité", de "la "signification" de l'être humain", de "dialectique du moi et du toi", de "conscience de soi" -et de son "émergence", de ses déterminants "organiques" et "sociaux", comme "cause à son tour", comme "pouvoir créateur de la conscience", par où "l'individualité" "émerge" comme une "création originale". Certes, tout en cernant constamment ledit problème de la "spécificité psychique" du "sujet", René ZAZZO tend néanmoins à partiellement le masquer de par l'utilisation même des diverses notions qu'il avance, notamment, renvoyant ici l'une à l'autre, celles de "conscience de soi" et de "personne". Pourtant, il n'empêche que c'est fort explicitement qu'il rattache la tâche fondamentale de sa "psychologie intégrale", à la saisie, à l'explication de "l'homme" non comme "objet", aliéné dans ses "conditions d'existence organiques et sociales", mais comme "véritable sujet", avec, à travers "ses raisons d'être" et un "système de fins et de valeurs", "cette émergence d'autonomie, de liberté qui fait de lui une personne". Mais pour aller ici jusqu'au bout de ma remarque, je noterai encore ceci : la référence essentielle de René ZAZZO à l"'enseignement bien établi" par Henri WALLON" de la "conscience du "moi" (oo.)"comme "(non) primitive" mais "précédée par la conscience confuse du "nous" (...)", et de la constitution graduelle par l'enfant "à la fois (de) l'image du soi et (de) l'image d'autrui" renvoie à l'élaboration fondamentale chez WALLON du "stade du miroir". Or il va se trouver que c'est notamment par la reprise et la réélaboration de celui-ci dans le cadre de la psychanalyse que pour l'essentiel, même si c'est sous la forme équivoque négative d'une théorie structurelle du "sujet (barré)", Jacques LACAN va introduire explicitement avec force, la problématique du "sujet" dans la psychanalyse. Quoiqu'au demeurant fort contradictoire, qui alimentera la proclamation de "la mort de l'homme" et du "sujet" par la vague structuraliste des années soixante, cet effet dans la psychanalyse de l'emprunt et de la réélaboration du "stade du miroir" de Henri WALLON par Jacques LACAN n'est point le simple fruit capricieux du hasard: même si Henri WALLON aura toujours beaucoup de mal à définir clairement ce qu'il en est de la spécificité du psychisme humain et partant de la psychologie, il n'en reste pas moins que par toute son oeuvre psychologique, de ses analyses de "la posture" à celles du "jeu" en

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passant par "le stade du miroir", de sa théorie des "émotions" au rôle décisif du langage, Henri WALLON est sans aucun doute, dans toute la psychologie contemporaire, celui qui aura été le plus loin dans l'élaboration scientifique d'une conception rationnelle de la spécificité psychique du psychisme humain et d'une conception rationnelle spécifiquement psychique du "sujet". Et c'est indiscutablement dans la suite directe de cet aspect fondamental de l'oeuvre de Henri WALLON que se situe le si remarquable ouvrage de René ZAZZO sur les jumeaux -ainsi d'ailleurs que les propos qu'il développe dans le présent "entretien" dans "France Nouvelle". Enfm, même si, comme déjà dit, ce n'est pas sans de sérieuses équivoques que René ZAZZO utilise la notion de "conscience", équivoques fort sensibles lorsqu'il parle de "la conscience" comme "cause" ou du "pouvoir créateur de la conscience", les propos de René ZAZZO sont d'autant plus intéressants qu'ils sont dans l'univers du PCF l'un des rares moments où les spécificités de la psychologie et du psychologique, du psychisme, de ")'jndi"idu" et du "sujet" sont affIrmés aussi nettement et avec tant d'acuité. On verra ci-après que jusqu'au cours des années soixante dix, à la suite essentiellement des travaux de Lucien SEVE, les philosophes et idéologues communistes défendent encore des positions en la matière fort différentes, voire opposées, de celles ici exprimées par René ZAZZO. Et, par delà Lucien SEVE et -"la VIeme thèse sur FEUERBACH" de MARX à la clé- sa conception de l'excentration du "sujet" du côté des "rapports sociaux", on verra encore ci-après -voir notamment dans la présente série bibliographique consacrée à "France Nouvelle", les notes bibliographiques (141), (220) et (222), et dans la série bibliographique consacrée à "L'Humanité", la note bibliographique (82)- comment les psychiatres communistes du "désaliénisme", mais aussi les psychanalystes-psychiatres du PCF, mais enfm l'ensemble de l'univers du PCF vont sans cesse buter, jusqu'aux limites de cohérence interne de l'univers et de l'identité communiste du PCF, sur les problèmes de la spécificité psychique du psychisme humain, de "l'individu" et du "sujet". Il faut dire qu'en 1960, les propos de René ZAZZO, quoiqu'étant quasi offIciellement soutenus -à commencer du côté de Roger GARAUDY-, faisaient déjà problème dans l'univers marxiste du PCF. 2) LE MARXISME ET IA RECHERCHE SCIENTIFIQUE... "L'ESPRIT DE PARTI" N'EST PLUS CE QU'IL ETAIT... Aussi toute la fin de l'interview de René ZAZZO est-elle consacrée au marxisme, à ce qu'il est en lui-même comme philosophie et à ce qu'il en est de ses rapports à la recherche scientifique, aux sciences et, plus immédiatement, au travail de René ZAZZO sur les jumeaux. D'abord, sur ce dernier point, aux reproches d"'idéalisme, de spiritualisme" qui lui sont adressés, René ZAZZO oppose "l'enseignement du marxisme" : "(...). Certains critiques ont cherché chez SARTRE et même chez FICHTE les sources de mon inspiration. Le malentendu provient de ce que les critiques en question se méprennent totalement sur l'enseignement du marxisme. L'antériorité de l'organique sur la conscience ne signifie absolument pas que la conscience soit une réalité moindre. LENINE a dit qu'une telle interprétation du mar-

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xisme serait absurde. En substituant à l'attitude contemplative des philosophies classiques une théorie de l'action révolutionnaire, le marxisme a mis au premier plan de ses préoccupations la "prise de consciense". En analysant les sources de l'aliénation, de la déshumanisation de l'homme moderne, en les analysant et en les dénonçant, le marxisme se définit comme une lutte pour le "retour de l'homme à lui-même". Après cette déclaration de principe qui se rapproche fort des conceptions et propos tenus à J'époque par Roger GARAUDY alors membre du Bureau Politique du PCF et idéologue quasi officiel du PCF, René ZAZZO aborde le problème des rapports du marxisme à la recherche scientifique et aux sciences: ''Toutes choses égales d'aiUeurs, oui, le marxiste est mieux armé. J'ai bien dit: toutes choses égales d'aiUeurs. II est, en effet, bien évident que la valeur d'un savant ne se ramène pas au fait qu'iJ est ou non marxiste! Ce serait trop simple. Son inteJligence personneUe, sa perspicacité, son ingéniosité expérimentale sont des facteurs primordiaux de réussite. L'avantage du marxiste est d'être guidé dans son travail par la conscience claire qu'il a d'une certaine logique des choses". Ici, R. ZAZZO prend son propre exemple, explique les difficultés qu'il a rencontrées dans sa recherche sur les jumeaux, et qu'il a dû "réviser les notions classiques d'hérédité et de milieu", "dialectiser" ses "démarches explicatives". Et il conclut sur ce point: "11est bien probable que ma formation marxiste m'y a aidé". Puis il poursuit: "Si pourtant, comme on me l'a fait remarquer, je n'ai jamais été amené à citer MARX, ENGELS ou LENINE dans mon travail, c'est qu'une recherche expérimentale n'a rien à voir avec une exégèse. Le marxisme n'est pas alors un ensemble de citations, mais une attitude, une vigilance, une logique de l'esprit préparé à épouser, à maîtriser la logique souvent déroutante des faits. Mais, pourrait-on objecter, si le marxisme ne fait qu'exprimer la dialectique des choses, ne suffirait-il pas de laisser parler les faits? Les faits parlent rarement d'eux-mêmes. 11faut opérer sur eux, il faut les élaborer sans les trahir. Se soumettre aux faits et les soumettre à notre raison: c'est tout l'effort de la recherche scientifique. La méthode dialectique nous y aide. Mais un savant peut faire de la dialectique sans le savoir". Et à la question, : ''Tout bon chercheur est un marxiste qui s'ignore ?", qui lui est alors posée, René ZAZZO répond et termine ainsi: "Non, je n'ai pas dit cela. "Marxiste sans le savoir" est une expression contradictoire dans les termes. Un marxiste se défmit par la conscience qu'il a de sa méthode et qui sait en tirer toutes les conséquences. Nous considérons, bien entendu, que tout ce qui est rationnel est nôtre, puisque le marxisme prétend n'être que la synthèse sans cesse révisable des données scientifiques. Mais nous n'avons pas la moindre intention d'armexer de gré ou de force tous les savants! La science est une. Cette conviction nous suffit pour faire confiance à tout travail honnête". L'ensemble de ces propos sur les rapports du marxisme à la recherche scientifique et aux sciences exprime sans aucun doute l'opinion que René ZAZZO a personneUement toujours eue sur ces questions. Mais, de plus, leur publication dans un numéro de mai 1960 de "France NouveUe" ne saurait surprendre, car même s'ils vont plus loin, jusqu'à "réduire" le marxisme à la seule dialectique et à n'être "que la synthèse

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révisable" des "données scientifiques", les propos de René ZAZZO vont pour l'essentiel dans le sens des changements auxquels le PCF a procédé en la matière surtout depuis 1956 et encore davantage depuis 1959, et qui, du moins dans le domaine sientifique, vont dans le sens d'une nette restriction du rôle de "l'esprit de parti", tel qu'il avait été imposé en 1948-1950 comme impératif absolu à l'ensemble de l'univers du PCF et en particulier à l'ensemble de la sphère intellectuelle -y compris "scientifique"-, idéologique et culturelle de l'univers du PCF, où le marxisme n'était point simplement "synthèse révisable des données scientifiques", mais "science" luimême, et, qui plus est, critère absolu de la "vérité scientifique" en tout domaine scientifique. Et incontestablement, les positions développées par René ZAZZO quant aux rapports du marxisme à la recherche scientifique et aux sciences bénéficient du soutien de la nouvelle politique idéologique et culturelle que, sous la direction de Roger GARAUDY, le PCF met en oeuvre tout particulièrement depuis 1959, notamment à travers la création du "Centre d'Etudes et de Recherches Marxistes" -le CERM- et l'organisation annuelle des "Semaines de la Pensée marxiste". De ce soutien témoigne bien la publication dans "France Nouvelle" de l'interview de René ZAZZO à peine quinze jours après que celui-ci eut présenté -le 12 mai 1960- son travail sur les jumeaux dans le cadre du tout nouveau CERM. Enfm que René ZAZZO tienne ces propos pour une bonne part en réponses aux critiques "sectaires" qui lui ont été adressées par certains témoigne toutefois de ce que lesdits changements en matière idéologique, culturelle et scientifique sont encore fort limités et rencontrent des obstacles importants dans l'univers du PCF. Nouvelle". N8 764 du 8 juin 1960 (page 28). Henri WALLON et Henri PIERON: "Chronique. Enseignement et Démocratie". Il s'agit de la "Préface" de Henri WALLON et de la "Postface" de Henri PIERON à la réédition par l'Union Française Universitaire du "projet de réforme démocratique de l'enseignement de la commission lANGEVIN-WALLON" -le fameux "Plan LANGEVIN-WALLON" élaboré à la Libération. H. WALLON était co-président, avec LANGEVIN, de la Commission, H. PIERON en était vice-président. (38) "France Nouvelle". N8 765 du 15 juin 1960 (pages 13-14). Rubrique "Livret de famille" : recueiJJi par Michel TRICOT, "Une interview du Professeur Henri WALLON: Les enfants à la télévision". En conclusion, page 14, H. WALLON dit: "En résumé, le bilan est positif pour les enfants comme pour les adultes. Il ne faut certainement pas user du téléviseur sans discernement, mais il est un excellent moyen de découverte dont il serait absurde de priver les enfants". (39) - "France Nouvelle". N8 766 du 22 juin 1960 (page 21). André BARJONET (rubrique "Travail") : "La fatigue industrielle". Il s'agit du compte rendu du livre de Madame Pierrette SARDIN "La fatigue industrielle" paru en 1960 aux Editions SADEP.
(37)

- "France

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(40) - "France NouveJJe". N8 790 du 7 décembre 1960 (pages 10-11). Fernande SECLET-RIOU : "Enseignement. Les Ecoles Normales et la crise de J'Université". Cet article a pour objet la défense et la nécessité des Ecoles Nonnales menacées, avec à la clé le "plan LANGEVIN- WALLON" et références à LANGEVIN et à WALLON.

(ANNEE 1961) (41) - "France NouveJJe". W 840. Semaine du 22-28 novembre 1961 (page 32). Roger GARAUDY: "La première semaine de la pensée marxiste". La première séance inaugurale du "Centre d'Etudes et Recherches Marxistes" a eu lieu le 22 février 1960 -voir "France Nouvelle", page 23 du N8 749 du 25 février 1960. Ici R. GARAUDY en annonce la première grande initiative publique: la tenue, du 7 au 14 décembre 1961, de la première "semaine de la pensée marxiste", avec pour thème "Dialectique et Humanisme". Dans le programme annoncé de cette "semaine", on remarquera la séance du mardi 12 décembre 1961, avec pour thème "Humanisme et Personne humaine" et comme participants au débat Gilbert MURY, Auguste CORNU, J.M. CHOMBART DE LAUNE et A. DUMAS; mais on remarquera surtout la séance du mercredi 13 décembre 1961, avec pour thème "Conduite de révolte et action militante" et comme participants aux débats le Docteur H.P. KLOTZ, les Docteurs psychiatres L. BONNAFE, H. DUCHENE et NODET, ainsi que par ailleurs G. FRISCHMANN, membre du Bureau Politique du PCF. Un nouvel article, sur cette première "semaine", sera publié dans "France Nouvelle", N8 842, semaine
du 6-12 décembre 1961, page 30

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R. BERGERON:

"Recherche.

La pensée

marxiste tient ses assises". Et il sera rendu compte des travaux de la "semaine" dans" France Nouvelle", N8 843, semaine du 13-19 décembre 1961, pages 2526 - Gilbert MURY : "Marxisme. La victoire du dialogue", et surtout dans le texte de la note bibliographique (42) ci-dessous. (42) - "France Nouvelle". N8 844. Semaine du 20-26 décembre 1961 (pages 2526). Gilbert MURY : "Dialogue et action militante". Il s'agit du second compte rendu des travaux de la première "Semaine de la pensée marxiste" qui a eu lieu du 7 au 14 décembre 1961. L'intérêt de ce texte tient à ce qu'il concerne la soirée du 13 décembre 1961 où fut débattu du thème "Conduite de révolte et action militante", avec la participation, outre de G. FRISCHMANN, du docteur H.P. KLOTZ et des psychiatres L. BONNAFE, H. DUCHENE et NODET -voir la note bibliographique (41) ci-avant. Déjà le passage de psychiatres au premier plan d'un débat public organisé par le PCF mérite d'être relevé et souligné. Mais de plus, Gilbert MURY rend compte de la discussion qui a eu lieu sur ce thème de telle sorte que, par delà ce thème lui-même, la discussion apparaît comme une confrontation-dialogue entre l'approche psychanalytique et l'approche marxiste, entre la psychanalyse et le marxisme. On remarquera d'ailleurs qu'en tête de l'article, une photo est publiée d'une partie de l'assistance suivant le débat, avec cette légende: "Sur les escaliers de la Mutualité. Pour entendre parler de dialectique dans l'histoire ou de psychanalyse".

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Et le texte de G. MURY permet de bien faire le point sur la situation de la psychanalyse dans l'univers du PCF en cette fin de l'année 1961. 1) MARXISME-PSYCHANALYSE: DE L'EXCLUSION RADICALE A LA CONFRONTATION-DIALOGUE, ET DE LA RECONNAISSANCE "THERAPEUTIQUE" DE LA PSYCHANALYSE A UNE RECONNAISSANCE PARTIELLE DE "L'INCONSCIENT"... D'abord, que la confrontation psychanalyse-marxisme prenne la forme d'une confrontation-dialogue organisée dans le cadre de la "semaine de la pensée marxiste", initiative du PCF, du CERM et de l'UECF, et d'une confrontation-dialogue à laquelle participent non seulement des médecins et psychiatres mais des psychiatrespsychanalystes, comme NODET, en même temps qu'un membre -Georges FRISCHMANN- du Bureau Politique du PCF, cela témoigne de ce que les changements survenus en 1956-1957 dans l'univers du PCF vis-à-vis de la psychanalyse ont des effets réels: les rapports psychanalyse-marxisme dans l'univers du PCF ne se jouent plus, comme entre 1949-1956, en simples termes catégoriques d'une exclusion radicale de la psychanalyse hors de l'univers du PCF. De plus, la condamnation de la psychanalyse n'est plus aussi entière, aussi quasi absolue qu'entre 1949-1956. En particulier, l'importance thérapeutique de la psychanalyse est reconnue. Gilbert MURY écrit à ce sujet, page 25 : "Bien entendu, seuls des spécialistes de la médecine mentale ou des psychologues ont qualité pour évaluer la contribution de la psychanalyse au progrès des soins donnés aux déséquilibrés. Et il semble certain que, sur le terrain de cette pratique particulière, de remarquables succés ont été remportés. Il n'est même pas question de contester que la notion de "déséquilibré" doivent être étendue bien au-delà des fous, à un très grand nombre d'inadaptés, reconnaissables à leur conduite, soit incohérente, soit, au contraire, dominée par une idée fixe sans lien avec le réel". Et il faut remarquer que la dernière phrase de cette citation ne concerne pas seulement la reconnaissance de la validité de la psychanalyse comme thérapeutique dans un champ élargi, dépassant le strict cadre de "la folie", mais encore de la reconnaissance de "l'inconscient" et de son importance dans un champ large, dépassant les limites de "la folie" proprement dite. En effet, Gilbert MURY enchaîne immédiatement ainsi (page 25) : "Au demeurant, FREUD, le fondateur de la psychanalyse a montré avec beaucoup de bonheur comment nos actes manqués, nos rêves incapables de se réaliser, nos comportements enfantins dans un monde adulte révèlent l'action sur nous de "l'inconscient" (...)". Ainsi, G. MURY reconnaît "l'inconscient" et son "action" non seulement chez "les fous" et "les déséquilibrés" mais chez nous tous. Et d'après ce que dit G. MURY, cette position ne lui est pas personnelle. Il cite G. FRISCHMANN qui affirme (page 25) : "Les motivations inconscientes existent"; et d'après ce que dit Gilbert MURY, il semble bien que ce soit là une position partagée par tous les participants marxistes, communistes, au débat. Certes, ce serait une erreur d'interpréter tout ceci comme une pure et simple reconnaissance de "l'inconscient" tcl que le conçoit la psychanalyse;

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simplement, le seul fait qu'il y ait acceptation de la notion d"'inconscient" et de son utilisation pour caractériser une série de motivations, de phénomènes psychologiques, de déterminations de certains de nos actes constitue bel et bien un changement non négligeable par rapport à l'époque où la notion d'''inconscient'' et son emploi même étaient vigoureusement condamnés comme relevant purement de l'irrationalisme et de l'obscurantisme. Et cette "ouverture" ne saurait être occultée par le fait et sous le prétexte que ladite reconnaissance de l"'inconscient" demeure bien limitée et est même équivoque, comme cela ne va pas manquer d'apparaître nettement ci-après. 2) DE L'IMPORTANCE PRIMORDIALE DE "L'INCONSCIENT" DANS LA PSYCHANALYSE AUX RAPPORTS DE CELLE-CI AVEC LE "CONSERVATISME SOCIAL", LE REFUS ET LE REJET DE IA PSYCHANALYSE SONT MAINTENUS. En effet, Gilbert MUR Y trace clairement les limites des ouvertures et changements survenus depuis 1956-1957 vis-à-vis de la psychanalyse dans l'univers du PCF, et qui, quels qu'ils soient, ne sauraient être considérés comme une reconnaissance, dont il n'est pas du tout question, de la psychanalyse elle-même. Que la reconnaissance de l'existence de "motivations inconscientes" ou d'une "action sur nous de "l'inconscient" ne signifie pas la rec.onnaissance de la psychanalyse, Gilbert MURY en témoigne clairement lorsqu'il écrit, page 25 : "(...). En effet, le propre de la psychanalyse ce n'est pas de nous dire: "à côté de nos motifs d'action clairs et conscients, il en existe d'autres plus mystérieux, qui vous échappent et que vous devez vous efforcer de découvrir". Jusque là, nous pourrions acquiescer. Le danger commence lorsqu'on ajoute: "bien plus, les motifs conscients ne sont jamais qu'une certaine façon de déformer ou de justifier nos véritables tendances dont la racine reste. inconsciente". Or ce "danger", qui semble bien être pour G. MURY "le propre de la psychanalyse", Gilbert MURY le condamne et le rejette, condamnant et rejetant par la même "tout l'édifice de la doctrine des psychanalystes". Et il est ici significatif que G. MURY tend à considérer que l'échec des "explications dérisoires" des "faits collectifs" et historiques par la psychanalyse et "l'inconscient" débouche sur l"'effondrement" de "tout l'édifice de la doctrine" psychanalytique. Bref, si la reconnaissance de "l'inconscient" ne saurait être la reconnaissance de la psychanalyse, c'est que celle-ci attribue à "l'inconscient" une place primordiale, ce que les marxistes du PCF ne peuvent que rejeter, comme les y invite d'ailleurs à faire la réalité des "faits collectifs" et historiques dont, même si "l'inconscient" y joue un rôle, "l'élément moteur essentiel est autre part" que dans "l'inconscient". La réalité de l'action revendicative, politique, révolutionnaire des travailleurs en témoigne qui s'enracine non dans "l'inconscient" mais dans la réalité sociale et historique objective de la situation des travailleurs ainsi que dans la conscience objective que les travailleurs acquièrent de leur situation sociale et historique. Enfin, outre ce refus de fond, Gilbert MURY adresse une critique directement politique à la psychanalyse (page 25) : "(...) la psychanalyse ne se contente pas de décrire des faits. Elle juge des conduites -et les juge au nom d'un idéal qui est trop

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souvent celui du conservatisme social". Et s'il en est ainsi ce n'est pas seulement du fait d'utilisations réactionnaires de la psychanalyse, c'est encore plus fondamentalement du fait du rôle primordial que la psychanalyse attribue à "l'inconscient" : par exemple, ramenée à des motivations inconscientes, l'activité revendicative, politique et révolutionnaire des travailleurs est rangée "parmi les conduites régressives comparables à celles de l'enfant ou de l'adolescent" ; et cette réduction à "l'inconscient" masque que "les motivations inconscientes" à l'oeuvre chez les travailleurs jouent au contraire "surtout le rôle de frein dans les mouvements sociaux", de sorte que le problème des "motivations inconscientes" nécessite -selon le mot de Lucien BONNAFE que cite G. MURY - de "rechercher quelles raisons profondes empêchent certains hommes de se soumettre à la raison qui exige de changer le monde" (page 25). Dans sa conclusion à toute la partie de son article traitant de la psychanalyse, Gilbert MURY apporte encore -notamment au sujet du rôle des instincts et des pulsionsquelques compléments à sa critique de la psychanalyse. Cette conclusion est par ailleurs bien significative de la situation de la psychanalyse dans l'univers du PCF en cette fm de l'année 1961 (page 26) : "Au fond, la discussion qui se déroule entre marxistes et non marxistes nous mène toujours à rappeler inlassablement que les problèmes humains ne sont pas simples et que nos partenaires dans ces échanges risquent toujours de mutiler l'homme en prétendant le réduire à un seul de ses aspects. TIn'était dans la pensée d'aucun militant ouvrier d'interdire à des psychiatres l'emploi d'une des diverses méthodes qui permettent de soigner les malades mentaux. Et aucun de nous ne songe à contester que le comportement d'individus normaux présente dans certains moments de leur vie des ressemblances intéressantes avec la conduite des déséquilibrés. Mais il n'était pas possible d'accorder aux tenants de la psychanalyse l'affmnation métaphysique selon laquelle l'homme obéirait uniquement à un mécanisme éternel d'instincts et de pulsions qui se retrouveraient toujours les mêmes à travers les civilisations les plus diverses. Et il n'est pas moins incompatible avec le marxisme d'effacer la différence qualitative entre le normal et l'anormal sous prétexte que certaines forces agissent des deux côtés de la barrière puisqu'elles demeurent subordonnées chez l'individu adapté pour devenir prépondérantes chez le fou. Certes, le matérialisme dialectique n'a que faire du dogmatisme. Et, par conséquent, il demeure tout prêt à s'enrichir grâce aux résultats concrets obtenus par des chercheurs qui se croient très éloignés de lui. Nous avons beaucoup à apprendre auprès d'hommes qui ne pensent pas comme nous". Pour certains que soient les changements survenus dans l'univers du PCF depuis 1956-1957 vis-à-vis de la psychanalyse, les limites de ces changements n'en sont pas moins certaines, au point que pour l'essentiel la psychanalyse est maintenue à l'extérieur de l'univers du PCF, et que pour l'essentiel "tout l'édifice de la doctrine psychanalytique" continue à être tenu pour incompatible avec le marxisme et rejeté. Cependant, encore une fois, ces limites, pour sérieuses qu'elles soient, ne sauraient servir à nier "l'ouverture" et les changements indiscutables qui se manifestent dans le texte de G. MURY concernant la psychanalyse dans l'univers du PCF : et tout

62 comme l'interview de René ZAZZO dans la note bibliographique (36) ci-avant, le présent article de Gilbert MURY est bien l'expression des évolutions qui, quelque timides et limitées qu'elles soient, ont bien réellement lieu dans l'univers du PCF depuis 1956, depuis surtout 1959 et en particulier en ce tout début des années soixante.

- CHAPITRE

II

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JANVIER 1962-DECEMBRE 1967. "COMMENT LIRE FREUD ?"... OU D'UNE ACCELERATION SENSIBLE EN 1967 DU PROCESSUS DE RENTREE DE LA PSYCHANALYSE DANS L'UNIVERS DU PCF.
(ANNEE 1962) (43) - "France Nouvelle". N8 846. Semaine du 3-9 janvier 1962 (page 11). Rubrique "Marche du monde", V. STANILEVITCH : "(URSS). A propos d~ l'homme nouveau". V. STANlLEVITCH, contremaître à la gare de triage de Moscou, a été "délégué au 22ème Congrès du PCUS". C'est à ce titre qu'il écrit cc texte où il polémique contre un article paru dans le journal "Le Monde" au sujet de~ "travaux du 22ème Congrès du PCUS". (44) - "France Nouvelle". W 848. Semaine du 17-23 janvier 1962 (pages 2324). Rubrique" Marche du monde", Georges COGNIOT: "La construction du communisme et l'éducation de l'homme nouveau". II s'agit d'un article à propos des "travaux" du 22ème Congrès du PCUS. (45) - "France Nouvelle". W 849. Semaine du 24-30 janvier 1962 (pages 1920). Rubrique" Economie et les hommes", J. MAGNIADAS : "(Etude) "Relations humaines" et dictature du Capital". Cet article traite des méthodes "modernes" de la politique du patronat dans l'entreprise. (46) - "France Nouvelle". N8 876. Semaine du 1er au 7 août 1962 (pages 2526). Maurice LOI: "(Revues). Education à la lumière du Marxisme". Cet article est un compte rendu du N8 28 de "Recherches Internationales à la lumière du Marxisme", qui a pour thème "L'éducation". Maurice LOI fait référence, dans SOIl compte rendu, au texte, qui ouvre ce N8 28, du psychologue soviétique A. LEONTIEV, ainsi qu'à Henri WALLON dont un article tennine ce numéro. Ledit N8 28 de "Recherches Internationales à la lumière du marxisme" est le numéro de novembre-décembre 1961. L'article de A. LEONTIEV, "Education et développement psychique", est publié pages 3-33, celui de Henri WALLON, "Education et psychologie", pages 209-214 ; à propos de A. LEONTIEV, voir la note bibliographique (50) ci-dessous. (47) - "France Nouvelle". N8 885. Semaine du 3 au 9 octobre 1962 (pages 1718). Victor LAFITTE: "Médecins. L'activité des communistes dans le monde médical". Il s'agit du texte de l'intervention de Victor LAFITIE aux "Journéef d'Etudes pour établir un programme national de santé" organisées à l'automne 1962 par le PCF. Le texte de V. LAFITTE avait été précédé par la publication: 18) d'extraits du rapport présenté à ces journées par le docteur P. BOSQUET :"Les besoins médicaux et l'orgânisation de la santé en France", pages 15-18 du N8 883, semaine du 19-25 septembre 1962, de "France Nouvelle" ; 28) de l'intervention de François BILLOUX, membre du Bureau Politique du PCF, qui évoque son rôle de ministre de la santé publique en 1945 : "Le programme de santé du Parti

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Communiste Français", pages 17-20 du N8 884, semaine du 26 septembre au 2 octobre 1962, de "France Nouvelle". (48) et (49) - "France Nouvelle". N. 894. Semaine du 5 au 11 décembre 1962. Henri WALLON est mort le samedi 1er décembre 1962, d'où les deux textes-hommages qui suivent; (48) - (Page 24). Georges COGNIOT : "Henri WALLON, penseur et militant". G. COGNIOT évoque d'abord l'activité scientifique de Henri WALLON en soulignant fortement son rapport au marxisme : "WALLON avait consacré sa vie à une discipline particulièrement délicate, la psychologie, et il a entrepris une tâche d'une difficulté exceptionnelle: travailler à la réalisation de la psychologie scientifique. En reprenant en psychologie la grande tradition matérialiste du génie national, il a su échapper à l'étroitesse mécaniste des maîtres anciens. Il a fait naître chez nous une psychologie nouvelle, inspirée du matérialisme dialectique (...). (Les) problèmes sur la nature des choses, WALLON les posait et il les résolvait dans l'esprit du matérialisme dialectique. Dans le marxisme, il ne détachait jamais la méthode, la dialectique, du système, de la théorie matérialiste". G. COGNIOT souligne ensuite la lutte permanente de H. WALLON contre l'obscurantisme, l'irrationnalisme, lutte scientifique, lutte politique. "Comme le marxisme l'exige, WALLON a uni la pratique à la théorie. L'acte, chez lui, ne se séparait pas de la pensée". Et G. COGNIOT retrace l'activité militante de Henri WALLON, activité pour l'enseignement avec "le plan LANGEVIN-WALLON", mais aussi activité de résistance et adhésion -en 1942- au PCF pendant la guerre, mais encore, le 20 mars 1940, son témoignage de solidarité au procès des députés communistes, où, au cours d'un éloge du marxisme, il déclara: "J'ai personnellement recueilli des fruits étonnants en contrôlant mes travaux à la lumière du marxisme". Georges COGNIOT termine en soulignant, entre autres : "WALLON, comme LANGEVIN (...), a laissé une contribution ineffaçable au progrès de la science et au développement de la seule philosophie scientifique, le marxisme-léninisme" . (49) - (page 25). Henri WALLON: "Pour un enseignement favorable aux intérêts des hommes et à l'avenir du pays". Il s'agit d'un extrait du texte de l'intervention de H. WALLON au colloque organisé par la revue "La Pensée" sur Karl MARX, les 24-25 mai 1953 à Paris -voir la note bibliographique (11) ci-avant. (ANNEE 1963) (50) - "France Nouvelle". N8 905. Semaine du 20 au 26 février 1963 (pages 2728). Rubrique" Livres", "La philosophie française contemporaine", entretien de Jean-Jacques GOBLOT avec Lucien SEVE, à propos du livre de ce dernier "La philosophie française contemporaine et sa genèse de 1789 à nos jours". Au cours de l'entretien U. GOBLOT et L. SEVE en viennent à parler de HUSSERL, et alors L. SEVE introduit dans la conversation LEONTIEV et l'article de celui-ci paru dans le N8 28, consacré à "l'Education", de "Recherches Inter-nationales à la lumière du marxisme" -voir la note bibliographique (46) ci-avant. Soit, l'échange suivant: "(J.1. GOBLOT) : - Par exemple cette notion d'intentionalité (chez HUSSERL) dont

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tu montres quant à toi l'origine scolastique. (L.SEVE) : - Oui, c'est l'idée moyenâgeuse d'une connaissance indépendante de tout processus nerveux, matériel (...)". Et avec le sous-titre de "France Nouvelle" "Ce qu'en pense un savant", la conversation continue: "(J.J. GOBLOT) : - On te dira qu'elle ne se réduit pas à son origine scolastique, qu'elle est un concept scientifique moderne chez lui. (Lucien SEVE) : - As-tu lu l'étude vraiment admirable du Professeur LEONTIEV dans l'excellent numéro de "Recherches Internationales" consacré à l'éducation? (JJ. GOBOT) : - Pas encore, les journées n'ont pas 48 heures... (L. SEVE): - Tu ne peux pas vivre 48 heures de plus sans lire LEONTIEV! C'est capital. LEONTIEV montre de façon saisissante comment se forment les aptitudes et les fonctions intellectuelles chez l'homme -et je souligne au passage quel coup écrasant il porte à la vieille légende réactionnaire selon laquelle il y aurait un petit nombre de gens doués et un grand nombre qui ne seraient pas doués- il montre cela de manière profondément scientifique et par conséquent il fait oeuvre philosophique au sens scientifique puisqu'il développe la théorie scientifique de la connaissance. Et alors, parlant du processus d'appropriation par l'enfant des objets et des phénomènes, il écrit: "Ce serait une erreur énorme que de se le représenter comme le résultat de l'activité de la conscience ou de l'''intentionalité'' au sens de HUSSERL ou d'autres. L'appropriation se réalise au cours du développement des rapports réels du sujet avec le monde". Voilà ce que pense de l'intentionalité un véritable scientifique (...)" -voir notamment les notes bibliographiques (57), (88), (90), (125), (133) et surtout les analyses et indications bibliographiques de la note bibliographique (141) ci-après. (51) - "France Nouvelle". W 909. Semaine du 20 au 26 mars 1963 (pages 2526). André BARJONET : "(La deuxième semaine de la pensée marxiste). Quand la théorie devient une Coree matérielle". Organisée par le CERM, la deuxième "semaine de la pensée marxiste" a lieu à Paris du 13 au 20 mars 1963 avec pour thème central "Marxisme et classes sociales". Outre R. GARAUDY, la plupart des dirigeants du PCF participeront à cette semaine, à commencer par Maurice THOREZ qui y présentera une analyse sur la classe ouvrière. Des non-communistes participeront aux débats, entre autres J. LACROIX, F. PERROUX, P. RICOEUR, A. TOURAINE. Dans son article, A. BARJONET rend compte des débats de la première moitié de la "semaine" et, en particulier, de la séance du 15 mars 1963 qu'il présidait et qui avait pour thème particulier "Personnalisation et lutte de classes". Sous le sous-titre "la critique de l'aliénation", A. BARJONET évoque, page 26, cette soirée en disant qu'elle a commencé avec "un exposé collectif de nos camarades ROELENS, médecin des hôpitaux psychiatriques, et MALRIEU, professeur de psychologie à la faculté de Toulouse". "Rapport d'une très grande richesse, poursuit A. BARJONET. Disons simplement qu'il fut procédé à une remarquable analyse de l'aliénation dans les conditions concrètes du monde capitaliste moderne", avec une "critique impitoyable" du "mythe de la consommation" et au contraire l'importance accordée à "l'invention créatrice née de la lutte" et par laquelle "la classe ouvrière arrive à se libérer de l'aliénation". L'exposé s'appuyant en particulier sur une analyse de la vie de VAN GOGH "montra la fécondité de la méthode d'analyse marxiste,

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bien apte à déborder largement le cadre de la seule économie, contrairement à ce que l'on croit trop souvent". Puis, A. BARJONET évoque la participation de "Madame FAVEZ-BOUTONNIER, professeur à la Sorbonne, (qui) apportera dans cette confrontation sa riche expérience de philosophe et de médecin. A l'aide de quelques exemples très judicieusement choisis, elle confirme le rôle considérable joué par l'appartenance de classe sur le développement de la personne humaine", Enfin, l'écrivain Robert MERLE, en prenant le cas concret de GAUGUIN, "confirmait les analyses de ROELENS et MALRIEU" -les textes de ces diverses interventions seront publiés en 1963 dans le "Cahier du CERM" N8 22,44 pages: -pagesl-4, A. BARJO NET, "Présentation du débat "Personnalisation et lutte de classes" ; -pages 5-14, Rodolphe ROELENS, psychiatre, sur le thème de l'aliénation, de la lutte des classes et de l'accomplissement de l'homme dans la société de classes; -pages 1527, Philippe MALRIEU, psychologue, sur le thème: invention, création, personnalisation et lutte de classes; -pages 28-33, Madame FAVEZBOUTONNIER, psychologue, "La formation de la personnalité et ses conditions sociales" (où il est beaucoup question de psychanalyse) ; -pages 34-42, Robert MERLE, écrivain, "Un exemple caractéristique: la création artistique". (52) - "France NouveJJe". N8 910. Semaine du 27 mars au 2 avril 1963 (pages 31-32). Paulette CHARBONNEL : "(Marxisme). La deuxième semaine de la pensée marxiste". P. CHARBONNEL rend compte de la deuxième partie de la "semaine", mais également des diverses activités du CERM -dont elle est directrice adjointe- qui ont préparé cette "semaine", avec, entre autres, page 31, "une journée d'étude des psychologues: "La psychologie sociale et les déterminations de classe", et "une journée d'étude des pédagogues: "La pédagogie peut-elle être considérée comme une discipline autonome ou non ?". (53) - "France NouveUe". N8 920. Semaine du 5 au 11 juin 1963 (page 26). Victor UFITIE : "Où va le syndicalisme médical? "
(54)

- "France

.

Nouvelle".

W 942. Semaine

du 6 au 12 novembre

1963 (page

29). Rubrique "Livres", Gilette ZIEGLER: "Carnets d'une psychiatre soviétique". n s'agit du compte rendu du livre, paru aux Editeurs Français Réunis, "Carnets d'une psychiatre soviétique" de Lidia BOGDANOVITCH, traduit par 1. CHAMPENOIX en 1963. G. ZIEGLER retient, entre autres, que L. BOGDANOVITCH minimise le facteur de l'hérédité, au profit de l'influence du monde extérieur, de la vie ambiante, "dame Réalité" comme disait PAVLOV.
(ANNEE 1964)

(55) - "France NouveUe". W 950. Semaine du 2 au 8 janvier 1964 (page 21). Dans la rubrique "Livres-revues" est signalé la parution, dans le N8 112 de novembre-décembre 1963 de "La Pensée", de trois articles en hommage à Henri WALLON, articles de G. COGNIOT, -pages 28-37, "A la mémoire d'Henri WALLON"-, de René ZAZZO -pages 38-44, "WALLON, psychologue de l'cnfance"-, et de N. GALIFRET-GRANJON -pages 45-61, "Introduction à la lecture d'Henri WALLON" ; est encore signalé dans le même numéro de "La Pensée", l'ar-