L'islamisme radical et l'Occident

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158 pages
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À travers une approche transdisciplinaire et contre les thèses partisanes du caractère nihiliste des acteurs du terrorisme, cette étude cherche à mettre en exergue les logiques qui sous-tendent l'adhésion à l'islamisme radical.
La subjectivité et la psychologie, les parcours individuels souvent saccadés des acteurs, mettent en évidence une reprise d'initiative qui passe par l'engagement puis le ralliement aux formations islamistes. Tout en se plaçant dans un horizon d'altérité par rapport à l'Occident, ils n'en sont pas moins porteurs de « quêtes de soi » symptomatiques des tendances actuelles touchant nos sociétés. Qu'on le veuille ou non, ils sont animés par une forme de rationalité : la rationalité n'explique rien, c'est cette rationalité qui doit être posée en objet d'étude.
En effet, au titre de l'idéologie totalisante et des explications du monde qu'elles véhiculent, les formations islamistes radicales répondent à la quête de sens engagée par ces individus en perdition. Ils y trouvent une place et un sens qui ne laissent pas de place à un compromis possible avec des sociétés occidentales ou occidentalisantes dont les repères leur échappent très largement.
L'objet de cette étude est donc d'expliquer la dimension rationnelle que recouvre la violence terroriste dans sa déclinaison islamiste.

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Date de parution 01 janvier 2013
Nombre de visites sur la page 6
EAN13 9782849243138
Langue Français

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L’islamisme radical et l’Occident
Les logiques du ralliement aux formations islamistes dites radicales dans les sociétés occidentales
La collection« Essai »se veut ouverte aux nouveaux regards portés sur les sciences, les faits de société et les questions contemporaines. (dirigée par Annie Verdelet-Lamare)
Dans la même collection :
Polynésiens et Indiens d’Amérique du Nord, Mikko Heikinheimo Plaidoyer pour les cochons, Michelle Julien La condition politique des Français d’origine non européenne, Adda Bekkouche Le réveil du monde arabe : douze scénarios d’avenir, Gilles Chenève Pas simplement quand ils nous rasent,Christophe Médici Crises économiques et régulations collectives, Michel Leis Amnesty International : enquête sur une ONG génétiquement modifiée, Marc Girot L’Afrique des timocrates, Léon Koungou L’athéisme et la foi confrontés aux savoirs actuels, Thierry Karpiel La vache à lait : notre consommation, leur martyre, Michelle Julien Les jeunes et la discothèque, Éric Marlière École, violence et domination, Pierre Badiou & Dominique Vachelard Sociologie des immigrés âgés, Emmanuel Jovelin & Fatima Mezzouj Crise : une chance pour l’entreprise ?, Jean Burnod Intervenir auprès des mineurs étrangers isolés, Francisco Mananga Le management noir, Christophe Médici Le krach de la dette publique, Sébastien Groyer L’accueil des demandeurs d’asile, Carolina Kobelinsky L’immigration : problématiques et défis, Violette Daguerre L’Internet des objets, Geoffrey Zbinden Les droits de l’enfant : une fausse bonne idée, Philippe de Dinechin Hyperphagie : l’obsession de manger, François Faucon La nudité : pratiques et significations, Christophe Colera Écoterroristes ou écoguerriers ?, Roger Ribotto Le souverainisme : une idée certaine de la France, Philippe Boulanger La jeunesse qui range sa chambre, Grégory Kapustin Philosophie du ménage, Sébastien Groyer L’écologie profonde, Roger Ribotto La sexualité collective, Radu Clit Chirurgie esthétique : les conseils d’un chirurgien, Vladimir Mitz Psychologie de la fatigue, Jean-Louis Dupond J’accuse la dérive de la psychanalyse, Sylvie Lanzenberg
Image de couverture : Paul Viollet © Éditions du Cygne, Paris, 2013
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-313-8
Sophie Viollet
L’islamisme radical et l’Occident
Les logiques du ralliement aux formations islamistes dites radicales dans les sociétés occidentales
préface de Jean-François Clair
Éditions du Cygne
Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont soutenue et encouragée dans cette publication, et en particulier M. Jean-François Clair, qui m’a fait partager sa riche expérience du monde du renseignement et son expertise en matière de lutte contre le terrorisme.
Sophie Viollet
«Au cours des périodes difîciles […], la quantité de héros est minime. La plupart des gens sont plein d’hésitations, de nuances, d’ambiguïtés. Je m’intéresse à ces espaces intermédiaires, d’un point de vue moral et politique. M’intéresse aussi le fait que les personnages ne sont pas immuables, mais évoluent au îl du temps.»
Hans Magnus Enzensberger, « Grand Entretien », Télérama n°3157, 15 juillet 2010.
Préface
La menace terroriste la plus présente actuellement dans les sociétés occidentales, et singulièrement sur notre sol, émane de groupes de plus en plus inorganisés, voire d’individus isolés. Ce sont les « lone wolves » des anglo-saxons, des « loups solitaires » se réclamant du Djihad armé et se référant à Al Qaïda. Le cas le plus évocateur et le plus frappant pour nous Français est celui de Mohamed Merah, ce jeune musulman qui a tué en mars 2012 à l’arme à feu, sept personnes au cours de trois attaques : la première à Toulouse (un militaire), la seconde à Montauban (deux militaires) et la dernière à Toulouse (quatre personnes dans une école juive dont des enfants). Comment en est-on arrivé là et quels problèmes particuliers pose ce nouveau type de prol d’individus ? Comment faire face ? Depuis la n des années soixante et jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, nous avons eu affaire à un terrorisme international dont les principaux acteurs étaient des organisa-tions, en général bien structurées, en relation avec des Etats qui les aidaient et les utilisaient. Ces organisations qui poursuivaient des buts précis, béné-ciaient en outre de l’abri « naturel » que constituaient pour elles les pays du Bloc de l’Est. Elles frappaient indistinctement dans leur zone et à l’exté-rieur, avec une prédilection pour les pays d’Europe, mais n’utili-saient que rarement des gens issus des populations locales. Au début des années quatre-vingt-dix, avec l’apparition du « terrorisme au nom dujihad», les choses ont changé. Certes le GIA algérien (Groupe Islamique Armé) apparu en 1993 était une organisation particulièrement structurée.
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Cependant, lorsque le GIA a commis des attentats à la bombe en France au cours de l’été 1995, elle a fait appel – à côté de cadres venant du pays pour les assister – à des jeunes de banlieue, tels Mohamed Khelkal, recrutés pour l’occasion. Khelkal, rappelons-le, était un jeune délinquant et c’est parce que la police a décou-vert ses empreintes sur un engin non explosé que l’enquête a pu réellement démarrer. De même, on a découvert à partir de 1994 qu’un certain nombre de jeunes musulmans étaient partis combattre ou s’en-traîner à l’étranger dans des zones instables ou en guerre (en Bosnie, en Afghanistan, puis plus tard en Tchétchénie), avant de commettre à leur retour des attentats en Europe. On peut citer à cet égard le cas de jeunes d’origine marocaine (une quinzaine d’individus) qui vivaient en France, dont certains ont tué des touristes étrangers à Marrakech en 1994 et s’apprê-taient à commettre d’autres actions dans ce même pays. La majorité d’entre eux avaient effectué un séjour en Afghanistan. Un autre cas très révélateur est celui d’un petit groupe de jeunes de la région de Roubaix : des gens de différentes origines dont des convertis, partis combattre en Bosnie et qui, à leur retour, après le cessez-le-feu en 1995 ont rapporté armes et explosifs et se sont lancés dans des attaques à main armée, avant de mettre au point un attentat à la voiture piégée contre un poste de police ; action qu’ils n’ont pas eu le temps de réaliser en raison de l’intervention de la police. C’était en 1996. Devant la multiplication de ces départs pour les zones d’en-traînement, la Justice a ouvert des enquêtes qui ont permis d’em-pêcher le départ sur zone d’un certain nombre d’individus mais également d’en « récupérer » à leur retour. Al Qaïda, créée en Afghanistan au début des années quatre-vingt-dix, et devenue « incontournable » en 1995 à la prise du pouvoir par les talibans, dont elle était l’allié privilégié, était très bien structurée. En dehors de leurs propres activités, Oussama Ben Laden et ses complices exerçaient une tutelle de fait sur les autres groupes
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