La bataille du sénat

La bataille du sénat

-

Français
87 pages

Description


Et si le Sénat passait à gauche...






Une bataille historique a commencé, loin des projecteurs. Pour la première fois de son histoire, le Sénat risque de basculer à gauche. Le verdict tombera le 25 septembre 2011, dans les urnes. Avec les succès électoraux de la gauche aux dernières élections locales, jamais depuis le début de la Ve République, le PS et ses alliés n'ont été aussi bien placés pour décrocher la majorité dans la deuxième chambre du Parlement.
À quelques mois de la présidentielle, un Sénat de gauche compromettrait sérieusement les chances de Nicolas Sarkozy. Les sénateurs exercent une influence réelle sur les projets de loi, notamment dans le domaine des libertés publiques, et l'exécutif répugne à leur forcer la main en donnant le dernier mot à l'Assemblée nationale, comme la Constitution le stipule. Aucune réforme de la Constitution n'est possible sans leur accord, le président du Sénat possède le pouvoir considérable de nommer trois des neuf membres du Conseil constitutionnel et d'assurer l'intérim du chef de l'État en cas de décès ou de démission. De surcroît, si la gauche remportait tout à la fois les sénatoriales, la présidentielle et les législatives de 2012, elle disposerait de tous les pouvoirs pour tout changer, y compris la Ve République.
Ce livre raconte l'actuelle campagne électorale et le mode de fonctionnement d'un des palais les plus secrets de la République. Il montre la soigneuse mise en scène du travail parlementaire et révèle les alliances, les ramifications et les intérêts, les amitiés et les oppositions, les intrigues et les conflits, parfois violents mais toujours feutrés, qui le sous-tendent et l'animent.
On y découvre, avec surprise et parfois stupeur, les rouages de cette énorme maison dont mille trois cents fonctionnaires, parmi les mieux payés de la fonction publique, assurent la gestion.
Cet ouvrage, à l'écriture alerte et à la verve caustique, va plus loin encore. Riche en anecdotes, foisonnant de tableaux croqués sur le vif, il nous aide à prendre conscience de l'indispensable réforme des règles qui régissent l'élection des sénateurs et leur mode de fonctionnement. Il nous invite à réfléchir plus largement au mode d'élection et à la composition d'un corps politique notabilisé ainsi que à la concentration toujours plus grande de pouvoirs exécutifs et législatifs en de mêmes mains.





Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 septembre 2011
Nombre de lectures 108
EAN13 9782221127384
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Couverture
d SUZETTE BLOCH – FRANÇOISE CARIÈS
LA BATAILLE DU SÉNAT
ROBERT LAFFONT
Copyright d Ouvrage publié sous la direction de Jean-Luc Barré
© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2011 ISBN 978-2-221-12738-4 Couverture : © Jean-Régis Roustan / Roger-Viollet
d
Dédicace
À Nicole, ma sœur (F. C.) À Hamilton, Iara et Marc-Louis (S. B.)
d
Exergue « Je préfère le vacarme de la presse au silence des dictatures. »
Dilma Rousseff, présidente de la république du Brésil
Avant-propos
L’idée de ce livre s’est imposée à nous peu à peu, répondant à une évidence, celle de faire connaître un univers trop ignoré. Il y a d’abord eu notre agacement devant la réaction étonnée ou de légère c ommisération de nos interlocuteurs en apprenant que nous exerçons quoti diennement notre travail de journalistes au Sénat. « Il paraît que le restau rant du Sénat est un des meilleurs de Paris », ironisaient certains. « Vous y êtes tous les jours, mais qu’est-ce que vous y faites ? » s’interrogeaient d’ autres qui nous imaginaient évoluant dans un monde à part et quelque peu indéfinissable. Le citoyen français a plus entendu parler du puissa nt Sénat américain, empêcheur de tourner en rond de la Maison-Blanche, que de son propre Sénat national. Il ne sait rien de lui sinon que son trai n de vie coûte cher au contribuable et que Lionel Jospin l’a qualifié d’« anomalie constitutionnelle ». Mais pourquoi ? Il s’agit tout de même d’une instit ution importante de la République et tous les trois ans chaque département y envoie ses politiciens locaux ! Cette question nous a préoccupées dès notre arrivée au palais du Luxembourg comme journalistes accréditées l’une pou r l’Agence France Presse, l’autre pourLa Dépêche du Midi. Nous avons voulu démonter, un à un, les rouages de cette machinerie politique, en suiva nt les débats dans l’hémicycle jusqu’à une heure très avancée de la nu it et en y revenant le lendemain matin pour l’ouverture de la nouvelle séa nce, parfois submergées par l’avalanche de textes de loi dictés par l’« omn iprésident » Nicolas Sarkozy au rythme de l’actualité. Nous nous sommes dit que nous n’allions pas garder pour nous cette immersion passionnante au cœur de notre République. Nous avons souhaité la faire partager. C’est ainsi que nous avons tenté de pénétrer les secrets des habitants de cette petite planète où près de mille cinq cents personnes sont au service de la loi ou plutôt des trois cent quarante-huit sénateurs qui l’élaborent. Nous avons essayé de ne pas nous laisser charmer te lle l’héroïne du Magicien d’Ozdans un champ de pavots, par le luxe et la beauté des lieux, par l’affabilité sans faille de leurs fonctionnaires, p ar le poids de la pensée dominante, par les pressions politiques, par l’illu sion de la petite histoire croustillante, par la langue de bois, par la propen sion innée des femmes et hommes politiques à tout ramener à eux. Nous sommes devenues les observatrices privilégiées d’un Sénat où la confidentialité est toujours de mise malgré la révo lution Internet et la multiplication des modes de communication, d’une in stitution qui refuse de se montrer, de s’expliquer, qui vit encore sur un mode villageois où chacun s’épie et se méfie de l’autre, où le consensus mis en avan t est souvent l’acceptation par le plus faible de la loi du plus fort. Nous avo ns décodé les comportements d’une assemblée qui porte le poids de la tradition et des vieilles pierres qui l’abritent, toutes deux héritées de la royauté. Et puis, nous nous sommes aperçues que s’y jouait u ne partie politique autrement plus importante. Nous avons assisté à une mue d’abord imperceptible : manifestations inédites entre ses m urs et devant sa porte, lettres de citoyens au président du Sénat de plus e n plus nombreuses, débats qui font suffisamment de bruit pour attirer l’atten tion de la cité. Certains ont même commencé à parler d’un Sénat « rebelle ». Grâce à ses victoires continues aux élections local es, la gauche est peu à