La Corée vers la réunification

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Français
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Malmenée par l'histoire, la Corée a subi depuis la fin du XXe siècle des agressions multiples de la part des grandes puissances voisines ou lointaines. La fin de la Seconde Guerre mondiale n'a pas été synonyme de libération (après 50 ans de colonisation japonaise), mais de division, sous les auspices des Etats-Unis et de l'URSS. Cette fracture au sein d'une nation millénaire est entretenue par les Etats-Unis et l'Occident. Au Nord comme au Sud, au-delà des contradictions, une profonde volonté de réunification fait son chemin.

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Date de parution 01 juillet 2010
Nombre de lectures 341
EAN13 9782336278315
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LA CORÉE

VERS LA RÉUNIFICATION




Fresques des tombeaux de l'ère Koguryo,
classés au patrimoine mondial de l'humanité.




































Robert CHARVIN

Guillaume DUJARDIN


























































© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11863-8
EAN : 9782296118638






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"S'il y a une vertu indispensable à la plume, c'est
qu'elle ne doive jamais servir à la louange des puissants"
Jean-Marie Gustave Le Clézio
Prix Nobel de littérature

"Les Etats qui montent ont à arracher progressivement
des mains de l'hyperpuissance leur influence et leur position
internationale. Ainsi le mouvement vers la multipolarité du
monde se dessine-t-il comme un processus lent et tortueux"
Guy Spitaels
Ministre d'Etat (Belgique)

"Une idée est toujours l'affirmation qu'une nouvelle
vérité est historiquement possible"
Alain Badiou
Philosophe (France)

"Au-delà de la Corée elle-même, la tension dans la
péninsule est un facteur de déstabilisation de toute la région.
Historiquement, l'Asie orientale n'a jamais été en paix tant que
la péninsule a été le jouet des puissances étrangères"
Hwang Sok Yong
Ecrivain (Corée du Sud)

"Mettre un terme à la division et à la confrontation qui
durent depuis près d'un demi-siècle et réunifier le pays est le
désir et la volonté unanimes de notre nation. L'union de toute
la nation est préalable à sa réunification indépendante et
pacifique. Tous les Coréens qui se préoccupent du sort de la
nation, qu'ils soient au Nord et au Sud ou à l'étranger, qu'ils
soient communistes ou nationalistes, pauvres ou riches,
croyants ou athées, doivent s'unir en tant que compatriotes, en
transcendant toutes les différences existant entre eux et ouvrir
ensemble la voie à la réunification"
Kim Il Sung

"La réconciliation est le devoir de chacun"
Kim Dae Jung

10














































Laprésente approche du problème coréen et de la question de
la réunification de cette nation agressée et divisée par des forces
étrangères se positionne délibérément en faveur des intérêts du peuple
coréen tout entier et de lui seul.

Ellen'échappe donc pas à des choix et à des jugements de
valeur, ce qui cependant ne la singularise en rien.

Certainesprésentations coréennes s'attachent exclusivement à
donner le point de vue de l'une des deux parties Nord ou Sud ; une
certaine littérature, très occidentalo-centriste, se place sur le terrain
des Grandes Puissances étasunienne ou européennes et de leurs
intérêts à court terme ; d'autres se sont fait une spécialité de dénoncer
la partie Nord, sans jamais lui reconnaître la moindre réalisation ou le
moindre acte positif. Rares sont ceux qui, à contre-courant, apportent
quelques connaissances à une réalité nordiste méconnue.

Onsait que le travail «entaché d'idéologie» est toujours celui
de l'Autre, qui pense autrement. Toutes les approches précitées sont
donc marquées d'«idéologie» !

Commentne pas noter, par exemple, que l'image de la Corée,
en Occident, vient de la période impériale où l'interventionnisme était
la règle, durant laquelle se sont fabriqués des stéréotypes
anti«jaunes» ?Ce regard néo-colonial, stimulé par «la guerre des
civilisations», relancée par les Etats-Unis, affecte le regard porté sur
une société étrangère et lointaine. Aux intérêts à court et à moyen
termes qui pervertissent les réactions aux politiques d'un pays comme
la Corée, s'ajoute, plus profondément, un coefficient de déformation
lié aux représentations que se font les Occidentaux des Asiatiques en

10

général, et des Coréens en particulier, en dépit d'une grande
1
méconnaissance .

Ila pu être écrit par un journaliste français connu, mais
totalement ignorant des multiples et séculaires ingérences occidentales
en Asie, dans un ouvrage au titre significatif «Péril jaune, peur
blanche »,en 1970, que «le noir, le blanc, le rouge, cela tranche»,
« même si le métissage abâtardit les ruptures de couleurs. Le jaune ne
donne pas un teint : c'est un état d'âme collectif, l'ictère à l'échelle des
2
masses qui grouille »!

L'Asiatiqueest «impénétrable »et «imprévisible »,donc
3
incompréhensible et par là même dangereux . Car, si le «jaune » est
reconnu comme intelligent (à la différence de la «naïveté »et de la
« puérilité »du nègre), son intelligence est tortueuse et d'une
rationalité tellement «autre » qu'elleest proche de l'irrationalité. Cet
4
Asiatique « mystérieux » ne peut donc qu'inspirer de la peur .

Cettepeur est sans doute l'une des principales clés de la
représentation de l'Asiatique, élément anonyme d'un flot montant
remettant en cause la suprématie blanche.

LeCoréen et le Chinois, selon les analyses hostiles sommaires,
font partie de ce flot magmatique et si le Chinois, avec sa réussite
économique, commence depuis quelques années à être «visible» et
« lisible »,notamment dans un espace «connu »,celui du commerce


1 Evidemment,des déformations de même nature fonctionnent pour les Africains,
les Arabes etc…
2 Lesjournalistes occidentaux sont «experts »en analyses sommaires et
occidentalo-centristes, voir par exemple, P. Grangereau.Au pays du grand
mensonge. Voyage en Corée du Nord. Payot. 2003, pouvant se résumer en dix
jours de visite (« touristique »), 241 pages « à main levée » !
3 Touteune littérature française (y compris celle d'Albert Londres.La Chine en
ème
folie. 1932), particulièrement durant la première moitié du XXsiècle,
développe ces prétendus traits communs aux Asiatiques (voir l'étude sur cette
question de Nora Wang «Au jardin des supplices. L'image du jaune en France :
le dernier siècle », inApproches Asie, n° 9, 1986-1987. PUF.
4 Cf.P. Chaunu. «Histoire et prospective : l'exemple démographique », inRevue
Historique,n° 507, 1973.

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et de la concurrence, ce n'est pas le cas du Coréen du Nord qui serait
resté « ermite » et préoccupé avant tout d' « idéologie ».

EnFrance, plus que dans d'autres pays occidentaux, s'ajoute le
souvenir pas encore totalement disparu de l'Empire colonial présent en
Asie jusqu'à Dien Bien Phu, et non dénué de racisme.

Certes,ces images caricaturales appartiennent au monde de
mythes populaires occidentaux, mais ces mythes ne sont pas de
génération spontanée. Ils sont l'effet d'une formulation et d'une
diffusion par les élites du savoir et du pouvoir.

Quise souvient encore de la tentative française de 1866 de
coloniser la Corée, comme l'ont tenté aussi d'autres puissances ? A
l'initiative du contre-amiral P. G. Roze, commandant de la flotte
française d'Extrême-Orient, une expédition est montée contre la
monarchie coréenne. Il s'agit, comme aux lendemains du «coup
d'éventail »prétendant légitimer la conquête de l'Algérie, de ne pas
laisser impunie la mort de 9 prêtres catholiques partis évangéliser le
peuple coréen : «Le jour où le Roi de Corée a porté la main sur nos
malheureux compatriotes, fait savoir H. de Bellonnet, représentant de
la France en Chine, a été le dernier de son règne. Dans quelques jours,
nos forces militaires vont marcher à la conquête de la Corée et
l'Empereur, mon auguste souverain, a seul aujourd'hui le droit et le
pouvoir de disposer selon son bon plaisir du pays et du trône
vacant » ! Roze annonce, dans un style très contemporain, que la mort
des 9 Français sera vengée « en tuant 9.000 Coréens » !

Aucours de l'avancée des troupes françaises sur le territoire
coréen, émaillée de pillages (comme lors de la prise de Kanghwa),
Roze exige du Roi de Corée qu'il lui livre «les 3 ministres qui ont le
plus contribué à la mort» des missionnaires. Mais la résistance
coréenne, dirigée par le général Ri Kyong Ha, finit par l'emporter,
comme il en avait été de même, peu de temps auparavant, face à
l'expédition américaine qui voulait forcer les Coréens à s'ouvrir au
5
commerce international.

5 Cf.J.M. Thiébaud.La présence française en Corée de la fin du XVIII° à nos
jours.L'Harmattan, 2005.

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Avecl'affaiblissement des partis communistes européens qui
avaient fait l’effort, à un moment de leur histoire, pour promouvoir
une meilleure compréhension des peuples d'Asie (par exemple, les
Amitiés franco-chinoises, créées par le PCF en 1949 ou l'Association
d'Amitié franco-coréenne, et la publication d'ouvrages tel que celui de
J. Suret-Canale et J.E. Vidal, aux Editions sociales, sur la Corée
6
Populaire en 1973), ce savoir a reculédans les rangs des
mouvements les plus disponibles pour accueillir une autre image des
7
peuples d'Asie.

Apropos de la seule Corée du Sud, s'est développé le mythe
d'un «miracle »économique. Cette prétendue réussite, réalisée par
une accumulation primitive brutale antisociale, avec l'aide massive des
Etats-Unis, n'est en rien le fruit d'un capitalisme libéral, mais d'un
modèle coercitif ultra-productiviste ni recommandable, ni
8
reproductible .


6 Onpeut rapprocher à un siècle de distance les reportages de Jack London, grand
reporter « progressiste » sur la guerre nippo-russe se déroulant en Corée en 1904
et la vision des progressistes européens des années 2000. Le racisme anti-coréen
est présent chez J. London (La Corée en feu, réédité en 1982. Paris).
L'incompréhension suffisante voire méprisante se retrouve aujourd'hui chez bon
nombre de progressistes contemporains.
7 Ilserait utile d'examiner les différences des regards portés sur Cuba comparés à
ceux portés sur la Corée du Nord. A l'encontre de la RPDC, les grands médias
européens ne pratiquent pas une propagande systématique, mais procèdent à une
imprégnation par la répétition à toute occasion des mêmes critiques, construisant
dans les esprits une certaine «réalité »pour un public qui n'a en fait aucune
connaissance du pays, de sa civilisation et de son système politico-économique.
S'ajoutent à cette «technique »l'insistance sur certains faits et discours et
l'occultation ou l'incompréhension d'autres événements et d'autres déclarations.
Onpeut rappeler à propos de la Corée, un «souvenir » historique: le 26 avril
1951, la ville de Chicago avait organisé une journée se voulant triomphale en
l'honneur du général MacArthur, qui venait d'être limogé par le Président Truman
pour son intention d'étendre la guerre de Corée à la Chine. La manifestation
populaire fut un échec. Par contre, la télévision a réussi à montrer à ce propos un
spectacle « historique » grâce à une mise en scène très efficace.
Ace sujet, on pourra se référer à: G. Derville.Les pouvoirs des médias. PUG.
1997 (notamment les pages 94 et sq).
8 Cf.E. Toussaint.Corée du Sud : le miracle démasqué.2006. www.pepda.org.

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Desurcroît, la division de la Corée (dont on a oublié les
origines réelles en Occident) fait de ce pays un espace de haute
tension sur lequel les rares «informations »diffusées sont toujours
mauvaises. La littérature «grand public» sur la Corée est très peu
attractive : elle est des plus sommaires, distinguant les «bons »
ème
Coréens des «mauvais »,séparés par le 38parallèle. La
condamnation est prononcée sans instruction préalable ni
contradictoire. D'autres nations divisées tendent, à un degré moindre, à
être présentées avec le même simplisme.

Cefut le cas, en son temps, du Vietnam jusqu'à la réunification
réalisée par les armées de la RD du Vietnam et les maquisards du
F.N.L à l'encontre de l'armée américaine, implantée au Vietnam Sud.
Le Nord représentait en Occident «l'enfer » communiste et le Sud, le
« monde libre » !

C'estde même, sans appréhension de la complexité de la
situation, que la division du Yémen, beaucoup moins sensible à
l'Occident, a été traitée.

Leregard sur les nations divisées, quelles qu'elles soient, sont
ainsi l'objet de travaux qui s'opposent radicalement. Il en a été ainsi
pour l'Allemagne, avec la RDA et la RFA jusqu'à la réunification. En
Asie, les relations R.P. Chine – Taïwan soulèvent les mêmes ruptures,
bien que le rapprochement soit de plus en plus évident.

AChypre où des négociations ont enfin repris, le conflit entre
Turcs et Grecs est occulté par l'appartenance des belligérants à la
même alliance politique, économique et militaire (l'Union européenne
et l'OTAN).

Tôtou tard, ces peuples séparés se retrouvent. Il en sera ainsi
de la Corée, nation millénaire que quelques décennies de rupture ne
peuvent détruire pour peu que cessent les ingérences étrangères qui
ont depuis toujours fait son malheur.

Tôtou tard, la Corée réunifiée constituera une puissance qui
comptera en Asie et dans le monde, pour le plus grand profit du
progrès démocratique et du maintien de la paix.

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Queles traditionnels donneurs de leçon, imbus de leur
prétendu universalisme et de leur impérialisme humanitaire,
totalement oublieux de leur propre responsabilité, sachent qu'ils
travaillent en faveur d'un monde qui se meurt et d'intérêts purement
mercantiles, tout comme les protagonistes du partage du monde de la
ème ème
fin du XIXsiècle et du XXsiècle.

Comité International de Liaison pour la
Réunification de la Corée (CILRECO)
















































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Les puissances européennes, comme l'hyperpuissance
étasunienne, ont une haute estime d'elles-mêmes.

ème
Depuisle XVIsiècle et la Renaissance, l'Europe jauge le
monde entier avec ses propres et exclusifs critères. L'avancée
idéologique de grande portée que représente le siècle des Lumières a
renforcé ses prétentions universalistes, perverties par le colonialisme
puis par un impérialisme occulté aujourd'hui par une mondialisation
qui ne se préoccupe pas de la masse de mondialisés malgré eux.
L'Europe, puis les Etats-Unis, n'ont pas cessé de se présenter comme
des « modèles » qu'il ne s'agit que de transposer sur tous les continents
pour le plus grand profit de «la »Civilisation. L'URSS, contaminée
sans doute par son appartenance culturelle à l'Europe, mais surtout par
sa place de Grande Puissance, a fait de même : le «modèle »
soviétique devait répondre à toutes les questions du socialisme partout
dans le monde !

Aujourd'hui,malgré l'extrême affaiblissement des Etats-Unis et
de l'Europe, frappés par une crise dont ils sont éminemment
responsables, malgré la forte montée en puissance des pays
« émergents »(Chine en tête), ces puissances se prennent toujours, à
elles seules, pour la «communauté internationale » et manifestent un
mépris infondé pour les expériences politiques et économiques autres
que les leurs. Ce comportement s'explique : ces Etats sont préoccupés
du fait que des marchés et des ressources naturelles leur échappent. Ils
craignent aussi une contamination comme cela s'est produit
récemment en Amérique du Sud.

Moinsexplicable est l'approche méfiante voire hostile des
forces politiques se revendiquant d'un internationalisme et même d'un
altermondialisme. La diversité politique et idéologique n'est pas
pleinement admise, en dépit de l'abandon officiel de la théorie du
« modèle ».

Le« neuf »– qui ne l'est pourtant que relativement – reste
suspect car souvent incompris : le temps n'est plus où une partie de
l'opinion occidentale s'enflammait pour telle ou telle révolution parce
qu'elle s'y reconnaissait. Rien de cela dans la révolution
« jamahyrienne » libyenne à ses débuts, dans celle initiée par Sankara

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au Burkina Faso, ou dans le réveil amérindien dont témoigne le
souscommandant Marcos au Chiapas ou la Bolivie d'Evo Moralès. Il
semble qu'il y ait trop d'inconnus à surmonter : ni le même langage, ni
la même culture, ni même le type de réformes entrepris ne ressemblent
à ce qui était lisible. L'Asie est encore plus «étrangère » :ce qui est
peut-être la «N.E.P. »chinoise est perçue comme une simple
intégration au capitalisme, le Vietnam est passé sous silence et la
Corée du Nord bat tous les records de « mystères » !

Enréalité, l'ignorance, la bêtise intéressée entretenue par les
grands médias, la crainte des politiques (souvent obsédés de
préoccupations électoralistes) conduisent à un rejet ou à l'indifférence.
Le traitement de Cuba, pour laquelle se conjuguent la nostalgie du
Che, la salsa et le tourisme dans les Caraïbes, les souvenirs du Castro
des années 50-60, est ainsi radicalement différent de celui dont
bénéficie la Corée du Nord vis-à-vis de laquelle l'imagination
occidentale se perd.

Globalement,il s'agit en fait d'un «provincialisme »
idéologique paradoxal à l'heure de la mondialisation. Les réalités
occidentale demeurent les références obligatoires : elles rendent
aveugle et stupide.

Plusun système politique est éloigné de ces réalités, plus il est
condamné et jugé « incompréhensible ». Or, l'Asie et particulièrement
la Corée semblent appartenir à une autre planète qui inquiète.
L'American Way of Life y semble trop absente. Les valeurs de la
démocratie à l'occidentale semblent trop ignorées, comme s'il n'y avait
qu'une seule voie pour démocratiser une société et en assurer le
développement.

Le« Commentpeut-on être Persan» de Montesquieu reste à
l'ordre du jour pour les ressortissants des pays d'Asie. Pourtant, il y a
quelques décennies, les puissances occidentales imposaient aux
peuples d'Asie un sort peu enviable, puis le Japon impérial a massacré
et colonisé, particulièrement les Coréens.

L'intelligencedu monde contemporain exige que l'on sorte de
ce provincialisme qui obscurcit les réalités non occidentales. Il y a

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même urgence quant il s'agit de l'Asie : l'heure de leur revanche se
ème
profile à l'horizon du XXIsiècle et un basculement du monde est
vraisemblable. Les hostilités occidentales encore nombreuses à son
égard ne sont plus que des batailles de retardement.