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La Côte d'ivoire face à son destin

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Description

Qui est pour l'expérience démocratique en Côte d'Ivoire, qui est le plus à même de garantir la liberté des citoyens ? Qui donne de bons signaux pour lutter contre la corruption ? Qui porte un programme lisible et crédible ? Qui est pour la solidarité et le partage ? Les élections ne seront pas une fin en soi en Côte d'Ivoire, mais certainement un nouveau départ si tous les Ivoiriens se montrent responsables.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2010
Nombre de lectures 84
EAN13 9782336256245
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire
Afrique Liberté Collection dirigée par Claude KOUDOU Page de titre Page de Copyright Dédicace Remerciements Position du problème Les grands chantiers de la Côte d’Ivoire « les nouveaux défis d’une puissance économique sous-régionale contrariée » Journée d’études RECID - CPDA du 16/10/2010 À Paris, Le Lucernaire - Modernisation, Intégration, Défense : trois axes stratégiques de Laurent Gbagbo Elections Présidentielles en Côte d’Ivoire : Quels Impacts Socio-Politiques et Economiques pour l’Afrique  ? Communication à la Journée d’études du RECID/CPDA à Paris, le 16 octobre 2010 Colloque organisé par le RECID (Réseau Côte d’Ivoire Diaspora) en collaboration avec Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique (CPDA) - Côte d’Ivoire : du Cinquantenaire aux élections, quelles perspectives ? La fuite des cerveaux / Quelle Afrique pour l’implication des Africains de la diaspora dans le processus de développement de leur pays d’origine ?
Afrique Liberté Collection dirigée par Claude KOUDOU
Afrique Liberté est une collection qui accueille essais, témoignages et toutes œuvres qui permettent de faire connaître l’Afrique dans toute sa diversité et toute sa profondeur. Cette collection qui reste ouverte se veut pluridisciplinaire. Son orientation sera essentiellement axée sur les rapports entre l’Afrique et l’Occident. Elle refuse l’afro-pessimisme et se range résolument dans un afro-optimisme réaliste. Sur quels repères fonder l’Afrique d’aujourd’hui ? Telle est une des questions majeure à laquelle cette collection tentera de répondre. Afrique Liberté se veut un espace qui doit explorer l’attitude de l’Africain ou des africanistes dans ses dimensions mentale, scientifique, culturelle, psychologique et sociologique. Dans un monde en proie à de graves crises, un des enjeux majeurs de cette plate-forme serait de voir comment faire converger les différents pôles de compétences pour hisser l’Afrique à la place qui doit être véritablement la sienne.
Déjà parus
Adack Gilbert Kouassi, L’art dans la société wè de Côte d’Ivoire, 2010,
Gaston Ouassénan, Pauvre petite orpheline, 2010.
N. L. Gayibor, N. A. Goeh-Akué, Histoires nationales et/ou identités nationales, 2010.
René Babi, Amédée Pierre, le dope national, 2010.
Atsain Narcisse tiburce, Le triomphe des sans voix, 2010. Amara Koné, Les héritiers de la misère , 2010,
Jérôme Trabi Botty, Comprendre la liberté syndicale en Côte d’Ivoire , 2010.
Faustin Kouafio Blékanh, Une démocratie à l’africaine pour un développement durable : cas de la Côte d’Ivoire , 2009.
La Côte d'ivoire face à son destin
Et si l'Afrique était Gbagbo?

Claude Koudou
© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl @wanadoo.fr
9782296132689
EAN : 9782296132689
Dédicace
Puisse cette contribution peser pour la victoire de celui des candidats, qui a beaucoup donné de sa vie dans le combat pour la justice et les libertés en Côte d’Ivoire et qui fait exemple en Afrique !
Laurent GBAGBO a beaucoup donné pour faire la Paix malgré de pires humiliations à son endroit. C’est cela qui est vrai !
Ce livre est un témoignage à exprimer que la société civile de la diaspora panafricaine et tous ceux qui sont épris de justice, de liberté et de paix, soutiennent et encouragent Laurent GBAGBO dans son œuvre inlassable pour l’ancrage de la démocratie en Côte d’Ivoire.
Remerciements
Nos remerciements vont d’abord à Son Excellence le professeur Pierre Aimé Kipré, Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France qui a donné de son savoir et de son savoir-faire académiques, dans la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et dont les conseils avisés nous ont par ailleurs guidés dans la réalisation de ce travail.
Nous rendons également hommage à Son Excellence Monsieur Zady Gbaka Richard, Président du Réseau Côte d’Ivoire Diaspora (Ambassadeur de Côte d’Ivoire en Inde) qui a beaucoup aidé dans la concrétisation de cette journée de réflexion.
Que Monsieur Denis Pryen, Directeur général fondateur des éditions L’Harmattan qui se montre souvent disponible pour nous appuyer, trouve ici l’expression de notre profonde gratitude.
Que le ministre Gnamien Yao trouve ici l’expression de notre reconnaissance pour avoir accepté de participer à cette initiative.
L’honneur revient bien entendu, à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la sortie de cet ouvrage.
Enfin, les membres de la Diaspora ivoirienne en particulier et celle panafricaine en général doivent voir à travers cette initiative du Réseau Côte d’Ivoire Diaspora (RECID), combien la mutualisation de nos expériences et la convergence des talents respectifs sont capitales pour élever notre Afrique vers les cimes du progrès, dans ce contexte de mondialisation.
Position du problème
« Côte d’Ivoire : Du cinquantenaire aux élections — quelles perspectives ? » Tenter de trouver des éléments de réponse à une telle question nous conduit à examiner une autre : « Quels sont les enjeux des élections présidentielles du 31 octobre 2010 ? »
Pour répondre, nous commencerons par citer des propos de Claude Guéant, Secrétaire général de l’Elysée, à l’occasion de sa visite de travail de 48 heures, en Côte d’Ivoire, au début de ce mois d’octobre : « Ce que j’ai noté, c’est de la part de tous mes interlocuteurs, et notamment des trois candidats les plus importants à l’élection présidentielle qui est proche, la volonté vraiment unanime de tenir ce scrutin. Pour nous, c’est très important parce que cela va ouvrir une ère nouvelle à la Côte d’Ivoire, une ère qui sera à nouveau de développement, de coopération pleine et entière avec la communauté internationale et d’abord avec la France qui y est prête, qui y est résolue. Je crois donc que c’est un profond motif de satisfaction de savoir que cette élection va avoir lieu bientôt.
[...] Il y a des liens très particuliers qui existent entre les deux pays, il faut que cette coopération reprenne pour le bénéfice de tous et d’abord du peuple ivoirien.
C’est une relation sans réserve qui permettrait à la France de répondre à tous les souhaits du peuple ivoirien dans le domaine de la coopération économique, dans le domaine de la formation, dans le domaine de la défense et de la sécurité, dans le domaine diplomatique. Nous avons parlé de tous les sujets et nous sommes prêts à parler de tous les sujets.
Ce n’est pas la peine de se voiler la face : il y a eu des évènements douloureux qui se sont passés, parfois dramatiques ces dernières années, qui ont pu laisser des souvenirs pénibles dans l’état d’esprit des deux peuples. Nous sommes prêts à parler de tout. C’est le propre des amis de se parler franchement de tout.
[...] La Côte d’Ivoire est un pays qui a un potentiel de richesse et de développement qui est considérable. Et dans sa jeune histoire, elle en a fait la démonstration. Il suffit de parcourir cette ville d’Abidjan, c’est la première fois que j’y viens, pour voir que c’est une vraie capitale, et une vraie capitale moderne qui est prête pour accompagner un développement économique. Un pays pour se développer doit avoir des relations avec le reste du monde et des relations sans aucune réserve. Donc le fait pour la Côte d’Ivoire d’aborder cette nouvelle étape, grâce à l’élection présidentielle, sera un gage d’un renouveau économique, je n’en doute pas un seul instant. » 1
“La France est décidée à tout faire pour reprendre sa coopération avec la Côte d’Ivoire. Et cela, dans le respect de la souveraineté des Ivoiriens [...] Je suis venu en Côte d’Ivoire à la demande du président Sarkozy, parce qu’une page de l’histoire de la Côte d’Ivoire est en train de se tourner. Une ère nouvelle s’annonce, à laquelle chacun aspire, les Ivoiriens, bien sûr au premier chef, mais aussi tous les amis de la Côte d’Ivoire et, par conséquent, la France ” 2 .
Nous lisons dans ces propos que la France veut désormais intégrer le fait que la Côte d’Ivoire est un pays souverain. Quel aveu ? En fait, Claude Guéant nous réveille là des illusions dont son pays nous a abreuvés depuis les indépendances soit cinquante années durant. Guéant nous dit que la France va porter un nouveau regard sur son ancien pré carré : “ la Côte d’Ivoire est un Etat souverain et elle n’est pas un Etat moins souverain que la France. C’est d’égal à égal que nous devons travailler ensemble entre partenaires ” 3 . Dont acte ! Mais c’est parce que Laurent Gbagbo a posé le sujet de discussions d’égal à égal avec l’ancienne puissance tutélaire, que son régime a connu la tentative de renversement dont les séquelles semblent bientôt connaître un terme. Cela pose la question suivante : « A quelle(s) condition(s) les propos non moins diplomatiques du Secrétaire général de l’Elysée peuvent-ils être respectés ? »
C’est là l’un des enjeux majeur des élections qui s’ouvrent. Nombre d’indices nous indiquent que dans la crise actuelle, l’ex-rébellion est la face visible de l’iceberg. En effet, prenant pour prétexte une crise identitaire supposée ou réelle, manifestation de « l’ivoirité », - terme conceptualisé par Henri Konan Bédié et ses partisans 4 -, l’ancienne puissance tutélaire va s’opposer à la volonté de Laurent Gbagbo, de mettre fin au monopole et aux contrats léonins 5 dont elle jouit depuis plusieurs décennies. La volonté de Laurent Gbagbo revient à travailler naturellement dans l’intérêt de ses concitoyens.
Après huit années de crise, après moult artifices (résolutions aux nations unies, interdictions de voyages de proches de Laurent Gbagbo ; provocations de tensions socio-économiques pour que le peuple se retourne contre Laurent Gbagbo ; ...) sans compter des intimidations d’autres ordres, la France se rend finalement à l’évidence. Monsieur Claude Guéant répond donc au ton de la posture endossée par les autorités ivoiriennes actuelles. En effet, Laurent Gbagbo veut que la Côte d’Ivoire, indépendante et souveraine conduise elle-même son destin. Une illustration de cette volonté est le refus de Laurent Gbagbo, d’emmener défiler des soldats ivoiriens (à Paris, sur les Champs Elysées) le 14 juillet 2010. Aussi, le Président de la République de Côte d’Ivoire a-t-il refusé d’assister au sommet France-Afrique de mai 2010 à Nice (France) où la plupart des chefs d’Etat africains étaient réunis autour du Président français, Nicolas Sarkozy. Le cinquantenaire, Laurent Gbagbo a voulu le fêter de façon responsable. C’est en effet, l’organisation d’un grand Colloque international de haute portée historique et scientifique qui s’est tenue à Yamoussoukro, du 01 au 05 août 2010. Grâce à la pertinence et au savoir-faire de Son Excellence le professeur Pierre Aimé Kipré, - illustre historien et Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France -, des savants et sommités du monde universitaire et scolaire, ont travaillé de façon acharnée à animer des ateliers et des séances plénières, avec la participation d’autres catégories socio-professionnelles pour produire des publications qui vont être mises à disposition pour la postérité..
Dans le voyage de Claude Guéant, ce qui ne doit pas échapper à notre compréhension — et qui est essentiel pour les Ivoiriens — est la démarche pour l’amorce de la purgation d’un contentieux, conformément au vœu du président ivoirien. Il convient ici de rappeler que le différend entre la Côte d’Ivoire et la France a atteint son paroxysme à l’occasion de « l’expédition punitive » de novembre 2004 : destruction des aéronefs de l’armée ivoirienne, tueries à l’Hôtel Ivoire de manifestants pacifiques, attaque de la résidence du président Gbagbo, ..., suite à un bombardement à Bouaké qui s’est soldé par la mort de neuf soldats français.
Les autorités ivoiriennes demandent depuis : - que la lumière soit faite sur la nébuleuse qui entoure la mort des neuf soldats français ; - que les aéronefs soient restaurés et que les victimes des tueries à l’Hôtel Ivoire soient indemnisées ...
Par ailleurs, ce que l’on ne dit pas assez c’est que nombre de Français qui étaient partis de la Côte d’Ivoire, au plus fort de la crise y sont retournés. Et l’Etat ivoirien a continué de montrer des gages de bonne volonté notamment en restaurant ou en réhabilitant également les établissements scolaires français en Côte d’Ivoire.
Dans nos propos, il faut rappeler que la Côte d’Ivoire a été dirigée par le Président Houphouët jusqu’en 1993. Ce sont ainsi plus de trois décennies de vie de ce pays qui ont vu trente années d’une ère monopartite et trois années de multipartisme. Lorsque le Président Houphouët décède le 7 décembre 1993, la constitution qu’il avait taillée sur mesure permet à Henri Konan Bédié de lui succéder suivant les dispositions l’article 7 de cette loi organique.
Laurent Gbagbo a respecté cette Constitution en ne s’opposant pas à son application. Mais alors qu’une crise socio-économique sévissait déjà — à partir des années 80, c’est vraiment la première fois que la Côte d’Ivoire a failli basculer dans une instabilité politique.
En effet, Alassane Dramane Ouattara (ADO), nommé Premier ministre en novembre 1990 par Houphouët-Boigny, n’accepte pas qu’Henri Konan Bédié accède à la présidence de la République. Parce qu’ADO, lui se voit, celui qui doit prendre la place du Président Houphouët.
C’est là le début d’un conflit avec toutes ses implications que l’on sait et qui aboutit le 24 décembre 1999, à un coup d’Etat qui emporta le pouvoir d’Henri Konan Bédié. Robert Guéï endosse ce coup d’Etat en devenant le chef de la junte militaire.
Les élections d’Octobre 2000 sonnent la fin de la transition militaire non sans des turbulences, parce que Robert Guéi, perdant, voulait confisquer le pouvoir. Les Ivoiriens ont su rétablir justice en reconnaissant à Laurent Gbagbo, sa victoire. ADO et ses partisans n’acceptent pas également cette élection.
Lorsque Laurent Gbagbo accède à la magistrature suprême, il constitue un gouvernement ouvert à l’opposition. Il organise le retour au pays d’ADO et Henri Konan Bédié, tous les deux exilés, directement ou indirectement l’un par l’autre. Ensuite, pour décrisper le climat socio-politique, le Président Gbagbo organise du 9 octobre au 18 décembre 2001, un forum de réconciliation nationale. Malgré tous ces efforts, une tentative de coup d’Etat éclate le 19 septembre 2002, qui connaît l’assassinat de l’ex-chef de la junte (Robert Guéï), du ministre d’Etat chargé de l’intérieur et de l’administration du territoire de Laurent Gbagbo (Emile Boga Doudou), d’officiers supérieurs et subalternes de l’armée républicaine et plusieurs autres victimes.
Ce coup d’Etat avorté, les auteurs vont se muer en une rébellion. La justice voudrait que la Communauté internationale condamne fermement cet acte de terreur et le punisse proportionnellement à sa gravité. Mais c’est une logique anormale qui va prendre le dessus. En fait, les autorités légales ivoiriennes agressées, sont culpabilisées par les sympathisants de cette rébellion. En effet, les propagandes pro-rébellion sous la pression française vont fausser le discours international.
Elles avaient pour objectif de faire l’apologie des rebelles, de contribuer à couvrir les actes d’agression commis et banaliser la situation de légitime défense qui s’impose à tout pays agressé. Au point où la Côte d’Ivoire et son Président démocratiquement élu et agressés passent aux yeux du monde pour les agresseurs.
La médiation internationale est néanmoins acceptée par les autorités ivoiriennes conformément à leur disposition, de régler les questions politiques de façon pacifique. Pendant plus de quatre années, la Communauté internationale va nourrir des atermoiements, ponctués de considérations contraires au droit international, parfois à la limite de la provocation (cf. les actes posés par le Groupe de travail international : tentative de dissolution de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire).
Pendant ce temps, la situation de ni paix ni guerre paupérise les populations. Ce que voulaient ainsi les soutiens de la rébellion, c’était de provoquer un ras-le-bol dans la population au point d’inciter à une révolte contre le Président ivoirien. Laurent Gbagbo prend alors ses responsabilités, assumant ainsi qu’il appartient aux seuls Ivoiriens de régler leurs propres problèmes. C’est tout le sens du « dialogue direct ».
En pensant un règlement interne du conflit entre les ex-belligérants, le Président GBAGBO, - avec le sang-froid qu’on lui connaît - a lancé la culture d’une résolution de la crise par les Ivoiriens eux-mêmes, en décembre 2006. L’accord, dit Accord politique de Ouagadougou (APO) a été signé le 4 mars 2007, par Laurent GBAGBO, Président ivoirien ; Guillaume SORO, Secrétaire général de l’ex-rébellion et Blaise COMPAORE, Président burkinabé. Ce dernier étant le facilitateur. Le paysage socio-politique ivoirien connaît un tournant décisif lorsque Laurent GBAGBO nomme Guillaume SORO, Premier ministre de la Côte d’Ivoire . Au vu de ce qui est décliné plus haut, on peut dire que c’est l’absence de préparation de la succession du Président Houphouët qui explique en grande partie, la crise militaro-civile à laquelle les élections prévues le 31 octobre 2010 sont censées mettre un terme.
Il importe de rappeler que Laurent Gbagbo fut emprisonné de mars 1971 à janvier 1973 à Séguéla et à Bouaké. Menacé physiquement, Laurent Gbagbo va en exil en 1982. Il retournera au pays en septembre 1988. Le congrès constitutif de son parti — le Front populaire ivoirien, FPI — les 18 et 19 novembre 1988, le portera à la Direction comme Secrétaire général. Il est candidat contre Houphouët aux élections présidentielles d’octobre 1990. Ce tournant renforce la stature d’opposant historique de Laurent Gbagbo à Houphouët-Boigny.
Les faits nous démontrent que fidèle à son crédo : « la transition pacifique à la Démocratie », Laurent Gbagbo — dans l’opposition — suivait déjà toujours les voies légales lorsque des revendications s’imposaient. Le 18 février 1992, à l’occasion d’une manifestation pacifique, pour protester contre les graves atteintes aux droits de l’homme - perpétrées en 1991 par le général Robert Guéï, chef d’Etat major de l’époque -, fait arrêter Laurent Gbagbo, après avoir fait signer la veille au chef de l’État — Houphouët-Boigny - une loi anti-casseurs.
Laurent Gbagbo est condamné le 6 mars 1992 à deux ans de prison. Il est libéré en août de la même année. On peut dire que le sentiment de vengeance n’habite pas Laurent Gbagbo. Car vu les éléments de son vécu déclinés plus haut, l’humiliation supplémentaire engendrée entre autres par les accords de Marcoussis, pourrait servir de catalyseur de nature à pousser Laurent Gbagbo dans la guerre civile. « L’instauration du multipartisme le 30 avril 1990 en Côte d’Ivoire a marqué une étape historique vers la démocratisation du pays... ». « Mais contre le temps, contre l’Histoire et contre la volonté du peuple, on a voulu maintenir le régime ancien, empêchant ainsi la Nation de se former et l’Etat de se consolider sur la voie de la modernisation politique et économique. » L’environnement politique ivoirien montre que le peuple est en phase avec son Président et vice-versa. C’est pourquoi « malgré » les nostalgiques de l’ordre ancien.
« ... Le peuple ivoirien est resté fidèle à son projet de faire de la Côte d’Ivoire un pays prospère, un pays de paix ; un pays où la paix et la prospérité reposent sur le fonctionnement démocratique des institutions. La prochaine élection présidentielle donne, aux Ivoiriennes et Ivoiriens, l’occasion de renouveler cet engagement » 6 .
Conforme à son tempérament d’aller toujours à l’essentiel, le Président Gbagbo va travailler à la préservation des liens séculaires qui unissent la Côte d’Ivoire et la France.
Mais les « privilégiés d’hier » sont prévenus que Gbagbo tient à tisser des partenariats de nature multipolaire. En même temps, aux différentes strates de la société ivoirienne, il faudrait imprimer une culture à la citoyenneté et de la bonne gestion des biens collectifs. Il est dommage que, parce que les intérêts des leaders politiques sont très divergents, le coût des préparations des élections à venir en Côte d’Ivoire soit aussi excessivement élevé. On l’évalue suivant les sources à environ 200 milliards de f cfa. La Sagem, société française a été préférée par l’opposition — qui dirige la Commission électorale indépendante — à l’Institut national de la statistique qui confectionne traditionnellement le listing électoral (disons à coût pratiquement nul si on extrait le prix de matériels, puisqu’il s’agit d’une structure de l’administration ivoirienne). Quel gâchis ?
Mais l’imposture va plus loin. En effet, au cours de l’enrôlement, de nombreuses anomalies commises par la Sagem ont été constatées. En fait, pour aller à la paix, Laurent Gbagbo a dû accepter que l’enrôlement se fasse sur présentation d’extraits d’actes de naissance ou de jugements supplétifs. Cela n’était naturellement pas sans poser des problèmes vu la situation. Mais plus grave encore est que des personnes qui ont pris part au vote en 2000, ont été amenées au contentieux parce que soit leurs noms étaient mal écrits soit leurs dates de naissance ne correspondaient ... Il y a ainsi eu des manœuvres de nature à recaler des électeurs favorables à Gbagbo. Ces points seront peut-être à la marge. Mais il est important de l’indiquer pour l’information de l’opinion.
Il faut aussi dire que des entraves à aller aux élections ont été multipliées par les « opposants » à Laurent Gbagbo. Plusieurs fois, la CEI (Commission électorale indépendante), dirigée par « l’opposition » a proposé une date d’élections à Gbagbo.
Et une fois que le président a signé le décret, la mauvaise foi revient au galop. Enrôlement problématique, refus des rebelles de désarmer par exemple, ... Pendant ce temps, le relais est fait pour dire que Gbagbo ne veut pas aller aux élections. On peut constater que ce procédé pour disqualifier Laurent Gbagbo a montré ses limites. Tout cela s’annonce maintenant derrière nous.
Plus haut, nous avons posé la question de savoir si les autorités françaises respecteront ce que Claude Guéant a dit. C’est l’un des enjeux majeur des élections à venir. Car beaucoup de choses dépendront du tempérament du président qui sortira des urnes. Excusez du peu !
Au total, les postures exogènes ont lourdement pesé dans le conflit ivoirien. Et tant que les forces post coloniales voudront fabriquer des dirigeants aux pays africains, malgré l’impopularité des concernés sur le terrain, la paix risque d’être toujours menacée.
Mais il y a une donnée non moins importante aujourd’hui en Afrique et singulièrement en Côte d’Ivoire. Cette donnée est incontournable. C’est l’aspiration pleine et entière de la jeunesse à vivre la liberté. Il faut noter que les enfants nés à la date du discours de La Baule 7 sont aujourd’hui majeurs. Ces jeunes veulent la liberté. Ces jeunes veulent la démocratie. Ces jeunes veulent travailler. Car ces jeunes ont aussi droit au bien-être. Laurent Gbagbo, bon historien et pédagogue confirmé l’a bien compris. Il s’est alors mis en phase avec les aspirations légitimes des jeunes et des moins jeunes. Cela donne du sens aux échéances électorales à venir.
Et cela est une donnée très importante pour l’avenir de la Côte d’Ivoire. Alors quelles perspectives pour la Côte d’Ivoire ? Les électeurs devront, pour choisir, en toute connaissance de cause, identifier le profil qui réponde aux questions suivantes : - Qui est pour l’expression démocratique en Côte d’Ivoire ? - Qui est le plus à même à garantir la liberté des citoyens ? - Qui est pour un Etat de droit ? - Qui se bat contre le sectarisme ? - Qui donne de bons signaux pour lutter contre la corruption qui gangrène la société ; laquelle tare est née par la culture du clientélisme entretenu pendant plusieurs décennies ?
Et les enjeux des élections à venir : - Qui porte un programme à la fois lisible et crédible ? - Qui peut résister aux bourrasques des prédateurs ? - Qui est pour la solidarité et le partage ?
Tous ces éléments pris les uns avec les autres, les uns dans les autres, les uns à côté des autres, invitent à retenir que la réalité en Côte d’Ivoire n’est ni des illusions semées localement pour les exporter ni des « prêts-à-penser » à importer pour formater les gouvernants. Les élections ne seront pas une fin en Côte d’Ivoire mais certainement un bon « re-début » si tous les Ivoiriens se montrent responsables.

Docteur Claude KOUDOU
Enseignant-Ecrivain, Directeur de la Collection « Afrique Liberté» Editions Harmattan, Vice-président du Réseau Côte d’Ivoire Diaspora, Président des Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique.
Les grands chantiers de la Côte d’Ivoire « les nouveaux défis d’une puissance économique sous-régionale contrariée »
Par Gnamien Yao 8

Résumé de communication
Au cours des cinquante prochaines années, le développement de la Côte d’Ivoire, notre pays empruntera la même trajectoire que celui de tous les pays qui ont connu des guerres civiles à un moment donné de leur histoire (Etats-Unis, Afrique du Sud, l’Europe elle-même...), à la différence que dans son cas, il n’y aura eu ni vainqueur, ni vaincu.
Les véritables chantiers à ouvrir, outre l’équipement du territoire en infrastructures physiques qui reste une course sans fin, portent sur la reconstruction immatérielle : la confiance entre les Ivoiriens, la cohésion nationale (entre les ivoiriens et les non ivoiriens, la préservation de l’équilibre social) et la place de la Côte d’Ivoire dans le monde, c’est-à-dire la définition ou la redéfinition de ses relations avec la France. A ce niveau, il va falloir répondre à des questions très claires. Premièrement, la Côte d’Ivoire doit-elle avoir des ambitions ? Si oui jusqu’où doit-elle aller ? Dans le cas contraire, que doit-elle faire pour vivre pleinement son indépendance, quand on sait que l’assistant montre des signes de fatigue et que l’assistée qu’elle est, est épuisée ? A bien y réfléchir, l’on finit par admettre que dans le contexte ivoirien, les chantiers de demain sont en réalité les chantiers d’hier.
L’environnement dans lequel vit notre pays au terme de la première décennie du 21 ème siècle ressemble étrangement à celui qui prévalait à son indépendance en 1960. Tout est à reconstruire, tout est à bâtir.
Il nous faut reconstruire un espace favorable à l’épanouissement humain. Il nous faut donner à nouveau un sens au travail, au mérite et à la vie. Il nous faut reconstruire l’Etat de droit. Il nous faut donner un sens à la république. Il nous faut apprendre à nous faire respecter. Notre vocation première d’être une puissance économique sans jamais nourrir d’ambition de domination est fortement contrariée par des bandes de prédateurs qui ont pillé nos acquis sous le manteau de rébellion. Les épreuves de la guerre qu’elles nous ont imposée nous font obligation de jeter les bases de notre « puissance militaire », c’est-à-dire parvenir très rapidement à nous défendre nous-mêmes, à nous faire respecter pour éviter d’avoir à subir à nouveau les assauts des prédateurs qui n’hésiteront pas à récidiver une fois que le recouvrement de notre santé économique sera perceptible. La finalité de leurs actions étant de nous soumettre à ce vieil adage selon lequel l’histoire est un perpétuel recommencement.
Journée d’études RECID - CPDA du 16/10/2010 À Paris, Le Lucernaire
Modernisation, Intégration, Défense : trois axes stratégiques de Laurent Gbagbo

INTRODUCTION
A l’occasion d’une compétition présidentielle, les électeurs peuvent considérer divers critères pour le choix de leur candidat. Ces critères vont des qualités de leadership, à la capacité présumée du candidat à faire ce pour quoi il sera élu. Or, chaque candidat exprime sa vision du travail à accomplir à travers un programme de candidature, dont la connaissance précise - au moins en ce qui concerne ses points essentiels - est fort souhaitable, en vue d’éclairer l’opinion de l’électorat : plus que jamais, en Afrique, le débat politique doit porter sur les différents projets de société des personnels politiques, voire sur l’absence de tels projets chez nombre d’ambitieux sans perspective d’avenir. Le programme du candidat Laurent Gbagbo a été décliné dans un ouvrage intitulé « Bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité 9 ».
Notre intervention vise à commenter quelques points saillants de ce programme, en soulignant la portée stratégique sans précédent d’un projet politique assurément fondé sur une claire conscience des véritables enjeux de notre temps, pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique.
Après une rapide présentation générale du livre, nous nous attarderons sur les principales réformes économiques envisagées et les initiatives en matière d’intégration régionale, puis on discutera de la nouvelle doctrine de Défense nationale. Modernisation économique, Intégration régionale, Défense nationale : voici trois axes stratégiques novateurs qui sous-tendent le projet politique pour la Côte d’Ivoire du président Laurent Gbagbo.
Bien entend

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