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La France et les questions internationales

De
132 pages
Quel bilan tirer de l'action de la France dans les années 2010 ? Quand donner priorité à la négociation ou à la guerre ? Quelle politique de défense, en fonction de quels objectifs et de quelles menaces ? L'arme nucléaire, danger pour l'humanité ou instrument de paix entre les mains de certains pays ? Autant de questions d'actualités, parmi d'autres, débattues ici par les porte-parole des principaux candidats à l'élection présidentielle et reprises dans divers articles et analyses complémentaires.
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Sous la direction de Daniel Lagot
L A FR ANCE etles questions internationales Bilan des années 2010 et perspectives
La France et les questions internationales
Sous la direction de Daniel Lagot
La France et les questions internationales Bilan des années 2010 et perspectives
Du même auteur aux éditions L’Harmattan Le droit international et les guerres de notre temps, Daniel Lagot,(2016) Droit international, guerre et paix, sous la direction de Daniel Lagot (2015)Droit international et conflits armés,sous la direction de Nils Andersson et Daniel Lagot (2012) Responsabilité de protéger et guerres « humanitaires », le cas de la Libye,sous la direction de Nils Andersson et Daniel Lagot, 2012 Le droit international et la guerre, Daniel Lagot, 2011 Droit international humanitaire, États puissants et mouvements de résistance, sous la direction de Daniel Lagot, 2010La justice internationale aujourd’hui,sous la direction de Nils Andersson et Daniel Lagot, 2009Justice ou injustice internationale ?, Daniel Lagot, 2009 Justice internationale et impunité des États puissants, le cas des États-Unis, sous la direction de Nils Andersson et Daniel Lagot (sous le nom Daniel Iagolnitzer), 2007
La science et la guerre, la responsabilité des scientifiques, sous la direction de Lydie Koch Miramond et Daniel Lagot (sous le nom Daniel Iagolnitzer), 2006 © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13214-3 EAN : 9782343132143
Préface
 Peut-on espérer la fin des guerres ? C’est un espoir ancien de l’humanité, et c‘était l’un des buts des conférences internationales de La Haye de 1899 et 1907 qui se proposaient « d’apporter aux peuples les bienfaits d’une paix réelle et durable ». Elles ont en fait abouti à des traités interdisant certaines méthodes de guerre et certaines ère armes, premiers textes importants, avec la 1 Convention de Genève de 1864 protégeant les combattants blessés, de ce qu’on appelle de nos jours le droit international humanitaire, droit qui vise à définir des règles dans la guerre, à interdire certains actes et récemment à définir les crimes pouvant relever d’une justice internationale.
 C’était, pensait-on alors, une première étape, vers l’abolition de la guerre comme méthode de solution des ème conflits. La 3 Conférence de la Paix prévue à cette fin en 1914 a été remplacée, on le sait, par la Première Guerre mondiale à la suite d’un enchainement de circonstances dont les uns et les autres ont perdu le contrôle.
 Après la Seconde Guerre mondiale, et malgré les déclarations de la Charte de l’ONU : « Nous, peuples des Nations unies, résolusà préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, par deux fois en l’espace d’une vie humaine, a causé d’indicibles souffrances… », les guerres n’ont pas cessé, même si elles ont en partie changé de nature et si nos pays occidentaux en ont été épargnés sur leur sol, à part les attaques et attentats menés par diverses organisations non étatiques avec lesquelles nos pays ont été ou sont en conflit.
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 Les efforts se sont poursuivis, d’une part pour limiter l’apparition des guerres ou les faire cesser, grâce en particulier aux règles de droit international édictées dans la Charte de l’ONU et à ses actions pour ramener la paix et supprimer les causes des guerres, d’autre part pour en limiter les calamités, si elles n’ont pu être évitées, grâce aux développements du droit international humanitaire. Outre ses problèmes et ses ambiguïtés, le droit est cependant loin d’être toujours respecté, l’ONU rencontre de nombreux obstacles dans son action et elle reste largement dépendante des Etats les plus puissants, eux-mêmes responsables de certaines guerres.
 Qu’en a-t-il été de la France ? Elle a été engagée depuis 1945 dans de nombreuses guerres, depuis les guerres coloniales en Indochine et en Algérie jusqu’à celles des années 2010. Son intervention contre les régimes en place en Libye en 2011, puis en Syrie (à travers des livraisons d’armes aux insurgés), n’a guère été conforme au droit international : était-elle néanmoins justifiée par les raisons humanitaires invoquées et la France a-t-elle eu raison de favoriser la guerre plutôt que la négociation ? Comment combattre les groupes extrémistes islamistes et quelle est la responsabilité de nos pays dans leur développement ?...
 A propos d’autres conflits dans le monde, l’action de la France a-t-elle été positive ? A-t-elle eu raison entre autres de s’opposer à l’annexion par la Russie de la Crimée, terre russe rattachée à l’Ukraine du temps de l’Union soviétique, annexion non conforme au droit international mais liée à des circonstances historiques particulières ? Aurait-elle s’y opposer plus fortement et de quelle manière ? A-t-elle eu raison de vendre des armes à l’Arabie saoudite en guerre au Yémen ou de ne pas dénoncer plus clairement les politiques d’Israël et ses guerres, entre autres en 2014 à Gaza ? Comment évaluer son rôle à propos de l’Iran, de la Corée du Nord… ? 8
 Quelle politique de défense nationale, en fonction de quels objectifs et de quelles menaces ? Quels rapports avec l’OTAN ?...L’armée française est présente dans de nombreuses régions du monde. La France doit-elle maintenir cette présence et ses interventions au niveau des années 2010, ce qui nécessiterait d’accroitre le budget militaire, le cas échéant au-delà des 2% annoncés ? Est-ce justifié pour la défense de la France et son rayonnement dans le monde, et est-ce conforme à ses intérêts et aux demandes des Français ? Quels changements ou ajustements éventuels ?
 Quelle place, dans ce cadre, pour l’arme nucléaire ? La France a-t-elle eu raison de ne pas participer aux discussions ayant conduit à l’ONU, en juillet 2017, à l’adoption par 122 pays d’un projet de traité d’interdiction générale de cette arme. Le texte adopté traduit la volonté de progrès vers le désarmement nucléaire, objectif déjà inclus dans le Traité de non prolifération de 1968 mais qui n’a guère été atteint. Cette arme est-elle nécessaire à la France pour sa défense dans la situation actuelle du monde, tout en devant rester interdite à d’autres pays ? A défaut d’être la seule, parmi les Etats dotés à adhérer au nouveau traité, la France aurait-elle dû au moins exprimer son soutien ?...
 Malgré leur importance, les questions internationales ont été largement absentes de la campagne présidentielle 2017, ce qui a conduit l’ADIF, Association d’étude sur le droit international et la guerre, France, et l’Association française du mouvement international Pugwash sur la Science et les Affaires du monde (prix Nobel de la paix 1995) à organiser une réunion publique sur ces questions, à laquelle les principaux candidats à l’élection, à l’exception de François Fillon, ont accepté d’être représentés par leurs spécialistes dans ce domaine.
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