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La France n'est pas à vendre

De
295 pages
Chaque année, près de 12 millions de Français se pressent dans les monuments et les sites culturels à l’occasion des Journées du patrimoine. En 2015, plus de 63 millions de visiteurs ont franchi, en France, le seuil d’un musée. Engouement spectaculaire, passionné, qui masque une réalité plus sombre : le patrimoine est malade.Plusieurs centaines de châteaux sont en vente car leurs propriétaires ne parviennent plus à les entretenir. Plusieurs centaines – milliers ? – d’églises, parfois admirables, sont abandonnées. Des œuvres d’art inestimables, que les Français n’ont plus les moyens d’acquérir, filent à l’étranger, loin du cadre où elles avaient un sens. 20 000 objets précieux (meubles, statues, tableaux, tapis…) mis à la disposition des ministères, des préfectures ou des ambassades ont disparu– peut-être pas perdus pour tout le monde. Chaque jour, des bâtiments historiques sont détruits, sacrifiés au nom du progrès, des objets culturels majeurs sont dénaturés, réduits à leur aspect marchand, des trésors sont laissés à l’abandon…Sur fond de scandales et de révélations, ce livre brillant et stimulant propose une analyse des mérites du patrimoine et examine les périls qui le menacent. Il dresse le bilan sans concession d’un échec de nos institutions.Pillé, détruit, méconnu, incompris, délaissé, vendu, le patrimoine français est en danger. Qu’attendons-nous pour le sauver ?
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Robert Colonna d'Istria
La France n'est pas à vendre
Notre patrimoine en danger
Flammarion
© Flammarion, 2016.
ISBN Epub : 9782081394117
ISBN PDF Web : 9782081394124
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081378056
Ouvrage composé et converti par Pixellence (59100 R oubaix)
Présentationde l'éditeur Chaque année, prèsde 12 millionsde Françaisse pressentdanslesmonumentset lessitesculturels à l’occasiondesJournéesdu patrimoine. En 2015, plusde 63 millionsde visiteursont franchi, en France, leseuild’un musée. Engouementspectaculaire, passionné, qui masque uneréalité plus sombre : le patrimoine est malade. Plusieurscentainesdechâteauxsont en ventecar leurs propriétaires ne parviennent plusle à s entretenir. Plusieurscentainesmillie – rs ? d’églises, parfois admirables,sont abandonnées. Des œuvresd’art inestimables, que lesFrançaisn’ont pluslesmoyensd’acquérir, filent à l’étranger, loin ducadre où ellesavaient unsens. 20 000 objetsprécieux (meubles,statues, tableaux, tapis…) misà ladispositiondesminisres,despréfecturesoudesambassadesontdisparu– peut-être pasperdus pour tout le monde. Chaque jour,des bâtiments historiquessontdétruits,sacrifiés au nomdu progrès,desobjetsculturelsmajeurssontdénaturés,réduitsà leuraspect marchand,destrésorssont laissésà l’abandon… Surfonddescandalesetderévélations,ce livre brillant etstimulant propose une analysedesrites du patrimoine et examine lesrilsqui le menacent. Ildresse le bilansansconcessiond’un échecde nosinstitutions. Pillé,détruit, méconnu, incompris,délaissé, vendu, le patrimoine français est endanger. Qu’attendons-nouspourlesauver?
Ancien inspecteurdesMonumentshistoriques, Robert Colonnad’Istriacollabore àdiversjournaux et magazines(Le Point, Le Figaro…). Il a également publiédeshistoiresrégionalesetdesouvrages touristiquessurdesrégions françaises, notamment Hexagone Trotter,récitd’un voyage à pied à traversla France.
Du même auteur
Autourde la Corse De la Corseconsidéréecomme le miroirde la France,LaMarge. La République prendle maquis, encollaboration avecJean-Pierre Chevènement,coll. «Mille et une nuits», Fayard. Dramaturgied'une île, encollaboration, Autrement. Corse,coll. « Îles», Nathan. Corse entre meret montagne,Flammarion. Corsesecrète et insolite,Glénat. Mémoire(s)de Corse, encollaboration, Colonna éditions. Ilssont fous,cesCorses!,ÉditionsduMoment. Un petit vélodansCo la rse, avecdes photosde Pierre Gayte, éditions Les Filmsdu Tambourde Soie. Utopiesinsulaires. La Corse, encollaboration, Colonna éditions.
Voyage et tourisme Valléedu Rhin,Marcus. Alsace(sousle pseudonyme OscarLinrottd'Obernai), Vilo. Les Couleursde la Provence, Créationsdu Pélican. Quatre volumes : Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse,Marseille, avecdesphotosd'Ange Lorente etde Christophe Duranti. Calanques: vertigesenMéditerranée, avecdesphotographiesd'Ange Lorente, Vilo. Côted'Azur, avecdesphotographiesde Christophe Duranti, Le Pélican. LesCouleursde Paris, avecCharles-Pierre Remy, Vilo. Pariset Versailles,Marcus. Les Couleursde la Bretagne, Créationsdu Pélican. Cinq volumesLoi : re-Atlantique, Finisre, Côtesd'Armor,Morbihan, Ille-et-Vilaine, avecdesphotosde Philippe Giraud. Bretagne, avecdesphotographiesde Corentin Kerjan, Vilo.
Histoire Histoirede la Corse,ÉditionsFrance-Empire. Histoirede la Provence,ÉditionsFrance-Empire. Histoirede la Savoie,ÉditionsFrance-Empire. La Corse au XXescle, avecune préfaced'Alain Peyreffite, ÉditionsFrance-Empire. Mémoiresde Napoléon,ÉditionsFrance-Empire.
Essais De la guerre économique(sousle pseudonyme P.d'Arcole),coll. « Pluriel », Hachette. Comment va la FranceMôssieurElle ? crève,Môssieur (sousp le seudonyme B. Peretti), Bruno Leprince éditions. Le Sénat. Enquêtesur lessuperprivilégiésde la République, encollaboration avec Yvan Stefanovitch,Éditionsdu Rocher. État. Le grandnaufrage,Éditionsdu Rocher. TrahirCou Napoléon. rt traitéde la trahison,considérations particulièressur lerègnede l'empereur Napoléon Ier etdictionnaire alphabétiquede quelques traîtresont qui contribué à mettre fin àsonrègne,ÉditionsFrance-Empire.
Littérature L'Artdu luxe,ÉditionsHermé ; Transbordeurs.
Maroc, lumière berre,Vilo. LesIlesgrecques,Vilo. Voyage au Cap Corse,Le Garde-Temps. Bernanos. Le prophète et le poète,ÉditionsFrance-Empire. Colomba 1923,ÉditionsFrance-Empire. Hexagone Trotter,récitd'un voyage à piedde 1 200 km à traversla France,Transbordeurs. La Lumière et le Royaume. Essaisurl'œuvrede Henri Bosco.Transbordeurs.
La France n'est pas à vendre
Notre patrimoine en danger
« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à r efaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » Albert Camus,Discours de Suède, 1957.
« Celui qui a visité dix fois une cathédrale a vu q uelque chose ; celui qui a visité une seule fois dix cathé drales n'a pas vu grand-chose ; celui qui a passé une demi-heu re dans cent cathédrales n'a rien vu. » Sinclair Lewis,Sam Dodsworth, 1929.
PROLOGUE Le patrimoine, passion française
On fêtesansarrêt quelquechose. Il y adesjournéespour– lesenfants, lesfemmes, lecinéma… –, desjourscontre – lecancer, lesida, le troud'ozone, le nucléaire, l'injustice, etc. Il y a égalementdes semaines,de la francophonie,du blanc,de lacourtoisie au volant, en attendantcelledu pâté en croûte oude la procrastination. Entrechauffe-eau et jointdeculasse, il y a la Journéedu patrimoine. Les Journéesdu patrimoine, pour être précis, quisont même européennes, et quidepuis trente ans reviennentchaque année, le troisième week-enddeseptembre. Longtempsdirecteurdu bureaude ParisdeNewsweek, Ted Stangerb a rossédansSacrés FrançaisUn Amé ! ricain nousregarde un portraitcruel et amusantdes habitantsdu pays où il vivait. Parmisessourcesd'étonnement, l'intérêtdesFrançaispourle « Saint Patrimoine », titred'un chapitre. « Au premierrangdesmanifestationslesplussurprenantespourun Américain, écrit-il, on trouvesansaucundoute votre Journéedu patrimoinedevenue en quelquesannéesune institution, un jour quasimentsacré. Visiblement, les Françaissesententrassurés parcettecélébration qui leur rappelle quesi la France n'est plusnation une de premier plan,sacivilisationreste unedes plus admiréesdu monde. Alors,riendesurprenant àce quede nombreux bénévolespassent leursloisirsà tenterdesauverce qui peut l'être. Les unsdéfrichent pour préserverpetite abbaye une de Franche-Comté,d'autresreconstruisent pierre à pierre un manoirrigourdin. Et lesincendiesdu parlement de Bretagne, puisduchâteaude Lunéville ont étéressentiscommedes traumatismesd'un bout à l'autrede l'Hexagone. » Le minisrede la Culture publiede tempstemp en s unrapportsur les pratiquesculturellesdes Français. Sadernière édition (2008)confirme l'intérêtrepéré parle journaliste américain. Il apparaît que lesmonumentshistoriquessont fréquentésau moinsune foisparan par29 %desFrançais(lors d'unséjourdansaut une rerégionde France quecellede leur lieud'habitation,dans unsite patrimonial prochedechez eux, lorsd'unséjourl'ét à ranger, lorsd'unséjour parisien…). Ce qui signifie que, pour les Français, la fréquentationdu patrimoine est une pratique parfaitement ordinaire, partiede leurvie quotidienne, au même titre que l'usagedu téléphone,de la télévision ou d'une voiture automobile… Rien n'indique,dureste, que leschiffresde 2008 nesont pasen augmentation, et que lesFrançais nesont pas,chaque année,de plusplu en s nombreux à avoir uncontact avec leur patrimoine. Le nombredesentréesaux fameusesJournéesdu patrimoine ayant tendance, un millésime aprèsl'autre, à progresser :cesderniers temps, 12 000sites accueillent enseptembre prèsde 12 millionsde personnes. D'autant que leconceptde patrimoine tend poursa part às'étendre pour englober, au-delàdes convenus monuments historiques, vestiges industriels, paysages, traditions, langues, gastronomie, 1 patrimoine immatériel et naturel, etc. Du latinpatrimonium, le mot patrimoinesignifie à l'origine « héritagedu père », etdésigne d'abordlesbiensde famille héritésdesesancêtres. Au XIXescle, avecledéveloppementde l'idée de nation, le goût pour l'histoire, l'acceptiondu termes'élargit pourdésigneren un semblede biens communsquidoivent être protégésparlasociété, parce qu'ilssont porteursd'une valeuridentitaire pournation. Le pat la rimoine incarne aujourd'hui l'héritagecommund'unecollectivité, et pas seulementde lacommunauté nationale. Ce queconfirme l'Unesco quidéfinit le patrimoinecomme l'« héritagedu passé,dont nous profitons aujourd'hui et que nous transmettonsgéné aux rations à venir» (conférencede 1972). Qu'y a-t-ilconcrètementdanscet héritage ? Pourquoi est-ilsi importantd'ysensibiliser les contemporains? Quelsrilsle menacent ? Querecouvre exactement leconceptde patrimoine ? Par bonheurc'est unedesraisonsdece livre –,rien n'estsimple ni évident.
Le petit mondedu patrimoine
On n'imagine pasle petit monde grouillant autourdu patrimoine : passionnés, esthètes,curieux ou
lettrés, associationsen géné – raldedéfensedu patrimoine, mais qui peuvent, parinvite exemple, r leursmembresà ledécouvrir, mieux leconnaître –, journalistesscialisésdanscedomaine – il en existe même un groupement très– ; vivant revues, imprimées ou électroniques (dont l'active et toujours admirablement informéeTribunede l'Art), où tout unchacun peut prendre fait etcause pourpat le rimoine, mobiliser pour tel monument endanger,dénoncerélu i tel rrespectueuxdu patrimoine. On trouvedesSalons,du patrimoineculturel,desmétiersdu patrimoine, on peut assister àd'autresJou « rnéeselle », s aussi européennes maisdédiées par exemple aux métiersd'art… Partout,des entreprisesscialiséesdans larestaurationdu patrimoine, parfois labellisées,comme lesfirmesdu « groupement françaisdesentreprisesderestaurationde monumentshistoriques»… On pourraitremplirde pleines bibliothèquesde livres autourdu patrimoine – aussi biensurdes pansdece patrimoine, quesurnotion même –, qui en examinent, la sous toutes lescoutures, évolutionst et ransformations, etc. De la petite maison, qui exploredans les moindresrecoins les richessesd'un territoire, aux pressesde l'Unesco, on trouve en matière éditoriale à peu prèstoutce qu'on veut.Même une maisondédiée au patrimoine : « 20collections,se vantent, enchœur, Éditions du patrimoine et Centredes monuments nationaux, plusde 30 nouveautés parp an, rèsde 600 référencesdisponibles, plusde 380 000 livresvendusen 2014. » Quidit mieux ? Il y a aussirevues, magazines,sitesInternet, militants,défenseursdu patrimoine –de tel ou tel aspectdu patrimoine, ou du patrimoine en général,du principede patrimoine –,connaisseurs, amis, promoteursdu patrimoine ; toutcela groupé en amicales locales,régionales, généralistes,scialisées, en associations nationales, en groupementsd'associations, en fédérations voire en fédérations européennes… Autantdire que le patrimoine est uneréalité indiscutable. Et qui mobilise une énergie considérable.
Lacausedu patrimoine
En attendant une grande loi « patrimoine », annoncéedepuisquelquesmoissansdoute n'est-elle pasencore parvenue àse frayerunchemindansl'embouteillage parlementaire, à moinsqu'elle nesoit définitivement enlisée –, une abondanteréglementation estregroupée en un «codedu patrimoine », illustration,dansl'ordre juridique,de laréalitédecette matière. Desadministrations, à touslesétagesdu millefeuille,s'occupentdu patrimoine, etd'abord, même si lesecteurs'est largementdécentralisé, les administrations nationales. Elles ontsuconférer à la protectiondu patrimoine unedimension pour ainsidirerégalienne : le patrimoine est leur affaire, ellessaventce qui est bon pour lui…Mais lesecteursesignale également par l'existenced'une vieille tradition associative. Depuis qu'on parlede patrimoine, ilse trouve en effet, en margedes pouvoirs publics,des intellectuels, artistes, esprits indépendants pourse mobiliservue en dedéfendre le patrimoine, concrètement pour tenterde luttercontre le train-train et l'inertie administratifs, laroutine, l'indifférence… Parmicesprisesde position – unedespluscélèbres, unedespremières, fondatrice –, un pamphletsans ménagementde Victor Hugo paru en 1832 etrégulièrementréédité,Guerre aux démolisseurs. Localesnationale ou s,certaines fortes anciennesil en e – stdecentenaires –,scialisées, généralistes, le nombre – plusieursmilliers,semble-t-il – et la vitalitédesassociationsdedéfensedu patrimoine, parfois groupées enréseaux, prouvent l'intérêt pourcesujet. Et lasensibilitédes questionsqui leconcernent : le patrimoine est l'affairede tous, idéesolidement ancrée enchacun. Relayant etcomplétant l'actiondeces associations, tous les outils possibles et imaginables pour alerterl'opinion. La presse écrite,depuislongtemps,se fait l'échodecampagnesdedéfensede tel ou tel aspectdu patrimoine menacé. Depuisexi qu'elle ste – ou à peu prèsla télévi –, sion amplifiecet effet, nonseulement ensensibilisant lestéléspectateursaux menacessurlesmonuments(c'était, par exemple, le thèmedeChefs-d'œuvre en péril, à laradiod'abord, puisà la télévision, lancée audébut desannées1960 parle journaliste Pierrede Lagarde), mais, par-dessustout, en invitant àdécouvrir le patrimoine,sarichesse,sa fragilité, première étape pour lerespecter. Ce principe explique le succès,depuisdes années,de l'émissionDesracines etdes ailes etdesadéclinaison,Passion patrimoine. Il y ades blogs, qui veillent,dénoncent, informent, par exempleceluide Benoîtde Sagazan,