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La gauche et la droite

De
340 pages
Nombre d’experts et de politiciens proclament depuis longtemps la fin de la division gauche-droite. Force est alors d’admettre que cette opposition est dotée d’une formidable résilience. Comment l’expliquer ? D’abord, la politique est toujours une affaire de débats. Qu’il s’agisse de problèmes locaux, nationaux ou internationaux, les faits politiques se prêtent toujours à des interprétations divergentes. Ensuite, avec l’universalisation du modèle démocratique, le thème de l’égalité s’impose plus que jamais comme l’enjeu ultime des conflits sociaux. Or, aucun instrument d’analyse ne rend mieux compte des différences de points de vue à propos de l’égalité que la grille gauche-droite. Voilà pourquoi ce clivage continue d’être pertinent et constitue une incomparable clé d’interprétation de la politique-monde.
Prix en relations internationales de l’Association canadienne de science politique (ACSP) – 2009
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la gauche et la droite U n d é b a t s a n s f r o n t i è r e s
A l a i n N o ë l e t J e a n  P h i l i p p e Th é r i e n
CHAMP LIBRE
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l a gauche et l a droite
Extrait de la publication
Extrait de la publication
Alain Noël Jean-Philippe Thérien
LA GAUCHE ET LA DROITE Un débat sans frontières
Traduit de l’anglais par Véronique Dassas et Colette St-Hilaire
Les Presses de l’Université de Montréal
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Noël, Alain La gauche et la droite : un débat sans frontières (Champ libre) Traduction de : Left and right in global politics. Comprend des réf. bibliogr. isbn978-2-7606-2142-8 1. Droite (Science politique) – Histoire. 2. Gauche (Science politique) – Histoire. 3. Conservatisme – Histoire. 4. Libéralisme – Histoire. 5. Politique mondiale. I. Thérien, Jean-Philippe. II. Titre. III. Collection: Champ libre (Presses de l ’Université de Montréal). ja83.n6414 2010 320.509 c2010-941855-7
isbn(version imprimée)978-2-7606-2142-8 isbn(version numérique) 978-2-7606-2680-5
e Dépôt légal : 3 trimestre 2010 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Cambridge University Press, 2008, pour l’édition originale © Les Presses de l’Université de Montréal, 2010, pour la traduction française
Les Presses de l ’Université de Montréal reconnaissent l ’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d ’édition. Les Presses de l ’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC). Nous remercions le gouvernement du Canada de son soutien financier pour pour nos activités de traduction dans le cadre du Programme national de traduction pour l ’édition du livre.
imprimé au canada en août 2010
Extrait de la publication
avant-propos
Alors que bon nombre de politiciens et d’experts proclament depuis longtemps la mort du clivage gauche-droite, force est d’admettre que celui-ci est doté d’une formidable résilience. Deux facteurs permettent d ’expliquer pourquoi il en est ainsi. D’abord, la politique est toujours une affaire de débats. Qu’il s’agisse de problèmes nationaux ou internationaux, les faits politiques se prêtent toujours à des interprétations divergentes. Ensuite, avec l’universalisation du modèle démo-cratique, le thème de l ’égalité s’impose plus que jamais comme l’enjeu ultime des conflits sociaux. Or, aucun instru-ment d’analyse ne rend mieux compte des écarts de points de vue à propos de l’égalité que la grille gauche-droite. Voilà pourquoi ce clivage offre encore aujourd’hui une clé d’inter-prétation sans égale pour comprendre la politique-monde. Au moment où nous achevions la version anglaise de ce livre, à l’été 2007, George W. Bush était président des États-Unis et les idées néolibérales semblaient partout triomphan-tes, à la faveur d’une croissance économique soutenue, voire spectaculaire, dans plusieurs pays émergents. Seule l’Améri-que du Sud se démarquait par une montée sans précédent de la gauche démocratique sur pratiquement tout le continent.
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n 8a droitegauche et l l a
Les évènements des trois dernières années ont en partie changé la donne, mais la politique mondiale n’en continue pas moins d’être largement définie par une opposition entre la gauche et la droite. La fin de la décennie 2000, rappelons-le, a été marquée par une forte détérioration de la situation économique inter-nationale. Le 15 septembre 2008, la faillite de la banque d’af-faires Lehman Brothers envoyait une onde de choc sur des marchés mondiaux déjà ébranlés par de nombreux signes de la fragilité des institutions financières américaines. Le lende-main, Washington consacrait plus de 180 milliards de dollars à la sauvegarde de l ’assureur AIG, également menacé de faillite. Deux semaines plus tard, après de laborieuses négo-ciations, le Congrès américain entérinait un plan présidentiel de 700 milliards de dollars visant à sauver le système ban-caire du pays. La crise économique mondiale qui commençait devait devenir la plus sévère depuis la Grande dépression. Soudainement, les élites de la planète ont entrevu les limites du marché et de la quête effrénée du profit, et elles se sont de nouveau tournées vers l’État, instance ultime de régulation, de protection et de rééquilibrage. Au départ, elles l’ont fait selon les préceptes de la logique monétariste domi-nante. Il s’agissait de sauver les banques et les institutions financières de la faillite, et de rendre le crédit aussi accessible que possible, quitte à laisser descendre les taux directeurs près de 0 %. Mais l’ajout de liquidités suggéré par les moné-taristes n’allait pas suffire. À la fin de l’année 2008, le Fonds monétaire internatio-nal notait qu’avec des taux directeurs déjà au plancher, les instruments monétaires étaient probablement devenus ino-pérants. Invoquant le risque de « trappes à liquidités », le FMI prôna plutôt une politique active de relance budgétaire axée sur des dépenses d ’infrastructures, une bonification des programmes d’assurance-chômage, et une redistribution en
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avant-propos 9
faveur des ménages à faible revenu. Après avoir été long-temps mises de côté, les idées de John Maynard Keynes reve-naient ainsi à l’avant-scène de la vie politique. Alors qu’à Washington, à Paris, à Berlin, à Pékin et ailleurs, les gouver-nements annonçaient d’ambitieux programmes de dépenses publiques, dans l’arène internationale, la légitimité du G8 était de plus en plus remise en question par le G20, un forum plus inclusif et plus sensible aux intérêts des pays en développement. Encore une fois, le débat se polarisait entre l’approche plus interventionniste et plus égalitaire des pro-gressistes et la politique de laisser-faire défendue par les conservateurs. Toujours en 2008, le monde entier suivit avec fascination une campagne présidentielle américaine qui, pour la pre-mière fois, mettait en scène un candidat afro-américain. Barack Obama l’emporta le 4 novembre, dans une élection marquée par un taux de participation exceptionnel et une forte remontée des démocrates. En plus de prendre le contrôle de la Maison Blanche, ceux-ci consolidaient leur majorité à la Chambre des représentants et au Sénat. Après huit ans de domination républicaine, et en partie à cause de la crise économique qui secouait le pays, les États-Unis faisaient un virage à gauche. Les électeurs japonais votèrent également pour la gauche en août 2009, en élisant le Parti démocrate de Yukio Hato-yama, qui l’emportait sur le Parti libéral démocrate, de centre-droit, en place pratiquement sans interruption depuis 1955. La même année, en Inde, le Parti du Congrès de Manmohan Singh, de centre-gauche, gagna aussi du terrain, reporté au pouvoir avec une majorité renforcée. Au Chili, en revanche, la gauche perdit l’élection de janvier 2010, après avoir dirigé le pays pendant deux décennies. En Europe, c’est également la droite qui reprit le dessus, alors que le centre-gauche domi-nait nettement le paysage politique au tournant du nouveau
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n 1 0gauche et l l a a droite
siècle. En Allemagne, par exemple, lors de l’élection de sep-tembre 2009, le Parti social-démocrate de Frank-Walter Steinmeier n’obtint que 23 % des voix, son pire résultat depuis la création de la république fédérale en 1949. De même en 2010, alors que les difficultés économiques de la Grèce et la fragilité de l’euro apportaient de l’eau au moulin des tenants d’un retour à des politiques d’austérité, le Parti conservateur de David Cameron chassait du pouvoir les travaillistes bri-tanniques, en place depuis plus de dix ans. Bref, le débat gauche-droite se poursuit. Seul un devin pourrait en prédire le déroulement exact, mais chose cer-taine, le langage de la gauche et de la droite continuera encore longtemps de définir la politique-monde. Ayant eu l ’occasion d ’exposer les conclusions de notre travail dans plusieurs pays devant des auditoires variés, nous savons que la thèse de ce livre est polémique et qu’elle en laissera plus d’un sceptique. Nous aurons tout de même gagné notre pari si nous convainquons les lecteurs que le clivage gauche-droite est beaucoup plus qu’un simple reliquat de l’histoire politique.
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