La genèse de l'État moderne

-

Livres
346 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

La liaison entre l'affirmation d'un Etat et celle d'une langue et d'une culture n'est pas seulement une coïncidence chronologique. Un Etat moderne ne se développe et ne se renforce que par l'adhésion que lui apporte la société politique dont il est à la fois l'expression et l'instrument. Il y a entre le développement et renforcement du pouvoir et les mots qui permettent de concevoir, de défendre ou d'attaquer ce développement, un rapport étroit et consubstantiel, à la fois de l'ordre du penser et de celui du faire.

D'où le choix de l'auteur d'analyser cette émergence de l'Etat moderne à partir de l'exemple classique de l'Angleterre entre 1300 et 1600, non par l'étude des institutions ou celle des armées, mais par celle de la culture et de la société politique, à travers les écrits qui expriment les idées de ceux ayant laissé des traces de leurs pensées et de leurs actions.

Ce travail ici publié s'accompagne de la publication sur un site internet (lamop.univ-paris1.fr) d'un Dictionnaire répertoriant les auteurs et les textes importants dans les domaines de l'histoire et du politique en Angleterre entre 1300 et 1600. L'auteur envisage de compléter cet énorme travail de réflexion par un volume consacré à l'analyse des productions linguistiques et de leur contenu sémantique, des stratégies discursives et des choix lexicaux.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782130737469
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0150€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
2003
Jean-Philippe Genet
La genèse de l'État moderne
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130737469 ISBN papier : 9782130518198 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
La liaison entre l’affirmation d’un Etat et celle d’une langue et d’une culture n’est pas seulement une coïncidence chronologique. Un Etat moderne ne se développe et ne se renforce que par l’adhésion que lui apporte la société politique dont il est à la fois l’expression et l’instrument. Il y a entre le développement et renforcement du pouvoir et les mots qui permettent de concevoir, de défendre ou d’attaquer ce développement, un rapport étroit et consubstantiel, à la fois de l’ordre du penser et de celui du faire. D’où le choix de l’auteur d’analyser cette émergence de l’Etat moderne à partir de l’exemple classique de l’Angleterre entre 1300 et 1600, non par l’étude des institutions ou celle des armées, mais par celle de la culture et de la société politique, à travers les écrits qui expriment les idées de ceux ayant laissé des traces de leurs pensées et de leurs actions. Ce travail ici publié s’accompagne de la publication sur un site internet (lamop.univ-paris1.fr) d’un Dictionnaire répertoriant les auteurs et les textes importants dans les domaines de l’histoire et du politique en Angleterre entre 1300 et 1600. L’auteur envisage de compléter cet énorme travail de réflexion par un volume consacré à l’analyse des productions linguistiques et de leur contenu sémantique, des stratégies discursives et des choix lexicaux. L'auteur Jean-Philippe Genet Jean-Philippe Genet est professeur d’histoire médiévale à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Table des matières
Avant-propos Table des abréviations Introduction
Première partie. Genèse de l'état moderne et société politique
I. Le primat de la guerre Permanence de la guerre Implications sociopolitiques de la guerre permanente : la retenue Guerre permanente et prélèvement d’État II. La société politique anglaise L’aristocratie : une structuration impulsée par la couronne Londres et la société urbaine La mobilité sociale Le clergé III. Justice et reproduction sociale Retenue etretainers Stratégies de contrôle et de transmission L’importance de laCommon Law La logique du système IV. Conseil ou opinion ? La mise en place du Parlement Les membres du Parlement Le Parlement, lieu d’un débat d’idées ? Du conseil à l’opinion Deuxième partie. Genèse de l'état moderne et système de communication V. Signes Une société derestricted litteracy Lecture silencieuse, universités et religion La place de l’écrit dans le système de communication Faut-il privilégier l’écrit ? VI. Langues et langages Le latin et les langues vernaculaires, français et anglais Les langues celtiques VII. Media
La production manuscrite La production imprimée VIII. Cultures Les écoles Les universités LesInns of Court Troisième partie. Champs, auteurs, textes IX. Champs Une théorie des champs Le champ dominant du religieux Les champs institutionnalisés Le champ littéraire et le fonctionnement de type marché Les champs transversaux X. Acteurs Les producteurs Les consommateurs XI. Société politique, espace national ? Vers une culture nationale Les instruments d’une maîtrise du temps et de l’espace Bibliographie Index
Avant-propos
e livre est issu d’une thèse, préparée sous la direction de Bernard Guenée et qui a Cété soutenue devant un jury où il était entouré de Christopher Allmand, Françoise Autrand, Pierre Bourdieu, Philippe Contam ine et Claude Gauvard. Qu’ils soient tous assurés de ma reconnaissance. Et ce d’autant plus que ce travail se présentait de façon fort peu académique : au présent texte s’ajoutait, entre autres, un dictionnaire prosopographique en trois volumes, dans lequel se trouvaient rassemblées les données biobibliographiques sur les auteurs actifs en Angleterre dans les domaines de l’histoire et du politique entre 1300 et 1600, soit plus de 4 000 pages d’autant moins maniables que la structure du dictionnaire avait été conçue pour une consultation informatisée, non pour une édition classique. Depuis, ce dictionnaire a effectivement été mis sur Internet grâce aux compétences et au dévouement de Jean-Claude Bergès et de Christine Ducourtieux et il est donc librement consultable[1]. Il sera par ailleurs couplé dans un avenir que j’espère proche à une base textuelle dont la mise en place est en cours. Cet ensemble était complété par deux autres volumes : le premier rassemblait des articles concernant l’histoire anglaise, le second ceux qui étaient consacrés à l’application de l’informatique, des méthodes d’analyse lexicales et des statistiques à l’histoire : ils permettaient de mesurer la dette que j’ai contractée à l’égard de tous ceux avec qui j’ai été conduit à travailler au fil des ans dans ces domaines, François Hucher et Jacques Mondelli, Lucie Fossier, Xavier Debanne, Édouard Valensi, Yvonne Girard, Philippe Cibois, et aujourd’hui Giulio Romero Passerin d’Entrèves, Emmanuel Bonin et Alain Dallo. Quantaux historiens, ils sont trop nombreux pour être tous mentionnés, depuis Édouard Perroy à la Sorbonne et Bruce McFarlane et Pierre Chaplais à Oxford grâce auxquels j’ai commencé à travailler sur l’Angleterre médiévale : tous mes collègues à Paris I, tous ceux qui ont participé aux programmesde l’État Genèse moderne(CNRS) etOrigins of the Modern State(Fondation européenne de la science) à commencer par Wim Blockmans, tous les amis et collègues que j’ai connus à Oxford (particulièrement Peter Lewis, mais aussi mes condisciples, Malcolm Vale, Michael Jones, Michael Prestwich et Caroline Barron et aujourd’hui John Watts et Steve Gunn) et du CNRS (et particulièrement Ezio Ornato et Carla Bozzolo) m’ont été à un moment ou un autre, d’un précieux secours. Les longues discussions que j’ai eues avec Guy Bois, Neithard Bulst, Alain Guerreau et avec mon épouse, Marie-Claude Genet-Delacroix, même s’ils n’en reconnaîtront pas forcément les fruits, m’ont permis de remettre sans cesse en question mes idées. Ce que je dois à Pierre Bourdieu et à Michael Clanchy est évident et facile à identifier. Je remercie enfin Claude Gauvard, amie et complice de longue date, d’avoir accueilli ce livre dans la collection qu’elle dirige aux Presses Universitaires de France. D’une façon générale, ce travail aurait été impossible sans la compétence et l’infinie complaisance des bibliothécaires et des conservateurs de la British Library à Londres et de la Bodleian Library à Oxford ; la Bibliothèque de la Sorbonne m’a également été d’un précieux secours. L’hospitalité de la Maison française d’Oxford et celle de la
Maison de l’Institut de France à Londres ont facilité mes longs séjours en Angleterre. Mais c’est l’aiguillon constant de la curiosité et de l’intérêt des étudiants et la conviction que j’ai que le CNRS exige à juste titre des chercheurs que sont les universitaires l’ouverture vers des méthodes et la construction d’objets scientifiques nouveaux qui se sont conjugués depuis 1966 pour m’entraîner dans cette longue quête dont les résultats commencent seulement à apparaître sous forme synthétique. À tous, donc, merci.
Notes du chapitre [ 1 ]Ce dictionnaire est consultable en ligne sur le site du Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (LAMOP : (http://lamop.univ-paris1.fr), accessible directement ouviaMénestrel : voirinfra,p. VII.
Table des abréviations
esigne *, suivant un nom de personne, renvoie aux bases de données HP et OPUS Laccessibles sur internet, soit par le portail Ménestrel, soit à l’adresselamop@univ-paris1.frune introduction décrit la méthodologie suivie et précise les limites du ; contenu de la base, qui est une base heuristique, non une base documentaire. Les bio-bibliographies des 2 222 « auteurs » (voirinfra,chap. IX pour la définition du terme) sont brèves et peuvent être lues comme des articles de dictionnaire, mais elles sont construites pour une interrogation à distance sur critères multiples. Le dictionnaire est en format texte, mais peut être interrogé à partir de deux bases de données, l’une sur les auteurs (base HP), l’autre sur les œuvres (OPUS), toutes les œuvres étant classées par champs. Ces bases (sous DBASE ou ACCESS) sont transférées sous MySQL e t PHP4 pour la consultation sur Internet. Sont pris en compte tous les « auteurs » actifs entre 1300 et 1600 dans les « champs » de l’histoire et du politique (voirinfra, chap. X pour la définition des champs). Plutôt que par leurs dates de naissance et de mort, souvent inconnues, les auteurs sont regroupés par leur date médiane d’activité (médiane entre l’année de début d’activité, arbitrairement fixée à l’obtention du MA ou 25 ans, et celle de fin d’activité, la mort le cas échéant). Ce n’est pas une base documentaire, les bibliographies ne sont pas systém atiquement mises à jour. La bibliographie sur les auteurs et les œuvres n’en est pas moins maintenue ici au strict minimum.
BIHR BJRL BL BLO
BRUC
BRUOI-III
BRUOIV
De Laudibus
EETS EcHR
Bulletin of the Institute of Historical Research = Historical Research. Bulletin of the John Rylands Library, Manchester. British Library. Bodleian Library, Oxford. A. B. Emden,A Biographical Register of the University of Cambridge to AD 1500, Cambridge, 1968. A. B. Emden,A Biographical Register of the University of Oxford to AD 1500, Oxford, 3 vol., 1957-1959. A. B. Emden,A Biographical Register of the University of Oxford AD 1501 to 1540, Oxford, 1974. Sir John Fortescue,De Laudibus Legum Angliae, éd. par S. B. Chrimes, Cambridge (Cambridge Studies in Legal History), Cambridge, 1942 (trad. seule : S. Lockwood,On the Laws and Governance of England, Cambridge, 1997). Early English Text Society. Economic History Review.
EHR
Foxe
Gilli
Governance
Gransden I
Gransden II HLQ
HUOI
HUOII
IMC JWCI
LP H. VIII
Ms
Mutation
NLW NQ PBA PMLA PP RES RIA
RP
English Historical Review. S. R. Catley (éd.) et G. Townshend, introd.,The Acts and Monuments of John Foxe, 8 vol., Londres, 1837-1841. P. Gilli,Former, enseigner, éduquer dans l’Occident médiéval 1100-1450, Paris, SEDES, 1999, 2 vol. Sir John Fortescue,The Governance of England, éd. par Charles Plummer, Oxford, 1885 (traduction en anglais moderne : S. Lockwood,On the Laws…, op. cit.). A. Gransden,Historical Writing in England c. 1550 to c. 1307, Londres, 1974. A. Gransden,Historical Writing in England c. 1307 to the Early Sixteenth Century, Londres, 1982. Huntingdon Library Quarterly. J. I. Catto,The History of the University of Oxford, I :Late Medieval Oxford, Oxford, 1984. J. I. Catto et R. Evans,The History of the University of Oxford, II : Late Medieval Oxford, Oxford, 1992. Irish Manuscripts Commission. Journal of the Warburg and Courtauld Institutes . Letters and Papers, Foreign and Domestic, of the Reign of Henry VIII, éd. par J. S. Breweret al., Londres, 1862-1932, 21 vol. et Addenda. manuscrit. J.-P. Genet,La mutation de l’éducation et de la culture médiévales. e e Occident chrétien (XII - milieu du XV siècle), 2 vol., Paris, 1999. National Library of Wales. Notes and Queries. Proceedings of the British Academy. Publications of the Modern Language Association of America. Past and Present. Review of English Studies. Royal Irish Academy. Rotuli Parliamentorum, ut et petitiones et placita in parliamento [1278-1503], 6 vol., s.l., s.d.,Index, s.l., 1832. W. A. Jackson, F. S. Ferguson et K. F. Pantzer (eds),A Short-Title