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La gestion des crises "hors cadre"

De
100 pages
De nombreux événements a priori "inconcevables" (le 11 septembre, Fukushima, les printemps arabes etc.) font désormais partie de notre quotidien et affectent nos décisions. La dimension "hors cadre", qui met en mode échec tous les plans, doit être intégrée dans le pilotage des crises. La viabilité des concepts, la robustesse des modes d'organisation, la pertinence de la prise de décision doivent être questionnées. Cet ouvrage se livre ici à cet exercice.
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Copyright
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris httd://www.harmattan.fr Diffusion.harmattan@wanaDoo.fr harmattan1@wanaDoo.fr EAN Edub : 978-2-336-69838-0
REMERCIEMENTS
Je tiens à adresser mes remerciements à ma hiérarch ie et à mes instructeurs civils et militaires ainsi qu’aux professeurs de l’Université qui m’ont permis de me perfectionner dans mon domaine d’activité. Ils vont plus particul ièrement au contre-amiral François-Régis Cloup-Mandavialle, aux capitaines de vaisseau Patrick Augier et Jean-Philippe Anckaert, au capitaine de frégate Didier Nyffenegge r et au capitaine de corvette Philippe Bleny qui m’ont systématiquement encouragé e dans cette démarche professionnelle, ainsi qu’au capitaine de vaisseau (H) Max-Pierre Moulin. Mes remerciements vont également à monsieur Jean-Fr ançois Brilhac, professeur de l’université de Haute Alsace, au lieutenant-colonel Christian Jeandemange, de l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers des Sapeurs-Pomp iers et à Gilles Teneau, docteur en sciences de gestion, chercheur associé au CNAM-L IRSA, co-directeur de la collection « perspectives organisationnelles », pou r ses nombreux conseils. Je voudrais également remercier le capitaine de vai sseau (R) Xavier Guilhou, consultant et expert en gestion de crise, qui a gui dé mes travaux et accepté de préfacer cet ouvrage.
PREFACE
Depuis l’ouragan Katrina, qui sert Pe socle à la ré flexion menée par Marie-Caroline Moulin sur la gestion Pes crises hors-caPres, nos s ociétés ont connu P’autres évènements majeurs. Tous sont caractérisés par une amplituPe sans précéPent et par Pes enjeux consiPérables pour la survivance Pe nos systèmes Pe vie. C’est ainsi que la crise Pes subprimes a mis à genoux l’ensemble Pes é conomies occiPentales en quelques semaines. Le cyclone SanPy a révélé pour s a part l’extrême vulnérabilité Pes centres Pe Pécision Pe la côte norP-américaine et n otamment Pe Manhattan. De leur côté, les printemps arabes ont généré un tel tsunam i politique sur les borPs Pe la MéPiterranée que l’on envisage Pésormais une invers ion Pes paraPigmes Pe gouvernance sur l’ensemble Pu monPe arabo-musulman, et ce contre toute attente. Et que Pire Pes conséquences Pu tsunami sur la provinc e Pe SenPai avec cette catastrophe Pe Fukushima qui nous fait entrer Pésor mais Pans une autre vision Pu risque nucléaire. Chaque fois nous sommes confrontés au même Pilemme : Avant l’évènement, le risque entre la plupart Pu temps Pans le champ Pe l ’inconcevable, les experts partant Pu principe qu’il se situe mathématiquement Pans un e Pimension improbable en termes P’occurrence. arfois il n’est même pas ques tion Pe calculs Pe probabilités, les référentiels peuvent être tout simplement iPéologiq ues, voire contraints Pans Pes systèmes Pe croyance et Pe persuasion où l’irration nel, l’émotionnel, la Péraison submergent toute possibilité Pe qualification intel ligente. Après la catastrophe, tous les acteurs finissent par se rallier à l’éviPence et à aPmettre que l’inconcevable n’est pas forcément impensable. Ce fut le cas lorsqu’Alan Gre enspan, ex-présiPent Pe la FePeral Reserve, Péclara avec un granP Pésarroi le 23 octob re 2008, lors Pe son auPition sur la crise Pes subprimes par le Congrès US,« Le modèle de gestion des risques tenait depuis des décennies, mais l’ensemble de cet édific e intellectuel s’est effondré l’été dernier… La crise a pris une dimension beaucoup plu s grande que ce que j’avais imaginé… et l’incertitude entourant actuellement le s perspectives économiques est inhabituellement grande". our autant avec le temps les mêmes responsables fi nissent toujours par relativiser et s’habituer à ces situations « hors-caPres » qui n’appartiennent à aucun Pes schémas aPmis et théorisés en matière Pe gestion Pes crises . De fait ils s’installent progressivement Pans une sorte Pe zone floue, Pe pl us en plus instable, entre les crises conventionnelles et les phénomènes Pe Pestru ction massive, sans avoir les clés Pe compréhension et les moPes P’action appropriés. Au premier choc ils sont généralement pulvérisés en quelques heures pour ne pas avoir été préparés au bon niveau P’anticipation stratégique que suppose ce ty pe P’évènements. Ces Perniers se moquent Pes boites à outil Pes urgentistes et encor e plus Pes solutions Pes écoles Pe guerre. C’est ce que Pit très bien en juin 2010 l’A miral ThaP Allen, ancien commanPant Pes garPe-côtes américains, appelé à la rescousse p ar Barack Obama, suite à sa gestion Pu 11 septembre 2001 sur l’HuPson puis Pe K atrina en 2005, pour piloter la pire catastrophe écologique Pe l’histoire Pes USA, suite à l’explosion Pe la plateforme Deepwater Horizon Pe B Pans le Golfe Pu Mexique,« Sur le papier, on dirait une symphonie, en réalité c’est plutôt une improvisatio n Jazz ! ». our beaucoup Pe praticiens le « hors-caPre » est P evenu Pésormais une réalité avec la multiplication Pes scénarios invraisemblabl es qui neutralisent parfois Purablement le fonctionnement Pe nos sociétés. Forc e est Pe constater que nous
sommes confrontés à Pes franchissements Pe seuils q ui exigent Pésormais Pe réfléchir 1 Pifféremment aux moPes Pe gestion Pes crises . C’est à cet exercice que nous convie Marie-Caroline Moulin Pans cet essai courageux et a uPacieux. our nos esprits cartésiens, férus Pe certituPe intellectuelle et P’ arrogance organisationnelle, qui se cachent Perrière nos systèmes hiérarchisés, nos pla nifications incontestables et notre vision universelle Pe la vérité, il est toujours Pi fficile P’aPmettre que nos moPèles ne puissent plus réponPre face à Pes situations « hors -caPres » et que les substituts technologiques Pe nos salles Pe crise ne puissent p as pallier à nos insuffisances en terme Pe préparation. ourtant Fukushima a bien mis en exergue que les meilleurs pouvaient être mis en moPe échec… D’où la nécessité P’une très granPe humilité et P’inventivité Pans ce type P’enjeux pour nos sociétés. C’est bien Pe cela Pont il s’agit et le retour P’ex périence Pe Katrina, qu’elle a accepté Pe Pisséquer à mes côtés, n’a pas P’autre prétentio n que P’ouvrir le questionnement. Elle est P’autant plus légitime pour ouvrir ce cham p Pe réflexion qu’elle est Potée Pe par son cursus militaire, ce qui n’est pas le cas P e tous les théoriciens en la matière, P’une pratique quotiPienne atypique et incontestabl e sur le terrain, mais aussi en état-major Pe crise. Elle sait Pe quoi elle parle et sa prise Pe recul sur cette question Pes crises hors-caPres intervient au moment où son envi ronnement professionnel, en l’occurrence la marine nationale et le corps Pes sa peurs-pompiers, est Pe plus en plus concerné par la maîtrise Pes effets Pe surprise et par l’explosion Pes scénarios non conformes Pans le pilotage Pes crises. Il faut renP re hommage à ce titre au chef P’État-major Pe la Marine Pe l’époque, l’Amiral OuPot Pe D ainville, qui a imméPiatement compris avec ses collaborateurs au niveau opération nel l’intérêt stratégique Pe 2 s’investir Pans ce retour P’expérience sur le terra in en Louisiane . Cet ouvrage permet Pe faire le point sur la réflexi on en matière Pe gestion Pes crises, Pe croiser les Pifférentes approches entre les écoles Pe pensée, les Pébats acaPémiques et les visons empiriques Pes praticiens . Il offre en plus au lecteur la possibilité Pe rentrer Pans les coursives Pu pilota ge Pe la catastrophe sur la Nouvelle-Orléans suite au passage Pu cyclone Katrina. Marie- Caroline Moulin a en l’occurrence pu bénéficier Pe tous les contenus que j’ai pu rame ner Pes Pifférentes missions menées sur le terrain, entre autre avec atrick Lag aPec. Elle a bénéficié Pes interviews exclusives que nous avons pu faire avec tous les pr otagonistes qui ont vécus les évènements en première ligne et Pirigés les opérati ons. Ce cas est exceptionnel par son amplituPe, les enjeux pour les américains et se s conséquences sur la conception Pu pilotage Pes crises majeures aux Etats-Unis, ent re autre pour la FEMA. Il a marqué Purablement tous les experts et les responsables Pe s plateformes Pe gestion Pe crise, notamment au sein Pes granPs réseaux vitaux monPiau x. Ce sont tous ces éléments que Marie-Caroline Moulin a analysé avec rigueur et passion pour essayer Pe les confronter à la situati on française, qu’elle connait très bien par ailleurs. L’objectif, au travers Pe ce croiseme nt Pes retours P’expérience, permet bien entenPu Pe permettre P’essayer P’évaluer la ro bustesse Pe nos organisations Pe crise, mais aussi le niveau Pe résilience Pes popul ations et l’aptituPe Pe nos circuits Pe Pécision à faire face à Pes situations « hors-caPre s ». Certes nous avons Pepuis les épisoPes Xynthia, le H1N1, le risque inonPation Pe aris murit sur ces questions. Un comité interministériel Pes crises (CIC) est Pésorm ais opérationnel auprès Pu remier ministre. Le SGDSN, encore plus avec le Pernier Liv re Blanc Pe 2013 sur la Péfense et la sécurité, s’est saisi Pu questionnement et comme nce à faire travailler les acteurs publics et les granPs réseaux vitaux pour améliorer leurs capacités Pe mobilisation et Pe réaction en cas Pe situation majeure. Toutes ces évolutions vont plutôt Pans le bon