La présidence Hollande

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Français
306 pages
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Description

François Hollande ressemble au funambule mal assuré, en recherche d'équilibre permanent. Ses hésitations en font l'adepte du compromis minimum, qui ne satisfait personne. L'optimisme incantatoire n'est pas en phase avec les résultats économiques. Les déficits publics ne sont pas réduits. L'économie est à l'arrêt, le chômage perdure. Ainsi, cet ouvrage qui veut s'adresser à un large public, présente, sous un angle critique, les principaux domaines de l'action publique au cours des deux premières années du quinquennat. Pour aller plus loin : http://www.lapresidencehollandelequilibriste.blog4ever.com

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Date de parution 01 septembre 2014
Nombre de lectures 1
EAN13 9782336355849
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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La présidence Hollande
Michel Redon
La présidence Hollande L’équilibriste
La présidence Hollande
La présidence Hollande
Michel Redon La présidence Hollande
L’équilibriste
Du même auteur, en collaboration avec Denis Besnard La monnaie : politique et institutions, éd. Dunod Économie module, Paris, 1985, 1987. La Banque de France, éd. Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », Paris, 1996, 1989. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04191-9 EAN : 9782343041919
« Le quinquennat s’ouvrira donc sur des réformes de structure, celles qui constitueront un redressement dans la justice, le redressement économique, la réforme fiscale, le pacte éducatif, la décentralisation » « Et moi, moi qui suis devant vous candidat à l’élection présidentielle, si je reçois le mandat du pays d’être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est-ce qu’au terme du mandat qui me sera, si les Français le veulent, confié, est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! Changer leur vie serait pour moi la plus grande des fiertés. Ce n’est pas un engagement à la légère que je prends. C’est pour mobiliser toute la Nation par rapport à cet enjeu » « Chers amis, j’ai parlé du Rêve français. Oui, le beau rêve, le rêve que tout au long des siècles, depuis la Révolution française, les citoyens ont caressé, ont porté. Ce rêve de vivre mieux, ce rêve de laisser un monde meilleur, ce rêve du progrès, ce rêve de pouvoir franchir à chaque fois les étapes de l’humanité, ce rêve ne nous appartient pas qu’en propre, mais il se trouve que c’est nous, la France, qui avons inventé la République. C’est nous qui avons porté cet idéal qu’une société, si elle s’organisait, si elle se donnait les moyens, si elle faisait de l’égalité, de la liberté et de la fraternité son mode de vie, pouvait être l’émancipation pour chacun » « Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Eh bien nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! Le rêve français, c’est la confiance dans la démocratie, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent, plus forte que les croyances, plus forte que les religions ! Le rêve français, c’est l’achèvement de la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité humaine, de l’intérêt général » François Hollande. Discours du Bourget. 22 janvier 2012
« La France souffre de cette incapacité à faire des réformes structurelles. Je crois qu’il existe des marges de manœuvre pour réduire la taille de l’État, réduire les impôts, encourager l’entrepreneuriat. Le pays a un problème de confiance. Il se sent tellement « numéro deux » par rapport à l’Allemagne. Au nom de l’Europe, il serait salvateur que la France aille mieux, notamment pour contrebalancer le poids de l’Allemagne et lui permettre de partager les responsabilités européennes ». Kenneth Rogoff. Économiste américain. Le Monde 30 mai 2014
Introduction
Le 6 mai 2012, François Hollande est élu président de la République française. Sur sept élections présidentielles depuis 1962 sous la Vème République, c’est le 2ème président de gauche, après François Mitterrand en 1981. L’alternance était attendue, mais elle n’est pas flamboyante. La surprise vient de l’étroitesse de la victoire. François Hollande obtient 51,6 % des suffrages exprimés contre 48,4 % à son adversaire. L’écart de voix avec le perdant est serré. La victoire est étroite, dans la mesure où le candidat socialiste était largement favori en début de campagne et où une forte défiance s’était manifestée à l’égard de Nicolas Sarkozy. La confiance en la candidature de François Hollande a subi une érosion lente mais régulière durant les mois précédant l’élection. La campagne de Nicolas Sarkozy, volontaire et axée sur un discours sécuritaire, a été en résonance avec le sentiment de beaucoup d’électeurs. Pour la droite, l’honneur est sauf et le potentiel de résistance est important. Dans les chiffres, la victoire de François Hollande est comparable à celle de 1981. Le nouveau président obtient quasiment le même score que François Mitterrand le 10 mai 1981, à la différence que la participation en 1981 avait été plus forte qu’en 2012 (86% au lieu de 81%). Cependant, François Hollande est le plus mal élu des présidents de la République. Il ne rassemble que 39 % des électeurs inscrits. Son élection ne repose pas sur un vote d’adhésion. Elle est liée à ce qui a été appelé un référendum anti-Sarkozy, attitude de rejet du style et du comportement du président sortant. Elle est due aussi à la déception des milieux modestes et des classes moyennes vivant en périphérie des villes et en zone rurale, qui ont subi une dégradation de leur niveau de vie dans un contexte de crise économique et qui ont sanctionné Nicolas Sarkozy, perçu comme le président des riches. François Hollande a profité de la mise hors course de son adversaire le plus redoutable, Dominique Strauss-Kahn, puis, pendant la campagne électorale, de l’image négative de Nicolas Sarkozy pour s’en démarquer. Il a adopté l’attitude du « président normal », a voulu créer un climat d’apaisement et a stigmatisé les cadeaux aux classes aisées. Mais sur le fond, il n’a pas exposé de plan de redressement de l’économie, calendrier à l’appui. Il a seulement présenté en janvier 2012 une liste de soixante engagements assortie de quelques objectifs chiffrés. L’ensemble des promesses est sous-tendu par un engagement structurant : le retour à l’équilibre budgétaire en 2017. Cette contrainte lourde limite les marges de manœuvre de son action pendant tout le quinquennat. Le défi à relever est de concilier la nécessaire rigueur financière pour redresser les comptes publics avec la relance de l’économie, la résorption du chômage et le maintien d’un
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niveau satisfaisant de protection sociale. L’autre défi est d’engager des réformes de structure pour faire évoluer le modèle économique et social français, fondé sur un État-providence hérité de l’après-guerre, sur un mode de fonctionnement énergétique trop dépensier et sur une production d’énergie insuffisamment diversifiée. François Hollande a opté pour une stratégie économique sociale-libérale. Elle est libérale parce qu’elle reconnaît le rôle de l’entreprise privée comme facteur de dynamisme. Elle est sociale parce qu’elle encourage la signature d’accords entre les partenaires sociaux sur le droit du travail. Ces orientations ont été appliquées par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault (annexe 2) sans résultats significatifs sur la croissance et sur l’emploi. Le manque d’expérience de cette première équipe a justifié son remplacement en avril 2014, à la suite de la défaite de la gauche aux élections municipales. Le nouveau gouvernement, animé par Manuel Valls (annexe 2), a renforcé la politique de soutien aux entreprises et paraît décidé à mener une politique plus orientée vers la croissance. Cet ouvrage dresse un bilan critique des actions menées dans les différents domaines de l’action publique, pendant les deux premières années du quinquennat, en les mettant en perspective et en évaluant leur portée.
1. Le rêve évanoui
Le 6 mai 2012 commence une période dominée par la préparation des élections législatives des 10 et 17 juin. C’est une tradition bien établie que les élections législatives suivent l’élection présidentielle. Ou bien les Français confirment leur premier choix pour donner au président une majorité de députés, qui lui permet d’appliquer son programme. Ou bien, ils estiment que l’opposition doit être assez forte pour contrebalancer le pouvoir du président et ils votent majoritairement pour l’opposition, générant une situation de cohabitation. L’objectif de François Hollande est d’obtenir une majorité cohérente et solide, si possible avec les seuls députés socialistes. Pour l’occasion, le parti socialiste enterre ses divisions et fait bloc autour de François Hollande pour assurer la victoire. Martine Aubry, première secrétaire du parti, apporte son soutien : « François Hollande fait un excellent commencement ». Laurent Fabius parle d’un parcours « sans faute ». Cette apparente unanimité se justifie, car la victoire est probable mais sans raz de marée.
11. Le champion du compromis
François Hollande n’a pas d’expérience gouvernementale. Il n’a qu’une connaissance approfondie des rouages du parti socialiste et de ses jeux de pouvoir. Sisyphe en action François Hollande se réfère souvent à Sisyphe pour caractériser son parcours politique. Dans la mythologie grecque, Sisyphe est un personnage condamné par les dieux à faire remonter éternellement jusqu’en haut d’une colline un rocher, qui roule vers le bas dès qu’il atteint le sommet. Le châtiment imposé à Sisyphe est souvent interprété comme celui d’un travail interminable et même inutile. Le président veut sans doute signifier que son action doit s’apprécier dans la durée et se fonde sur la persévérance, la ténacité, la force tranquille, même si les conditions ne sont pas favorables. L’un des traits marquants de sa personnalité est sa faculté à résister et à pratiquer le compromis. Cette faculté est sa vertu cardinale et le levier de son ambition. Son caractère s’est forgé dans l’adversité. Il le doit en partie à ses ancêtres protestants arrivés en France au XVIe siècle. Ils fuyaient les Provinces-Unies, qui vont devenir plus tard les Pays-Bas, et qui étaient à l’époque en rébellion contre la domination espagnole. Ils se regroupent en
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