La transition en République Démocratique du Congo :
198 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

La transition en République Démocratique du Congo :

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
198 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Deux causes objectives peuvent expliquer pourquoi le calendrier des élections avant la date du 30 juin 2005 n'a pas été tenu: le contexte de la transition et les acteurs de la transition. Cet ouvrage en dresse le bilan : bilan de la formation d'une armée nationale, bilan économique, des Droits de l'homme et de la justice, de la réconciliation nationale, du soutien de la communauté internationale. Il s'interroge ensuite sur les enjeux et perspectives, au-delà de la transition: quel Etat et quelle gouvernance ? quel défi économique, social, culturel ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2005
Nombre de lectures 271
EAN13 9782336274546
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen
Déjà parus
Paul SONI-BENGA, Les non-dits des violences politiques du Congo-Brazzaville, 2005.
domi Jean Marie Doré, Résistance contre l’occupation en Région Forestière. Guinée 1820-1930, 2005.
Mamadou Dian Cherif DIALLO, Répression et enfermement en Guinée. Le pénitencier de Fotoba et la prison de Conakry de 1900 à 1958, 2005.
N’do CISSÉ, Les rites initiatiques chez les Sénoufo, 2005.
François DURPAIRE, Les Etats-Unis ont-il décolonisé l’Afrique noire francophone ? , 2005.
Eugénie MOUAYINI OPOU, Le Royaume Téké, 2005.
Dominique QUENUM, Ouidah au coeur de son destin, 2005
Pierre ERNY, L’éducation au Rwanda au temps des rois, 2005.
Placide MOUDOUDOU, Jean-Paul MARKUS, Droit des institutions administratives congolaises, 2005.
Gabriel HAMANI, Les Notables Bamiléké de l’Ouest-Cameroun : rôle et organisation dans les institutions traditionnelles, 2005.
Axel Eric AUGÉ, Le recrutement des élites politiques en Afrique subsaharienne, 2005.
Albert KALONJI, Congo 1960 — La sécession du Sud-Kasaï, 2005.
J.-M.K. MUTAMBA MAKOMBO, Patrice Lumumba correspondant de presse (1948-1956), 2005.
J.-R. MAZANZA KINDULU, J.-C. NLANDU-TSASA, Les nouveaux cadres congolais, 2005.
Liliane PREVOST, Isabelle de COURTILLES, Guide des croyances et symboles, 2005.
Georges TOUALY, Réflexion sur la crise ivoirienne, 2005. Thierry de SAMIE, Essais d’Afrique en Sciences du Langage, 2004.
Philippe AMPION, Négociant, des oléagineux africains, 2004. Lancine Gon COULIBALY, Côte-d’Ivoire 1975-1993, 2004.
André-Hubert ONANA MFEGE, Le Cameroun et ses frontières. Une dynamique géopolitique complexe ; 2004.
La transition en République Démocratique du Congo :
bilan, enjeux et perspectives

Mwayila Tshiyembe
© L’Harmattan, 2005
9782747588355
EAN: 9782747588355
Sommaire
Etudes Africaines - Collection dirigée par Denis Pryen Page de titre Page de Copyright BILAN DE LA TRANSITION EN RDC DISCOURS D’OUVERTURE - Par M. l’Abbé Constantin Panu MBENDELE, porte-parole de la FCE et Président du colloque Première partie - Bilan de la transition
BILAN DE LA FORMATION D’UNE ARMÉE NATIONALE, RESTRUCTURÉE ET INTÉGRÉE BILAN DE LA RÉUNIFICATION, DE LA PACIFICATION ET DU RÉTABLISSEMENT DE L’AUTORITÉ DE L’ÉTAT EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO BILAN ÉCONOMIQUE DE LA TRANSITION BILAN DE LA JUSTICE ET DES DROITS DE L’HOMME BILAN DE LA RÉCONCILIATION NATIONALE BILAN LÉGISLATIF DE LA TRANSITION BILAN DU SOUTIEN DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À LA R.D.C. PENDANT LA PÉRIODE DE TRANSITION
Deuxième partie - Enjeux et perspectives
AU-DELÀ DE LA TRANSITION : QUEL ÉTAT ET QUELLE GOUVERNANCE ? AU-DELÀ DE LA TRANSITION : QUEL DÉFI ÉCONOMIQUE À L’ÈRE DE LA MONDIALISATION ? AU-DELÀ DE LA TRANSITION : QUEL DÉFI SOCIAL ? AU-DELÀ DE LA TRANSITION : QUEL DÉFI CULTUREL POUR LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO ?
Troisième partie - Rapport général et discours de clôture
RAPPORT GÉNÉRAL DU COLLOQUE DE KINSHASA ALLOCUTION DE CLÔTURE DU COLLOQUE PRONONCÉE PAR LE PREMIER RAPPORTEUR ADJOINT DU SÉNAT Me A.C. TSHIBUABUA ASHILA
BILAN DE LA TRANSITION EN RDC
Introduction

Au seuil de la publication des actes du colloque de Kinshasa (du 27 au 30 décembre 2004), organisé par la FCE (Fédération des Congolais de l’Etranger), sur le thème : « De la transition aux élections en République Démocratique du Congo : bilan, enjeux et perspectives », le processus de transition est au milieu du gué. Et ce, pour trois raisons au moins :

• le calendrier
Le calendrier des élections libres, démocratiques et transparentes devant clore le chapitre écrit à Pretoria (décembre 2002) n’a pas été respecté, deux ans après le démarrage effectif de la transition. Il s’agit, n’ayons pas peur des mots, d’une forfaiture ou d’un manquement grave des autorités de la transition, à leur tâche primordiale. Non seulement les lois essentielles manquent à l’appel (le projet de Constitution, la loi électorale, la loi référendaire, le statut de l’opposition, la loi d’amnistie) ; et qui plus est, la CEI (Commission électorale indépendante) est obligée de ramer à contre-courant, faute des moyens financiers et logistiques à la hauteur de l’enjeu.

Handicapée et accablée de toute part, la Commission électorale indépendante a jeté l’éponge en avril 2005, en adressant une requête aux deux chambres du Parlement, par laquelle elle demande la prolongation de la transition, pour une période de deux fois six mois, c’est-à-dire un an supplémentaire. Dans l’état actuel du rapport des forces en présence, les observateurs de la politique congolaise pensent que le Parlement de transition, quoiqu’il advienne, décidera la prolongation de la transition, en invoquant l’article 196, alinéa 2, de la Constitution de transition. Toutefois, cette attitude ne serait pas dictée par la volonté de sauver le pays. Bien au contraire, la motivation principale des députés et sénateurs pris individuellement serait de garantir leur survie matérielle, selon la presse congolaise.

Bien entendu, on peut objecter que cette prolongation est prévue par la Constitution. Cependant, il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’esprit et la lettre de l’article 196 seront violés. Il suffit, pour s’en convaincre, de souligner que les causes invoquées pour justifier la prolongation — à savoir absence des lois importantes, absence des moyens logistiques et financiers, absence de réunification des forces armées — sont des problèmes politiques et non des problèmes matériels « spécifiquement liés à l’organisation des élections », tels que les difficultés de transport des urnes, d’accès aux villes et localités éloignées, de recensement des électeurs ; les problèmes des cartes d’identité, d’indélébilité de l’encre, etc., que l’on peut chiffrer et dater.

Autrement dit, ces problèmes matériels, même s’ils existent, ne peuvent être pris en compte que si, au préalable, le processus électoral avait commencé, c’est-à-dire si son effectivité était attestée par les actes. Or, à deux mois de la date buttoir du 30 juin 2005, rien n’a été entrepris comme l’atteste la déclaration du Président de la Commission électorale indépendante, fixant le début des opérations du recensement à partir du 30 juin 2005.

Dans ces conditions, la preuve sera faite, une fois encore, que la classe politique congolaise n’a jamais eu l’esprit des lois. Et pour cause. La fin de la transition est comparable à une finale de football prévoyant, en cas de match nul, une prolongation de deux fois 15 minutes ou les tirs au but, pour départager les deux équipes. Selon cette règle de jeu, la prolongation n’est envisageable qu’à deux conditions : - que le match opposant les deux équipes ait été joué et qu’il ait été soldé par un score de parité. En revanche, si le match n’a pas eu lieu, nul ne peut jouer la prolongation ou les tirs au but.

Par ailleurs, si l’on tient compte des déclarations du Président de la CEI, notamment l’interview accordée à la radio OKAPI, (avril 2005), rien ne permet de dire que les préparatifs électoraux seront achevés dans six mois, à partir du 30 juin 2005.

De même, après avoir obtenu la prolongation de la transition aux forceps, la Commission électorale indépendante aurait-elle toutes les cartes en main, pour atteindre la mission qui lui a été assignée : «garantir la neutralité et l’impartialité dans l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes » (art.154, Constitution de transition) ? Nul ne le sait !
Puisque le doute est permis pour les partisans et les opposants à la prolongation de la transition, ne serait-il pas opportun de solliciter l’interprétation de la Cour suprême de justice, au sens de l’article 150 de la Constitution de Transition ?

• le contexte et les acteurs de la transition
L’analyse du bilan de la transition ne peut être réaliste, que si elle intègre deux paramètres essentiels que les juristes considèrent comme « circonstances atténuantes » : le contexte et les acteurs politiques de la transition. Autrement dit, si l’on tient compte du contexte et des acteurs, la réussite de la transition relevait du miracle.

En effet, la cause primordiale du chaos congolais est l’absence de l’Etat qui remonte à la décolonisation bâclée. Certes, la chape de plomb du despotisme obscur exercé par le régime Mobutu, avait fait oublier les sécessions du Katanga et du Sud Kasaï (1960), les rébellions lumumbistes (1964), la peur et la violence politique en tant que méthode de gouvernement. Cependant, les guerres de l’Est de 1996 et 1998 ont révélé au monde ce que les observateurs savaient depuis belle lurette déjà : la République Démocratique du Congo est un champ de ruines où il n’existe ni gouvernement, ni armée, ni administration, ni économie.

Pis encore, les métastases de ce chaos permanent ont fait éclater la bulle spéculative de « l’entreprise de libération » concoctée par Laurent Désiré Kabila et alliés. Au point que la vulnérabilité humaine a été ajoutée à la vulnérabilité structurelle, car la charge de la transition est confiée aux hommes et aux femmes dont la qualité est, de notoriété publique, réputée médiocre, au point de vue probité intellectuelle et morale. A titre d’illustration, peu des ministres, députés et sénateurs savaient distinguer le projet de loi et la proposition de loi, plusieurs mois après l’exercice de leurs fonctions. De même, la majorité des hauts dirigeants, les ministres y compris, se demande encore à quoi sert un Conseil des ministres ou à quoi sert un budget national.

• absence de volonté politique
Si le contexte et les acteurs peuvent être considérés comme une circonstance atténuante, en revanche, l’absence de volonté politique, c’est-à-dire la capacité de nuire des dirigeants congolais, constitue une circonstance aggravante de l’incompétence. En d’autres termes, l’impasse actuelle de transition est due, selon les observateurs, à l’irresponsabilité c’est-à-dire au refus manifeste des dirigeants congolais d’aller aux élections, dans le délai constitutionnel de deux ans.

Eu égard au pessimisme des uns et à l’optimisme des autres, ce colloque a permis de faire le point sur ce qui a été fait, sur ce qui reste à faire et sur les perspectives d’avenir. Fort de ce constat, le « bilan de la transition » mérite la note : « peut mieux faire », à la lumière de la grille de lecture dont les détails sont fournis par les communications des auteurs et le rapport de synthèse établi à cet effet.

C’est ici qu’il sied de remercier tous ceux qui, de loin ou de près, ont aidé la Fédération des Congolais de l’Etranger à concrétiser ce projet. Nous pensons d’abord, aux honorables Olivier Kamitatu Etsou, président de l’Assemblée nationale et Mgr Marini, président du Sénat, pour avoir décidé de valoriser l’expertise des Congolais de l’étranger et offert le Palais du peuple, afin d’accueillir ce colloque. Ensuite, à l’Organisation internationale de la francophonie notamment à son secrétaire général, le président Abdou Diouf, dont l’aide financière a facilité l’organisation de ce colloque et la publication de ces actes. Enfin, aux ministres, honorables sénateurs et députés, présidents des institutions d’appui à la démocratie et des ONG, professeurs et étudiants de l’université de Kinshasa, organes de presse (Le Potentiel, Le Phare), radio (Okapi, RNTC) et télévision (Tropicana, RNTC, CEBS TV) qui, par leur participation active, ont donné du tonus à ce forum et informé l’opinion sur ses conclusions.

Quant aux membres de la FCE et son bureau de représentation en République Démocratique du Congo, qui se sont dépensés sans compter pour la réussite de ce colloque, il n’est point besoin de citer leurs noms ici, car ils sont nombreux à se reconnaître dans cette œuvre. Et ce, d’autant plus que les actes de ce colloque couronnent le travail de fond qui a commencé, voici quatre ans, depuis la création de l’association à Paris, en 2001 (siège social : Maison des associations du 18 ème , 15 passage Ramey, 75018 Paris/France ; mail: casaka22@yahoo.fr  ; téléphone 0033 6 67 68 08 24).

Depuis cette date, en effet, un « cycle des grands débats sur La République Démocratique du Congo » a été initié, en vue de susciter un débat lucide et dépassionné entre les Congolais et les amis du Congo, sur les chantiers de la transition tels qu’ils sont mis en perspectives par l’accord global et inclusif signé à Pretoria, en décembre 2002. C’est dans cet esprit que s’inscrivait, en octobre 2003, le premier colloque de Paris, portant sur « l’armée républicaine et la relance économique », auquel ont pris part de nombreux experts congolais venus d’Europe, d’Afrique et de la République Démocratique du Congo.

Le colloque de Paris a été suivi en 2004 du séminaire de Kinshasa (du 23 au 27 août 2004), sur le thème « questions de nationalité et de la future Constitution en République Démocratique du Congo ». Bien qu’initié par le Parlement congolais avec le concours financier du PNUD, la conception de ce séminaire a été confiée à la Fédération des Congolais de l’Etranger, chargée de sélectionner les experts congolais de l’intérieur et de l’extérieur. C’est au président de l’Assemblée nationale, honorable Olivier Kamitatu Etsou, que l’on doit cette décision courageuse et lucide, qui a ouvert les portes d’un nouveau « partenariat incitatif », afin de matérialiser le projet de la « réhabilitation de l’expertise congolaise ». Il s’agit d’une première dans les annales politiques congolaises.

Le 26 mars 2005, un Séminaire organisé à Paris sur le thème : « Quels scénarios de sortie de crise en République Démocratique du Congo si les élections n’étaient pas organisées avant la date du 30 juin 2005 », a réuni trente experts congolais de toutes disciplines confondues. Le rapport de ce Séminaire a été rendu public.
Fait à Paris, le 31 avril 2005
DISCOURS D’OUVERTURE
Par M. l’Abbé Constantin Panu MBENDELE, porte-parole de la FCE et Président du colloque

Excellences,

Monsieur le Président de la République,
Messieurs les Vice-présidents de la République,
Monsieur le Président de l’Assemblée,
Monsieur le Président du Sénat,
Messieurs les Ministres,
Honorables députés et sénateurs, Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Soyez les bienvenus à ce colloque d’évaluation de la transition en République Démocratique du Congo.

C’est le deuxième colloque que la jeune Fédération des Congolais de l’Etranger (en abrégé : FCE) organise sur le sol des ancêtres.

Il n’a pas été possible de trouver une date qui convienne à tout le monde. Pour les familles, c’est une très mauvaise date et pour les ecclésiastiques comme moi, la pire de toutes. Nous avons dû nous convenir sur celle-ci parce que nous avons privilégié la contribution scientifique du personnel enseignant de l’extérieur comme de l’intérieur. Nous nous excusons auprès de vos familles pour ce désagrément.

Votre présence, malgré les désagréments évoqués, témoigne de votre grand amour pour le Congo qui agonise et auquel vous voulez apporter votre aide afin qu’il vive et qu’il vive bien. La FCE et notre cher pays vous en sont profondément reconnaissants.

Mais quelle est cette Fédération des Congolais de l’Étranger et pourquoi organise-t-elle son colloque ici à Kinshasa et non pas à l’étranger où ses membres vivent ?

La Fédération des Congolais de l’Etranger est — comme son nom l’indique – une fédération des associations congolaises ainsi que des personnes physiques vivant à l’extérieur du Congo sur tous les continents. Elle a son siège à Paris et elle est enregistrée au Journal officiel français (11 mai 2002) et se trouve ainsi protégée par la loi française.

Elle n’existe officiellement que depuis juin 2002. Mais elle a une longue histoire. Elle est l’aboutissement de plus de 15 ans de tentatives infructueuses.

Elle ambitionne de réunir tous les Congolais vivant à l’étranger – ils sont très nombreux, mais mal organisés – désireux de défendre leurs intérêts dans leurs nouveaux pays d’accueil ainsi que les intérêts du Congo et désireux également de contribuer à la promotion du développement intégral des Congolais et du Congo.

Les tentatives précédentes de rassembler tous les Congolais sous une même fédération n’avaient jamais pu aboutir parce que les intérêts privés primaient sur les intérêts communs. Mais maintenant les Congolais de l’étranger ont acquis une nouvelle conscience. Les exemples des autres pays africains comme le Mali, le Gabon et le Sénégal – sans oublier ceux des anciennes diasporas comme celle d’Israël, du Liban ou de la Chine, etc. – les ont incités à devoir enfin faire au moins autant que les autres sinon plus qu’eux.

« A quelque chose malheur est bon », dit un proverbe. Les soubresauts que vit le Congo ces dernières années ne sont pas non plus étrangers à cette nouvelle prise de conscience nationaliste. Notamment les humiliations sans nombre infligées au géant d’Afrique par des nains, la mise à genoux forcée de l’éléphant d’Afrique par on ne sait quel minuscule être, l’impuissance du Congo à se faire entendre, même là où il a pleinement raison. Que l’on se souvienne du procès perdu contre l’Ouganda à la Cour internationale de La Haye ! Alors que les massacres, viols, pillages des ressources naturelles du Congo par les armées étrangères n’étaient un secret pour personne, le Congo ne pouvait cependant fournir des preuves matérielles pour étayer ses allégations ! L’Ouganda fut blanchi ! Soyons content qu’on n’ait pas demandé au Congo de payer à l’Ouganda les dommages et intérêts ! Et un jour, pourquoi pas payer aussi ces dommages et intérêts au Rwanda et au Burundi pour calomnies et fausses accusations !

En 1997, le Chef d’État major du Rwanda d’alors proclamait haut et fort dans une interview accordée au Washington Post qu’il n’y aurait jamais de gouvernement à Kinshasa sans son accord préalable ! Les bruits de botte dans l’est du pays au moment où le pays devrait déjà avoir commencé à préparer sérieusement la tenue des élections voudraient-ils nous le rappeler à l’esprit ? Sans doute. Quoi qu’il en soit, tous ces faits écœurants ont ravivé plus que jamais le sentiment patriotique chez les Congolais de l’étranger et ont permis à plusieurs d’entre eux de surmonter leurs querelles personnelles pour s’unir et tenter de défendre les intérêts supérieurs du Congo.

C’est ainsi que la FCE a pu enfin voir le jour et elle se développe à grande vitesse. Elle est maintenant représentée en Afrique du Sud, en Afrique de l’Est, (Kenya-Tanzanie-Ouganda), au Ghana, en France, au Benelux, en Suisse, en Italie, au Royaume-Uni, en Allemagne, aux USA et au Canada.

Excellences,

Monsieur le président de la République,
Messieurs les vice-Présidents de la République,
Monsieur le président de l’Assemblée,
Monsieur le président du Sénat,
Messieurs les ministres,
Honorables députés et sénateurs, Mesdames et messieurs, Distingués invités,
La Fédération des Congolais de l’Etranger aurait pu organiser son colloque quelque part en Europe ou aux États-Unis d’Amérique. C’eût été moins coûteux et plus de Congolais de l’étranger auraient pu y participer. Mais nous avons préféré nous réunir ici au Parlement à Kinshasa. C’est que nous avons un message à transmettre.

D’abord, nous sommes venus dire à notre cher pays : vos enfants qui vivent à l’extérieur partagent votre souffrance et veulent tout entreprendre pour vous aider à y mettre fin et de manière définitive.

Nous avons également un message à l’endroit des dirigeants de notre pays.

Tous les pays du monde s’organisent de manière à profiter des services de leurs ressortissants qui habitent à l’extérieur. Ces ressortissants de l’extérieur sont des ambassadeurs là où ils sont. Ceci constitue une vieille et louable tradition en Afrique. Voilà ce que l’histoire africaine nous enseigne à ce propos.

Les anciens rois africains avaient recours à une double stratégie pour se faire connaître à l’extérieur de leurs territoires. D’une part, ils excellaient dans l’accueil des étrangers. Ceux-ci devaient se sentir aussi à l’aise que possible. Ainsi une fois rentrés chez eux, ils parleraient en bien de ce pays très accueillant et de son roi magnifique. La deuxième stratégie consistait à envoyer ses propres ressortissants vivre ailleurs pour qu’ils racontent eux-mêmes, de vive voix, tout ce qui se faisait chez eux.

Qu’il y ait aujourd’hui des Congolais partout dans le monde constitue une chance et une grande richesse pour le Congo. Encore faut-il que le Congo utilise cette chance à bon escient !

L’État congolais a maintenant un partenaire valable, compétent et organisé. Jusqu’à quand allez-vous continuer à vous méfier de ce partenaire qui, malgré tout, continue à présenter bénévolement ses services, au moins au niveau de l’expertise ?

Qu’il me soit permis ici de saluer la sagesse de l’honorable Olivier Kamitatu, président du Parlement, qui spontanément fit l’honneur à la FCE en l’invitant à venir aider les honorables parlementaires et sénateurs dans leur tâche délicate d’élaboration de la loi électorale, de la loi sur la nationalité et du projet de Constitution. Notre tâche se limitait à éclairer les législateurs sur les différents aspects du problème et à favoriser la discussion. La tâche fut accomplie magnifiquement à la grande satisfaction et du Congo et de la FCE et de tous les partenaires, dont le PNUD qui avait contribué au financement de ce séminaire.

C’est cette collaboration que nous sollicitons auprès des autorités congolaises. Il est regrettable que certains voient en nous des concurrents éventuels et par conséquent évitent toute collaboration possible. C’est en définitive le Congo qui perd. Non, chers compatriotes, la FCE ne vous fera pas concurrence. Au contraire, elle veut soutenir les efforts que vous entreprenez.

Notre collaboration est aussi financière et économique. Aucune de nos représentations diplomatiques ne sait combien de Congolais habitent dans le pays de sa représentation. C’est regrettable. La FCE veut combler un jour cette lacune, surtout en répertoriant les compétences congolaises.

Il paraît, d’après certaines estimations, que le nombre global des Congolais de l’étranger se situe entre trois et quatre millions de sujets, dont plusieurs dizaines de milliers de diplômés de haut niveau. D’après des sources bien informées, les statistiques de Western Union indiqueraient un transfert de 4.800.000.000 de dollars américains de l’étranger vers le Congo pour la seule année civile 2003. Western Union fait d’excellentes affaires ! Ce n’est pas sans raison qu’elle multiplie ces agences un peu partout à l’intérieur du pays. Et le gouvernement dans ce circuit? Tant d’argent injecté dans le circuit économique congolais et qui provient des Congolais de l’étranger ! Ce montant qui semble déjà faramineux ne constitue pas la totalité de l’argent transféré par les Congolais. Car les Congolais de l’étranger utilisent bien d’autres circuits pour faire parvenir de l’argent au Congo. Des circuits qui ne sont pas comptabilisables.

Quelle ONG ou quel pays ami fait autant et de manière aussi régulière, sans conditions et sans endettement du pays ? Aucun. Et pourtant ces pays amis et ces ONG sont mieux considérés que les contribuables congolais de l’étranger ! C’est injuste. Nous exigeons égalité de traitement.

Nous, Congolais de l’étranger, nous sommes pourvoyeurs de devises pour le Congo, pendant que beaucoup d’autres s’évertuent, eux, à faire fuir des capitaux ! Qui mérite en définitive la médaille d’honneur de patriotisme ? Mais notre contribution est informelle, elle n’est pas canalisée. C’est pourquoi l’État n’en profite qu’indirectement.

En outre, bien des Congolais aimeraient entreprendre des affaires ici. Mais les tracasseries administratives sont telles que plusieurs se découragent. La FCE entend faire changer les choses à tous ces niveaux. Mais en attendant, elle exige au nom de tous les Congolais de l’étranger meilleure considération de la part de l’État et des compatriotes en général.

Plus de 50% des transports publics urbains sont l’œuvre des Congolais de l’étranger. Que d’enfants n’auraient pas été scolarisés, que de jeunes auraient abandonné leurs études, que de personnes seraient déjà mortes, que de morts auraient manqué d’une sépulture digne, etc., si le soutien des Congolais de l’étranger avait fait défaut ! Nous sommes d’authentiques partenaires financiers et économiques du pays, je dirais plus, nous sommes l’assurance sociale du Congo. Que l’on nous reconnaisse donc notre place et que l’on cesse de nous considérer comme des indésirables, des parias ou des parasites. A moins qu’on accorde un nouveau sens à ces mots.

Excellences,

Monsieur le président de la République,
Messieurs les vice-présidents de la République,
Monsieur le président de l’Assemblée,
Monsieur le président du Sénat,
Messieurs les ministres,
Honorables députés et sénateurs, Mesdames et messieurs, Distingués invités,
J’aimerais enfin attirer votre attention sur quelques coïncidences un peu troublantes. Notre premier grand symposium a eu lieu en 1996 à Blankenberge en Belgique. Il avait pour thème : La reconstruction du Congo 1 . Déjà avant le début de la guerre de libération de feu le président Kabila, nous, Congolais de l’étranger, avions déjà commencé à baliser la voie de la reconstruction du pays après Mobutu. Trois jours avant l’ouverture de notre colloque, voilà que l’on apprend le début de la guerre dans l’est du pays. Nous avons dû, compte tenu de cette circonstance nouvelle, ajouter à pied levé un nouvel atelier à nos débats : « Les Banyamulenge et la question de la nationalité ». Ce sont les professeurs, Elikia M’bokolo et Mwayila Tshiyembe qui ont dû se casser en quatre pour nous faire un point sur cette question.

La guerre se termina avec la chute du dictateur Mobutu. Au mois de mars 1998, apprenant que les nouvelles autorités voulaient revoir la Constitution, je m’empressais de leur faire parvenir les actes de notre colloque où l’on avait débattu de plusieurs questions qui intéressaient le gouvernement. J’étais confiant que nos textes serviraient au moins d’instrumentum laboris lors de l’élaboration des nouveaux textes devant régir notre pays, cela d’autant plus que l’on trouvait dans les différents rouages du gouvernement des compatriotes qui avaient travaillé avec nous au colloque de Blankenberge. Mais malheureusement il n’en fut pas tenu compte.

Un espoir réapparut lorsque feu Prof. Mbaya proposa un colloque interministériel dont les thèmes étaient – à part deux ou trois points — exactement les mêmes que ceux dont nous avions débattus à Blankenberge. Mais hélas, son colloque fut annulé et depuis lors la gestion de la chose publique poursuit tranquillement son chemin conformément au système mis en place par le régime de la deuxième République.

Aujourd’hui se produit une nouvelle coïncidence. La date de ce colloque sur l’évaluation de la transition a été arrêtée depuis une année. Voilà que de nouveau peu avant l’ouverture de nos travaux une nouvelle guerre éclate. Mais comme en 1996, imperturbables, nous poursuivons nos travaux.

Notre question au gouvernement et à toutes les personnes et institutions nationales et internationales impliquées dans le processus de la transition est : les conclusions auxquelles nous arriverons au terme de ces journées de réflexion vont-elles rester lettre morte comme toujours ? Les ignorer donnera de nouveau l’occasion à nos voisins de s’arroger le droit de faire la loi chez nous d’autant plus qu’ils savent qu’ils jouiront comme toujours de la bénédiction de la communauté internationale.

Nous en appelons donc à la conscience de toutes les forces vives du pays, d’œuvrer de manière telle que cette situation chaotique cesse aussitôt. Que les élections soient organisées à la date prévue ! L’Irak est en bien pire situation que le Congo. Pourtant tout le monde tient à ce que les élections aient lieu. Et elles se tiendront. Alors pas deux poids deux mesures. Quelles que soient les digressions que les pêcheurs en eaux troubles voudront créer, quelles que soient les difficultés techniques qui pourront surgir ça et là, les élections doivent avoir lieu. Le Congo doit enfin se doter d’un gouvernement qui soit fonctionnel. Ce monstre à plusieurs têtes a suffisamment prouvé son inefficacité et pire sa grande capacité de nuisance.

Avec l’organisation de ce colloque nous avons voulu offrir au gouvernement et à toutes les institutions impliquées dans ce processus de transition l’occasion de faire connaître au peuple congolais le travail accompli, les difficultés rencontrées et surtout ce qui reste encore à faire. Les élections doivent avoir lieu.

Excellences,

Monsieur le Président de la République,
Messieurs les Vice-présidents de la République,
Monsieur le Président de l’Assemblée,
Monsieur le Président du Sénat,
Messieurs les Ministres,
Honorables députés et sénateurs, Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Voilà le message que la Fédération des Congolais de l’Etranger est venu vous délivrer. Nous vous remercions de tout cœur d’avoir répondu favorablement à notre appel.
Président du colloque et porte-parole du conseil fédéral de la FCE. Constantin Panu-Mbendele
Première partie
Bilan de la transition
BILAN DE LA FORMATION D’UNE ARMÉE NATIONALE, RESTRUCTURÉE ET INTÉGRÉE
Par le général major Jean-Pierre ONDEKANE ministre de la Défense nationale, Démobilisation et Anciens combattants

Excellences,
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
Distingués invités,

La mission principale qui nous a été confiée au ministère de la Défense nationale, Démobilisation et Anciens combattants pendant la transition consiste à former une armée nationale, restructurée et intégrée. L’accomplissement de cette tâche essentielle de la transition vise d’une part, la reconstruction de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, d’autre part, la protection de l’intangibilité de ses frontières, de manière à permettre, au terme de la transition, la tenue d’élections libres, démocratiques et transparentes.

La défense nationale n’est pas l’apanage du ministère de la Défense nationale, Démobilisation et Anciens combattants, c’est pourquoi je note avec beaucoup de satisfaction l’intérêt de plus en plus croissant qu’affichent les compatriotes congolais pour cette tâche ardue et combien exaltante de re-fondation de l’armée nationale à laquelle nous sommes occupés depuis le début de la transition.

Présenter l’état des lieux de la formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée, tel est le thème qui a été soumis à notre examen dans le cadre de cette grande réflexion nationale engagée autour du thème central qui est : « de la transition aux élections en République Démocratique du Congo : bilan, enjeux et perspectives. »

Ainsi que je l’ai fait récemment au Sénat et à l’Assemblée nationale, à la suite du désir exprimé par les honorables sénateurs et députés d’en savoir un peu plus sur le processus, je voudrais saluer l’initiative de la Fédération des Congolais de l’Étranger et remercier les organisateurs du colloque de m’avoir prêté cette tribune pour parler du processus de l’intégration de l’armée.

Sans vouloir trop remonter loin dans l’histoire, il y a lieu de rappeler que lors du dialogue inter-congolais, les compatriotes congolais qui faisaient la guerre depuis plus de 5 ans s’étaient ravisés après s’être rendus compte d’une vérité simple : la guerre n’a jamais été une bonne solution pour résoudre les problèmes.

En effet, chacun des belligérants disposait de son armée sans oublier certaines entités, milices et groupes armés. Tout cela à l’intérieur d’un même territoire. C’en était trop !

La situation sécuritaire de la nation était donc gravement affectée et la formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée est apparue comme l’une des solutions majeures dans la quête de la reconstitution de l’unité nationale. Cette armée, on l’a voulue apolitique, c’est-à-dire éloignée des factions et groupes qui lui ont donné naissance.

Pour ce faire, le ministère de la Défense nationale, Démobilisation et Anciens combattants a mis à contribution l’expertise nationale et internationale pour concevoir une architecture nouvelle, adaptée à la doctrine et aux techniques du métier des armes.

Nous pouvons retenir de ce travail de conception deux volets fondamentaux :

Primo, la mise en place des structures Secundo, l’élaboration des instruments juridiques.

1. La mise en place des structures
Amorçant la logique de l’intégration, le ministère de la Défense nationale, Mobilisation et Anciens combattants a posé les actes fondateurs ci-après :

- L’intégration et l’installation de l’état-major général,
- L’intégration et l’installation des états-majors des forces,
- Le découpage du territoire en régions militaires,
- La création de la structure militaire d’intégration chargée de la prise en charge technique du programme d’intégration de l’armée,
- La création de la CONADER chargée d’exécuter le programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion, PN-DDR en sigle,
- L’unification de la justice militaire.

2. L’élaboration des instruments juridiques
Nous pouvons mentionner :

- La loi portant organisation générale de la défense et des forces armées,
- Le décret portant création de la structure militaire d’intégration, SMI en sigle,
- Le décret portant création de la commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion, CONADER en sigle,
- Les décrets portant reconnaissance des grades des officiers et sous-officiers des forces armées de la République Démocratique du Congo,
- Le décret portant nomination des magistrats militaires,
- Le décret portant mise en place des commandants des réunions militaires,
- Les décrets portant nomination dans les catégories des officiers généraux et supérieurs pour les éléments issus des groupes de l’Ituri.

A ces actes de re-fondation de l’armée, nous avons associé la formation. Car, dit-on, la force d’une armée est tributaire de la valeur des hommes qui la composent.

C’est ainsi qu’il y a eu notamment, le recyclage des commandants de brigades à Kinshasa ainsi que la formation des instructeurs militaires en Belgique.

Au regard de ce qui précède, on est en droit d’affirmer que le processus d’intégration de l’armée est d’ores et déjà enclenché. On peut constater que, depuis le sommet jusqu’au niveau des régions militaires, cette tâche est à cent pour cent exécutée. Le gros morceau qui reste à faire, c’est l’intégration de la troupe. Celle-ci a déjà connu un début d’exécution avec les mouvements vers la base militaire de Kitona, des éléments provenant de toutes les composantes et entités ainsi que ceux des groupes armés de l’Ituri.

Chers compatriotes,

Alors que le PN-DDR est financé par des bailleurs extérieurs à hauteur de 200.000.000 de dollars américains, le programme d’intégration doit, lui, être entièrement pris en charge par le gouvernement.

Depuis son installation, la SMI vient de recevoir deux tranches d’un million de dollars américains chacune, sur les cinq millions accordés par le gouvernement au titre de fonds de démarrage destiné, principalement, à l’aménagement et à l’équipement des sites de brassage. Le budget global de l’intégration est de 102.000.000 de dollars américains et le gouvernement, dans son projet de budget pour l’année 2005, a décidé de financer 62.000.000 de dollars américains.

C’est dire que l’opinion selon laquelle rien n’est fait dans ce domaine est largement exagérée. Du retard a certes été pris, à cause du manque de moyens financiers, mais ce retard est en train d’être rattrapé grâce à la volonté du gouvernement, pleinement conscient des enjeux.

La prise en compte de l’approche des échéances électorales et des menaces potentielles internes et externes, a conduit le ministère de la Défense nationale Démobilisation et Anciens combattants à élaborer un plan d’urgence.

C’est ainsi que, sur les dix-neuf centres de brassage et de recyclage initialement prévus, le ministère de la Défense nationale, Démobilisation et Anciens combattants a choisi six centres principaux, où seront brassés et formés les militaires, afin de doter le pays d’une force de couverture territoriale à même de le sécuriser. De ces six centres de brassage et de recyclage, en terme de ligne de temps, d’ici à l’échéance de juin 2005, sortira une quinzaine de brigades qui seront déployées sur toute l’étendue du territoire. C’est ce que nous appelons la force de couverture territoriale.

D’ores et déjà, comme nous l’avons indiqué, la base de Kitona retenue comme CBR, est actionnée et procède déjà au brassage et à la formation de trois brigades et d’un contingent de commandos grâce à un programme de partenariat militaire avec la République d’Angola.

Chers compatriotes,

Comme vous pouvez le constater, ce qui se passe en République Démocratique du Congo intéresse d’autres pays de par le monde. Dans ce processus de formation de l’armée nationale, restructurée et intégrée, comme du temps du processus de pacification du pays, la République Démocratique du Congo compte sur les partenaires historiques et traditionnels. Ils sont nombreux à s’intéresser à notre armée. Cependant, le royaume de Belgique, la république d’Afrique du Sud et la république d’Angola ont, à ce jour, posé les gestes les plus significatifs et les plus marquants.

Avec chacune de ces trois puissances nous avons signé un accord de partenariat. Récemment, en date du 13 décembre dernier, un arrangement liant les deux premiers pays au nôtre et répartissant les tâches précises à accomplir dans le cadre du programme d’intégration de l’armée, a été signé par le ministre de la défense à Kinshasa.

Excellences,
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
Distingués invités,

Voilà en quelques mots, ce qui peut à mon avis être considéré comme l’état de la formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée en cette fin de l’an 2004. Puissent les actes du colloque souligner la nécessité et l’urgence d’accorder au processus d’intégration de l’armée les moyens qu’il requiert. Tel est en tout cas notre vœu le plus ardent.

Je vous remercie.
BILAN DE LA RÉUNIFICATION, DE LA PACIFICATION ET DU RÉTABLISSEMENT DE L’AUTORITÉ DE L’ÉTAT EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Par le Professeur Théophile MBEMBA Fundu Ministre de l’Intérieur, décentralisation et sécurité

Monsieur le Président,
Messieurs les membres de la Fédération des Congolais de l’Étranger,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les participants,

Permettez-moi, avant d’aborder le thème qui nous a été proposé, de féliciter les membres de la Fédération des Congolais de l’Étranger pour avoir pris l’initiative patriotique d’instituer un cycle de grandes conférences sur la République Démocratique du Congo. Par cette initiative, ces compatriotes de l’étranger prouvent à suffisance leur attachement au pays dont le sort demeure, pour eux aussi, un sujet de préoccupation.

Ce faisant, ils répondent au vœu exprimé par le chef de l’Etat, le Général Major Joseph KABILA, lorsqu’il déclarait dans son discours bilan prononcé à Lubumbashi le 26 janvier 2003, « puisque nous devons compter sur l’effort de chacun pour aller de l’avant, désormais, les Congolais de la diaspora seront davantage appelés à apporter leur contribution pour la reconstruction nationale. Il importe que nos compatriotes vivant à l’étranger gardent, spirituellement et matériellement, un lien fort avec la mère patrie. Si les diasporas de par le monde ont pu renforcer leurs pays d’origine, il est temps que la diaspora congolaise prenne conscience de sa participation dans l’œuvre de la reconstruction du pays » 2 .

Le choix du thème de votre colloque : « De la transition aux élections en R.D.C. : bilan, enjeux et perspectives » est fort judicieux en ce moment où la transition tire vers sa fin et où certaines rectifications ultimes peuvent s’avérer nécessaires pour la réussite du processus.

Enfin, nous voudrions vous remercier en notre nom et en celui du ministère de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité pour l’honneur que vous nous faites en nous associant à ce colloque.

Notre communication de ce jour exposera d’abord :

- Le contexte qui a conduit à la conclusion de l’accord global et inclusif sur la transition en République Démocratique du Congo ;
- Ensuite, nous rappellerons les missions assignées au gouvernement par l’accord global et inclusif ainsi que la Constitution de la transition ;
- Nous retracerons l’itinéraire de la réalisation de ces missions tout en épinglant les difficultés rencontrées ;
- Nous conclurons enfin notre exposé en indiquant quelques perspectives d’avenir.

Monsieur le Président,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Distingués invités,

Sans être passéiste, il est important de nous inspirer de l’histoire de notre pays et de rappeler qu’après près de 3 décennies d’une des dictatures les plus déshumanisantes au monde, notre pays a connu une guerre injuste de près de 5 ans avec des conséquences nombreuses sur la vie nationale, à savoir :

▪ Pertes en vies humaines estimées tant par la communauté nationale qu’internationale en termes de millions (3.500.000) ;
▪ Déplacements massifs des populations évalués à peu près à 2.