//img.uscri.be/pth/8c318b869a66841268e0bf8f6e3c2ca6b1eae1d1
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,15 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Le livre vert de l'espérance malgache

De
140 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 0
EAN13 : 9782296415843
Signaler un abus

Collection «Points de vue»

,

Collection «Points de Vue»
WOUNGLY-MAssAGA, va le Cameroun? Où 1984. J.-P. BIYlTI bi ESSAM, Cameroun: complots et bruits de bottes. 1984. Victor KAMGA, uel camerounais: D démocratie ou barbarie, 1985. P. KOFFI TEYA, C{)te-d'Ivoire: le Roi est nu. 1985. MUTEBA TSHITENGE, aïre. Combat pour la deuxième indépendance. Z 1985. G. ADJÉm KOUASSIGAN, Afrique: Révolution ou diversité des possibles. 1985. E. KENGNE POKAM,La problématique de l'unité nationale au Cameroun. 1985. Sidiki DIAKITE, Violence technologique et développement, 1985. ELOI MESSI METOGO, Théologie africaine et ethnophilosophie. Problèmes de méthode en théologie africaine. 1985. BABOUPAULIN BAMOUNI,Burkina Faso. Processus de Révolution. 1986. MAR FALL, Sénégal. L'Etat Abdou Diouf, ou le temps des incertitudes. 1986. J.-B. N'TANDOU,L'Afrique mystifiée, 1986. Babou P. BAMOUNI,Burkina Faso, processus de la Révolution, préface de Mongo Beti, 1986. M. AMoNDJI,C{)te-d'Ivoire, le PDCI et la vie politique de 1944 à 1985, 1986. Cheick Oumar DIARRAH, Le Mali de Modibo Keita; préface de Christian Coulon, 1986. Guy NUMA,Avenir des Antilles-Guyane - Des solutions existent. Projet économique et politique, 1986. Wafik RAOUF, Irak-Iran: Des vérités inavouées, 1985. Bassek Ba KOBHIO,Cameroun: la fin du maquis? Presse, livre et «ouverture démocratique », 1986.

Sekou TRAORE, intellectuels africains face au marxisme. 1983. Les

DjeIlo SETH LUMOR, e Ghana de Rawlings, 1986. L Jean-Pierre BRAX,Haïti, pour quoi faire? 1987. Paulette SONGUE, Prostitution en Afrique, 1986. Ferdinand DELERIS, atsiraka: Socialisme et misère à MadagasR car, 1986. Pierre ENGLEBERT, révolution burkinabé, 1986. La Mar FALL,Des Africains noirs en France. Des tirailleurs sénégalais aux... Blacks, 1987. Jean MFOULOU, L'OUA. Triomphe de l'unité ou des nationalités? 1987.

Lucile Rasoamanalina RAMANANDRAIBE

LE LIVRE VERT DE L'ESPÉRANCE
MALGACHE

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@ L'Harmattan, 1987 ISBN: 85802-935-0 ISSN: 0761-54248

A Francis Aimé Mandialahy et Cyrille Rasambozafy, les héros des manifestations estudiantines d'Antananarivo en 1986-1987, A Hanta, Nivo, Noro Ramaholimihaso, mes grandes filles, A Aina, Lova, Tantely Rajaonera, mes petits-enfants, A la Jeunesse malgache, Pour que tous puissent vivre, un jour, heureux sur la Terre sacrée des Ancêtres qu'est Madagascar.

REMERCIEMENTS L'auteur exprime sa gratitude et sa reconnaissance à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué à la rédaction de cet ouvrage, grâce notamment aux informations données, aux conseils et avis dispensés.

SOMMAIRE

. Préambule..............................

9 23 24 24 27 30 31 33 34 34 37 38 39 40 40 42 46 47
51 53 53 56 62 65 65 7

. CHAPITRE
J. Les A. B.

PREMIER:
de des Respect Le

LA

DÉMOCRATIE......
........... l'Homme. ..... de

fondements

la démocratie. Droits universel.

suffrage

...............

C.
D. E. II. Les A.

L'alternance.......................
La Le libre droit entreprise. de propriété. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . la République. . . . . . . .

institutions Le président

centrales. de

B. C. D. E.
ill.

Le gouvernement.................. L'Assemblée nationale.............. Chambre de réflexion.............. Du référendum....................
. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Décentralisation...

A. Le Fokonolona

.................... B. Les municipalités.................. C. Les provinces...................... II : LES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES. .

. CHAPITRE J. Le poids

de l'héritage....................

A. La
n.

dette extérieure................ B. Les nationalisations................ C. La Zone franc....................
nationale. . . . . . . . . . . . . . . . Le Plan. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

La Reconstruction
A.

B. L'agriculture.......................

a) Les cultures vivrières. Le riz .... b) Les cultures d'exportation......
...............

C. Le reboisement .............. D. L'élevage.........................
E. Le problème foncier.

F. G. H. J. J. A. B. C. D.

La coopération.................... L'industrie........................ Le commerce extérieur. ." . . . . . . . . . . . Le régime des prix................ Le tourisme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

68 68 71 73 75 77 79 83 86 89 90 93 94 96 100 105 107 109

. CHAPITREIII: LES PROBLÈMES OCIAUX.... S

La démographie. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . Salaire et emploi.................. Santé............................. L'enseignement..................... a) La neutralité. . . . . . . . . . . . . . . . . . b) Le bilinguisme................ c) La sélection et la formation professionnelle ..................... 112 d) L'enseignement privé.......... 117
IV : POLITIQUE ÉTRANGÈRE ET COOPÉ-

.

CHAPITRE

RATION INTERNATIONALE.. .. ............. .

121 133

. Conclusion.............................

P}U;AMBULE

En 1960, la restauration de la souveraineté nationale ne signifiait pas seulement pour le peuple malgache l'aboutissement de longs et douloureux efforts pour mettre un terme à la domination étrangère. Il voulait y voir aussi la possibilité de se doter d'institutions conformes à son génie propre et à ses traditions séculaires. Il en attendait la participation effective des nationaux à la promotion de l'économie et à la gestion de ses propres affaires. Il était convaincu que les conditions étaient réunies, lui permettant d'engager et de gagner la bataille contre le sous-développement, une bataille dont il sous-estimait d'ailleurs l'ampleur et la durée, un trop grand nombre de dirigeants politiques lui ayant assuré qu'il suffisait de chasser les étrangers ou «vazaha» pour que le pays connaisse abondance, richesse et bonheur. Vingt-sept ans après, force est de reconnaître que ces espoirs ont été déçus. Madagascar n'est pas un pays heureux, libre et prospère. C'est un pays cycIoné, plongé dans les ténèbres et doutant de l'aurore. 9

Sur le plan économique et financier, le désastre est total. Les productions agricoles et industrielles régressent; le ravitaillement n'est pas convenablement assuré; la balance commerciale et la balance des paiements sont déficitaires; la dette extérieure et la dette intérieure sont accablantes; le budget en déséquilibre n'apporte plus aucune contribution au financement des investissements. On ne parle plus d'expansion et de développement; les mots clés sont désormais: compression des dépenses, rééchelonnement de la dette, réduction des investissements, réhabilitation des infrastructures et des entreprises existantes et, pour couronner le tout, dévaluation. La population est en proie à une misère noire. Les exemples les plus criants, pour n'en évoquer que quelques-uns, sont: les famines périodiques dans le sud, le manque de riz qui a provoqué les émeutes ou « rotaka » de Toamasina en novembre 1986, les déshérités cherchant leur subsistance dans les décharges publiques, les ventes d'enfants, les enfants parqués sans soins, quasiment nus et affamés dans les anciens abattoirs d'Antananarivo. Et ce, tandis qu'une « nomenklatura» insolente baigne dans l'opulence. Les jeunes, sans avenir, sont désespérés. Les plus lucides et les plus conscients d'entre eux, les étudiants, ont au début de l'année 1987, comme ils l'avaient déjà fait en 1981-1982, soutenu des grèves puissantes et prolongées pour exprimer à la fois leur angoisse, leur mécontentement et leur solidarité à l'égard de la population tout entière.

10

Les droits de l'homme sont bafoués: la censure sévit, l'arbitraire règne. Faussement accusé de complot, le commandant Richard Andriamaholison croupit toujours à la prison de Manjakandriana; il lui est en réalité reproché d'avoir été le principal collaborateur du colonel Richard Ratsimandrava, chef de l'Etat, successeur du général Ramanantsoa, et de savoir trop de choses sur les circonstances de son assassinat. Et pour en terminer avec cette rapide évocation, il n'est certainement pas inutile de souligner que Madagascar connaît actuellement une situation de double dépendance:

- dépendance vis-à-vis de l'Occident, symbolisée depuis 1981 par la tutelle étroite qu'exercent dans le domaine économique et financier le Fonds monétaire international et les pays bailleurs de fonds; - dépendance vis-à-vis des pays de l'Est qui assurent la pérennité de la Révolution socialiste en fournissant un armement ruineux destiné à mater la population, en formant et en encadrant la police politique et les forces dites d'intervention.
Madagascar n'est Madagascar est un ordres de l'étranger. voulaient les Mena de 1947, les déportés de l'indépendance: Raseta, Tata Max, Rabemananjara. pas un pays indépendant. pays assisté, humilié, aux Ce n'est pas cela que Lamba, les ws, les morts de Nosy-Lava et les héros Ralaimongo, Ravoahangy, Monja Jaona et Jacques 11

. ..
Il est d'usage à Madagascar, l:omme dans un grand nombre de pays en voie de développement, d'expliquer les échecs et les malheurs par le poids de l'héritage et de vitupérer en conséquence contre la trinité maudite du Capitalisme, de l'Impérialisme et du Colonialisme. Soucieux de renforcer leur argumentation et de varier leurs effets, les économistes du régime mettent également en avant les chocs pétroliers, la fluctuation des monnaies, la dégradation des termes de l'échange, la cherté du crédit, l'insuffisance de l'aide, les obstacles mis à la commercialisation, dans les pays industrialisés, des produits manufacturés en provenance du Tiers Monde. Il serait faux de soutenir que le poids de l'héritage et les facteurs économiques et financiers qui viennent d'être cités n'ont pas eu des conséquences néfastes sur la situation de Madagascar. Mais il faut immédiatement noter que, placés dans les mêmes conditions, des pays tels que la Corée du Sud, Taiwan, Singapour et la Malaisie ont enregistré des progrès considérables parce qu'ils ont su s'adapter, innover et surtout accepter la double contrainte de l'économie de marché et d'une gestion rigoureuse. Il y a également lieu de souligner qu'au cours des quinze dernières années l'aide extérieure n'a jamais manqué à Madagascar et qu'elle a, en définitive, largement compensé les pertes ou le manque à gagner découlant d'une conjoncture internationale défavorable. 12

Dans ce contexte, la stagnation aurait été sinon excusable du moins compréhensible; la récession ne l'est pas. En fait, c'est à Madagascar même qu'il faut rechercher les causes fondamentales du marasme actuel et les moyens d'y mettre fin. Cela est d'autant plus nécessaire que les pays industrialisés traversent une crise grave dont leurs dirigeants s'accordent à dire qu'ils n'en voient pas la fin. Il est chimérique d'espérer l'intervention rapide d'un nouvel ordre économique international qui favoriserait les nations pauvres. Il faut, au contraire, s'attendre à un raidissement de la position des pays industrialisés qu'il s'agisse de l'aide ou des relations commerciales. Toutes les belles résolutions de l'OUA et de la CNUCEDn'y changeront rien. Le président Tsiranana a été, et est souvent encore, accusé d'avoir été le «gérant loyal» du colonialisme. Cette accusation est purement et simplement calomnieuse. L'objectivité commande de reconnaître qu'en 1972, il a confié au général Ramanantsoa un pays en relatif bon état: le ravitaillement était assuré, les comptes de la nation étaient équilibrés, la production industrielle avait effectué un véritable bond en avant, de grands travaux d'infrastructure avaient été réalisés. Il est cependant nécessaire de souligner qu'il avait commis un certain nombre d'erreurs qui ont contribué à sa chute et lourdement hypothéqué l'avenir du pays. Elles sont d'ordre différent et on n'en retiendra que les principales. En matière agricole, priorité avait été donnée 13

aux cultures d'exportation au détriment des cultures vivrières. Les efforts pour développer la production de riz avaient été insuffisants et cette insuffisance avait été aggravée par le fait qu'en vue de favoriser les consommateurs urbains, les prix aux producteurs étaient fixés à des niveaux peu rémunérateurs. Ces deux orientations portaient en germe les difficultés d'approvisionnement que connaît actuellement la Grande lIe. Il n'y a pas eu de politique volontariste de malgachisation de l'économie. La persistance de la position dominante des étrangers avait, dans un premier temps, donné aux Malgaches le sentiment que l'indépendance était une illusion et les avait convaincus, dans un deuxième temps, que le socialisme, avec son cortège de nationalisations et d'expropriations, était le seul moyen de prendre en main leurs propres affaires. Les grandes compagnies, Marseillaise, Lyonnaise, SICE, CaROl n'étaient pas les pieuvres ou les caïmans qu'on a bien voulu dire mais parce qu'elles n'étaient pas davantage des sœurs de charité, elles étaient un symbole et, ne serait-ce que pour cette raison, il eût fallu les démanteler. L'enseignement, calqué sur le système français, était inadapté. Orienté vers une formation générale et non vers une formation professionnelle en relation étroite avec les besoins du pays, il était fatalement générateur de chômeurs, de mécontents et d'aigris. La démocratie fonctionnait mal; les élections, notamment, étaient truquées. La légitimité du pouvoir s'en était trouvée affectée, la 14