Le Moyen-Orient à l'aube du Printemps arabe

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Le Moyen-Orient traverse une phase de bouleversements inédits dans son histoire. Au nom d'une démocratisation trop longtemps retardée, des sociétés du monde arabe sont parvenues à renverser leurs dirigeants, pour certains en place depuis près de 40 ans. Ces sociétés sous tension ont prouvé au monde qu'elles étaient enfin prêtes à prendre en main leur destin. Pourtant, pendant des décennies, une chape de plomb s'est abattue sur nombre d'entre elles, incapables d'assurer la relève politique et la transition démocratique.
Le premier colloque du CCMO, dont sont issues ces contributions, donne la parole à une dizaine de jeunes chercheurs. Il a souhaité se concentrer sur plusieurs thématiques récurrentes et reflet des difficultés que traverse la région : les tensions politiques qui persistent (Liban, Syrie et Territoires Palestiniens), les constructions et reconstructions permanentes (Liban, Égypte), l'influences des sphères locales et internationales (Turquie, Israël, Palestine).
Le Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient a ainsi voulu apporter un regard neuf sur une partie des pays concernés par le Printemps arabe, et de manière plus globale sur une région stratégique du monde dont on désespérait du changement, et pour qui le nouveau siècle semble s'être ouvert un beau jour de décembre 2010 en Tunisie...

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Date de parution 01 janvier 2011
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EAN13 9782849242476
Langue Français

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Le Moyen-Orient et le Printemps arabe
Sociétés sous tension
Collection « Cahiers du CCMO »
dans la collection :
Le dé sécuritaire en Israël, Jean-Baptiste Beauchard & Sébastien Boussois
Image de couverture : © Sean Gladwell - Fotolia.com © Éditions du Cygne, Paris, 2011
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-247-6
Sébastien Boussois (coordonné par)
Le Moyen-Orient et le Printemps arabe
Sociétés sous tension
Éditions du Cygne
Préface de Sébastien Boussois (Président du CCMO)
On afrme, en Orient, que le meilleur moyen pour traverser un carré est d’en parcourir trois côtés. T.E Lawrence,Les Sept Piliers de la Sagesse
C’est un honneur pour l’équipe du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient, et en ma qualité de Président du Cercle, de vous proposer cet ouvrage qui fait suite au premier colloque tenu par l’association le 6 avril 2011 au Palais du Luxembourg à Paris. La grande aventure du CCMO a commencé il y a presque deux ans, et le grand bouleversement que connaît la région était encore loin d’être survenu. La cinquantaine de chercheurs, d’Europe et du Moyen-Orient qui travaille sur les sujets les plus divers et variés de cet Orient complexe n’a pas pour but avec ses travaux de fondre sur l’actualité mais de continuer à travailler avec le recul et l’objectivité nécessaire du scientiïque sur les questions d’Orient. Nous avons proposé un certain nombre d’analyses à froid, mais continuons notre travail sous des angles politologiques, sociologiques, juridiques, historiques, ethnolo-giques, et bien d’autres encore. Notre idée est de sortir de l’aca-démisme classique : d’une part en favorisant l’excellence pluri-disciplinaire, mais aussi d’autre part en englobant petit à petit de plus en plus d’analystes venus de tous les pays concernés et en y associant étroitement les jeunes chercheurs de l’autre rive de la Méditerranée, aïn de sortir l’académisme local de son carcan parfois pesant. Ce premier colloque du CCMO, non exhaustif, a souhaité se concentrer sur plusieurs thématiques récurrentes et reet
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des difïcultés que traverse la région : les tensions politiques qui persistent (Liban, Syrie et Territoires Palestiniens), les construc-tions et reconstructions permanentes (Liban, Égypte, pays du Golfe), inuences des sphères locales et internationales (Turquie, Israël, Palestine). Il faut l’occasion de discussions nourries, de rencontres, et de découvertes pour nous tous. Puisse cet ouvrage vous apporter le même plaisir de lecture qu’il nous a procuré lors de sa rédaction.
Introduction de Dominique Vidal (Historien et journaliste)
Je suis sincèrement très heureux d’introduire brièvement le premier colloque du Cercle des chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO). Et ce pour deux raisons. La première tient à l’objectif de votre cercle. La question du passage de relais entre chercheurs expérimentés et plus jeunes me paraît en effet capitale. À parler franc, elle n’a jamais été simple à résoudre. De tout temps, les jeunes historiens, sociologues ou encore économistes ont dû surmonter beaucoup d’obstacles pour trouver leur place dans l’université et la recherche. Le mandarinat ne constitue pas, faut-il le rappeler, une e invention du XXIsiècle...Mais rarement, dans un contexte difïcile pour l’enseignement et la recherche, la résistance des structures et des hommes n’a été aussi forte. Et jamais sans doute le contexte des études elles-mêmes et plus encore de l’entrée dans nos profes-sions n’a été aussi rude : la crise que traversent nos sociétés va de pair avec des conditions d’études difïciles, mais aussi avec la raréfaction des postes et leur précarisation massive et accélérée, etc. À quoi s’ajoute la tendance des grands médias à faire tourner en boucle des chercheurs présentés comme conïrmés, souvent sur la base de leur notoriété plus que sur celle de leurs compétences. L’idée qu’a longtemps caressée Sébastien Boussois de créer une association pour promouvoir les travaux des jeunes chercheurs, stimuler leur dialogue et aider à leur popularisation tombe à pic. C’est vrai en particulier s’agissant de la réexion sur le Maghreb et le Machrek, où nous assistons depuis le début de cette année 2011 à des événements de grande portée, qui bousculent nos grilles de lecture traditionnelles. J’en viens ainsi à ma seconde raison : La seconde raison tient au déï que le « printemps arabe », comme on dit (mais il a commencé en hiver, se poursuit en été
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et risque bien de nous occuper plusieurs saisons), constitue pour les grilles lecture traditionnelles de la région. L’Histoire ne s’écrit bien sûr pas à chaud. Il serait prétentieux et vain de tenter de se livrer sans attendre une analyse globale et approfondie de la vague libératrice qui déferle sur ce monde arabe longtemps immobile, a fortiori de prédire jusqu’où elle ira et quelles consé-quences elle aura sur la région et, au-delà, sur les relations inter-nationales nouvelles qui s’ébauchent, vingt ans après la chute du Mur de Berlin et la ïn des régimes communistes est-européens. Mais, en trois mois d’irruption de ces mouvements révolu-tionnaires, de premières pistes se dégagent, qui méritent d’être défrichées notamment quant à la portée indiscutablement historique de ce mouvement, bien qu’encore inabouti, pour le monde arabe et au-delà ; mais aussi sur la faiblesse des explica-tions monocausales (je pense à Internet et Facebook, érigés par certains en facteur principal) quand toute grande page de l’his-toire humaine appelle, au contraire, à entrecroiser des approches multiples et diversiïées combinant, selon les conditions propres à chaque pays, les dimensions économiques, sociales, politiques, culturelles, idéologiques, religieuses, etc. Au-delà du terreau conjoncturel (misère du plus grand nombre et arrogance des puissants et des corrompus, obsolescence des monarchies et des Républiques autoritaires et héréditaires, omni-présence et forfaits desMoukhabarat, etc.), comment l’idée d’ins-crire les événements dans la longue histoire peut-elle s’effectuer ? Ne s’agit-il pas d’uneIntifada(au sens littéral : le fait de « relever la tête ») contre des décennies d’humiliations, à commencer par la Nakba, cette « catastrophe » que représentèrent, en 1947-1949, la disparition de la Palestine et l’expulsion de 800 000 de ses habi-tants autochtones ? L’état de guerre israélo-arabe qui s’ensuivit n’a-t-il pas impliqué une course armements dévoreuse ressources ainsi détournées du développement, mais aussi une tendance des régimes arabes à prétexter de la nécessité de serrer les rang contre l’« ennemi sioniste » pour justiïer leur caractère de plus en plus dictatorial ? Le conit israélo-palestinien et les autres poudrières
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