//img.uscri.be/pth/20a65566d0ac025ccc934abcaa46fae658d0386f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 20,25 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Le pétrole de la Caspienne et la politique extérieure de l'Azerbaïdjan

De
303 pages
Visant à analyser les arguments azerbaïdjanais concernant le pétrole de la Caspienne, ce premier volume est consacré aux questions économiques et juridiques. L'Azerbaïdjan a signé 21 grands contrats pétroliers d'un montant total d'investissement étranger de 60 milliards de dollars avec 21 pays, en vue d'exploiter ses ressources énergétiques. Les traités de 1921 et 1940 ne réglant pas la question de l'usage commun de la Mer Caspienne, la préparation d'un nouveau statut juridique de celle-ci devient inévitable.
Voir plus Voir moins

LE PETROLE DE LA CASPIEE ET LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LAZERBAÏDJA

Tome 1 : Questions économiques et juridiques

© L'HARMATTA, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-04019-9 EAN : 9782296040199

Turab GURBAOV

LE PETROLE DE LA CASPIEE ET LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LAZERBAÏDJA

Tome 1 : Questions économiques et juridiques

L'Harmattan

À la mémoire de M. Heydar Aliyev, ancien Président de la République Azerbaïdjanaise, auteur de la stratégie pétrolière de lAzerbaïdjan, pour ses efforts visant à établir la paix, la stabilité et la confiance dans la région du Caucase et de la Caspienne, en espérant quun jour viendra où ses vux se réaliseront et que la paix sétablira pour tous les peuples de cette région.

Avertissement

Les opinions émises dans cet ouvrage, écrit comme thèse de doctorat en Sciences Politiques soutenue le 25 mars 2005 à lUniversité Paris 1 Panthéon-Sorbonne, appartiennent à lauteur lui-même et ne sauraient traduire une quelconque « pensée officielle ».

Remerciements

Aux professeurs Charles Zorgbibe (université Paris I), Michel Lesage, (université Paris I), Yasar Gurbuz (université Yeditepe), Roger Tebib (université Reims), et au Docteur Mikhail Lebedev (expert) pour le soutien unanime quils ont apporté à cet effort de réflexion multidisciplinaire. À S.E.M. Novruz Mammedov, Conseiller Diplomatique du Président Azerbaïdjanais, à S.E.Mme Eléonora Husseinova et à S.E.M. Tarik Aliyev, Ambassadeurs dAzerbaïdjan en France et à tous les diplomates de lAmbassade dAzerbaïdjan en France pour leurs confiances, conseils et orientations pendant cette rédaction. À M. Guy Chevalier, Conseiller Culturel Honoraire de France en Azerbaïdjan, M. Antoine Constant, spécialiste de lAzerbaïdjan, ainsi quà Mlle Amira El-Hamwi qui ont bien voulu mapporter leur soutien pendant la rédaction de cet ouvrage. Enfin à tous ceux qui ont contribué à cette recherche.

The Caspian Oil and The Azerbaijani Foreign Policy: analyse of Azerbaijani arguments

Summary

Since Azerbaijans independence, He decided to use its natural resources for strengthening the bases of a new state and signed 21 massive oil contracts with 35 companies of 21 different countries. Our research aims to analyse the Azerbaijanis arguments related to Caspian oil through its foreign policy, by economic, legal and geopolitical axes. Oil has a fundamental place in the countrys economy, as it is Azerbaijanis Gross Product. The treaties of 1921 and 1940 do not regulate the question concerning the common use of the resources of the Caspian Sea. Therefore, it became urgent to define new status related to divide the sea by median line into national sectors according to the equidistance principles. As the oil is a political game between foreign powers, Azerbaijan tries to take the benefice from this New great game by transforming the country into a zone of cooperation.

Key Words : Azerbaijan, Foreign Policy, Caspian Sea, Oil, Geopolitics, South Caucasus, Energy

Tables des matières
Abréviations..................................................................................... 18 Glossaire........................................................................................... 21 Introduction....................................................................................... 23

PREMIÈRE PARTIE : Histoire et économie du pétrole azerbaïdjanais
33

Chapitre 1. Évolution historique de lexploitation, de la production et de lexportation pétrolière azerbaïdjanaise jusquà létablissement du régime soviétique................... 37
Section 1. Jusquau XXème siècle......................................... 39
A. Une histoire assez riche en pétrole....................................... B. Lextraction et la production pétrolière................................ C. Lindustrialisation nationale pétrolière................................. D. Le transport pétrolier............................................................. E. Les investissements étrangers et linternationalisation organisationnelle de la production pétrolière............................... 39 41 43 44

46 Section 2. Au début des années 1900..................................... 49 A. Le Pétrole azerbaïdjanais avant la première guerre mondiale...................................................................................... 49 B. Le Pétrole azerbaïdjanais pendant la première guerre mondiale...................................................................................... 50 C. Le Pétrole azerbaïdjanais sous la Première République Azerbaïdjanaise............................................................................ 53

Chapitre 2. Évolution historique de lexploitation, de la production et de lexportation pétrolière azerbaïdjanaise sous le régime soviétique................................................. 59
Section 1. Le Pétrole azerbaïdjanais au service de la construction économique de lUnion Soviétique.................... 61 Section 2. Le Pétrole azerbaïdjanais pendant la deuxième guerre mondiale...................................................................... 67
11

Section 3. Le Pétrole azerbaïdjanais après la deuxième guerre mondiale...................................................................... 71

Chapitre 3. Évolution historique de lexploitation, de la production et de lexportation pétrolière azerbaïdjanaise après lindépendance nationale......................................... 75
Section 1. Les contrats pétroliers azerbaïdjanais................... 79
A. Les contrats pétroliers sur les gisements off shore................ 1. « Azeri-Chirag-Guneshli ».................................................... 2. « Karabakh »......................................................................... 3. « Shah-Deniz »...................................................................... 4. « Ashrafi et Dan Ulduzu »..................................................... 5. « Lankaran-Talish-Deniz ».................................................... 6. « Yalama » .... 7. « Kiapaz ».............................................................................. 8. « Absheron » .... 9. « Nakhchevan » .... 10. « Oguz ».............................................................................. 11. « Kurdashi » - « Araz-Deniz » et « Kirgan-Deniz »........... 12. « Araz-Alov-Sharg » .. 13. « Inam » .. 14. « Atashgah-Yanan-Tava-Mugan-Deniz » .. 15. « Savalan-Lerik-Deniz-Janub-Dalga » ........................... 16. « Zafar-Mashal » ............................................................ B. Les contrats pétroliers sur les gisements on shore................. 1. « West Absheron » ........................................................... 2. « Kursangi-Garabagli » .................................................... 3. « South-West-Gobustan » . 4. « Muradkhanli-Jafarli-Zardab » ... 5. « Hovsan-Zikh » ... 6. « Mishovdag-Kelameddin » . 7. « Padar » ... 8. « Anshad Petrol » ..... 9. « AzGeroil » . 10. « Shirvanoil » . 79 79 82 83 84 86 87 88 89 90 91 93 94 96 97 99 100 102 102 102 103 104 105 107 108 109 109 109

Section 2. Économie internationale du pétrole et lapport du pétrole de la Mer Caspienne à léconomie azerbaïdjanaise....................................................................... 111

12

A. Les caractéristiques économiques du pétrole : une matière première stratégique.................................................................... B. Létat actuel des réserves énergétiques mondiales............... 1. Lapprovisionnement énergétique mondial........................ 2. Le partage régional de la production pétrolière brute......... 3. La consommation finale totale des produits énergétiques. 4. Les prévisions concernant la disponibilité des réserves pétrolières............................................................................... C. Létat des ressources de la région de la Mer Caspienne....... 1. Les réserves énergétiques de la Caspienne......................... 2. La production énergétique de la Caspienne........................ D. Les contributions des contrats pétroliers à léconomie Azerbaïdjanaise.........................................................................

111 115 115 120 122 126 129 129 132 134

Section 3. Les routes de transport pétrolier et gazier de la Mer Caspienne et la question de protection de lenvironnement..................................................................... 143
A. Deux problématiques cruciales pour le transport : celle de lenclavement et celle de la protection de lenvironnement.......... 1. Le cadre juridique international de transit pétrolier.......... 2. Les problèmes liés à la protection de l'environnement...... B. Les routes azerbaïdjanaises de la Mer Caspienne.................. 1. Les oléoducs.......................................................................... a). Bakou-Novorossisk.. b). Bakou-Soupsa.. c). Bakou-Tbilissi-Ceyhan. d). Baku-Tebriz ...... e). Le projet doléoduc Transcaspien : AktaouBakou. 2. Les gazoducs. a). Bakou-Tbilissi-Erzurum................................................... b). Gazoduc Transcaspien : Turkmenbashi-BakouErzeroum. C. Autres oléoducs et gazoducs de la Mer Caspienne................ 1. Les oléoducs.......................................................................... a). Kazakhstan-Turkménistan-Iran.... b). Kazakhstan-Chine..... c). Route vers le Pakistan... d). Tengiz-Novorossisk......................................................... e). Atyrau-Samara...... f). Swap avec lIran................................................................ 13 143 143 148 150 150 150 154 154 158 159 159 160 161 162 162 162 163 163 164 166 167

2. Les gazoducs. a). Turkménistan-Iran..... b). Turkménistan-Iran-Turquie..... c). Turkménistan-Afghanistan-Pakistan...... d). Turkménistan-Chine.......... e). « Blue Stream » .... f). Turkménistan-Kazakhstan-Russie-Europe.......... Résumé et Conclusion de la première partie...................................

167 168 168 169 170 171 172 174

DEUXIÈME PARTIE : La question du statut juridique international de la mer Caspienne

177

Chapitre 1. La Mer Caspienne jusquaux années 1990 : sous la juridiction de la Russie (devenue URSS) et de la Perse (Iran)....................................................................... 181
Section 1. La Caspienne jusquau régime soviétique............. 183
A. La Mer Caspienne au 18e siècle.............................................. 183 B. La Mer Caspienne au 19e siècle.......................................... 185 Section 2. La Mer Caspienne sous le régime soviétique.... 191

Chapitre 2. La Mer Caspienne à partir des années 1990 : négociations à cinq............................................................ 199
Section 1. Les négociations entre 1992 1998 : la recherche dune solution......................................................................... 203
A. Les négociations entre 1992-1994 : élaboration des consciences et des intérêts nationaux .......................................... 203 B. Les négociations entre 1995-1998 : impacts de latmosphère géopolitique.................................................................................. 214

Section 2. Les négociations après 1998 : accords partiellement obtenus.............................................................. 239
A. Accord bilatéral entre lAzerbaïdjan et la Russie................... B. Accord bilatéral entre lAzerbaïdjan et le Kazakhstan............ C. Accord bilatéral entre la Russie et le Kazakhstan.................. D. Désaccord de lAzerbaïdjan avec le Turkménistan et lIran... 239 244 248 255

Chapitre 3. La question du statut juridique de la Mer Caspienne et le Droit International.................................... 263
14

Section 1. Les positions actuelles des pays............................. 265
265 269 271 274 277 Section 2. Les dispositions du Droit international maritime.. 279 A. La question de succession aux traités..................................... 279 B. Les approches doctrinales concernant le statut de la Mer Caspienne..................................................................................... 284 C. La délimitation des lacs dans la pratique 288 internationale........... D. Situation en cas dapplication des dispositions de la C.M.B.. 294 Résumé et Conclusion de la deuxième partie................................... 300 A. LAzerbaïdjan..................................................................... B. La Russie............................................................................. C. Le Kazakhstan......................................................................... D. Le Turkménistan..................................................................... E. LIran.....................................................................................

TROISIÈME PARTIE : Contexte géopolitique de la région de la Mer 305 Caspienne : Relations entre rivalités et coopérations. Chapitre 1. Théories géopolitiques et des relations internationales et stratégie pétrolière azerbaïdjanaise dans son contexte géopolitique........................................ 311
Section 1. Regard général sur les théories géopolitiques et des relations internationales.................................................... 313 Section 2. Considérations géopolitiques sur lAzerbaïdjan et sa stratégie pétrolière.............................................................. 323
A. Géopolitique du pétrole : générateur des tensions.................. 323 B. Considérations géopolitiques sur lAzerbaïdjan..................... 325 C. Stratégie pétrolière de lAzerbaïdjan................................... 329

Chapitre 2 : Relations avec les acteurs internationaux..... 337
Section 1. Relations dinfluence forte avec la Russie............. 339
A. « Létranger proche » comme doctrine de politique étrangère de la Russie.................................................................. 340 B. Les intérêts de la Russie dans la Région Caspienne................ 346 C. La mise en uvre de la politique de la Russie dans la région Caspienne et au Caucase du sud.................................................. 349

Section 2 : Relations privilégiées avec les États-Unis........... 371
15

A. Les intérêts possibles des États-Unis dans la région Caspienne et au Caucase du Sud.................................................. 371 B. La mise en uvre de la politique américaine dans la région Caspienne et du Caucase du Sud................................................. 381

Section 3. Relations de grandes perspectives avec lUnion Européenne............................................................................. 391
A. Les intérêts de lUE dans la région de la Caspienne et du Caucase du Sud........................................................................... 1. LUE et la région de la Caspienne à la première moitié des années 1990 : réticences européennes.......... a). Les facteurs internes......... b). Le facteur externe......... 2. LUE et la région de la Caspienne à la deuxième moitié des années 1990 : l'UE plus active........ 3. LUE et la région Caspienne dans les années 2000 : perspective d'intégration ?....................................................... B. La politique énergétique de lUE et la région de la Caspienne..................................................................................... 391 391 392 393 394 397 400

Chapitre 3 : Relations régionales entre alliances et rivalités............................................................................. 405
Section 1. Alliances régionales........................................... 407
A. Relations familiales avec la Turquie....................................... 1. Les intérêts turcs dans la région Caspienne............................ 2. Les réticences de la Turquie.................................................. B. Relations damitié sincère avec Israël..................................... A. Non-relations ou les relations de belligérance avec lArménie : conflit arméno-azerbaïdjanais comme moyen de pression sur lAzerbaïdjan........................................................... 1. La genèse historique du conflit : une étude générale du conflit armeno azerbaïdjanais................................................... 2. Les logiques juridiques du conflit arméno azerbaïdjanais.... a). Nature du conflit dans le cadre du DIP : un CAI ou un CANI ?................................................................................. b). Le principe de droit à lautodétermination opposé au principe dintégrité territoriale, et d'intangibilité des frontières............................................................................... c). Principes de non-recours à la force, actes dagression et légitime défense individuelle et collective........................... 16 407 407 412 422

Section 2. Rivalités régionales................................................ 433
433 435 447 447

450 461

d). Principe du respect des droits de lhomme et des libertés fondamentales opposé au principe dordre public................ e). Principes dégalité souveraine des États, de nonintervention dans les affaires internes et des relations amicales entre les États......................................................... 3. Le règlement du conflit arméno-azerbaïdjanais dans le cadre multilatéral...................................................................... a). Le règlement du conflit dans le cadre de lONU................ i). LONU fidèle à ses buts et à ces principes....................... ii). Paradoxes des résolutions.............................................. b). OSCE, Groupe de Minsk : un acteur privilégié mais absence de moyens nécessaires.............................................. i). Les causes dintervention de lOSCE dans le conflit du Haut-Karabakh..................................................................... ii). Le cadre du règlement prévu par lOSCE : une conférence internationale dite « Conférence de Minsk » (1992)................................................................................... iii). Efforts déployés par lOSCE : linstitution du « Groupe de Minsk » et ses activités................................... iv). Les activités de lOSCE après le cessez-le-feu du 12 Mai 1994.............................................................................. v). Les résultats obtenus : les décisions issues des sommets de lOSCE concernant le conflit du HautKarabakh.............................................................................. B. Relations de méfiance avec lIran............................................ 1. Les intérêts de lIran dans la Région de la Caspienne............ 2. La mise en uvre de la politique de l'Iran envers la région de la Caspienne et le Caucase du sud....................................... Résumé et Conclusion de la troisième partie................................... Conclusion....................................................................................... Bibliographie................................................................................... Liste des entretiens........................................................................... Liste des annexes............................................................................

466

469 472 472 472 474 477 477

478 479 480

482 484 484 490 498 501 515 553 554

17

Abréviations.

Azeri-Chirag-Guneshli Annuaire français de Droit International Assemblée Générale Agence Internationale de lÉnergie Azerbaijan International Operating Company Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement BPBritish Petroleum B/jBaril par jour BSECBlack Sea Economic Cooperation BTC (Oléoduc de) Bakou-Tbilissi-Ceyhan BTE (Gazoduc de) Bakou-Tbilissi-Erzurum CAIConflit Armé International CANI Conflit Armé non-International CAOP Central Asia Oil Pipline CE Conseil de lEurope CEI Communauté des États Indépendants CIJ Cour Internationale de Justice C.M.B. Convention de Montego Bay CNODC China National Oil & Gas Exploration and Développement Corp. CPC Caspian Pipeline Consortium CS Conseil de Sécurité CSCE Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe DOEDepartment of Energy EIAEnergy Information Administration FCE Forces Conventionnelles en Europe GATTGeneral Agreement for Tariffs and Trade GUAM Géorgie, lUkraine, lAzerbaïdjan et la Moldavie GUUAMGéorgie, lUkraine, lOuzbékistan, lAzerbaïdjan et la Moldavie HCA Host Country Agreement ILSAIran-Lybia Sanctions Act INOGATE - Interstate Oil and Gas Transport to Europe JOJournal Officiel JVJoint Venture KGBKomitet Gosudarstvennoy Bezopasnosti 18

ACG AFDI AG AIEAIOC BERD-

KOC NICONKAO-

Karasu Operation Company National Iranian Company of Oil Nagorno Karabakskiy avtonomniy oblast (Région autonome de Haut-Karabakh) MEPMain Export Pipeline MEPCO Main Export Pipeline Company MOC Muradkhanli Operational Company NAOC North Absheron Operating Company OCDEOrganisation de Coopération et de Développement Économique OCEOrganisation de la Coopération Économique OCMN Organisation de la Coopération de la Mer Noire OCSCOrganisation of Cooperation of the States of Caspian OHSÖztaş-Hazinedaroglu-Stroytransgaz OMONForces Spéciales du Ministère des Affaires Intérieures ONG Organisation non-gouvernementale ONU Organisation des Nations Unies OOC Oguz Operating Cimpany OPEPOrganisation des Pays Exportateurs de Pétrole OSCE Organisation sur la Sécurité et la Coopération en Europe OTAN Organisation de Traité de lAtlantique du Nord PCA Partnership and Cooperation Agreement PEDPays en Développement PEE Président en exercice PIBProduit intérieur brut PpP Partenariat pour la Paix (Programme de partenariat de l'OTAN avec les pays de l'ex bloc de l'Est) PSC Pacte de Stabilité de Caucase RGDIP Revue générale de Droit International Public RSFSR République Socialiste Fédérative des Soviets de Russie SdN Société des Nations SOCARState Oil Company of Azerbaijan Republic TACIS Technical Assistance to the Community of Independent States TCE Traité de la Charte de l'Énergie TPAOTürkiye Petrölleri Anonim Ortakligi TRACECA - Transport Corridor Europe-Caucasus-Central Asia UE Union Européenne UNHCR Haut Commissariat des Unites Nations pour les Réfugiés

19

UNCLOS UNDPURSS USD USGS-

Unites Nations convention of Law of Sea United Nations Development Program Union des Républiques Soviétques Socialistes Unites States Dollars Unites States Geological Survey

20

Glossaire

Baril

Brent Brut

Différentiel Efficacité énergétique Gaz associé

Gb Intensité énergétique primaire Consommation primaire de pétrole rapportée au PIB. Intensité pétrolière primaire Marché à terme Marché où sont négociés des contrats standardisés sur des opérations à échéance, contrats utilisés comme moyen de couverture et débouchant rarement sur des échanges physiques. Marché au jour le jour portant sur des cargaisons. Marché spot Soppose aux contrats à moyen terme. Million de barils par jour. mb/j Exploitation dun gisement marin à partir dune plateOff shore forme. Pétroles pouvant être exploités dans les conditions Pétroles conventionnels économiques et techniques actuelles.

Unité de mesure des volumes de pétrole et de produits. 1 baril = 159 litres. 1 tonne = 7,3 barils. Marqueur de la zone Europe-Méditerranée-Afrique basé sur différents bruts de la mer du Nord. Pétrole extrait des gisements qui doit être raffiné. Chaque gisement possède ses caractéristiques (densité, teneur en soufre, etc.). Écart de prix existant entre bruts de différentes origines. Rapport entre la production de services énergétiques (lumière, chaleur et transports) et la quantité de source dénergie utilisée. Gaz se trouvant dans un gisement de pétrole et pouvant être réinjecté pour faciliter lexploitation du gisement ou brûlé à la torche. Milliard de barils. Consommation dénergie primaire rapportée au PIB.

21

Pétroles non conventionnels Pud Récupération Réserves prouvées Réserves ultimes

Ressources en place Taux de récupération Tcf Tep

Pétroles caractérisés par leur haute densité et qui sont plus difficiles et plus coûteux à extraire. Unité de mesure ancienne, 1 pud = 16 kg Part du gisement extraite lors de son exploitation. Cumul des productions possibles jusquà labandon de lexploitation. Notion synthétique qui inclut quatre composantes : la production cumulée à la date de lévaluation ; les réserves des champs déjà découverts restant à produire (réserves prouvées) ; la croissance de ces réserves en fonction des améliorations technologiques (réserves probables) ; les ressources des gisements qui seront découverts dans lavenir (réserves possibles). Ressources existant physiquement dans le sol avant le tout début dextraction. Part de la ressource totale dun gisement qui peut être extraite dans un état donné de la technologie. Trillions de cubic feet Tonne-équivalent pétrole. Unité dénergie commune aux différentes sources.

22

Introduction.
La chute de lURSS créa une nouvelle organisation internationale, et le premier changement auquel il donna lieu, cest sans doute, la modification de lordre géographique internationale, avec lapparition de 15 nouveaux pays sur le territoire de lancien empire. Ces nouveaux États, à leur tour, tentèrent de profiter de cette occasion que lhistoire leur a offerte, pour sexprimer sur la scène internationale, sentir et faire sentir les vertus de lindépendance aussi bien dans les domaines politique, économique, social et culturel que dautres. LAzerbaïdjan, comme dautres États de cette nature décida de jouer avec ces atouts. Dans ce contexte, le meilleur argument pour ce pays, sont ses ressources énergétiques, plus précisément le pétrole et dans certaine mesure le gaz naturel. Cest ainsi quil décida dexploiter ses ressources pour jeter les fondements dune économie solide nationale, pour créer son appareil politico-administratif, pour améliorer la vie socio-culturelle de son peuple, et ainsi de suite Pourtant, comme tous les nouveaux États indépendants, il faisait face aux problèmes objectifs : manque dinfrastructure, de financement, de technologie, de savoir-faire. Pour les obtenir, il navait quune seule possibilité : souvrir à lextérieur, et surtout à lOccident. Déjà, pendant lhiver 1991, des initiatives particulières avaient été prises en vue de créer des conditions pour le développement du pétrole sur la péninsule dApchéron. Suite à un projet de développement décidé conjointement par lIndustrie de Pétrole et de Gaz de lURSS ainsi que le Conseil des ministres de lAzerbaïdjan SSR du 18 janvier 1991, un décret fut adopté afin de lancer un appel doffres de la fondation dun joint-venture, incluant lAssociation de Production CaspMorNeft pour exploiter et développer le champ off shore « Azéri ». Les résultats de cette compétition étaient encourageants : lune des grandes compagnies mondiales de pétrole celle des États-Unis, Amoco remporta le contrat en juin 1991 en vue de conduire la gestion du gisement. Plus tard, lalliance BP/Statoil, ainsi que les sociétés Unocal, McDermott et Ramco sengagèrent dans ce projet. Amoco conserva la gestion et obtenu 45 % de toutes les parts appartenant aux compagnies occidentales. Dans lensemble, les parts comprises dans cet accord étaient supposées être distribuées comme suivant : lAzerbaïdjan retiendrait 85 % dintérêts dans le projet tandis que les nouveaux 23

groupes obtiendraient seulement les 15 % de part complémentaires. Pourtant, les changements au sein de ladministration azerbaïdjanaise bouleversèrent tout. Les premiers mois dindépendance étaient très agités. Le printemps de lannée 1992 se caractérisa par un combat entre différents groupes afin de prendre la direction du gouvernement et du pays. Laboutissement de ces événements amena le Front Populaire au pouvoir, qui dès lors, entreprend de profondes réformes économiques. Laffaire pétrolière déjà lancée, fut dès lors suspendue. À cette époque, cest Azneft, la société de production pétrolière de propriété étatique, qui se charge de conduire, avec les compagnies occidentales, les négociations sur lexploration et le développement des champs pétroliers dans le secteur azerbaïdjanais de la Mer Caspienne. Or, le 7 Septembre 1992 est signé un autre accord, cette fois-ci, avec lalliance de deux compagnies européennes - BP et Statoil. Celui-ci obtint le droit exclusif dexploration du champ Dostlug ainsi que celle de la zone de Shakh-deniz. Les parties contractantes partageaient un nombre de parts égales dans le projet. Par ailleurs, BP/Statoil convint de payer 30 millions de dollars pour le droit exclusif de développer ces champs. En mars 1993, le second accord préliminaire fut signé entre BP/Statoil et SOCAR en vue de coopérer étroitement sur lexploration des champs « Chirag » et « Shah-deniz ». À cette époque, BP possédait déjà 19 % dintérêts dans le projet pour développer le champ « Azeri ». Bientôt, au début doctobre 1992, le troisième accord fut signé cette fois-ci avec la compagnie américaine Pennzoil. Celui-ci stipule que la compagnie obtient le droit de participer au développement du champ « Guneshli », où les pétroliers Azéris avaient produit le pétrole brut depuis 1980. Ainsi, les investisseurs étrangers accédèrent aux quatre champs off shore « Azeri », « Shakh-deniz », « Chirag » et « Guneshli ». Un projet soumis par la compagnie américaine Unocal qui consiste à réunir les travaux de recherches dans lensemble des trois champs fut appuyé par SOCAR. La proposition naboutira effectivement quen octobre 1992. Quelques mois plus tard, lAzerbaïdjan informa Pennzoil, Amoco et BP de son désir de réunir les trois projets sous un seul avec un management unique. Les compagnies alors, ny voyaient aucun inconvénient et acceptèrent de fait de mettre en commun ce travail, mais alors en tant que membres du consortium unique.

24

Dans les processus de négociations ultérieures, TPAO, compagnie pétrolière turque, sengagea comme membre de laccord. BP délégua une fraction de ses parts à cette compagnie. En même temps, lAzerbaïdjan a refusé les demandes similaires des compagnies telles que Total, LUKOIL et NICO. Cela- et nous le constaterons bien plus tard- a été lune des erreurs les plus graves commises par Front Populaire. Au milieu du mois de Mai, les compagnies signèrent le sixième et dernier mémorandum du programme de travail unique dans lensemble des trois champs ; cest alors que la question de lunification est entrée dans sa dernière phase. À cette époque, parmi ses membres se trouvaient BP/Statoil, Pennzoil/Ramco, Amoco, Unocal, TPAO, et Mc.Dermott. Le 5 Juin 1993, le Conseil des Directeurs de SOCAR annonça lors dune déclaration, sa décision de réunir toutes les activités engagées dans les champs « Azeri », « Chirag » et « Gunesli ». Parmi toutes les compagnies étrangères, seulement TPAO ne présenta pas publiquement son consentement aux plans de SOCAR- cependant quil se joindra à cette déclaration commune plus tard-. Avec les nouvelles conditions, SOCAR obtient 70 % dintérêts dans le projet et le reste des parts est alloué aux autres participants du Consortium. Au mois de Juin 1993, la délégation azerbaïdjanaise devait se rendre à Londres pour conclure un accord avec les compagnies pétrolières dans le cadre de la prospection et de lexploitation des hydrocarbures de la Mer Caspienne. Dans ce projet, il était prévu quun montant denviron 8 milliards de dollars pour une réserve de 4 milliards de barils de pétrole dont lextraction prendrait une durée de 30 ans serait investi, mais aussi la construction dun oléoduc qui relierait les champs pétroliers azéris au port méditerranéen turc de Yumurtalik au prix de 1,4 milliard de dollars : mais le coup dÉtat qui eut lieu contre le président Eltchibey changea complètement le cours des choses. Heydar Aliyev, le président du Soviét Suprême de lAzerbaïdjan et en cette qualité, assumant les responsabilités du poste vacant du président azerbaïdjanais, décida de mettre fin aux négociations, car il avait « reçu des signaux et des informations que le projet du contrat envisagé avait certains inconvénients, certaines erreurs et que le projet sous cette forme nétait pas favorable aux intérêts de la République Azerbaïdjanaise ». SOCAR invita des experts indépendants des pays occidentaux, des États-Unis, du Canada et dautres pays encore pour la première étape du travail de préparation du projet. Puis les négociations 25

poursuivirent à Londres. Pourtant le projet préparé à Londres ne fut pas accepté par le président Aliyev. En effet, il avait donné des instructions à SOCAR afin de préparer avec les scientifiques de la République, des professionnels pétroliers, la position de lAzerbaïdjan dans les négociations quil aurait jugées acceptables. Le 4 Février 1994, M. Aliyev demanda à SOCAR de poursuivre les pourparlers sur les bases de ces principes. SOCAR continua donc les négociations avec les compagnies pétrolières occidentales à Bakou et, sur la demande de ces compagnies, celles-ci furent prolongées à Istanbul et complétées en juillet. Le 21 juillet 1994, la délégation de SOCAR prit part à ces négociations à Houston, aux États-Unis, sur linvitation du consortium des compagnies pétrolières occidentales où elle est restée 45 jours pendant lesquels celle-ci avait travaillé sur le projet du contrat. Dès larrivée de la délégation azerbaïdjanaise de Houston, le Président Aliyev, satisfait du projet, décide alors de signer avec les autres compagnies. Le contrat « Azeri-Chirag-Guneshli » (ACG) fut signé entre lAzerbaïdjan et les compagnies étrangères, le 20 septembre 1994 et ratifié le 12 décembre 1994. Ce contrat qualifié « Contrat du siècle » prévoyait lextraction sur 30 ans (1995-2025) de 511 millions de tonnes de pétrole dans les trois gisements pétroliers de la Mer Caspienne. La production initiale de 120.000 barils par jour devrait atteindre 200.000 b/j fin 1999, 400.000 fin 2002 et 700.000 en 2025. Les investissements prévus devraient atteindre 7,5 milliards de dollars, lAzerbaïdjan sétant vu attribuer 70 % des bénéfices réalisés par le consortium. Les 30 % restant se sont vues partagées entre les compagnies américaines Amoco (17,01 %), Unocal (9,52 %), Pennzoil (9,82 %), McDermott (2,45 %), la compagnie anglaise British Petroleum (17,13 %), et la compagnie Ramco (2,08 %), la compagnie norvégienne Statoil (8,56 %), la compagnie russe LUKOIL (10 %), la compagnie turque TPAO (1,75 %), la compagnie saoudienne Delta Oil (1,68 %) et SOCAR (20 %), qui ont formé en décembre 1994, l « Azerbaijan International Operating Company » (AIOC), en charge de la réalisation de laccord. Ainsi, en signant le contrat pétrolier avec 11 sociétés pétrolières de 7 États pour lexploitation de pétrole dans les gisements « Azeri », « Chiraq » et « Gunashli » qui se trouvent dans le secteur azerbaïdjanais de la Mer Caspienne, en 1994, lAzerbaïdjan déclencha une nouvelle étape de la politique énergétique : cétait le plus grand contrat pétrolier du siècle. Pourtant, lAzerbaïdjan ne sest pas arrêté là : entre 1994 et 2001, il a signé 21 grands contrats pétroliers avec 35 compagnies 26

pétrolières de 21 pays étrangers, le montant total des investissements directs étrangers dans le secteur pétrolier azerbaïdjanais avait prévu environ 60 milliards de dollars américains. Les pays participant à ces contrats sont les États-Unis (présents dans 15 contrats avec 11 compagnies), la Russie (présente dans 7 contrats avec 2 compagnies), la Grande-Bretagne (présente dans 6 contrats avec 4 compagnies), la Turquie (présente dans 4 contrats avec 1 compagnie), le Japon (présent dans 4 contrats avec 5 compagnies), lItalie (présente dans 4 contrats avec 2 compagnies), la France (présente dans 3 contrats avec 2 actuellement 1- compagnies), la Norvège (présente dans 3 contrats avec 1 compagnie), lArabie Saoudite (présente dans 3 contrats avec 1 compagnie), lIran (présent dans 2 contrats avec 1 compagnie), le Canada (présent dans 2 contrats avec 2 compagnies), lEspagne (présente dans 1 contrat avec 1 compagnie), la Belgique (présente dans 1 contrat avec 1 compagnie) et lAllemagne (présente dans 1 contrat avec 1 compagnie). Le pétrole de la Caspienne représente pour lAzerbaïdjan un moyen pour atteindre ses objectifs. Pour lAzerbaïdjan, la signature du « Contrat du siècle » et dautres contrats pétroliers représente lémancipation, la liberté, lindépendance par rapport à loccupation des puissances étrangères. Mais principalement, elle représente pour lAzerbaïdjan, son ouverture au monde, la garantie de la stabilité et de la sécurité pour le pays. Donc, la sécurité est à la fois la raison et laboutissement de ce contrat. La signature du « Contrat du siècle » constitue un atout exceptionnel pour le développement économique de lAzerbaïdjan qui envisage par ailleurs de renforcer les bases de la coopération régionale et internationale. Mais surtout, lobjectif essentiel des contrats pétroliers est de résoudre le conflit arméno-azerbaïdjanais. Ainsi, ces arguments nous conduisent à analyser la stratégie pétrolière azerbaïdjanaise selon trois axes : laxe économique, laxe juridique concernant la question du statut de la Mer Caspienne et laxe géopolitique. Pour lAzerbaïdjan, le pétrole est la plus importante richesse naturelle de la République et du Peuple azerbaïdjanais. Depuis lantiquité, lAzerbaïdjan est le pays du pétrole, qui possède dautres richesses naturelles telles que le gaz naturel. Cest la raison pour laquelle lAzerbaïdjan était nommé « pays des feux ». La période avant la révolution soviétique, représente la première étape de lhistoire de lindustrie pétrolière azerbaïdjanaise. Pendant cette période, le monde 27

entier sétait servi du pétrole azerbaïdjanais. Puis, la période de la domination du régime soviétique constitue la deuxième étape de lhistoire de lindustrie pétrolière azerbaïdjanaise lors de laquelle le pétrole, la plus importante richesse naturelle de lAzerbaïdjan fut utilisée au nom de lintérêt de lUnion Soviétique. La période depuis la chute du régime soviétique est la troisième étape de lhistoire de lindustrie pétrolière azerbaïdjanaise où lAzerbaïdjan devenu une république indépendante, détermine son destin et obtient les possibilités dutiliser librement ses ressources naturelles. Le pétrole qui occupe la place primordiale dans léconomie azerbaïdjanaise doit apporter les revenus considérables qui seront investis pour développement dautres secteurs industriels de sorte de ne pas être dépendant seulement du pétrole. Pourtant, lexistence des ressources naturelles nest pas suffisante en soi, car pour les exploiter, il existe certains problèmes à régler. Lun de ces problèmes consiste à déterminer le statut juridique international de la Mer Caspienne. Le point de vue de la République Azerbaïdjanaise sur la question de partage de la Mer Caspienne est fondé sur le principe de partage sectoriel qui est reconnu dans la pratique internationale. Selon lAzerbaïdjan, même pendant l'époque de la juridiction de deux États (URSS et Iran), la Mer Caspienne et ses réserves minérales n'étaient pas l'objet de l'usage commun. Les pratiques pendant longtemps appliquées, qui sont un élément inséparable du statut juridique de la Mer Caspienne, prouvent que le principe de l'exploitation sectorielle a dominé dans la mer Caspienne. Les traités russo-iranien et soviéto-iranien de 1921 et 1940 ne réglaient pas les questions de l'exploitation et l'exploration des ressources minérales de la mer Caspienne. Dans des conditions où ces traités ne répondent pas aux réalités de lépoque, ils perdent de leur sens. La préparation d'un nouveau statut de la mer Caspienne devient inévitable. LAzerbaïdjan soutient le partage suivant la ligne médiane du fond de la mer en secteurs nationaux avec le principe déquidistance par rapport à la ligne de base. Pourtant, certains problèmes réels, de nature géopolitiques, empêchent darriver à une solution acceptable pour tous. Selon les arguments azerbaïdjanais, en raison de ces ressources pétrolières, il y a énormément de « jeux politiques » autour de lAzerbaïdjan. Les voisins proches et lointains prennent part à ces jeux. Il ny a pas de romantisme ni de populisme dans laffaire pétrolière à léchelle mondiale, puisquen se joignant à ce « jeu » déjà déterminé dans laffaire pétrolière à léchelle mondiale, on doit connaître sa place et jouer avec les règles admises. Ayant un tel trésor tel que le pétrole, lAzerbaïdjan devient 28

lobjet des intérêts et des convoitises des compagnies internationales pétrolières et de plusieurs États, dont les intérêts se croisent en Azerbaïdjan. La région Caspienne, grâce à sa richesse économique, occupe une place géopolitiquement stratégique. Cest pourquoi, elle fait lobjet dun « jeu » géopolitique, aussi bien à léchelle régionale que mondiale entre des grandes puissances telles que les États-Unis dAmérique, lUE, la Russie, lIran, la Turquie, lIsraël, la Chine, et le Japon qui veulent jouer leurs atouts. Cest pourquoi, les dirigeants azéris veulent que lAzerbaïdjan devienne une zone de coopération entre différents intérêts et non une arène de rivalité. Bien sûr, le gouvernement azerbaïdjanais, grâce à son président « charismatique » Haydar Aliyev, ancien membre de Politburo et ancien Général de KGB, un homme politique internationalement connu pour sa sagesse et son expérience et considéré par les citoyens de lAzerbaïdjan en tant que « seul et unique personnalité capable de sortir le pays du chaos, de sauver lÉtat de lanarchie et de se sacrifier pour le bien de son peuple », a essayé de tirer son bénéfice dans cette compétition que lon qualifierait de « New Great Game ». Pourtant un petit état comme lAzerbaïdjan, comment arriverait-il à survivre dans cette « guerre dintérêts » des Grandes Puissances ? Convaincu par les vertus de la diplomatie déquilibre, lAzerbaïdjan cherche à établir une forte coopération entre les pays de la région pour remplacer la rivalité en vue de garantir la sécurité régionale. Cest ainsi que lAzerbaïdjan a décidé dintégrer dans les contrats pétroliers les États rivaux. Et même le pétrole, souvent perçu comme source de rivalités, est considéré par le gouvernement azerbaïdjanais comme un moyen efficace pour résoudre le conflit avec lArménie qui est inculpée par ce dernier comme un État agresseur, directement responsable de loccupation de 20 % de son territoire. Selon lAzerbaïdjan, ce même conflit est lexemple typique du résultat des jeux politiques joués autour de la région Caspienne et de ses ressources énergétiques. Dans cette recherche, lobjectif principal nest pas lanalyse de la place du pétrole dans sa politique extérieure ni limpact du pétrole sur la politique extérieure de lAzerbaïdjan (ce qui nest pas non plus exclu de notre objet détude), mais plutôt lanalyse des arguments azerbaïdjanais concernant le Pétrole de la Caspienne, exprimés à travers sa politique extérieure. Cest ainsi que nous avons décidé de commencer chaque partie, chaque chapitre ou chaque section (quand et sil était nécessaire) par une ou plusieurs citations des officiels azerbaïdjanais (de préférence dHeydar Aliyev, étant donnée que conformément aux principes du 29

système présidentiel, la politique extérieure se trouve sous le monopole du président de la République ou dIlham Aliyev, soit en tant que Viceprésident du SOCAR, soit en tant que Président de la République) et analyser la partie, le chapitre ou la section en question à la lumière de cette citation. Autrement dit, nous avons essayé danalyser la « véracité » des arguments exprimés à travers la ou les citations en question. Les principales sources bibliographiques seront les textes et discours officiels de lAzerbaïdjan et les entretiens avec les diplomates et les dirigeants politico-administratifs azerbaïdjanais. Dans cette analyse, les arguments azerbaïdjanais seront confrontés aux avis des experts internationaux et des spécialistes du domaine tels que les pétroliers, les académiciens et les diplomates étrangers. Ces recherches se dérouleront en trois axes (économique, juridique et géopolitique), chacun représentant une partie. La Première partie intitulée « Histoire et économie du pétrole azerbaïdjanais » vise à examiner le développement historique de lexploitation, de la production et de lexportation du pétrole azerbaïdjanais jusquà nos jours. Dans cette partie nous allons essayer de découvrir limportance du pétrole de Bakou dans lhistoire économique du pays et de la région, la place du pétrole dans léconomie internationale actuelle et son caractère stratégique, la place du pétrole de la mer Caspienne dans léconomie actuelle, lapport du pétrole dans léconomie actuelle azerbaïdjanaise, les tentatives de lAzerbaïdjan en vue dexploiter ses ressources énergétiques, les clients potentiels des hydrocarbures azerbaïdjanaises et en dernier lieu, les différentes routes dacheminement des hydrocarbures de lAzerbaïdjan en tant que pays géographiquement enclavé, et aux clients internationaux. La Première Partie sera divisée en trois chapitres, car selon M. Heydar Aliyev, président azerbaïdjanais (1993-2003), le développement de lindustrie pétrolière azerbaïdjanaise suit trois étapes : la première étape étant la période davant létablissement du régime soviétique (chapitre 1), la deuxième sous le régime soviétique (chapitre 2) et la troisième après lindépendance nationale (chapitre 3). Dans la Deuxième Partie intitulée « La question du statut juridique international de la Mer Caspienne », nous allons essayer de découvrir la réglementation de laccès des États riverains dans la Mer Caspienne depuis larrivée de la Russie dans cette région, la situation pendant le régime soviétique, les problèmes posés depuis la chute du régime soviétique, le déroulement du processus de négociation entre les États riverains pour arriver à une solution acceptable pour tous, les 30