Leçons sur le changement politique en Afrique subsaharienne

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Depuis le début des années 1990, le changement politique a été consacré comme l'objet cardinal de l'analyse politique sur l'Afrique subsaharienne. Prisonnières d'un surenchérissement de l'aternance politique comme unique gage d'un véritable changement, les opinions savantes n'ont cessé d'osciller entre espérance enchantée et désillusion passionnée. Les conjectures à plusieurs voix rassemblées ici s'inscrivent à rebours d'une telle conception.

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Date de parution 01 décembre 2016
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EAN13 9782140024375
Langue Français

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Sous la direction de Janvier ONANA
LEÇONS SUR LE CHANGEMENT POLITIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Regards croisés sur le Cameroun
OMUPAC
Leçons sur le changement politique
en Afrique subsaharienne
Sous la direction de Janvier ONANALeçons sur le changement politique en Afrique subsaharienne
Regards croisés sur le CamerounObservatoire des mutations politiques en Afrique centrale et dans le golfe de Guinée OMUPAC
Du même auteur
Initiation à la science politique, La notion, le mode de connaissance, les savoirs, Paris, L’Harmattan, octobre 2009
Le sacre des indigènes évolués. Essai sur la professionnalisation politique, Paris, Dianoïa, mars 2004 © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10361-7 EAN : 9782343103617
SOMMAIRE
Avant-propos ....................................................................................................... 7
Ouverture Le changement politique dans l’analyse politique africaniste : objets, modes et modalités d’objectivation Janvier Onana ...................................................................................................... 9
Les crises de la politique et de la démocratie au Cameroun : des dynamiques en lien avec les luttes sociales autour du changement polyarchique Mathias Eric Owona Nguini .............................................................................. 41
Le passage à la biométrie au Cameroun : analyse des enjeux, des logiques et de la portée politique d'une technologie électorale Alphonse Bernard Amougou Mbarga ................................................................ 69
Émeutes de février 2008 au Cameroun De la mobilisation multisectorielle au « coup d’État » manqué ? Max Zachée Saintclair Mbida Onambele .......................................................... 93
Les zones grises des changements institutionnels au Cameroun : l’exemple de la problématique de la sécurisation de la nationalité camerounaise Blaise-Jacques Nkene ...................................................................................... 119
Les droits politiques africains en question : du « mimétisme » au « renouveau » ? L’expérience des révisions constitutionnelles de 1996 et de 2008 au Cameroun Jean Roger Abessolo Nguema ......................................................................... 133
Vers une nouvelle civilité électorale au Cameroun ? Nicolas Serge Ndock ....................................................................................... 155
L’aide internationale à la démocratisation de l’Afrique subsaharienne : entre intentions vertueuses et rémanences néocolonialistes et autoritaires Bertrand Ateba................................................................................................. 179
Vers la reconfiguration de l’État ? État des lieux de la décentralisation au Cameroun Max Zachée Saintclair Mbida Onambele ........................................................ 193
L’Église catholique dans les changements démocratiques au Cameroun : analyse des logiques d’actions politiques des clergés de Douala et de Yaoundé Albert Mandjack et Magloire Ndongmo.......................................................... 223
Mutations sociopolitiques et constitution d’une sphère publique démocratique au Cameroun Gaïus Fanyim................................................................................................... 239
Contre l’État, la société civile ? Jonctions et disjonctions de la sphère religieuse (d)’avec la sphère politique au Cameroun Janvier Onana .................................................................................................. 263
Bibliographie générale ..................................................................................... 289
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Avant-propos
L’on n’écrit jamais, prévenait Michel de CERTEAU, que d’un lieu, lieu dont on est fatalement porteur de tout ou partie des servitudes. Comme cela est vrai, il serait mal venu de taire et plus encore, de se dissimuler le contexte et les circonstances qui ont nourri les réflexions mises en dialogue dans cet ouvrage. Délicat fruit d’une aventure pédagogique et collective, ce livre est éloquemment marqué par cette double empreinte.
Il est le fruit d’une aventure pédagogique, et plus exactement, de notre séminaire de Master science politique de 2013-14, surLes dynamiques politiques dans l’Afrique contemporaine. C’est par conséquent au sens propre que, comme lesDouze leçons sur l’histoire d’Antoine PROST, il s’intitule Leçons sur le changement politique en Afrique subsaharienne.
Il est le fruit d’une aventure collective, mêlant indistinctement en une communion des intelligences, des enseignants-chercheurs de statuts différents et des apprenants, nourris par un intérêt partagé pour des problématiques politiques touchant l’Afrique contemporaine en général et le Cameroun en particulier, et soucieux d’en proposer des rationalisations.
Importants, les bénéfices du genre sont - l’on s’en doute - inversement proportionnels aux difficultés inhérentes à une écriture à plusieurs mains. La disputation intellectuelle, menée avec passion et sans complaisance, arrache au consentement facile, mais contre-productif, à dialoguer avec ses propres évidences. S’engager collectivement à faire le pari d’une « morale de l’inconfort » (selon la belle expression de Michel FOUCAULT), n’est-ce pas se préparer aussi à en payer le prix ?
L’on comprendra alors qu’il ne soit point donné au lecteur de retrouver bellement tracée, d’une contribution à l’autre, la lame de fond révélatrice d’une « intrigue » (au sens de Paul VEYNE) aux contours fermes, ou, à plus forte raison, d’une cohérence stricte des partis pris épistémologiques. D’un mot, invite est faite à emprunter des « entrées » sélectives, présentées dans un ordre aléatoire ; à découvrir librement, les unes après les autres, les pièces éparses d’un puzzle à configuration variable. Il va de soi que chaque contributeur répond personnellement des opinions par lui émises.
Ouverture Le changement politique dans l’analyse politique africaniste : objets, modes et modalités d’objectivation Janvier Onana
Observations préliminaires La tâche qui m’est assignée à en juger par l’ordre des préoccupations que suggère le titre de cet exposé d’ouverture de notre séminaire revient à faire deux 1 choses précises . La première est de répertorier les phénomènes sociaux qu’habituellement, l’analyse politique africaniste prend en charge lorsqu’elle se donne pour enjeu de rendre raison du « changement politique ». La deuxième chose est de rendre compte des partis pris théorico-conceptuels, des opérations d’objectivation et des procédures d’inférence repérables dans les études africanistes récentes, du moins dans celles qui le plus font autorité. Je voudrais, qu’avant d’accomplir cet agenda, il me soit donné de faire quelques observations préliminaires sur le changement politique, notamment pour d’une part relever le sort paradoxal de cette thématique dans l’analyse politique en général et les études africanistes en particulier, et d’autre part faire un certain nombre de propositions tenant lieu d’autant de décisions de méthode.
Un impensé paradoxalement prospère :envisager d’étudier le changement politique dans l’Afrique d’aujourd’hui, voilà qui peut à première vue paraître une entreprise à la fois aisée et dépourvue d’intérêt. L’objet peut en effet sembler définitivement passé de l’ordre de l’énigme – où l’inscrivit (le réinscrivit ?) soudainement l’étonnement enchanté pour les « transitions 2 démocratiques » au détour des années 80 - à celui de l’évidence. C’est que bien 1 Ce texte est la version réaménagée de la leçon inaugurale dite le 5 février 2015 en ouverture des « Cafés Science po ». Je marque mes dettes à l’égard des participants à cette rencontre, notamment mes jeunes collègues du département de science politique, toute l’équipe des chercheurs de l’Observatoire des mutations politiques en Afrique centrale et dans le golfe de Guinée (OMUPAC), ainsi que nos auditeurs de la promotion 2014-15 du master de science politique. Ma gratitude va tout particulièrement à Gaïus Fanyim et Max Zachée Sinclair Mbida Onambele, qui ont assuré l’enregistrement et la retranscription de l’exposé, ainsi qu’à Jean Roger Abessolo Nguema, cheville ouvrière de cette mobilisation scientifique. 2  Suivant une estimation digne de foi, la littérature consacrée à la démocratisation en Afrique avoisine mille cinq cents références sur la période charnière de 1992-1995 (BUIJTENHUIJS et THIRIOT, 1995).
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