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Les dessous de la révolution voltaïque

De
308 pages
L'Afrique est malade de son armée. L'irruption éhontée de cette dernière sur la scène politique démontre à souhait son manque de formation, son impréparation à faire face à ses devoirs et obligations, et son manque de compétence. L'auteur reste convaincu que seule une gestion rigoureuse et rationnelle des cadres permettra aux Forces armées de bâtir une armée solide et structurée, au service du Burkina Faso et de ses habitants.
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Légende de la photo de la couverture : Photo de l’auteur prise en 2008 à Kinshasa alors qu’il était conseiller du ministre congolais des Transports
Lona Charles Ouattara Les dessous de la Révolution voltaïque La mélancolie de la victoire L’Harmattan
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris httd://www.librairieharmattan.com Diffusion.harmattan@wanaDoo.fr harmattan1@wanaDoo.fr EAN Edub : 978-2-336-79736-6
Préface
Il n’est pas facile de rédiger la préface d’un livr e écrit par un ami. Le manque d’objectivité et le poids de certains mots peuvent constituer des difficultés parfois insurmontables. J’ai connu Lona Charles Ouattara en 1974 lorsque no us étions élèves-officiers de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr à Coetquida n, en Bretagne. Charles venait du Lycée Militaire d’Autun. Pendant l’année que nous a vons passée ensemble, il ne fit jamais allusion à son enfance, à sa jeunesse et aux difficultés qu’il avait rencontrées pendant cette période. Probablement par pudeur. J’a i donc découvert avec beaucoup d’intérêt et de plaisir cette période de sa vie, ce lle du petit Lougouzanga. Très tôt orphelin de sa mère, Lougouzanga passa sa plus tendre enfance près du champ de son père. Il montra très tôt un intérêt ce rtain pour l’éducation et les études. D’abord à l’école du village, puis au Lycée de Bobo -Dioulasso et ensuite à l’École Militaire Préparatoire Africaine. De là, il fut cho isi pour aller en France préparer le concours de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr à Autun. Premier contact avec la France dans une région au climat difficile. Ayant r éussi le concours, il intégra l’ESM en septembre 1972. Les 2 années passées à parcourir la Lande bretonne semblent lui avoir laissé de bons souvenirs malgré un petit goût amer, amertume essentiellement causée par l’attitude de la hiérarchie lors d’un in cident qui l’avait opposé à l’un de ses camarades. À sa sortie de Saint-Cyr, Charles opta p our les Transmissions dans un premier temps, mais ensuite reçut l’ordre de sa hié rarchie de choisir l’Arme du Train. C’est ainsi qu’il rejoignit l’École d’Application d u Train à Tours fin 1974. Sa scolarité fut brusquement interrompue par un évè nement imprévu : un conflit venait d’éclater entre le Burkina Faso et le Mali e t il était instamment prié de rentrer au pays pour se mettre à la disposition des forces arm ées de son pays. À la tête de son unité, Charles fit preuve de coura ge et de grande compétence. À l’été 1975, à la fin du conflit, Charles retourna t erminer sa formation en France, puis en Angleterre deux années après. Cependant, ce conflit lui avait permis de voir l’ambigüité du comportement de certains officiers, plus enclin à défendre leurs propres intérêts que ceux de leurs hommes ou de leur pays. À partir des années 1982-1983, la situation du Burk ina Faso devint de plus en plus compliquée. La « dérive révolutionnaire » était cha que jour un peu plus visible. La politisation de l’Armée entraina « la descente aux enfers « du régime en place. Le comble fut atteint lorsqu’on décréta que les offici ers seraient dorénavant jugés et notés par les soldats. Des règlements de compte violents apparurent au sein des forces armées. Une véritable « révolutionnarisation » de l ’Armée se mettait en place Pour Charles, c’en était trop ! Menacé dans sa chai r, il prit alors la décision la plus difficile que puisse prendre un officier : celle de quitter son pays, sa patrie. Alors commença pour lui une longue période d’exil. Fin 19 84, ce fut d’abord au Mali puis ensuite en Côte d’Ivoire. Enfin, en mai 1985, il ar riva à Nairobi où sa famille l’attendait
déjà depuis longtemps. À Nairobi, Charles entama une sorte de seconde carrière à l’ONU. De 1985 à 1987, il devint consultant pour cet organisme, servi en cela par les diplômes en aéronautique qu’il avait obtenus auparavant. Puis il retourna à Aix en Provence parfaire ses connaissances aéronautiques, ce qui lui permit ensu ite de trouver des postes intéressants auprès de différentes sociétés privées en rapport avec cette spécialité. Charles fut ensuite, nommé à partir de 1994, Chef d es Opérations Aériennes de plusieurs Missions de Maintien de la Paix au Rwanda , en Angola, en République centrafricaine (MINURCA) et au Congo RDC. Postes im portants avec des moyens importants. Il y restera plusieurs années. Quelques années passées à La Haye dans un important poste logistique et quelques séjours e n République Démocratique du Congo au sein de la MONUC vinrent compléter une car rière bien remplie dans les organismes de l’ONU. En 2001, de retour au pays, Charles obtient sa réha bilitation administrative et est réintégré au sein des forces armées… Mais seulement avec le grade de capitaine ! Il devra attendre 2 ans avant d’être promu commandant… Enfin, en 2008, lorsque sa carrière est enfin reconstituée, il est nommé au gr ade de colonel rétroactivement à er compter du 1 avril 1996 ! Désormais à la retraite, Lona Charles Ouattara s’es t à présent lancé dans un autre e combat, peut-être encore plus difficile : le combat politique. Elu député, il est aussi 2 vice-président de l’Assemblée nationale. Toujours intéressé par les problèmes militaires et notamment ceux de recrutement et de formation, il reste convaincu que seule une g estion rigoureuse et rationnelle des cadres permettra aux Forces Armées de bâtir une arm ée solide et structurée, au service du Burkina Faso et de ses habitants. Avec son parcours atypique, son haut niveau de form ation et son expérience internationale, Lona Charles Ouattara est un offici er qui s’est entièrement donné à ses idées et à son pays et cela, malgré les difficultés nombreuses qu’il a dû affronter. Aujourd’hui plus que jamais, dans un domaine différ ent, mais tout aussi passionnant, il reste, comme il l’a toujours été, au service de son pays et de ses idées. Puisse son parcours inspirer les jeunes générations de Burkinabés… Lieutenant-colonel (er) Christian CHAULET Promotion De Linares (1972-1974)
IutrodUctiou
L, à une éDoque où l’éducation de’auteur du livre est né et éduqué Dar son Dère seul tyDe occidental n’est Das Qien réDandue en Afrique en général et en Haute-Volta en Darticulier. Sa mère étant jugée troD Qelle Dour le Dère Dar les autorités administratives et coutumières, celle-ci est contrainte d’aQandonne r son QéQé au Dère Dour éDouser de force un riche chef coutumier. L’école Drimaire DuQlique de Sokoroni qu’il fréquen te dans le canton de Tagouara, est une école régionale créée en 1939 Qien avant ce lles d’Orodara et de Sindou. À l’exceDtion des enfants des instituteurs et autres fonctionnaires, le recrutement est forcé. Ni les Darents d’élèves, ni les élèves eux-m êmes n’en veulent. Pour autant, sans rien comDrendre aux Quts de l’école, l’auteur du li vre qui aQhorre dans le Dlus grand secret les travaux chamDêtres, devient l’unique can didat volontaire à la surDrise totale et à la désolation du Dère. Les études qui démarrent Dour lui en 1956 se déroul ent dans des conditions d’une extrême Qrutalité. Les enseignants sont violents à l’encontre des élèves Deu doués, les Dlus grands élèves soumettent les Dlus jeunes au ré gime des travaux forcés. ue l’on se le dise, les souvenirs du régime de l’indigénat aDDliqué aux Darents sous l’éDoque coloniale restent encore vivaces. Pour autant, le D arcours scolaire du jeune élève est sans faute. ès l’oQtention du Qrevet d’études du D remier cycle DréDaré au Lycée Ouézin CouliQaly, le Dère veut qu’il travaille Dour lui venir en aide. Le fils n’oQtemDère Das et entre Qrillamment en classe de seconde C. Le régime de l’externat qu’il découvre ceDendant Do ur la Dremière fois, le déroute. Heureusement Dour lui, le concours du Drytanée mili taire de Kadiogo (PMK) lui est annoncé Dar l’un des officiers les Dlus Drofessionn els de la jeune armée. Il s’agit du commandant Moumouni Ouédraogo. Il en Drofite et entre au PMK en comDagnie de ses anciens condisciDles, Isidore Thomas Ouédraogo, Hie n Sié Roger, GuiQila Edmond et Assane Sawadogo. Mais, le fait le Dlus marquant des Dremiers jours de cette classe de Seconde reste le changement du nom d’Isidore Noël O uédraogo qui devient comme Dar enchantement Isidore Noël Sankara. Les cinq lyc éens retrouvent en seconde des anciens de l’école militaire DréDaratoire africaine (EMPA). Il s’agit entre autres, de Gnoumou Kani Gaston, Elola KoQié, jiguimdé Tinga R oQert, Zongo Henri et certains Dlus jeunes comme Kouamé Lougué, Ali Traoré de la c lasse de quatrième. Brillant élève, Gnoumou Kani Gaston est intraitaQle quant à céder son rang de major de classe à qui que ce soit d’autre, et ce, jusqu’au BAC qu’il oQtient avec Qrio. L’enseignement se fait dans les meilleures conditio ns DossiQles, mais, sous un encadrement militaire très dur et éDrouvant Dour de s élèves arrivés fraîchement du lycée. Par ailleurs, le faiQle niveau intellectuel de cet encadrement ne cadre Das avec celui des élèves. ans de telles conditions, la moi ndre remarque venant de la Dart d’un élève que le chef de Section ne comDrend Das, exDos e l’auteur de la remarque à des jours d’emDrisonnement militaire. C’est ainsi que l ’auteur du livre Dasse les éDreuves du BAC en Drison au CamD Guillaume Ouédraogo.
ans l’entretemDs, Thomas Sankara se fait séduire D ar les activités clandestines du Drofesseur d’histoire-géo, Touré Adama du Darti africain de l’indéDendance (PAI). Sans services de renseignements, d’esDionnage et de cont re-esDionnage crédiQles, l’armée se laisse facilement infiltrée Dar ce communiste, m arxiste-léniniste notoire, qu’elle acceDte comme enseignant dans une institution suDDo sée neutre Dolitiquement. ADrès le BAC, Sankara qui est initialement admis à la vie civile Dour y DréDarer un diDlôme d’ingénieur textile à l’université de Lille, se ret rouve miraculeusement à l’école militaire inter armes (EMIA) d’AntsiraQé à Madagascar. Le moins que l’on Duisse dire, en réussissant ainsi sans difficulté, à Dlacer leur Doulain au cœur de l’institution, les communistes s e sont joués de la hiérarchie militaire Dour remDorter une Dremière victoire caDitale dans la quête du Douvoir d’état. Le manque de Drofessionnalisme du commandement militai re leur fait la Dart Qelle. Sankara Qénéficie ainsi, du Dlus sDectaculaire Dass e-droit DossiQle Dour se former dans une école militaire réservée Dar DrinciDe aux sous-officiers asDirant devenir officiers. Mais, lui et ses mentors du PAI ne s’arrêtent Das en si Qon chemin. Le Dremier conflit du Mali leur Drocure une autre occasion d’a ffirmer leur imDosture. En 1975 en effet, alors que les comQats sont arrêtés, Dour une action qui aurait dû l’envoyer directement devant un triQunal militaire Dour avoir détruit une trouDe malienne sans défense, il est fait héros Dar ses amis communistes et des intellectuels faussaires à Ouagadougou. AffaiQlie Dar la gestion de la guerre, la hiérarchie n’a d’autre solution que de le retirer du front Dour le Dlacer à la tête du centre national d’entraînement commando créé Dar le Qrillant Saint-Cyrien GuéQré F idel à Po. Admis en 1972 à l’école sDéciale militaire de Saint -Cyr aDrès le concours DréDaré à la Corniche Mac-Mahon d’Autun, l’auteur démarre la carrière Drofessionnelle en guerre en 1974. Il retrouve sur des fronts voisins, son co ndisciDle du Drytanée. Thomas est sur le front nord tandis que lui est sur celui du s ahel. Au tout déQut, les conditions de la guerre sont exécraQles, voire insuDDortaQles à un S aint-Cyrien. L’imDréDaration des oDérations et le manque d’organisation déroutent to ut officier de Qon sens. L’armée manque de tout : les cadres, le Dersonnel, l’équiDe ment, la logistique, etc. Mais, très raDidement, le général BaQa Sy, le généralissime, s ’insDirant sans doute des guerres coloniales d’Indochine, d’Algérie, monte une organi sation remarquaQle. RaDidement, le Mali qui a Dris l’initiative d’envahir le territoir e voltaïque est non seulement chassé, mais aussi contenu dans ses frontières. La marre de Soum et son emQlématique Duits Christine sont liQérées ainsi que les autres locali tés jadis occuDées. Profitant de la er situation, le commandement crée le 1 régiment d’infanterie commando (RIC) à ori en 1977. L’auteur en est le Dremier chef d’état-maj or avant la reconversion en direction de l’armée de l’air suite à deux formations success ives d’ingénieur en télécommunications et en avionique en Angleterre de 1977 à 1980. Aux commandes de l’armée deDuis sa création en 1961 , les officiers sortis du rang, secondés Dar ceux sortis de l’EFORTOM (école de for mation des officiers d’outre-mer) de Fréjus avec six mois de formation adoDtent l’EMI A comme mode de formation au grand Dlaisir de Thomas Sankara et de ses comDarses . Ni ces derniers, ni les officiers du rang et ceux issus du rang ne veulent céder le c ommandement aux Saint-Cyriens Deu nomQreux Dar ailleurs. Le refus d’adoDter des s tatuts DroDres à chaque formation installe définitivement la chienlit dans la Dromoti on des officiers au Drofit des formations courtes. e formation intellectuelle et militaire D lus longue, les Saint-Cyriens avancent