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Les formes de l'activité politique

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Description

Ce livre se propose de montrer les orientations communes mais aussi la grande diversité des modes de travail des chercheurs se réclamant collectivement de la sociologie politique. Les contributions réunies dans cet ouvrage sont des dossiers argumentés sur les conditions de la formalisation et de la formulation de la politique, présentés en quatre parties : le mode de fabrication des institutions politiques, le libéralisme, l'Europe, la communication en politique.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 4
EAN13 9782130738886
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0255€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sous la direction de
Antonin Cohen, Bernard Lacroix et Philippe Riutort
Les formes de l'activité politique
2006
e e Éléments d'analyse sociologique (XVIII -XX siècle)
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2016 ISBN numérique : 9782130738886 ISBN papier : 9782130551508 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Préférant l'inventaire en termes d'état des lieux et les questions concrètes plutôt que les programmes en forme de manifeste, ce livre se propose de montrer quelques-unes des orientations communes, mais aussi la très grande diversité des façons de travailler, de chercheurs qui se réclament collectivement de la sociologie politique. Les sciences politiques naguère, et la sociologie de la politique qui en assume l'héritage désormais, ont, en effet, affaire à des groupes et des relations d'interdépendance auxquels la politique au jour le jour doit ses configurations, ses formes, ses visages et certains de ses enjeux. A partir d'une interrogation partagée sur les conditions historiques et les effets de la division du travail social, Les formes de l'activité politique rassemble, dans cette perspective, une trentaine de contributions qui sont autant de dossiers argumentés sur les conditions de la formalisation et de la formulation de la politique. Le livre ouvre notamment quatre dossiers de recherche fondamentaux et contemporains. La première partie s'arrête sur le mode de fabrication des institutions politiques. La deuxièm e partie revient sur le dernier dogmatisme à la mode, le libéralisme. En réinvestissant sociologiquement un objet politique surinvesti, la troisième partie prend le recul indispensable devant un enjeu majeur des passions publiques contemporaines : l'Europe. Un dernier dossier interroge l'évidence que semble être devenue, pour les acteurs politiques, le devoir de communiquer et qui apparaît aux politistes comme l'ultime avatar de la monopolisation de la politique par une catégorie ex tensive de professionnels de la politique.
Table des matières
Sur quelques formes de l'activité politique(Antonin Cohen, Bernard Lacroix et Philippe Riutort) L'importation de la référence sociologique dans les sciences politiques : éléments d'analyse réflexive(Bernard Lacroix) D'hier à aujourd'hui Point de vue sur la science, point de vue dans la science Première partie. La construction collective des groupes et des institutions politiques Entre les faits et les choses. La double face de la sociologie politique des institutions(Brigitte Gaïti) L'institution en codes L'institution en actes L'économie institutionnelle des consentements Du bureau au comité. La spécialisation du travail de l'assemblée constituante (1789-1791)(Christophe Le Digol) Des États généraux à l'Assemblée constituante Les fonctions sociales de l'Assemblée constituante La chambre des députés comme ressource et comme théâtre : la consécration de la cause proportionnaliste par le travail en Commission du Suffrage Universel (1902–1919)(Thomas Marty) L'institution parlementaire de la cause « proportionnaliste » Codes, coups et croyances dans la controverse proportionnaliste L'improbable codification des règles de la compétition interpartisane Les transformations d'une marque politique. Du CERES au MDC(Benoît Verrier) La formation d'un groupe. Des apprentissages en situation Les redéfinitions extérieures de la marque et ses effets sur la cohésion du groupe Les féministes françaises et la « parité ». Permanences et renégociations des partitions héritées de la décennie 1970(Laure Bereni) Les termes du débat : la parité est-elle une cause féministe ? Trajectoires militantes et prises de position sur la parité L'observation directe comme méthode pour la sociologie des institutions. À propos d'une enquête au Conseil supérieur de l'audiovisuel(Jean-Matthieu Méon) Les conditions de l'enquête : un stagiaire à la direction des programmes, une observation depuis les services Saisir les principes de fonctionnement de l'institution : des conseillers et des « services »
Comment devient-on « juge » des collectivités locales ?(Olivier Benoit) Un jeu de tensions internes au principe d'une pratique privilégiée La procédure de contrôle comme relation sociale L'examen de gestion comme instrument d'imposition institutionnelle des chambres régionales des comptes (CRC) dans une configuration institutionnelle élargie Deuxième partie. Genèses et mises en tradition du libéralisme De l'histoire des idées politiques à l'histoire sociale des idées politiques(Bernard Pudal) L'économie politique du paysan parvenu : une socio-analyse de François Quesnay, fils de laboureur, chirurgien, médecin du roi et physiocrate(Arnault Skornicki) Le dogme de la productivité exclusive de l'agriculture et la promotion du fermier, type social idéal La socialisation primaire de Quesnay et le mythe de la prédestination du « philosophe rustique » Quesnay des champs, Quesnay des villes Un « paysan parvenu » : Quesnay, la Cour et la république des Lettres Conclusion : Comment devient-on économiste à 60 ans ? Genèse et activités du groupe doctrinaire (1815-1821). Contribution à une sociologie historique du libéralisme(Xavier Landrin) La construction d'un ordre politique stabilisé La dynamique d'une radicalisation conservatrice Tocqueville « libéral », ou les fortunes d'Aron(Claire Le Strat et Willy Pelletier) Des mises en tradition Tocqueville pour expertise Concurrences académiques et traditionnement Une référence sociologique Tocqueville dans lesAnnales Un intellectuel total « Staying on benefits will no longer be an option. » Le New Labour et la « théorie de la dépendance sociale »(Jérôme Tournadre-Plancq) Apprivoiser lesThatcher's children Aux origines duNew Welfare Consensus L'importation duNew Welfare Consensus Une simple « américanisation » de la doctrine sociale travailliste ? Renouveau d'une tradition travailliste Troisième partie. Espaces sociaux de l’Europe politique Une sociologie politique des processus d'européanisation en constitution ?(Didier Bigo)
La construction européenne au carrefour du national et de l'international(Yves Dezalay et Mikael Rask Madsen) L'Europe, un champ-carrefour L'Europe comme opportunité politique Le « double double jeu » de la recherche sur l'Europe « Biographies relationnelles » de l'Europe : stratégies d'entretiens Conclusion L'Europe en Constitution. Professionnels du droit et des institutions entre champ académique international et « champ du pouvoir européen »(Antonin Cohen) Experts et entrepreneurs dans la genèse d'une Constitution européenne La Convention européenne dans son espace social et politique transnational Conclusion Des mobilisations sous (inter)dépendances. Une approche configurationnelle du militantisme fédéraliste en Europe(Julien Weisbein) Souligner la dimension relationnelle du processus de construction européenne : les fédéralistes dans un espace communautaire d'interdépendances Tenir les deux bouts de la chaîne : les entreprises politiques fédéralistes comme mobilisations « transnationales » Un espace communautaire de redéfinition des habitus ? Le militantisme fédéraliste comme militantisme expert Pour une sociologie de l'« apolitique » : acteurs, interactions et représentations au cœur du gouvernement de l'Union européenne(Olivier Baisnée et Andy Smith) Un état des lieux déconcertant : la sociologie politique et l'Union européenne Vers une sociologie de l'« apolitique » : le gouvernement de l'Union européenne et le politique D'où parlent-ils ? Les logiques d'énonciation publique du politique communautaire Quatrième partie. Les professionnels des médias et leurs politiques Les médias et la communication dans l'analyse sociologique de la politique. Remarques introductives, rétrospectives et prospectives(Jacques Gerstlé) Vers une écologie de l'information La désagrégation de l'opinion publique Qui reçoit quelle influence ? Le journalisme politique d'une République à l'autre. Les conditions de transformation des pages « Politique » de la presse écrite française (1945-1981) (Nicolas Kaciaf) Les conditions de perpétuation d'une logique de publicité (1945-1960) Les conditions de transformations des rôles journalistiques (1960-1981) Le désenchantement des journalistes politiques. Une comparaison France/Italie (Eugénie Saitta)
Transformations des modes de socialisation politique et infléchissement de l'illusio politique Transformation des légitimités et rhétoriques professionnelles Affaiblissement du sentiment d'appartenance au service politique Quand les conseillers en communication produisent des professionnels de la politique à leur image : le « cas » Bernard Tapie(Philippe Riutort) La politique vue de la communication Bernard Tapie, ou l'utopie communicationnelle en actes Une cause trop entendue. La Bosnie dans les élections européennes de 1994 (Erwan Poiraud) Une cause qui « parle » Entrer en politique La construction médiatique de la « liste Sarajevo » Faire et défaire une liste Second marché médiatique et carrière politique. L'exemple de Roselyne Bachelot (Pierre Leroux et Philippe Teillet) Les transformations de l'espace politico-médiatique De la promotion à la disqualification Le pouvoir de la télévision ? Sornettes, vieilles lunes et nouvelles approches(Éric Darras) Montrer et voir : Comment mesurer les enjeux médiatisés ? Du dire au croire : de l'opinion à ladoxa Du croire au faire Les transferts théoriques commeArs inveniendi. « Science des œuvres » et science de la politique(Anna Boschetti) Principes théoriques généraux Sciences sociales et littérature. Enjeux théoriques Bourdieu et la science de la politique Les Règles de l'artet les « règles » de la politique Illusioet enjeux Structure et interaction Formes de capital Trajectoireversusbiographie L'offre et la demande Les conditions du changement
Avant-propos
Sur quelques formes de l'activité politique
Antonin Cohen
Bernard Lacroix
Philippe Riutort
ien que la sociologie soit partout présente dans les formes canoniques de Bdiffusion des savoirs académiques sur la politique, aussi bien dans les titres de manuels et les intitulés de cours (sociologie politique) que dans les ouvrages de vulgarisation (sociologie de la vie politique), sur des objets nationaux (sociologie des partis politiques, sociologie des mouvements sociaux) ou internationaux (sociologie des relations internationales, sociologie de la construction européenne), cette référence commune à un label partagé ne fait que masquer la très forte disparité des pratiques que recouvre ce renvoi àlasociologie. Les articles présentés dans cet ouvrage n'échappent pas à ce constat. Le colloque dont ils sont issus avait ainsi permis à chacun de se confronter à l'hétérogénéité des partis pris de méthode en matière de science politique, discipline académique dans laquelle s'inscrivent la plupart des auteurs, et, éventuellement, de confronter les points de vue théoriques en matière de sociologie de la politique, à laquelle chacun aspire. Le livre ne saurait donc, à la suite de ce colloque[1], se présenter comme un manifeste sociologique, parfaitement homogène dans ses approches, parfaitement accordé dans ses résultats. Il nous paraît néanmoins important de souligner dans cet avant-propos deux axes d'analyse communs à tous les articles présentés ici, qui les distinguent de toute une série d'autres travaux qui ont pour objet la politique, et qui pourraient ainsi servir de guide à la lecture de cet ouvrage : - l'attention portée aux groupes sociaux les plus variés dans la construction des formes pratiques et symboliques de l'activité politique ; et, en particulier, aux propriétés sociales et aux représentations collectives des agents qui contribuent à faire exister ces différents groupes. Si les articles réunis ici couvrent une période étendue qu'il serait artificiel de vouloir unifier sans revenir longuement sur tous les processus conjugués qui ont favorisé l'autonomie relative d'un espace proprement politique, sous l'effet (notamment) de la spécialisation de l'activité électorale et de la professionnalisation du personnel parlementaire, il est néanmoins nécessaire d'attirer l'attention sur ce que ces articles apportent, sous cet aspect, à l'analyse sociologique de la politique, en montrant ce que les entreprises qui ont trait à la conquête des positions électives ou bureaucratiques au sein de l'État parlementaire doivent à toutes les activités qui, sans être
immédiatement intéressées aux produits de cette con quête, contribuent durablement à la construction sociale des formes dans lesquelles sont rendues possibles et pensables ces entreprises. Loin de tous vivre « de » et « pour » la politique, toute une série d'agents et de groupes participent ainsi conjointement à la construction sociale de la politique, c'est-à-dire notamment à la définition des « règles » et des « frontières » du champ politique. Outre que le processus de division du travail social qui a vu l'émergence d'un champ politique relativement autonome dans son fonctionnement a pu contribuer à structurer durablement les relations entre ces différents groupes, d'une part, et ceux qui se sont imposés au cours de ce processus comme des « professionnels de la politique », d'autre part, on verra en effet que des agents très divers, à la fois dans leurs propriétés et dans leur position relative, et en particulier dans les champs bureaucratique, académique ou médiatique, participent en même temps, bien qu'inégalement, à la définition des « règles du jeu » politique, formelles (les modes de scrutin ou les constitutions) ou informelles (les stratégies de communication ou de démarcation), à la structuration des « arènes » où la politique se joue (les assemblées parlementaires ou les sociétés de pensée) et se juge (les autorités administratives indépendantes ou les organes juridictionnels de contrôle), ainsi qu'à la définition et à la redéfinition des « frontières » (nationales ou mentales, matérielles ou symboliques) où commence et où s'arrête la politique, à l'invention et à la formalisation des « théories » économiques (le riche fermier) ou sociales (leWelfare State) qui orientent l'action politique, et à la production et à la reproduction des « idéologies » (le libéralisme ou le travaillisme) et des « labels » (le féminisme ou le fédéralisme) autour desquels se rassemblent et s'affrontent les « professionnels de la politique ». En même temps que ce processus de division du travail social continue de structurer l'espace nationalettransnational dans lequel se déploient désormais ces entreprises politiques – l'autonomisation du champ politique apparaissant d'autant plus tangible sur la longue durée que lecoût différentiel des conversions de capital qui accompagnent les franchissements de « frontières » se fait plus élevé pour les « non professionnels » de la politique – il donne en effet sa « configuration » spécifique aux interdépendances élargies entre ces différents groupes d'élites ; configuration dont la force contraignante sur les « acteurs » de la politique, quelle que soit sa structure historique localisée, « champ du pouvoir » ou« power elite », devrait interdire d'analyser les différentes activités sociales qui contribuent à la construction de la politique comme autant d'isolats sociaux. En ouvrant quatre « dossiers » apparemment hétérogènes dans leur objet – et en donnant (plus que d'accoutumée) voix au chapitre à de « jeunes chercheurs » –, l'ambition est ainsi de lutter, même modestement et provisoirement, contre une forme institutionnalisée de spécialisation de la recherche et de délimitation de ses objets – et ce d'autant plus que la crise de reproduction que celle-ci traverse aujourd'hui, dans laquelle tous ces chercheurs sontpris, renvoie chacun à la revendication de sa propre distinction – qui laisse la question de l'articulation des différents mondes sociaux qui concourent conjointem ent à donner forme à la politique aux bons soins de doctesArnheimtels qu'au salon de Diotime. La première partie de l'ouvrage est consacrée à un terrain de recherche – les