Les politiques africaines de paix et de sécurité

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Français
208 pages
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Les conflits armés et les facteurs d'insécurité, qui ont condamné l'Afrique à la misère et à une autodestruction assistée, vont décider les acteurs africains à pousser très loin leur réflexion sur l'intégration africaine, en faisant de la recherche de la PAIX et de la SECURITÉ, un préalable à tout développement qui se veut durable. Le bilan des politiques de Paix et de Sécurité ainsi mises en place par les acteurs africains est plutôt encourageant puisque le nombre de conflits armés a significativement diminué.

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Date de parution 01 avril 2010
Nombre de lectures 191
EAN13 9782296241923
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Les politiquesafricainesdePaixetdeSécurité

DocteurJeanDelorsBIYOGUE-BI-NTOUGOU

LespolitiquesafricainesdePaixetdeSécurité

© L’Harmattan,2010
5-7,rue de l’Ecole polytechnique,75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanado.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-10451-8
EAN : 9782296104518

Lorsque j’écrivaisce livre, j’avais sanscesse
présentàl’esprit, lesouvenirdes soldatsde l’Union
Africaine mortspourla PAIX auDarfour,ainsique
celui desmillionsdecivils victimesdesconflitsarmés.

Cesouvenir, je le partageavecmonbeau-frère,
PatriceDE REGNAUCOURT,JeanGillardOBAME
NTOUGOUmon frère, etAnneMOUGNERES, mon
amie.

INTRODUCTION

Lafin de la secondeguerre mondiale,aintroduitle
monde, dans unesorte dequestionnementetderecherche,sur
l’orientationqu’il fallaitdonner aux relationsinternationaleset,
surtout,surladétermination descontoursdunouvel ordre etde
lasécurité internationale,quetoutesles Nationsdumonde,
appelaientdetousleurs vœux,aprèsles traumatismes
consécutives à cesdeuxguerres.
Cettequête desensetdeschémad’un dispositif
sécuritaireadaptéaucontexte,aurapour révélateurs, les
différentsévénements qui,touten étantdes tentativesde
réponses à cetterecherche,vont constituerdes repèresde la
périodisation de l’histoire internationale post-guerresmondiales.
Si laguerre étaiteffectivementinexistante entant que
telle, dufait qu’il n’yavait plus d’antagonismes ouvertsentre les
puissances, le nazismeayantété misen déroute, les relations
qu’entretiendrontlesdeuxgrands vainqueursde la seconde
guerre mondiale, n’irontpasdanslesensd’instaurerlapaix, la
sécurité etla stabilité dansle monde.Leursdivergencesdevues
surles systèmeséconomiques àencouragerdansle monde, etles
régimespolitiques àinstaurer, envue d’assurerl’équilibre
mondial etlerapprochementdesNations, d’une part, etde
l’autre, l’obsession d’exercerla suprématie mondiale,
manifestée par chacune d’elles, vontcréerd’autres typesde
tensionsdansle monde, lesquelles vontconstituer une menace
permanente d’éclatementd’uneautre guerre.Cependant, par
Etatsdu Sud interposés, ils serontenconflitpresque permanent :
c’étaitlaGuerre Froide.
Avec Jean-JacquesROCHE, onretiendradecette
époquequ’elle fut celle de «la découverte des règlesde
1
fonctionnement du systèmebipolaire. »

1
Voir JeanJacquesROCHE,SystèmeInternationalContemporain, p.11
7

Lespeursnéesdufait que lesdéséquilibresissusdeces
conceptionsdivergentesdumonde, necréentd’autres
antagonismesouvertsàl’échelle internationale,vontdéciderles
deux Grands àmettre en place, desprincipes amenant«chacun
à définir unepolitique active d’ajustementdescontrainteset
d’équilibrage desintérêts.Lesdeuxgrandsapprendrontalorsà
déterminerleurmarge de manœuvre l’un par rapportàl’autre,
touten découvrantlanature de leurs relationsaveclesnations
2
tierces.»
Ainsi, pourgarantirl’équilibre mondial, ils seront
conduitsàfonderl’ordre internationalsurladissuasion nucléaire
et surlerespectde deuxprincipesfondamentaux quisont ainsi
résumésparl’auteurprécédemmentcité:

1.Eviterdes’engagerdansles querellesdeses alliés qui
risquentde déboucher sur unaffrontement avecl’autre Grand;

2.Maintenir
défections.

la

cohésion

de

son

bloc

en

évitant

les

Cescompromis vontouvrirla voieàune nouvelle ère,
que les spécialistesappelleront:ladétente.Ellesera une étape
de la bipolarité,caractérisée parla transformation de la
confrontation demeurée jusque– làlatente entre lesdeux
Grands, enunecompétition.Cependant, «elle necorrespondait,
niàunchangementde lanature des relationsinternationales, ni
àunabsoludevantêtreconservé auprixdesconcessions
3
unilatérales.»C’estaucoursdecette périodeque les
antagonismes vontchangerdechampsdebataille,àl’exemple
de laguerre du Vietnam.Nouspouvonsencore ici évoquer, dans
le même ordre d’idées,Cuba avecl’affaire desmissiles.
Toutescescrisesexprimaient unréelbesoin desécurité,
quiseralaprincipale préoccupation dechaquecamp.La réponse

2
JeanJacquesRoche, op.cit. p.41
3
Mêmesource

8

quiseradonnéeà cettequête desécuritéseralerenforcement
desalliancesde partetd’autre.
Côté occidental, naitral’OTAN, etducôté de l’Est, la
Pacte deVarsovie
Au-delàdetouteslesdivergences qui lesopposaient,
unevolonté derapprochement vatoutde mêmeapparaître.Ces
tempsderapprochementétaientdesoccasions, pourlesdeux
Grands, de prendretouteslesdispositionsnécessaires, pour
éviter qu’une guerre nese déclenche entre lesdeux camps,surla
base d’une simple incompréhension ouencore par surprise.
La chute duCommunisme intervenueàlafin desannées
1980,va conduire le monde, de facto, dans unrègneunipolaire
marqué parladomination occidentalesousla conduite desEtats
–Unisd’Amérique,Nation farde l’Occident.
Ainsi, désormais,seule grande puissance mondiale, «les
Etats-Unisprennentavecla GrandeBretagne etla France, les
orientationsquicomptentdansle domaine de lapolitique etde
lasanté, et,avecl’Allemagne etleJapon, lesdécisions
4
essentiellesen matièreéconomique… »
Dans son ouvrage intituléLe grandéchiquier–
l’Amérique etlereste duMonde,ZbignievBrezezinski décrit
cette périodecomme étantcaractérisée parl’affirmation d’une
seule puissance, exerçant sadominationsurl’ensemble de la
Planète.Et pour Samuel Huntington, comme pourd’autres
auteurs, nous serionsdurant cette période,sous
l’occidentalisation dumondecar, lesoccidentaux vontimposer à
l’ensemble desNations du globe, une domination sans partage
dans touslesdomaines.
Apartirdesannées1990,un mouvementderefusde
cette domination occidentale de laplanèteva apparaître dansles
paysde lapériphérie,condamnésàn’êtrequ’unvaste marché de
consommation.

4
SamuelP.Huntington,Lechocdescivilisations,p. 107
9

Il setraduirapardes contestations qui prendrontlaforme du
terrorisme etde laprolifération.Cequi introduirale monde,à
partirdu11septembre2001, dans une période d’incertitude.
Ainsi, l’humanité doitdésormaisfaire face l’émergence
d’une menace globale,ayantpouracteurs, desgroupes
d’individusgéographiquementnon localisableset utilisantdes
moyensd’action nonconventionnels, n’ayantpluspourennemi
uneNation,unEtat bien défini, mais tout simplementla
civilisationactuelle.Cesmouvementsprennentdesformes
diverseset variées :fondamentalismereligieuxetautres
mouvementsdecontestation politiquesimprévisibles, dontles
combattantsn’ont pas peurderisquerleur vie, pour commettre
des actes criminels, et utilisentdesmodesopératoiresdéroutant
les systèmesde défense misen place parlesEtats.Zbigniew
Brzezinski écriraà ce propos:« ce fondamentalisme extrémiste
et revanchardutilise leterrorisme pourpallier sa faiblesse
technologique.Cettestratégie connuesouslenom de «guerre
5
asymétrique », gagne du terrain.»
Le monde entierestdonc confronté, nonseulementà ces
mouvements terroristesetde guérilla, maisaussiau
développementde la criminalité organisée,quirendtousles
Etats,si puissants soient– ils vulnérables,ainsique l’attestent
lesdifférents attentatsperpétrésdansle monde occidentalà
partirdespaysduSud.
Ainsi, «Partout, l’onvoitémerger unpopulismeradical
qui porteen lui lesgermesdeviolence.Cepopulisme misen
scènesurInternetetalimenté parle passage enbouclesur tous
lesmédias, d’imagesinsistant surlesdisparitésde
développement, estégalement stimulé par unenouvelle donne
6
sociale.»
Nousconvenonsdonc avecRalphPeters que:«Nous
sommesentrésdans une ère deconflit constant…Lesdémunis

5
ZbigniewBrzezinski, «ET SI LE MONDE ALLAIT MOINS MAL?»In
«LA REVUEpourl’intelligence dumonde », deseptembre/octobre2006, p.
38
6
Ibidem, p.38
10

détesteront les possédants.Et nous,auxEtats–Unis,
continueronsàêtre perçuscomme lespossédantspar
excellence…Il n’yaurapasde paix.Atoutmomentpourle
restantdenos vies…Lesconflits violentsferontlesgrands titres,
maislescombatséconomiquesetculturels serontplusdurset,
7
auboutducompte, plusdécisifs… »

Danscecontexte de doute etd’incertitude, l’Afrique en
général, etl’Afriquesubsaharienne en particulier,constituent
pourlaCommunauté internationale,unréelsujetde
préoccupation.Ceque l’ensemble
desdirigeantsdumonderéexprimerontdanslecadre de laDéclaration dumillénaire.
L’Afrique estlaseule partie dumondeàlaquelleun paragraphe
8
dece documentfutconsacré de façon expresse. Cesdirigeants
s’engagerontà ceteffet, entreautreà:
-Soutenirla consolidation de ladémocratie enAfrique et
àsoutenirleseffortsdesAfricainsen faveurde la consolidation
de lapaixetd’un développementdurables ;
-Encourageret soutenirlesmécanismes régionauxet sous
régionauxde prévention desconflitsetde promotion de la
stabilité politique;
-Assurer un financement régulierdesOpérationsde
maintien de lapaixmenéessurlecontinent…

Pourles uns, l’Afrique est réellementmal partie et serait
même«confrontéeàlaperspective de devenir une des
principalesperdantesde lamondialisation encours, en
demeurant unevastearène oùprospèrentdesconflitshautement
9
meurtriersmais sansgrandsenjeux stratégiques. »Unevision

7
RalphPeters, «ConstantConflict»,cité par BrunoTERTRAIS, inLaguerre
sansfin –L’Amérique dansl’engrenange,p.86
8
Ils’agitduparagraphe VII intitulé «Répondreauxbesoins spécifiquesde
l’Afrique
9
Voir Jean–Marc Balencie et Arnaud deLaGrange,MondesRebelles,
(L’encyclopédie des acteurs,conflitset violencespolitiques), nouvelle édition
revue et augmentée, éditionMichalon, page631
11

sous un certainangle, difficilement contestablecar, depuisles
années soixante, lecontinent vitaurythme desmauxdiverset
variés auxgraves conséquences,àsavoir:« uneforte poussée
démographique contrastantavecun inquiétantimmobilisme
économique,déliquescence des structuresétatiques, délitement
des systèmes sanitaireset scolaires, faillitesdesélites, fardeau
de la dette, calamitésagricoles,sécheresses, famines, expansion
de pandémies que l’oncroyaitenvoie d’éradication, essorde
10
nouvellesmaladies, etc.»,auxquels vient s’ajouter, depuisla
fin desannées soixante dix,unsérieuxenlisementéconomique.
Cetristecontextes’esttrès viteretrouvéaggravé par
l’éclatementdes conflits surlecontinent, lamenaceterroriste et
le développementde la criminalité organisée.
Auniveaudes conflits armés, pourlapériodecomprise
entre 1963,année marquantla création de l’Organisation de
l’Unité Africaine dontlesobjectifsfurent :«Renforcerl’Unité
etlasolidarité desEtatsafricains ;Coordonneretintensifier
leurcoopération etleurseffortspouroffrirde meilleures
conditionsd’existenceauxpeuplesd’Afrique;Défendre leur
souveraineté, leurintégritéterritoriale etleurindépendance;
Eliminer sous toutes sesformeslecolonialisme de l’Afrique;
Favoriserla coopération internationale, entenantcompte de la
Charte desNationsUniesetde la Déclarationuniverselle des
11
Droitde l’Homme» et 2000, plusde26 conflits armés sesont
déroulés surlecontinent africain.Lebilanqui en futétabli parla
Commission de l’Unionafricaine estlourd,avec 7millionsde
morts,3millionsderéfugiésetplusde20millionsde
12
déplacés.

Confrontésà cetteréalité, lesacteursafricainsont
manifestécesdernièresdécennies,uneréellevolonté d’offrirà

10
Mêmeréférence.
11
Article2de laCharte de l’Organisation de l’Unité Africaine
12
Attention,ces chiffresneconcernent que lapériodecomprise entre 1963et
1998, d’aprèsleHors– Série n°8 dujournal «JeuneAfrique l’Intelligent»
intitulé l’ÉTATDE L’AFRIQUE2005, page35
12

leurcontinent, deslendemainsmeilleurs.Parmi lesinitiatives
prisesallantdanscesens, figure l’option de larationalisation de
larecherche de lapaixetde lasécurité enAfrique,àtravers une
gestioncommune etconcertée des risquesetmenacesà cesdeux
réalités,quiaffectentparticulièrementlavie de leurscitoyenset
la continuité desEtats.

A cet effet, les politiques africainesderecherche de la
paixetde lasécuritéainsi initiéesdepuisle milieudesannées
1960, et soumisàunréel processusd’approfondissement
depuisle milieudesannées1990, peuvent–t– ellesconduire
àune paixet à unesécurité durablesenAfrique?

Enréponseà cettequestion, nousdirons que lesystème
africain derecherche de lapaixetde lasécurité, présenteun
certain nombre decaractéristiquesfiables, lesquelles se dégagent
dufaitde l’articulation dudit systèmeautourde deuxniveaux
d’appropriation des questionsde paixetdesécurité,àsavoir:le
niveaucontinental (Première partie), etle niveau régional
(deuxième partie).Maispour quesafiabilitésoiteffectivee, ilst
importantpourlesActeursafricainsdetrouverles voieset
moyensde parveniràle dépouillerd’uncertain nombre de
limites quiconstituentdesobstaclesàson efficacité (Troisième
partie)

13

PREMIERE PARTIE :

LES INITIATIVESCONTINENTALES
EN MATIERE DEPAIX ET DE
SECURITE

Les crisespolitiques, économiqueset socialesmajeures
quisesontdéroulées surlecontinentafricainaulendemain des
indépendances, d’une part, etde l’autre, le désirdesacteurs
politiquesafricainsde libérerlecontinent toutentierdu
colonialisme,vontlesdéciderà créer uneOrganisation
continentaleservantdecadre deréflexion etd’actionspourfaire
faceà cesenjeux.
Interpellésparlarecrudescence desconflitsarmésen
Afrique etlamultiplication desfacteursd’insécurité,qui
paralysent son décollage économique,causentlamisèreau sein
despopulationsetmettenten péril lastabilité ducontinent, les
dirigeantsafricainsopterontpour une gestionconcertée et
commune decesdéfis, danslecadre del’Organisation de
l’UnitéAfricaine (OUA) (Chapitre 1),un processus qui
connaîtraunréelapprofondissementavecla création de l’Union
africaine (UA) (Chapitre2).

15

CHAPITRE I

LES TENTATIVES DE
L’ORGANISATION DE L’UNITE
AFRICAINE DE1963à2000

Crée en 1963parlesChefsd’Etatetde Gouvernement
africains,aulendemain desdécolonisations, l’Organisation de
l’UnitéAfricaineserviradecadre deréalisation de lavolonté de
sespèresde:
-Renforcerl’unité etlasolidarité desEtatsafricains ;
-Coordonneretintensifierleurcoopération etleurs
effortspouroffrirde meilleuresconditions
d’existenceauxpeuplesd’Afrique;
-Défendre leur souveraineté, leurintégritéterritoriale
etleurindépendance;
-Eliminer toute forme decolonialisme de l’Afrique;
-Favoriserla coopération internationale, entenant
dûmentcompte de la charte desNations–Unieset
de ladéclarationuniverselle desDroitsde
13
l’Homme .

Ainsi, «convaincusqu’afin de mettrecette forme de
déterminationau service duprogrèshumain, ilimporte de créer
14
etde maintenirdesconditionsde paixetdesécurité »,les
dirigeantsafricainschoisirontd’introduire dansla charte de
l’Organisationcontinentale,uncertain nombre de principes,
dontlebutétaitdeservird’assisesà cesconditionsde paixetde
sécurité.C’estdanscesens qu’ilsprévoirontcomme mesures:
-L’égalitésouveraine detouslesEtats ;

13
Article2de la Charte de l’Organisation de l’UnitéAfricaine
14
Préambule de la Charte de l’Organisation de l’UnitéAfricaine
17

-Lanon–ingérence danslesaffairesintérieuresdes
Etats ;
-Lerespectde lasouveraineté etde l’intégrité
territoriale dechaqueEtatetdeson droitinaliénable
àune existence indépendante;
-Lerèglementpacifique desdifférends, par voie de
négociations, de médiation, deconciliation ou
d’arbitrage;
-La condamnationsans réserve de l’assassinat
politiqueainsique desactivités subversives
exercéespardesEtats voisinsou touslesautres
15
Etats…
Pour traduire enactescettevolonté, lesdirigeants
africainsdoterontl’Organisation de l’UnitéAfricaine (OUA)
d’uneCommission deMédiation, deConciliation et
16
d’arbitrage .

Lespremièresinterventionsde l’OUAdansles questions
relativesàlapaixetàlasécurité enAfrique,vontavoirlieudans
lecadre de larecherche du règlementdesdifférendsfrontaliers
résultantde la balkanisation ducontinent,avantd’englober tout
un ensemble desituations(1.1),aumoyen d’uncertain nombre
d’instruments(1.2)

1.1. L’action de l’Organisation de l’Unité
Africaine danslarésolution desconflitsetla
recherche de lapaixetde la sécurité enAfrique

L’OUAensontemps,amanifestéuneréellevolonté de
créerdesconditionsde paixetdesécurité enAfrique.L’une des

15
Cfarticle3de la Charte de l’OUA
16
Voirl’article7de la Charte de l’OUA
18

manifestations decette volonté serason implication dansla
résolution desconflitsconnus sous son ère.

En octobre 1963,unconflitopposeraleMaroc à
l’Algérie,suiteàl’occupation d’une partie duSaharaoccidental
parleMaroc.Enréactionà cettesituation, l’OUA convoquera
unesession extraordinaire duconseil desministresdu15 – 18
novembre 1963.Lesconclusions decetteConférenceaboutiront
àunesérie de propositions, parmi lesquelles, lamise en place
d’uneCommissionspéciale deseptmembres,àsavoirla Côte
d’Ivoire, l’Ethiopie, leNigeria, leSénégal, leSoudan etle
17
Tanganyika.Lamissionquisera confiéeà cettecommission
consistera àidentifierlescausesdudifférend etd’en proposer
18
des solutions. La Conférencead hocdeschefsd’Etatetde
gouvernement réunissantl’Algérie, leMali etleMarocquise
tiendra à Bamako du 29–31novembre 1963,suiteaux
conclusionsduConseil
desministresproclamerauncessez-lefeuetannoncerala création d’unezone démilitarisée entre les
deuxEtats.

Lesdifférendsfrontaliers qui opposerontla Somalieà
l’Ethiopie ouauKenyaen 1964,verrontégalement
l’intervention de l’OUA,viasa Commission de médiation,
composée duNigeria, duSénégal, duLiberia, de laGuinée etdu
Mali.

Cesdifférendsfrontaliersneserontpaslesderniers,
puisque, d’autresopposerontleGabonàla Guinée équatoriale;
19
leRwanda auBurundi, leGhana àla Hautevoltaetl’Ouganda
àla Tanzanie…

Danslarésolution duconflitfrontalier quiaopposé le
Maroc àl’Algérie,àproposentreautre de l’occupation parle
Marocd’une partie deSaharaoccidental,HassatouBALDE

17
C’estl’ancien nom de l’actuelleTanzanie
18
ECM/Rés. 1 (I) du18 novembre 1963
19
Nomancien de l’actuelBurkinaFaso
19

écrira :«Grâce auxeffortsdiplomatiquesde l’Organisation de
l’Unité Africaine, leconflitentre leMarocetl’Algérie atrouvé
unesolutionaveclasignature parlesdeuxEtatsde plusieurs
Conventionsle15 juin 1972.Conventionsportant surleur
problème frontalieret surlaquestion de l’exploitation des
20
minesdeGaradjelibet».
Etpour trancheravec ce phénomènerécurrentde
différendsfrontaliers, la Conférence deschefsd’Etatetde
gouvernementde l’OUAtenueauCaire le31 juillet1964,après
avoir reconnu que «lesproblèmesfrontaliers sont un facteur
grave etpertinentdedésaccord,consciente de l’existence
d’agissementsd’origine extra-africains,aujourde leur
indépendance,constitueuneréalitétangible »,déclarera
«solennellement quetouslesEtatsmembres s’engagentà
respecterlesfrontièresexistantesaumomentde leuraccèsà
21
l’indépendance ».
C’estgrâceà cette décisionque prendrontfintousles
conflitsinter–étatiquesafricainsinhérentsauxdifférends
territoriaux.
A côté desconflitsinhérentsauxdifférendsfrontaliers,
l’Organisation de l’UnitéAfricainesera amenéeàfaire faceà
d’autresformesdeconflits:lesconflitsintraétatiques.Par
manque devolonté politique de lapartdesEtatsmembresetpar
manque de moyens, l’Organisationauradumalàvenirà boutde
plusieursd’entre eux,quivont s’abattresurla continent.Parmi
eux, leconflitinter soudanais(1955 – 1972), puispratiquement
depuis1983jusqu’à ce jour, l’Ethiopie etl’Erythrée (1962–
1991), leNigeria(1967– 1970), leTchad depuispratiquement
1968 etl’Angola.
Nouspouvonsajouterà cette liste, leTchad,quiconnaît
depuis1968,uncycle deconflitsinternes.Avantderevêtirdes
couleurspolitiquesaucoursdesannées1990,ceconflit
opposeraentre 1968 et1987, les rebellesde l’ethnieToubou,

20
Dans son ouvrage précédemmentcité (voirnote251)àlapage3
21
VoirRésolutionAHG/Rés. 16(I) de laConférenceadoptéeauCaire le31
juillet1964surl’intangibilité desfrontières
20