Les troupes indigènes
517 pages
Français

Les troupes indigènes

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Description

Pendant 130 ans, des troupes indigènes ont été des troupes d'élite de l'Armée française. Dès le début de la colonisation de l'Algérie, l'Armée française a fait appel à des indigènes pour renforcer ses effectifs en Algérie : zouaves, chasseurs d'Afrique, tirailleurs, spahis. Ces troupes ont participé à la conquête de l'Algérie, à la guerre de Crimée en 1854-1855, à la campagne d'Italie en 1859, à la guerre du Mexique de 1862 à 1867, à la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Sûr de leur fidélité, le chef d'état-major a envoyé des détachements des régiments de l'armée d'Afrique dans toutes les expéditions coloniales. Les troupes indigènes ont gagné la reconnaissance de la France dans les deux guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945.

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Date de parution 05 janvier 2021
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EAN13 9782140167775
Langue Français
Poids de l'ouvrage 25 Mo

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Exrait

Jean Balazuc
LES TROUPES INDIGÈNESIls sont morts pour la France
Jean Balazuc
Les troupes indigènes
Ils sont morts pour la France
Du même auteur La Légion étrangère et la guerre d’Algérie, SOTECA, 2012. Chez L’Harmattan Guerre d’Algérie. Une chronologie mensuelle mai 1954 – décembre 1962, 2015. L’Armée française pendant la guerre d’Algérie. Une chronologie mensuelle mai 1954 – décembre 1962,2019. Camerone, 2020. Diên-Biên-Phu,2020. Kolwezi,2020. e Le 3 R.P.I.Ma. pendant la guerre d’Algérie, 2020. e Le 2 R.E.P. pendant la guerre d’Algérie,2020. Les Chasseurs parachutistes pendant la guerre d’Algérie,2020. Les parachutistes coloniaux pendant la guerre d’Algérie, 2021. Le 1er régiment étranger de parachutistes pendant la guerre d’Algérie, 2021.
© L’Harmattan, 2021 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-22118-2 EAN : 9782343221182
En mémoire des soldats Indigènes, Musulmans, Français de Souche Nord-Africaine, d’Algériens morts pour la France lors des guerres coloniales, des guerres diverses, lors des deux guerres mondiales, lors de la Guerre d’Algérie de 1954 à 1962, et de leurs frères d’armes.
Sommaire Pendant 130 ans,des troupes indigènes ont été des troupes d’élite de l’Armée française. Dès le début de la colonisation de l’Algérie, l’Armée française a fait appel à des indigènes pour renforcer ses effectifs en Algérie : Zouaves, Chasseurs d’Afrique, Tirailleurs, Spahis. Ces troupes ont participé avec loyauté à la conquête de l’Algérie avec deux hauts faits d’armes : la prise de la Smala le 16 mai 1843 et la bataille de l’Isly le 14 août 1844. Guerre de Crimée 1854-1855.L’Armée française envoie les régiments de Chasseurs d’Afrique, les Zouaves et un régiment de marche des tirailleurs algériens vers la Crimée ; c’est avec fierté que les tirailleurs, tous volontaires, partent combattre sous le drapeau français ; ces régiments participent brillamment aux grandes batailles de la Guerre de Crimée. Le Haut Commandement comprend l’importance de ces troupes indigènes et il va les multiplier. Il crée également des régiments dans les protectorats de Tunisie et du Maroc, notamment pour préparer la Première Guerre mondiale 1914-1918. Dans la campagne d’Italie en 1859,les Chasseurs d’Afrique, les Zouaves, les Tirailleurs se couvrent de gloire, notamment à Magenta le 4 juin 1859 et à Solférino le 24 juin 1859. L’Armée d’Afrique participe à des expéditions coloniales : la Chine en 1860, la Syrie en 1860-1862 Pendant la Guerre du Mexique de 1862 à 1867, les régiments de l’Armée d’Afrique envoient des détachements qui vont s’illustrer dans les combats. Les Zouaves se distinguent et créent des escadrons de zouaves à cheval ; les Tirailleurs se distinguent à San Lorenzo en 1863. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l’Armée d’Afrique va multiplier les exploits et les sacrifices. 8 900 Musulmans d’Algérie sont er engagés dans les combats sur le sol français. Le 1 R.T.A. se sacrifie à e Wissembourg, le 2 R.T.A. à Frœschwiller et les Chasseurs d’Afrique dans une charge héroïque à Floing. Entre deux guerres,d’Afrique participe à des expéditions l’Armée coloniales : Tonkin 1883-1887, Formose 1887, Madagascar 1895-1897, Chine 1900-1901, Maroc 1907-1912. re Pendant la 1 Guerre mondiale 1914-1918, de nombreux régiments sont créés dans l’Armée d’Afrique pour combattre sur le sol français. Les pertes sont sensibles. Plusieurs régiments reçoivent la Légion d’Honneur et la Médaille militaire. Entre les deux guerres mondiales, le Haut Commandement structure l’Armée d’Afrique. Des régiments participent à la pacification du Maroc.
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En mai & juin 1940, huit divisions de l’Armée d’Afrique sont en France ; les troupes nord-africaines font preuve de leur bravoure légendaire, se montrant d’un courage et d’une fidélité exemplaires dans ces épreuves. Elles sont engagées à fond contre l’envahisseur.La campagne de Tunisie, 1942-1943,voit la renaissance de l’Armée e d’Afrique. Les Zouaves et le 4 Régiment de Spahis Tunisiens se distinguent lors des combats. La campagne d’Italie, 1943-1944,est la véritable renaissance de l’Armée française face aux troupes du Reich, avec la victoire de Cassino en janvier e 1944 où se distingue le 7 R.C.A. et celle du Belvédère du 25 janvier au 4 février 1944 où se distinguent les tirailleurs tunisiens et les goumiers marocains. La campagne de France, suivie de la campagne d’Allemagne,la voit re cavalcade de la 1 Armée française avec de rudes combats pour la libération de Colmar puis de Strasbourg. La Guerre d’Indochine, 1945-1962,se déroule dans des conditions difficiles pour l’Armée française avec 20% de Maghrébins qui ont 26% des pertes. La Guerre d’Algérie, 1954-1962,se termine mal avec l’abandon par la France de ses supplétifs algériens malgré leur fidélité pendant ces huit ans de guerre.
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Chapitre I : la construction de l’Armée d’Afrique 1.1: les Zouaves et les Chasseurs d’Afrique Dès les débuts de la conquête de l'Algérie, en 1830, les soldats français s'entourent de troupes indigènes car ces dernières connaissent bien lepays, la culture locale, l'adversaire et s'adaptent généralement mieux au climat local que les Européens. Octobre 1830 : les Zouaves.Ces troupes indigènes sont tout d'abord appelées zouavespar les Français du nom d'une confédération tribalequi servit les Turcs d'Algérie, entrée au service de la France peu après la prise d'Alger. Tout naturellement, ces mercenaires se sont mis à la disposition des vainqueurs. Le corps des zouaves est donc créé lors de la conquête de l'Algériepar l'incorporation de soldats de la régence d'Alger. De ceque les zouavesportaient le nom d’un ancien corps kabyle, il ne faudrait pas conclureque l'effectif en était composé de Kabyles ; ceux-ci au contraire y étaient, en fait, enpetit nombre. Dans les bataillons formés à Alger, rapidement, il y a un grand nombre d'Arabes. Les indigènes de la plaine, les Maures, les Koulouglis, etc.participèrent à la nouvelle formation. À ces indigènes vinrent se mêler ungrand nombre de Français. Le corps des Zouaves est constitué de deux bataillons. En Algaérie française, près la conquête, fut uneoctobre 1830 formée en cavalerie indigène, les chasseurs algériens, commandéepar le chef d'escadron Marey-Monge et le capitaine Joseph Vantini (alias Youssouf), brillant cavalier arrivé de Tunisie. Le 17 novembre 1831, les Chasseurs d’Afrique.La cavalerie indigène fut incorporée dans les deux régiments de chasseurs d'Afrique créés le mêmejour à l'aide de chasseurs à cheval provenant des trois escadrons débarqués en 1830 et de volontairespcavalerie métrorovenant de la politaine. Les Chasseurs d’Afrique vontparticiper à de nombreuses batailles de la conquête de l’Algérie de 1840 à 1843 puis de 1877 à 1878. En décembre 1832,les deux bataillons de Zouaves fusionnentpour constituer une unité à 12 compagnies, 8 avec des Indigènes, 4 avec des Français. er e Le 1 février 1833, le 3 R.C.A.est créé à Bône par décision royale du e e er 27.12.1832 avec les effectifs des 7 et 8 escadrons du 1 R.C.A. En 1835,le bataillon de Zouaves est dédoublé en deux bataillons à 6 compagnies, 4 avec des Indigènes, 2 avec des Français. e Le 20 mars 1837,bataillon de Zouaves est créé.le 3 En août 1837,un régiment de marche est formé temporairement,pour la deuxième expédition de Constantine ; c'est lepremier régiment de zouaves ee Le 23 décembre 1839, le 4 R.C.A.est organisé à Bône avec les 6 escadrons e e e e des 2 et 3 giments de Chasseurs d'Afrique et des détachements des 2 , 3 , e e e e e e e er e e e e e e 4 , 5 , 7 , 8 , 9 , 11 et 12 Draget 7 2 , 3 , 5 , 6 Lanciers du 21 , ons, des Hussards.
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e Le 4 R.C.A.participe aux opérations militaires en Algérie de 1839 à 1853 -L'ordonnance du 8 septembre 1841,qui réorganise la composition de l'Armée française, indique la formation d’un régiment de zouaves formé de trois bataillons constitués dorénavantpresque exclusivement de Métropolitains et de Français d'Afrique du Nord avec une forte minorité de Juifs algériens (souvent près d'un quart). Les autochtones forment alors les tirailleurs algériens, lesTurcos(ordonnance du 7 décembre 1841). Lepremier régiment de zouaves estplacé sous le commandement de Lamoricière. Ils s'illustrent à la bataille de l'Ouarsenis (1842), à celle d'Isly(1844), et prennent Zaâtcha en 1849. Àpartir de 1842, leur recrutement est exclusivement européen, mais redevient mixte de novembre 1942 à mai 1945, après la réformation de l'Armée française en Afrique du Nord. En 1841,ilyavaitquatre régiments de chasseurs d'Afrique(trois entre 1856 et 1867), ces unités étaient une des composantes de l'Armée d'Afrique. er e Les Chasseurs d’Afrique des 1 et 2 R.C.A.participent à la prise de Constantine en décembre 1837, à l’expédition des Portes de Fer en 1839, à la prise de la smalah en 1843, à la bataille d’Isly le 16.08.1844, à laprise de Zaâtcha en 1849, à laprise de Laghouat en 1952. e À la suite de la prise de Constantine, le 3 R.C.A. y installe sa garnison en 1837. Les années suivantes l'Algérie est devenue,pour ce régiment, un théâtre d'op; Dérations militaires jemilla(1839), Tébessa(1842), l'Aurès(1845), Zaâtcha(1849), Bougie((1853),1850), Kabylie orientale (1852), Sahara l'Aurès à nouveau en 1853. e Le 4 R.C.A.participe au combat de Merjazergha(1840); expédition de Miliana(1841); expédition de l'Ouarsenis(1842); expédition contre les Beni Menasser, les Beni Menad, les Beni Madoun, Taguin(1843)(prise de la smala d'Abd el-Kaderpar le duc d'Aumale); expédition contre les Flittas ; combat de l'Oued-Molah(1843); Isly(1844); expédition contre les Ouled-ali-ben-Hammed (1844) ; combat de Tifour, de la plaine de Mina, de l'Oued-Temba(1845); combat du Djebel-Sour(1848); siège de Laghouat(1852); expédition des Babors(1853).
16 mai 1843 : la prise de la Smala. Labataille de la Smalaoucombat de Taguine,qui s'est concluepar laprise de la smala d'Abd el-Kader(absent cejour-là)par le duc d'Aumale, est un épisode important de la conquête de e l'Algérie par la France. Le duc d’Aumale lance la charge avec le 4 Régiment de Chasseurs d’Afrique. Les cavaliers arabes résistent, sauvant de nombreuses femmes et des richesses, mais abandonnent devant la furie des Chasseurs d’Afrique du lieutenant-colonel Louis-Michel Morris. Les hommes de l’émir Abd el-Kader laissent près de trois cents cadavres sur le terrain et les Français seulement neuf hommes tués et douze blessés. Le butin est immense etplus de 3000 prisonniers furent pris.
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