Manuel de gestion pratique des associations de développement rural du Tiers Monde

Manuel de gestion pratique des associations de développement rural du Tiers Monde

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Diriger, gérer et animer une organisation ou un groupe d'hommes présentée souvent de lourdes et multiples difficultés. C'est celles-ci que se sont fréquemment heurts les gestionnaires et responsables d'associations de développement du Tiers Monde qui sont généralement des organisations non gouvernementales. Pour leur venir en aide, Fernand Évincent a réalisé ce manuel de gestion en deux tomes, dont la simplicité et la présentation en font un ouvrage accessible tous. Ce premier tome traite des problèmes d'organisation, de planification et d'administration qu'une association peut rencontrer. Il est suivi d'un deuxième volume concernant les problèmes de gestion financière.

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Ajouté le 27 mars 2012
Nombre de lectures 291
EAN13 9782296475045
Langue Français
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MANUEL DE GESTION PRATIQUE
des associations de développement
rural du Tiers Monde
Tome ICollection Alternatives paysannes
Adrian ADAMS, Sénégal, la terre et les gens du fleuve, 143 p.
Guy BARTHÉLÉM'.:,sauver les forêts de l'Himalaya, 144 p.
Etienne BEAUDOUX, Marc NIEUWKERK, Groupements paysans d'Afrique. Dossier
pour l'action, 243 p.
Philippe BERNARDET, Association agriculture-élevage en Afrique. Les Peuls sem-
transhumants de Côte-d'Ivoire, 235 p.
François BESLAY, Les Réguibats, de la paix française au front Polissario, 200 p.
Jean-Paul BILLAUD, Le marais poitvein, rencontres de la terre et de l'eau, 265 p.
Maryvonne BODIGUEL, La ruralité en question.
A. CADORET (textes réunis et préserités par), Protection de la nature: histoire et
idéologie, de la nature à l'environnement, 245 p.
J. CLÉMENT,S. STRASFOGEL,Disparition de la forêt, quelle solution à la crise du bois de
feu, 191 p.
Denis CUCHE, Pérou nègre, 192 p.
Jean-Pierre DARRÉ, La parole et la technique, l'univers de pensée des éleveurs du
Ternois, 196 p.
Dominique DESJEUX (éd.), L'eau, quels enjeux pour les sociétés rurales, 220 p.
D. DESJEUX, Stratégies paysannes en 4,frique noire, le cas du Congo. Essai sur la gestion
de l'incertitude.
N. EIZNER, Paradoxes de l'agriculture française, les états généraux du développement
agricole, 159 p.
D. GENTIL, Les mouvements coopératifs en Afrique de l'Ouest, interventions de l'Etat
ou organisations paysannes, 270 p.
M.C. GUENEAU, Afrique, les petits projets de développement sont-ils efficaces? 250 p.
Jean-Claude GUESDON, Parlons vaches... lait et viande en France, aspects économiques
et régionaux, 150 p.
Anne-Marie HOCHET, Afrique de l'Ouest, les paysans, ces ignorants efficaces, 171 p.
Jean-Pierre MAGNANT, La terre sara, terre tchadienne.
INSTITUT PANAFRICAIN, Comprendre une éconOlnie rurale (sous la direction de B.
LIZET et F. DE RAVIGNAN), 152 p.
B. KALAORA, A. SAVOYE, La forêt pacifiée, sylviculture et sociologie au XIXl" siècle~
132 p.
Rémi MANGEART, Paysans africains, des Africains s'unissent pour afnéliorer leur village
au Togo, 301 p.
Pierre-Marie METANGMO, Développer pOllr libérer, 155 p.
Jean PAVAGEAU, Jeunes paysans sans terre, l'exenlple /nalgache, 206 p.Fernand VINCENT
MANUEL DE GESTION
PRATIQUE
des associations de développement
rural du Tiers-Monde
TOME I
Étude du milieu / Participation
Planification / Projets
Organisation / Administration
Information / Communication
Évaluation
IRED Éditions L'Harmattan
3, rue de Varembé - Case 116 5-7, rue de l'École-Polytechnique
1211 Genève 20 - SUISSE 75005 ParisBernard N'KALOULOU, Dynamique paysanne et développement rural au Congo, 206 p.
Jean-Luc POGET, Le beefsteak de soja, une solution au problème alimentaire mondial?
167 p.
David SHERIDAN, L'irrigation, promesses et dangers, l'eau contre la faim? 155 p.
L. TIMBERLAKE, L'Afrique en crise, la banqueroute de l'environnement, 192 p.
François de RAVIGNAN,J. BERTHELOT (sous la direction de), Les sillons de la fain1.
225 p.
Pierre VALIN, Paysans rouges du Lin1vusin, mentalités et comportement politique à
Compreignac et dans le nord de la Haute- Vienne (1870-1914).
P. VERDIER, C. ROCHEGUNE,Systè,nes fonciers à la ville et au village, Afrique noire,
francophone.
@ I.R.E.D. et L'HarInattan, 1987
ISBN: 2-85802-888-5
ISSN : 0757-8091A tous tes paysans du Tiel's
Monde qui commencent d s'orga-
niser pOUl' faire valoil' leurs
droits et prendPe leU!' juste
ptace dans la soci4t4...SOMMAIRE
I NTR(X)(.£T I <W
1ère Partie
NAI SSANeE 0 'UNE I DEE
ET D' UN GROOPEI£NT
A.. La naissance d'une idée 2
B . La perception d'un problème 4
C. Le groupement passe à l'action' 6
lIe Partie
PARTICIPATION ET ANlMATl<W
A. La cohésion du groupe 10
B. L'animation et la sensibiHsation Il
C. La participation des populations 12
D. Schéma de développement à l'auto-responsabilité 13
E. Les relations et les rapports au sein de l'association 15
F. Le rôle des responsables 15
G. La répartition des responsabilités 16
H. Choix et principes directeurs pour l'action 17
ANNEXES - MODELES - EXEMPLES
II.l. Comment accro-ttpe la papticipation des popula-
tions au niveau local?
II.2. "Une population qui se ppocupe de l'eau potable
et entretient elle-m~e ses ouvpages hydPauli-
ques, ~otocole d'accord entre les responsables
élus par l'AssembZée des usagers et les ::eepré-
sentants de COFORWA'~ Les Compagnons Fontainiers
Rwandais, oatobpe 1984.
II.3. Choix et stratégies du péseau inteJ:7lational de
l 'IRED
Les engagements de l' IRED et de se8 partenairesII Ie Partie
ETUDE DU MILIEU
20A. L'inventaire des préoccupations
20B. des besoins
22C. des ressources disponibles
23D. Les problèmes rencontrés
24E. Des idées de projets
25F. Bibliographie conseillée
ANNEXES - MODELES - EXEMPLES
III.l. Fiches techniques CESAO
aJ Inventaipe du matépiel
bJ Supfaces de cultupe
cJ Main d'oeuvpe familiale
dJ Situation de l'erploitation
III.2. Le livpe de péférence du village
III.3. "Etudes Paysannes"" l'ezpérience de Méckhé au
Sénégal" compte rendU du Collectif de Réflexion
III.4. Note SUl'les travau:c du chantiep "Etudes Pay-
sannes"
III.5. Gnlle d'analyse d'un ppoblème : cas du marat-
chage de la SOUS-8one "interrmédiaire" de Yela
IVe Partie
PLAN I f I CAT ION. PROGRAM'1A TI 00
ET PROJETS
28A. Elaboration d'un plan
29B. Méthodes de planification
31C. d'un programme
32D. Elaboration des projets
ANNEXES - MODELES - EXEMPLES
IV.l. Différents types d'activités d'un ppogramme
IV. 2. E~emple pratique de planification
IV.3. Essai de planification d'un projet
IV.4. Méthode de progPammation d'un ensemble d'acti-
vités
IV. 5. Plan d'élaboration d'un programme pour une
communauté rurale
IV.B. ProgPamme d'auto-suffisance alimentaire" FONGS"
SénégalVe Partie
ORGANISATloo ET SUIVI
DES ACTIVITES
A. Planifier l'emploi du temps disponible 36
B. Organiser le travail de l'association 40
C. le fonctionnement de l'association 42
D. Suivi des projets 44
B. Commercialisation des produits 47
ANNEXES - MODELES - EXEMPLES
V.1. Documents sel'Vant à gérer un troupeau de va(!hes
V.2. Calendrier opérationnel (2 ans) : projet d'e3:ploi-
tation de 10 ha de ria
V.3. Programme d'échanges de céréales entre groupements
paysans
V.4. Questions à se poser pour faire une étude de
marché
VIe Partie
fORMAT 100, INfORMA TI 00.
DOClI£NT AT 100
52A. La formation et l'alphabétisation
La création d'un petit centre de documentationB"
55et d'une bibliothèque rurale
C. Le journal de l'association 59
ANNEXES - MODELES - EXEMPLES
VI.l. Exemples de différentscoups de formation propo-
sés par l' INADES
VI.2. Sommaire d'un numéro de "Communautés Africaines"VIle Partie
TECtf4I00ES DE
CCMUICAT I<W
A. La prise de parole en public 64
B. La rédaction de lettres 65
C. La prise de notes 70
D. L'organisation et le déroulement des réunions 72
E. La rédaction des rapports et procès-verbaux 74
F. L'audio-visuel 77
ANNEXES MODELES - EXEMPLES-
VII.l. Mod~le de aonvocation à une assemblée générale
VII.2. '~es cassettes qui éaoutent..."
VIlle Partie
ADMINISTRATI<W ET ORGANISATI<W
D'UNE ASSOCIATION
A. La création officielle~ d'une association 82
B. Les membres 83
C. Le fonctionnement statutaire d'une association 86
D. L'organisation du secrétariat 88
E. La gestion du personnel 96
ANNEXES - MODELES - EXEMPLES
VIII.l. Ezemple de statutsd'uneaS8oaiation locale de
développement
VIII.2. ITocès-Vepbal de la réunion constitutive de
.l'association de développement de Bambakoutou
VIII.3. Liste des membres du Comité Ezicutif de l'asso-
ciation de dive loppement de Bambakoutou
VIII.4. Modèle de lettpe au Ministpe pour demande de
p6connaissance officielle de l'assoaiation
VIII.~o E%emple de peeépissé de déclapation officielle
d'une association
VIII.B. a) Fo:rmule de demande d'adhésion à une asso-
ciation
bJ Mod~le de aarte de membpe
cJ Regist1'6 des membres d'wu~ association
VIII. ? Description de poste
VIII.B. Mod~Ze de Zettre "Contrat de. travail"IXe Partie
RELATIONS EXTERIEURES
100A. Relations avec le Gouvernement
102B. avec les autres associations
103C. Relations avec les donateurs
ANNEXES - MODELES - EXEMPLES
IX.l. Modèle de protocole d'aaaord entre la FONGS et le
gouvernement sénégalais
Xe Partie
CONTROLES ET EVALUA T ION
106A. Contrôles
108B. Evaluation
110C. Techniques et méthodes d'évaluation
114D. L'auto-évaluation de l'association et de ses activités
115E. Un système d'animation basé sur l'auto-évaluation
119F. Questionnaire d'évaluation d'un séminaire de formation
XIe Partie
CONCLUS I ONS :
L ' ASSOC I AT ION SE DEVELOPPE...
A. Problèmes nouveaux 116
B. S'organiser pour gérer des entreprises de développement 117
tC. Collaborer avec d autres associations 118
D. Vers la création d'un mouvement paysan international... 119
INDEXINTRODUCTION
Ce manuel de GESTION PRATIQUE s'adresse avant tout aux gestion-
naires et responsables d'associations de développement du Tiers
Monde, c'est-à-dire à -tous ceux qui doivent diriger, gérer et animer
une organisation non gouvernementale. Il pourra servir utilement aux
formateurs de gestionnaires de groupements ou d'associations et à
tous ceux qui assument des responsabilités de gestion d'un pro-
gramme de développement.
Cet outil de travail est rédigé dans un style simple et direct. Il
contient de très nombreux exemples et annexes issus de l'expérience
africaine de ceux qui ont collaboré à sa rédaction.
Pour faciliter la compréhension de certaines expressions ou mots, il
est publié en fin d'ouvrage un lexique ou PETIT DICTIONNAIRE des
termes techniques difficiles à comprendre. Il suffit donc de s'y
référer pour obtenir l'explication ~oulue.
Ce manuel a été coneu pour être consulté quand un problème de
gestion se pose aux responsables d'une association. Pour trouver une
réponse, il suffit d'identifier ce problème par un mot-clé et de se
référer à l'INDEX publié ci-après.
Le tome II de ce manuel est publié simultanément. Il traite des
questions de gestion financière qu'une association se pose dans son
action de tous les jours. Voici quelques chapitres du sommaire de cet
ouvrage * :
. Recherche de financements
. Création de fonds souples ou de fonds rotatifs
. d'un système d'épargne locale
. Organisation d'un système de crédit
. Budget, trésorerie et comptabilité simple
Gestion de petits projets banque de céréales,
moulin à mil, caisse-pharmacie
. Systèmes comptables
. Comptabilité d'exploitation et bilan
. Justification des subventions reeues et contrôles
financiers
Voir sommaire détaillé en fin d'ouvrage*La publication de ce manuel a bénéficié de l'appui de nombreux amis
engagés sur le terrain dans le Tiers Monde, et de contribution$
financières de l'Agence Canadienne pour le Développement Interna-
tional, de la Fondation Ford, de Miséréor, d'Evangelische ZentraJ-
stelle für Entwicklungshilfe, de Heks-Zürich, de Brot für die 'VeIt et
de Novib qui ont permis de rédiger, d'imprimer et de diffuser large-
ment ce manuel.
Je voudrais remercier tout particulièrement Elhadji Ndong, Mamadou
Cissokho, Boukary Younoussi, Jacques Moynat, Boniface Tiotsop,
R.P. Pion et Rousselot, Bernard Nyffenegger, Marie-Christine Gue-
neau , Bernard Lédéa Ouedraogo, Bernard Lecomte, Tom de Leeuw,
Paul Willot, Birane Gaye, Pierre Jacolin et M. Sene qui m'ont sug-
géré des modifications intéressantes.
La rédaction de cet ouvrage a été fortement influencée par les acti-
vités organisées par l'IRED au cours de ces deux dernières années
au Sahel. D'autre part, une première rédaction de ce manuel a été
testée avant publication par des groupements sahéliens.
Cet ouvrage sera adapté et traduit en anglais, espagnol et en cer-
taines lanques locales par des partenaires du réseau international de
l'IRED.
N'hésitez pas à nous faire parvenir vos réactions, suggestions, et
mieux encore vos documents écrits pour nous permettre d'améliorer
les éditions futures, ce qui nous permettra de mieux répondre aux
besoins des groupements et associations qui travaillent dans les
villages du Tiers Monde.
Fernand Vincent
Secrétaire Général du
Réseau international
de l'IRED
Thiès (Sénégal), mais 1986COMMENT UTILISER CE MANUEL?
1. Identifiez votre problème par un MOT-CLE
I I
2. Consultez INDEX ci-dessousl' I I
3. Reportez-vous it la ANNEXE indiquéeI PAGE' ou à l' I I
INDEX
Agenda 39
Alphabétisation fonctionnelle 53
Animation Il
Assemblée Générale 86-87 - VII.t
Audio-visuel 77 à 80 - VII. 2
Auto-responsabilité 13-14
Auto~suffisance alimentaire IV. 6
Besoins (inventaire des..) 20-21
Bibliothèque 55 à 58
Bureau (organisation du..) 88 à 95
Calendrier agricole 36-37 opérationnel V. 2
Carte de membre 85 - VIII.6(b)
Cassettes enregistrées 79 - VII. 2
Centre de documentation 55 à 58
Classement des documents 91 à 94
Comité Exécutif 87 - VIII. 3 de Coordination V.. 3{ii)
Commercialisation 47 à 50 tV.. 4
Communication (techniques de.".) 64 à 80
Contrat de travail 96-97 - VIII. 8
Contrôles 106 à 108
Convocation VII. 1
Correspondance (lettres) 65 8 70, 89-90
N.. B. Vous trouverez en fin de manuel un lexique ou dictionnaire des
termes techniques utilisés.Index (suite)
Demande d'adhésion 85 - VI16(a)
Description de poste VIII. 7
Documentation 55 à 58
Donateurs 69 (relations avec) 103-104
Elaboration d'un plan 28-29 - IV.2, IV.3 d'un programme 31 - IV.4 t IV. 5 d'un projet 32 à 34
Emploi du temps 36 à 39
Entretien matériel/locaux 78, 95 t 106-107 - VII. 5
Etude de marché 50 - V.4 du milieu 19 à 25 - 111.2, 111.3, 111.4
Etudes paysannes 111.3, 111.4
Evaluation 108 à 119 (auto-évaluation) 114 à 118
Exploitation agricole 111.2(iii)
Formation 52 à 54, 97-98 - VI.1
Gestion du personnel 96 à 98
Grille d'analyse d'un problème 111.5
Idéologie (choix et stratégies) 17-18 - II.3
Information 55 à 58
Interview 79
Inventaire: préoccupations 20 I besoins 20-21 / ressources 22-23 I
matériel III. 1
Journal rural 59 à 62 - VI. 2
Leaders (rôle des..) 15, 36-39
Maraîchage 37 - 111.5
Membres 83 à 86 VIII. 3, gestion 85 VIII.6 t droits et devoirs
84-85 - II . 2
Mouvement paysan 125
Organisation du travail 40 à 42
Organigramme 43
.Participation 12 - II.1
Personnel (gestion du..) 96 à 98
Plan 28
Planification 29-30 - IV .2, IV. 3
Planning 38
Président (rôle du) 87
Principes directeurs 17-18 - II.3
Prise de notes 70-71
Prise de parole en public 64-65
Prix (fixation d'un) 61Index (suite)
Problème (analyse d'un) 111.5
Problèmes (inventaire des..) 23-24
Procès-verbal (PV) 73 à 76 - VIII.2
Programme 31 - IV.1, IV.5, V.3
Programmation IV. 4
Projets 32 à 34 - IV.3
Protocole d'accord II.2, avec le gouvernement IX.1
Rapports (rédaction de..) 74 à 76
Rapport d'activités 75
Récépissé VIII. 5
Reconnaissance officielle 83 - VIII. 4, VIII. 5
Recrutement du personnel 96 - VIII.7
Rédaction lettres, PV 65 à 70
Registre des membres 85 - VIII.6(c)
Relations de l'association 15, 100 à 104
Responsabilité (répartition des) 16-17
Ressources disponibles (inventaire des..) 22-23
Réunions (organisation, déroulement) 72 à 74
Secrétaire (rôle du) 88
Secrétariat 88 à 95
Sommaire Tome II : en fin d'ouvrage
Statuts 82 - VIII.1
Stockage 49
Suivi de projets 44 à 47 - V.1, V.2, V.3
Téléphone 90-91
Travaux communautaires 40-41
Transport 49
Trésorier (rôle du) 88
Véhicule 95
Visiteurs 911ère partie
NAISSANCE D~UNE IDEE
ET D'UN GROUPEMENT
A. La naissance d'une idée
B. La perception d'un problème
C. Le groupement passe À.l'action-. z -
A. LA NAISSANCE D'UNE IDEE
Mamadou a vingt-sept ans. C'est le troisième garcon d'une famille de
douze enfants.
De père musulman polygame, Mamadou est né au village de Bambakou-
tou en 1958.
Son village est situé en zone sahélienne. Les paysans y cultivent le
mil. Au cours de ces dernières ann~es, les pluies ont été rares et les
récoltes n'ont pas suffi à nourrir tout le monde.
Dans son adolescence, Mamadou a pu suivre 'pendant quelques années
l'école primaire de la Mission Chrétienne du village voisin, mais il a
abandonné, faute de moyens.
Il est resté au village, paysan comme son père, ses frères et ses amis,
attendant la saison des pluies pour commencer à semer en espérant que
la recolte soit bonne.
Un jour, Mamadou, désespéré de la situation dans laquelle il vivait,
décide d~ suivre deux autres amis du village voisin qui partaient à la
capitale pour trouver un emploi.
Il quitte donc sa famille, avec pour tout bagage l'adresse d'un cousin,
qui, au quartier J pourrait bien l'accueillir.
Mamadou s'y installe en effet, mais le cousin gagne peu et il doit déjà
nourrir quinze personnes. l,a famille est donc pauvre.
Mamadou cherche 'du travail. Il part tous les matins et se présente
dans de nombreuses entreprises de la capitale. Rien. Les jours, les
semaines et les mois passent, Mamadou chôme et continue À vivre grâce
à son cousin.
Il voudrait bien devenir tailleu r, pousse-pousse, ou porteur d'eau,
mais il faut un petit capital qu'il n'a pas. et d'autre part il y a déj~.
de si nombreuses personnes qui font ce travail que l'occasion de
vendre est rare.
Mamadou réfléchit, la ville n'est pas faite pour lui. II n'a pas d'avenir.
Il en parle it son cousin, et ensemble ils décident de son retour au
village.
Quand Mamadou arrive à Bambakoutou, son père, sa filère,. ses frères
et amis sont heureux. Ils n'ont pas très bien su ce qui sTest passé en
ville. Ils croient que Mamadou est riche. mais cela n'est pas le cas, et
ils s'en rendent compte bien vite.- 3 -
Mais Mamadou a vécu dans un autre milieu qui lui a fait prendre
conscience qu'il pourrait peut-être s'en sortir mieux au village s'il
prenait des initiatives.
Son père possède suffisamment de terres. Pas très loin de là, se
trouve une rivière, sans eau pendant la saison sèche, mais bien ali-
mentée pendant les pluies.
Il a bien vu en allant en ville et en traversant d'autres villages, que
des paysans comme lui avaient mis en valeur pendant la saison sèche
les zones qui entouraient la rivière, qu'ils avaient creusé des puits, et
même à un autre endroit dressé un petit barrage pour irriguer les
terres et cultiver des légumes.
Quelques semaines après son retour au village, Mamadou réfléchit. Il
s'en va à pied visiter dans ces villages, distants d'une trentaine de
kilomètres, des expériences nouvelles et interroger des paysans moder-
nes. Là, il rencontre un instituteur officiel qui a quitté sa place de
fonctionnaire pour créer des groupements villageois qui ont pris des
initiatives: création de jardins, élevage de volailles, de moutons,
alphabétisation, loisirs, etc...
Mamadou décide de rester quelques jours. Il ouvre les yeux. Peu à
peu, une idée naît en lui.
Bambakoutou peut se développer. Il Y a des jeunes, suffisamment
forts, capables de travailler, et qui désirent se sortir de leurs dif-
ficu! té s .
Mamadou va leur parler.
Un soir, au cours d'une
discussion sous l'arbre-,
Mamadou leur raconte ce
qu'il a vécu en ville, ce
qu'il a vu au village, et
ce qu'il pense faire. Il les
invite à discuter de tout
ce la.
Mamadou et ses amis se
revoient chaque soir au
pied de l'arbre pendant
plus d'une semaine. Peu à
peu, le nombre des jeunes
grandit.
Deu ln: Conufl fntornutfon41 d 'EduClltion d~$ Adu1 tes- 4 -
Une quinzaine de personnes ont décidé de travailler ensemble. Certains
en ont même parlé aux femmes, qui ont tout de suite compris que l'idée
était bonne, et qui ont à leur tour adhéré au groupement en plus
grand nombre encore.
Au cours des discussions sous l'arbre le soir, des vieux et des femmes
se sont joints à Mamadou et ses premiers amis. Ils ont décidé de créer
leur groupement villageois pour s'entraider et faire face aux difficul-
tés.
B. LA PERCEPTION D'UN PROBLEME
Le groupement se réunit régulièrement. Un petit comité, animé par'
Mamadou, s'est constitué pour que le village s'organise mieux. Ils ont
tout d'abord décidé de discuter tous ensemble de leurs problèmes.
Bambakoutou est un village sahélien. Un vieux qui a eu la chance de
visiter d'autres villages, situés plus au nord, a vu que la sécheresse
avait tout anéanti, qu'il n'y avait plus de récoltes et plus d'espoir.
Les arbres ne poussaient plus, les jeunes avaient quitté le village et
les vieux pensaient eux aussi le faire. A Bambakoutou, la situation
était meilleure; il Y avait de l'eau disponible, on pouvait faire pousser
le mil, des cultures marmchères; on pouvait replanter des arbres,
faire de l'élevage, mais, si l'on ne prenait pas rapidement des déci-
sions et si l'on ne décidait pas de travailler ensemble, le village allait
devenir comme celui que le vieux avait décrit.
"Le premler problème que nous devons résoudre", disait Mamadou,
"c'est que tout le monde puisse manger à sa faim. Il nous "faut donc
cultiver notre mil, et créer notre réserve villageoise comme par le
passé.
D'autre part, comme nous avons de l'eau, nous avons les moyens
d'irriguer et de produire de nouvelles cultures pour les vendre au
marché voisin et à la capitale. Cela nous procurera de l'argent pour
équiper notre maison, acheter un vélo, payer l'école de nos enfants, et
qui sait peut-être voyager à notre tour pour visiter d'autres villages
Ttet la ville 0- 5 -
Pendant plusieurs semaines. régulièrement. les membres du groupement
se retrouvaient sous l'arbre.
Tout le monde avait pris conscience de la nécessité de "faire quelque
chose" pour se sortir de la situation présente. et la plupart des villa-
geois étaient prêts à agir.
Mamadou était devenu leur leader. Les vieux sages qui connaissent
bien les traditions, encourageaient les jeunes. Les femmes. elles aussi,
avaient constitué leur groupe pour étudier leurs problèmes: pourrait-
on trouver une solution afin d'éviter d'aller si loin pour chercher
l'eau? Pourrait-on trouver une solution pour nous permettre de perdre
moins de temps à piler le mil au moment où l'on a besoin de nos bras
pour cultiver? Ne pourrait-on pas trouver un jeune infirmier? Nous
lui construirions une case et il pourrait soigner les malades au village.
Ne pourrait-on pas construire notre école, et commencer des cours
d'alphabétisation?
Peu à peu, les habitants de Bambakoutou prenaient conscience des
problèmes de leur village:
- les conséquences de la désertification sur l'environnement
villageois,
- le manque d'accès à l'eau et le manque de production céréa-
lière,
- l'isolement du groupement: pas de route, peu de relations,
- les jeunes qui quittent le village pour la ville où ils vont
chômer,
- le manque d'appui des services techniques du gouvernement,
etc.
Bref. Hs ne pouvaient que compter sur eux-mêmes.
Dès lors, ils étaient prêts à s'engager pour apporter une solution
concrète aux problèmes qu'ils avaient eux-mêmes soulevés.- 6 -
C. LE GROUPEMENT PASSE A L'ACTION
Après de nombreuses réunions, le comité du groupement, toujours
animé par Mamadou, avait décidé de retenir cinq projets prioritaires
que les villageois voulaient lancer:
- le creusage de trois {'uits pour ravitailler la population en eau
potable et arroser le Jardin;
- la création d'une banque de céréales pour constituer une
réserve villageoise de mil afin de pouvoir faire face aux dif-
ficultés au moment de la sécheresse;
- la création d'un jardin potager au bord de la rivière. II sera
cultivé en saison sèche. Certains travaux se feront collective-
ment, mais chacun aura sa propre parcelle. On utilisera le
compost comme au village voisin. Le jardin créera des revenus
aux habitants par la vente des légumes qui ne seront pas
consommés sur place;
- un moulin à céréales pour éviter aux femmes le travail pénible
du pilage du mil;
- la construction en matériaux du pays d'une Kïrande case. qui
servira d'un côté de dispensaire pour l'in lrmier secouriste
itinérant, et d'un autre côté d'une salle commune pour les
réunions et une campagne d'alphabétisation en langue du pays.
Il fallait cependant passer à l'action.
Mais, avant d'agir, il est nécessaire de bien réfléchir. Mamadou et son
équipe vont se poser toutes les questions relatives à la réalisation des
projets qui ont été décidés.
L'idée est claire. On sait ce qu'on veut faire. Il y a assez de person-
nes pour travailler. Ce qui manque, c'est de savoir comment réaliser
ces projets, et comment rassembler les moyens financiers pour acheter
ce qu'on ne peut trouver au village.
Pour être sûr de ne pas se tromper, le groupement désigne Mamadou
et quatre de ses amis, deux hommes et deux femmes, pour se rendre
au village voisin pour voir comment les jeunes se sont organisés pour
,~ brasrésoudre leurs problèmes. Mamadou et ses amis sont accueillis
ouverts. On leur explique tout en détails, et on décide mên~'2\df(-~nvoyer
trois responsables (un paysanpour les jardins t une fen:r.~.::'f<':lI" les
moulins et la case santé, et un paysan gestionnaire POU]' ~ahanque de
céréales) qui passeront quelques jours à Bambakoutou pour aider
Mamadou et ses amis à préciser leur idée et élaborer leur projet et
leur p l"ogramme 4>- 7 -
Peu à peu le groupement va réaliser les projets qu'il a décidé d'entre-
prendre. Il a rassemblé une somme importante par la cotisation de ses
membres qui ont mis en commun une partie de leurs moyens financiers.
Les vieux regardent tout cela d'un oeil admi,..atif. Ils sont heureux de
voir que les jeunes restent au village et qu'ils ont décidé de le faire
mieux vivre.
Le village se développe. Les gens sont plus heureux!lIe partie
PARTICIPATION
ET ANIMATION
A. La cohésion du groupe
B. L'animation et la sensibilisation
C. La participation des populations
D. Schéma de développement à l'au-
to-responsabilité
E. Les relations et rapports au sein
de l'association
F. Le rôle des responsables
G. La répartition des responsabilités
H. Choix et principes directeurs
pour l'action- 10 -
L'histoire de Mamadoun'est pas unique.
Elle se rép~te souvent au Sahel et dans de nombrefa pays du Tiers
Monde.
Des femmes et des hommes, conscients que le déveZoppement repose sur
leurs initiatives et leurs efforts, entreprennent chaque jour des
projets qui donnent naissance à des groupements et des associations
dont iZs sont 'les seuls responsables.
Le développement, c'est d'abord et avant tout l'effort d'un groupe qui
a décidé de prendPe en main son destin.
Souvent hélas, les premi~res difficultés rencontrées anéantissent les
espoirs de ceu:c qui avaient pris le l'isque de faire quelque chose. Non
soutenus, par man~ de qualification et de relations, l'idée et le
gI'oupe naissant végètent avant de mourir.
Cependant, beaucoup de ces petits groupes ont réussi à se développer et
à mieux répondre aux besoins de leurs membres et des popuZations
locales.
Comment ont-ils fait pour réussir?
A. LA COHESION DU GROUPE
Si l'on veut "aller loin", il faut être capable de travailler ensemble, et
pour travailler ensemble, il faut s'accepter, se soutenir, faire ensemble
les efforts voulus.
Dans la tradition, il existe des règles de solidarité des groupes ethni-
ques. Il Y a même dans certains pays des groupes très organisés (ex.:
Naams, Ton, etc.) qui ont été créés pour que leurs membres ne soient
pas dans le besoin.
Si le groupe s'entend, c'est parce qu'on est tous frères d'une même
grande famille et que les règles de solidarité sont obligatoirement
respectées par tous.
Ainsi, il n'y 8 pas de groupements ou d'associations solides si dès le
départ il n 'y a pas désir d'être ensemble, désir de travailler ensemble,
désir d'aider celui qui est dans le besoin.
Le véritable développement repose sur les valeurs de sa société. On
doit savoir les mettre À. son service pour le bien de tous.- Il -
Mais ne soyons pas trop utopistes! Ne rêvons pas!
Les hommes et les femmes sont ce qu'ils sont, c'est-A-dire faibles et
mortels. Et bien vite, la jalousie, l'égoisme, le désir de parattre et de
dominer viendront détruire notre projet initial.
Que faire pour éviter ces difficultés?
B. L'ANIMATION ET LA SENSIBILISATION
Tout groupement doit donner priorité à l'animation et à la formation de
ses membres et des populations villageoises.
Animer, c'est aider les gens, par de nombreuses séances et rencontres
sous l'arbre, à :
. parler de leurs problèmes
. mieux connattre leur village
prendre conscience de la nécessité de travailler ensemble
. chercher ensemble des solutions à leurs problèmes
leurs. s'organiser pour rassembler les moyens et exécuter
projets
. réfléchir sur les objectifs poursuivis par leur groupe
. sur leur avenir.
Animer. c'est rendre conscient et responsable
Animer, c'est aider les gens à s'organiser pour agir
cf. : . "Formation à l'animation rurale", INADES, 08 B. P. 8, Abidjan,
Côte d'Ivoire
. "L'animation des groupements villageois", par Jean Monze,
Collection "Le Praticien du développement", éditions FORHOM
BDPA, 27 rue Louis Vicat, 75015 Paris, France.