Mon pari pour la Guinée

Mon pari pour la Guinée

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Français
200 pages

Description

François Lonsény Fall jette un regard rétrospectif et prospectif sur lui-même, son cheminement, son pays, son parcours, son exil. Homme de dialogue, fin médiateur, il met son talent au service de la paix, de la démocratie et de la sécurité en Afrique et dans le monde. Fin décembre 2008, lorsque s'ouvre une nouvelle page de l'histoire de la Guinée, il décide de rentrer pour jeter les bases d'un ambitieux projet de Refondation. C'est le pari audacieux qu'il fait et qu'il veut réussir pour un avenir meilleur de son pays.

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Date de parution 01 juillet 2009
Nombre de lectures 178
EAN13 9782296232815
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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SOMMAIRE

Préface de DominiqueBANGOURA.........................p.9

Dédicace ......................................................................p.19

INTRODUCTION......................................................p.21

PREMIEREPARTIE:
Mon enfance et ma formation...................................p.23

DEUXIEMEPARTIE:
Mon expérience au service de laGuinée ..................p.55

TROISIEMEPARTIE: Ma contribution à la paix, à la
démocratie et à la sécurité enAfrique......................p.97

QUATRIEMEPARTIE: Ma vision et mon ambition
pour la Refondation de laGuinée...........................p.119

Liste desAnnexes .....................................................p.157

Annexes .....................................................................p.158

Table des Matières...................................................p.197

1
Préface de Dominique BANGOURA

Ce livre a pour objet de présenter un homme, François
Lonsény Fall. Dans cet ouvrage autobiographique, l’auteur a
voulu parler de lui, jeter un regard rétrospectif et prospectif
sur lui-même, son cheminement, son pays.

Né le 21 avril 1949 à Dabola, au cœur de laGuinée, l’auteur
vient tout juste de fêter son soixantième anniversaire: un
moment propice, non pas pour faire le bilan de sa vie, car il a
encore trop à faire, mais pour se projeter dans l’avenir en se
penchant sur son passé et son présent.

Pour qui connaîtFrançois LonsényFall, la démarche n’est
pas banale, loin de là.C’est un homme au parcours
exceptionnel. La plupart desGuinéens connaissent son nom,
ont entendu parler de lui, à divers titres. Il en est de même de
la plupart desAfricains et même des citoyens du monde, pour
peu qu’ils s’intéressent aux relations internationales, à la
diplomatie, à la gestion des crises et des conflits.

Pourtant,François LonsényFall (que sa Maman veuille bien
me pardonner de répéter ainsi le premier prénom), «Iya »
pour les intimes, N’Fa pour sa mère, est un homme pudique,
discret, qui ne se livre pas facilement. Il ne lui viendra jamais
à l’esprit de se vanter de tel ou tel acte qu’il a accompli ou
tout simplement de se mettre à parler de lui, sauf pour
répondre à une question qu’un parent, un ami ou un
journaliste souhaite lui poser.

1
Docteur d’Etat en Science politique, spécialiste de l’Afrique (paix,
sécurité, défense), auteur de nombreux ouvrages dont quatre sur laGuinée
(cf :note 48 p. 122-123), ancien Secrétaire général de l’InstitutAfricain
d’Etudes Stratégiques (IAES), Libreville (GPrésidente deabon) ;
l’Observatoire Politique et Stratégique de l’Afrique (OPSA), Université
Paris I Panthéon-Sorbonne, Professeur deGéopolitique enFrance et en
Afrique.

9

S’il a fait librement le choixd’écrire ce récit en plein cours
de savie, c’est qu’il a estimé qu’il devait le faire. Pourquoi ?
Il suffit de lireune àune les quatre Parties qui défilent sous
nosyeuxpour comprendre. François LonsényFall avoulu
s’adresser à ses compatriotes, leur montrer son enracinement
et son attachement à la Guinée, leur révéler des pages
jusqu’ici non dévoilées de l’histoire politique récente de leur
pays, s’attarder sur des périodes oùla Guinée a été placée
sous le feudes projecteurs, mais aussi rappeler les raisons qui
l’ont poussé à dire non et comment il l’a fait à des instants
cruciauxdurégime politique duPrésident Lansana Conté. Il
veut surtout leur faire part d’un projet très important qui lui
tient à cœur,un projet audacieux.

Comment M. Fall en est-il arrivé à nourrirune aussi noble
ambition pour son pays ?Pourquoi a-t-il renoncé à continuer
d’exercer ses hautes fonctions onusiennes, ô combien
stimulantes même si parfois très risquées ?Sans doute parce
qu’il se sent profondément Guinéen, parce qu’il a la certitude
que son devoir est d’aller de l’avant, de prendre des risques et
des responsabilités pour sortir son pays de la léthargie et du
marasme, surtout en ce début de Transition, àun moment
charnière de l’Histoire de la Guinée ;enun mot, parce qu’il
est animé d’unvéritable élan patriotique.

Ce livre nous permet de découvrir François LonsényFall,
d’oùilvient, qui il est, ce qu’il a réalisé et ce qu’ilveut
entreprendre pour son pays. De la naissance à ce jour, il
retrace les étapes qui l’ont marqué, parle des personnes qu’il
apprécie et qui ont compté ouqui comptent encore pour lui.
Onydécèle desvaleurs, des principes, des comportements,
des actions qui font de luiune personnalité hors ducommun.

J’ai le privilège d’avoir fait la connaissance de M. Fall dès
1982, aucours d’un de ses passages à Paris, grâce à mon
mari. Tous deuxpartagent des liens très forts d’amitié depuis
l’enfance. J’avais entenduparler de cet ami maintes et
maintes fois, depuis de nombreuses années, dès que j’avais

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rencontré Tétémadi, alors que nous étions étudiants à
Strasbourg, lui à l’Université Louis Pasteur et moi à l’Institut
d’Etudes Politiques.

Pourtant, en parcourant ces lignes pour la première fois, je
me suis rendu compte à quel point je ne connaissais rien de
M. Fall, ou si peu.Beaucoup auront sans doute la même
impression en se plongeant dans des différents chapitres qu’il
a écrits. Même ses proches constatent qu’ils ignorent des
pans entiers de cette vie, si dense et inhabituelle qui est celle
deFrançois LonsényFall.Cela est dû probablement à son
tempérament discret, mais aussi au fait qu’il a servi laGuinée
aux quatre coins du monde et que seules quelques rares
personnes l’ont accompagné en permanence.

Il est donc à la fois important et passionnant de découvrir cet
homme, son enfance, sa jeunesse, ses amis, son premier
poste, sa brillante carrière au service de laGuinée, de la paix,
de la démocratie, de la sécurité enAfrique et dans le monde.

Dans laPremière partiede l’ouvrage, M.Fall nous emmène
dans le milieu qui a bercé son enfance et nourri sa
personnalité. Sa mère, Hadja Saran Komah, une femme de
courageau destin singulier,lui a donné la vie au centre de la
Guinée, entreFouta et pays mandingue, avant de rejoindre
Kankan, le fief de cettefamille de soucheaux aïeuls
renommés, respectés et vénérés.François LonsényFall est
élevé et éduqué dans cette culture, profondément enracinée
dans la terre de ses ancêtres. On décèle dès les premiers
paragraphes des références à la foi et à la connaissance, à la
fraternité, à l’amitié, à la solidarité, à la propension à nouer
des liens et des alliances, au respect, à la confiance mais aussi
à la conviction et à la détermination en particulier chez le
patriarche LonsényFall, bien décidé à poursuivre son chemin
jusqu’àFabala, sans toutefois renoncer à s’installer à Kankan
et à y sceller un pacte dans la seconde moitié du XVIIIe
siècle.Ce sont ces valeurs qui ont été transmises àFrançois
LonsényFall, de génération en génération, ainsi que les droits
et les devoirs qui y sont liés.Attaché à cet héritage

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traditionnel, M. Fall se fait aujourd’hui un honneur de le
perpétuer et de l’inculquer à ses enfants, notamment à son
fils, dont il écrit qu’un jour il sera lui-aussi appelé àprendre
la relève. Le lecteur découvrira lui-même d’autres richesses
morales, de preuves d’ingéniosité et d’intégration et je ne
doute pas que bien desGuinéens etGuinéennes se
reconnaîtront dans cette évocation du passé et de ses
2
coutumes, parce que « LaGuinée est une famille».

Fort de ses origines, rehaussées d’hommes, de femmes et
d’événements,François LonsényFall a vécu son enfance
dans l’insoucianceet lagaité,s’entourant d’amis qui, à ce
jour, sont encore auprès de lui.En les mentionnant, je ne
peux m’empêcher de penser aux éclats de rire lorsqu’ils se
retrouvent, aux souvenirs qui fusent de toutes parts et qu’ils
commentent allègrement, dont eux seuls ont le secret.C’est là
3
la force, ou plutôt l’une des forces dusèrè .C’est aussi un
cadre de grande convivialité, le berceau du tempérament de
M.Fall, sincère, naturel et proche des gens.C’est également
dans cet environnement que M.Fall puise les principes forts
qui guidentsa vie : la droiture, l’honnêteté, la responsabilité,
la solidarité.

Major de promotion à la fin du collège puis de l’université,
M.Fall a très vite su que ses aptitudes intellectuelles seraient
mises au service de la diplomatie: c’était son rêve le plus
ardent et il l’a merveilleusement réalisé. Il n’a ménagé aucun
effort pour cela ; il s’y est longuement préparé. Il s’est donné
les moyens d’y parvenir et a franchi chaque étape, du bas
vers le haut de la hiérarchie, de laCoopération auxAffaires
Etrangères jusqu’à atteindre lecouronnementde sa carrière
diplomatique avec sa nomination au poste de Ministre des

2
La Guinée est une familleest le titre d’un texte publié àConakry en
1999, dont l’auteur est Néné Moussa MaléyaCAMARA
3
Lesèrèest un système de classe d’âge en pays mandingue.Dans ce
milieu, et plus généralement enAfrique de l’Ouest, les trois sources de
formation de la personnalité d’un individu sont: la classe d’âge,
l’éducation coranique et l’école française.

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AffairesEtrangères. Il précise qu’il a eu la chance d’avoir
pour mentors des hommes influents et rigoureux, rompus à
l’exercice de leur profession, auprès desquels il a appris son
métier avec passion.Ces derniers lui ont fait confiance,
preuve qu’ils ne se sont pas trompés sur les capacités de leur
jeune subordonné.

LaDeuxième partiede l’ouvrage nous montre l’expérience
deFrançois LonsényFall au service de laGuinée.Cette
partie comporte deux périodes, celle du diplomate puis celle
du Premier Ministre.
Tout d’abord, M.Fall, affecté de mission en mission dans les
ambassades guinéennes, se met à parcourir le monde, tant sur
le continent africain, auCaire puis à Lagos, qu’en Occident, à
Paris et à New York. Il s’implique dans les dossiers,
développe les relations entre laGuinée et les pays concernés,
reçoit et s’occupe de ses compatriotes à l’étranger, rencontre
tous les grands de ce monde. Puis, il est de retour àConakry
en tant queDirecteur au Ministère desAffairesEtrangères.
Durant toutes ces années, il épouse et défend les causes les
plus dignes à l’échelle internationale : l’amitié et la fraternité
entre lesEtats, la coopération, le droit des peuples à
l’autodétermination, l’interdiction des mines antipersonnel, la
justice pénale internationale, l’élimination de la
discrimination raciale ; il s’attache à la défense des droits des
victimes, surtout quand il s’agit de civils innocents. Les
années 2000 à 2003 sont celles de la consécration. Son ardeur
à la tâche, ses qualités et talents personnels, ses compétences
professionnelles le propulsent aux plus hautes fonctions dans
son domaineet à des titres prestigieux : Représentant
permanent de laGuinée aux Nations Unies, Vice-président de
l’AssembléeGénérale des Nations Unies,Délégué de la
Guinée auConseil de Sécurité des Nations Unies, Président
duConseil de Sécurité des Nations Unies.Ce parcours hors
pair n’est pas le fruit du hasard: grâce à son travail, aux
stratégies adaptées qu’il a su élaborer, il a trouvé la voie à
suivre et les soutiens nécessaires pour hisser son pays au plus
haut niveau.Durant ces années, il est particulièrement attentif
aux grandes réformes, comme celles annoncées en 2000 pour

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atteindre les Objectifs du Millénaire pour leDéveloppement.
Il s’intéresse aux défis que l’ONU aura à relever pour assurer
la paix et la sécurité internationales durant le XXIème siècle ;
il est à l’écoute de la volonté de changement qui est exprimée
partout, comme un leitmotiv.

Ce qui m’a frappée dans ce récit, c’est la modestie de
l’auteur, son souci de ne pas trop s’étendre, pour ne pas
paraître présomptueux.Ce ne sont pourtant pas les occasions
qui manquent…Pour lui, ce qui compte, c’est le service
renduà son pays, la mission accomplie. Les honneurs, même
s’il les respecte car relevant d’une fonction et d’un rang liés à
la représentation de son pays, lui paraissent secondaires eu
égard à la responsabilité engagée.

Vient ensuite la période oùFrançois LonsényFall est nommé
Premier Ministre. On assiste auxprémices et auxcoulisses de
cette nomination. L’auteur relate les relations entre le
Président LansanaConté et le Ministre desAffaires
Etrangères qu’il est, quelques temps auparavant. Visiblement,
telle n’était pas l’intention de M.Fall de monter sur la
première marche de la Primature. Mais, finalement, par
respect pour levieuxPrésident malade, il accepte. Il sait aussi
et tient à montrer qu’on ne refuse pas d’êtreun homme
d’Etat.Dès lors, il s’emploie avecvigueur et engouement à
tout faire pour réussir dans sa nouvelle fonction. Trèsvite, il
fix: en tant qe le capueChef duGouvernement, il adresse
une lettre de mission à tous ses ministres et annonce des
réformes cruciales dans plusieurs secteurs sensibles comme la
justice et les finances publiques, l’assainissement du
fonctionnement de l’Etat, l’application des règles. Mais il se
heurte aussitôt àun refus catégorique à la fois duPrésident de
la République et de son entourage corrompu.

Homme de respect, mais aussi homme de conviction et de
détermination, M.François LonsényFall démissionne de son
poste de Premier Ministre aubout de deuxmois.De tous les
Premiers Ministres de LansanaConté, il est le seul à oser
poseru; les an tel acteutres seront remerciés oulimogés.

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Droit, incorruptible, il ne veut pas cautionner la mauvaise
gouvernance ; tel est l’enseignement qui ressort de ses écrits.
Le PrésidentConté regrettera son Premier Ministre; il
attendra neuf mois avant de nommer un successeur. Il tentera,
par le biais de la mère, Hadja Saran Komah et de l’épouse
Lydia de M.Fall de faire revenir l’intéressé sur sa décision.
Mais rien n’y fera.

Ne cherchant pas le pouvoir pour le pouvoir, M.Fall préfère
y renoncer, y compris aux honneurs et aux multiples
avantages y afférents, pour éviter la compromission. Le prix à
payer pour sa conviction est lourd : quitter son pays, sa mère,
sa famille, ses amis, ses projets, tout ce qu’il aime sur
place… pour l’exil.

Dans laTroisième Partiedu livre, M.Fall, nous parle
brièvement de sa vie en dehors du pays, puis nous livre son
expérience commencée une année plus tard, en tant que
conciliateur, négociateur, médiateur en Somalie et en
RépubliqueCentrafricaine, deux pays d’Afrique
particulièrement meurtris et fragilisés. Tour à tour à
Mogadiscio (ou depuis sa base à Nairobi) et àBangui, il
déploie des trésors d’énergie, de courage, de patience et de
ténacité pour arriver au bout de la mission qui lui est confiée
par le SecrétaireGénéral des Nations Unies, d’abord Kofi
Annan et ensuiteBan Ki-Moon.

M.Fall sillonne sans relâche toute laCorne de l’Afrique et
les pays influents duGolfe arabo-persique pour plaider cette
cause, obtenir des soutiens, gagner des appuis afin de
réconcilier les frères somaliens en guerre. Il se rend en
personne sur les terrains les plus tendus, dans des zones
horsla-loi pour parler aux protagonistes, notamment des seigneurs
de guerre redoutables, afin de leur donner l’occasion de
s’exprimer autrement que par la voie des armes. Il tente de
les convaincre et de les ramener sur le chemin de la paix en
commençant par la table des discussions.De l’audace, il en
faut en outre en tant que diplomate onusien pour défier les
autorités centrafricaines et aller à la rencontre d’un chef

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rebelle dans son propre fief. En définitive, les faits lui
donnent raison. A force de bravoure et de détermination, il
parvient à son objectif et au final, les premiers concernés par
cette situation, non seulement reconnaissent qu’il a eu raison
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d’agir de la sorte, mais le remercient.

SiFrançois LonsényFall a pu surmonter les difficultés et les
obstacles, franchir les étapes nécessaires, c’est grâce avant
tout à son professionnalisme, mais aussi à sa capacité à
s’entourer d’équipes, de collaborateurs compétents et
dévoués, et surtout à ses qualités individuelles.De par sa
personne, sa façon de faire, M.Fall inspire la confiance et le
respect. Il rassure.

Ce sont ces atouts qui lui permettent de renouer les liens entre
parties adverses comme àAden, qui l’aident à rétablir les
autorités de l’Etat comme àBaïdoa, à contribuer au dialogue
national, au retour à la paix, à l’usage de la démocratie, au
cheminement vers la réconciliation nationale comme à
Bangui.

Outre ses talents de diplomate, de démocrate et d’homme de
paix, M.Fall est aussi un manager et un gestionnaire. Là où il
s’installe, il commence en général par rénover, moderniser,
transformer ;il présente des qualités de bâtisseur. Il en parle
peu ;pourtant, il a été pendant quatre ans leChef de deux

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On devrait même ajouter: l’honorent. M.Fall n’en parle pas, c’est
encore un signe de sa modestie; pourtant, avant qu’il ne quitteBangui,
une grande cérémonie d’adieux a été organisée en son honneur au palais
présidentiel en présence des corps constitués et du corps diplomatique. Le
PrésidentFrançoisBozizé lui a rendu un vibrant hommage pour l’action
qu’il a menée, en particulier en faveur de la signature d’Accords de paix
avec les différents mouvements rebelles et de l’Accord global de paix
conclu en juin2008 à Libreville, préludes indispensables auDialogue
politique inclusif qui s’est tenuen décembre2008. Le PrésidentBozizé
avait proposé d’élever M.Fall à la dignité deCommandeur dans l’Ordre
de Mérite national, la plus haute distinction, pour les loyauxservices
rendus à son pays. Toutefois, M.Fall a décliné l’offre en raison des règles
éthiques auxNations Unies.

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Bleureaux importants des Nations Unies,Bureau Politique
des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS) et leBureau de
l’Organisation des Nations Unies en République
Centrafricaine (BONUCA), qui couvrent de vastes domaines.
Il s’est battu par ailleurs pour redonner espoir et dignité aux
peuples somalien et centrafricain; il n’a eu de cesse de
soutenir et défendre leur cause du plus bas au plus haut
niveau :de la petite localité dans l’un ou l’autre pays, au
Conseil de Sécurité de l’ONU. Il a coordonné l’aide
financière et les soutiens politiques internationaux en faveur
de ces deux pays.

Rien d’étonnant à ce qu’un jour,François LonsényFall
décide de mettre toutes ses capacités, son savoir-faire, son
courage au service d’un autre pays qui en a également besoin:
le sien. Quoi de plus naturel que de vouloir rentrer chez soi,
surtout que la Transition, avec la nouvelle donne politique à
Conakry, vient de commencer? Quoi de plus normal, dans
son cas, que de vouloir s’engager politiquement pour un
avenir meilleur de laGuinée ?

LaQuatrième Partiede l’ouvrage nous conduit directement
au cœur de l’ambitionqui anime M.Fall et de son projet,
celui de laRefondation de la Guinée. L’auteur retrace les
périodes qui ont précédé sa prise de décision; il décrit
comment il s’y est préparé. Il donne la «substantifique
moelle »de son projet de société, de saVision. Mais à
nouveau comme en2004, il est confronté àun choix
déterminant : soit continuer à exercer pendant encore de
nombreuses années ses fonctions de diplomate international
qu’il apprécie énormément, aurisque de manquer le prochain
5
rendez-vouas électoralvec le peuple deGuinée ;soit
renoncer à cette situation et rentrer enGuinée pour
redémarrerune nouvellevie et créerun parti politique.Après

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Le Président duCNDD, leCapitaine MoussaDadisCamara, a annoncé
e
publiquement le soir de la cérémonie de recueillement du40jour du
décès duPrésident LansanaConté, le 6 février2009, que des élections
générales se tiendront à la fin de l’année2009 enGuinée.

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avoir mûrement
seconde option.

réfléchi,

M.

Fall

se

détermine

pour

la

Nul doute qu’avec le parcours prodigieux qui a été le sien, il
réunit suffisamment de qualités, d’aptitudes, de compétences
pour réussir. M.Fall est un homme de pensée et d’action, un
homme de conviction et de valeurs.M.Fall est un homme
d’Etat ;il a porté les couleurs de l’Etat guinéen au niveaule
plus élevé, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire
national. Il s’inscrit dans la perspective et la durée, celle de la
refondation; c’est un homme responsable et volontaire, de
dialogue et de rassemblementqui connaît profondément son
pays. Il sait quelles en sont les limites et les richesses. Il
affirme queleChangement est possible.C’est cePariqu’il
faitpour laGuinée.

On retrouve à la fin de ce livre, les émotions fortes et les
personnages-clés des premières pages.Cela pourrait être un
beau roman, mais c’est à la fois différent et plus; c’est un
nouveau livre qui commence: celui de l’espoir qu’un jour
viendra, bientôt, laGuinée seraun pays où il fera bon vivre,
comme aime tant à le dire l’auteur.

Depuis le retour dans son pays, après cinq ans d’exil,
François LonsényFall, a retrouvé les siens.Cet homme
chaleureux et ouvert s’est révélé à ses compatriotes; tous
ceux qui l’ont rencontré depuis savent combien il est sincère,
à la hauteur de ses ambitions et combien il a du charisme…

Paris, le 15 mai2009

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DEDICACE

A ma chère maman, N’ Na,

Une femme exceptionnelle,
Un modèle d’épouse et de mère,
Qui a consacré toute sa vie à veiller sur ses enfants
Et sansqui je neseraispasdevenu
Ceque jesuisaujourd’hui…

Aupeuple deGuinée,
Pour un avenirmeilleur