Moyen-Orient 2012 : bilan géopolitique

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Un an d'analyses de l'Institut MEDEA. Au Maghreb et au Moyen-Orient, l'année 2012 a vu la lente transformation politique, économique et sociale se poursuivre et la démocratie balbutiante continuer son chemin. En réalité, les situations étant diverses selon les États, nous avons été nombreux à croire et espérer en des processus révolutionnaires brutaux et rapides tout en craignant une déstabilisation régionale complète. Cela n'a pas été le cas et c'est tant mieux. Mais les instabilités locales sont bien présentes. Ce qui est sûr, c'est que les pays qui sont parvenus comme la Tunisie, la Libye, l'Égypte à se défaire de leurs anciens dictateurs, sont en train d'expérimenter la démocratie avec de nouveaux impératifs complexes issus du jeu électoral. De l'autre côté du spectre, des pays comme la Syrie sont dans des situations tragiques, ne parvenant pas à se défaire de leur pouvoir fort et connaissant une guerre civile sans précédent. Au milieu, des pays relativement discrets comme le Maroc ou la Jordanie avancent avec silence non sans certaines inquiétudes alors que des pays forts et tout aussi autoritaires tentent de tirer leur épingle du jeu en influençant le destin de certains pays ou en prenant un rôle de leadership régional comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar.
Dans cet ouvrage coordonné par Sébastien Boussois, nous retrouverons une présentation des grands enjeux géopolitiques, stratégiques, politiques et sociaux qui nous ont semblé déterminants l'année dernière pour comprendre voire anticiper les évènements de l'année à venir. C'est dans ce contexte que l'Institut MEDEA livre pour la première fois son bilan géopolitique annuel et le meilleur des ses analyses de 2012. L'institut Medea, actif depuis quinze ans dans les relations euro-arabes à Bruxelles, a pour objectif de faire connaître le monde arabe, ses particularités et ses opportunités. Son but est de promouvoir les synergies et le dialogue entre deux régions voisines et complémentaires.

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Date de parution 01 janvier 2013
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EAN13 9782849243060
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0098 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Moyen-Orient 2012
Bilan géopolitique
Image de couverture : © sebastien boussois (http://Photospalestinisrael. blogspot.be/ (femmes en contre-jour en Jordanie en noir) © Éditions du Cygne, Paris, 2013
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-306-0
Institut MEDEA
Moyen-Orient 2012
Bilan géopolitique
Éditions du Cygne
Introduction
Des processus révolutionnaires de 2011-2012 aux incerti-tudes des démocraties naissantes en 2013, un bilan mitigé
L’année qui s’est achevée au Maghreb et au Moyen-Orient a vu la lente transformation politique, économique et sociale se poursuivre et la démocratie balbutiante poursuivre son chemin. En réalité, les situations étant diverses selon les latitudes, nous avons été nombreux à croire et espérer en des processus révo-lutionnaires brutaux et rapides tout en craignant une déstabi-lisation régionale complète. Cela n’a pas été le cas et c’est tant mieux. Mais les instabilités locales sont bien présentes. Ce qui est sûr, c’est que les pays qui sont parvenus comme la Tunisie, la Libye, l’Égypte à se défaire de leur anciens dictateurs, sont en train d’expérimenter la démocratie avec de nouveaux impératifs complexes issus du jeu électoral: nouvelles constitu-tions à dénir, organisation des oppositions, place du religieux à redénir dans la vie publique, arrivée au pouvoir des islamistes dans le jeu de la démocratie, défense des minorités qui tentent de revendiquer leurs droits, situation complexe des femmes dans ces situations post-dictatoriales. De l’autre côté du spectre, des pays comme la Syrie sont dans des situations tragiques, ne parvenant pas à se défaire de leur pouvoir fort et connaissant une guerre civile sans précédent. D’autres pays provoquent peu l’intérêt des médias mais n’en connaissent pas moins des troubles comme en Jordanie. Au milieu, des pays puissants mais tout aussi « forts » tentent de tirer leur épingle du jeu en inuençant le destin de certains pays ou en prenant un rôle de leadership régional comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar, alors que d’autres sont trop affaiblis momentanément (l’Égypte), ou préoccupés à leurs frontières (Turquie avec la crise syrienne) pour cela. Pendant ce temps, l’Union européenne regarde impuissante. Si le politique se reconstruit dans la région, il se fait non seulement au sommet des États mais désormais de plus en plus au cœur même de sociétés civiles en pleine expansion. Pour l’année à venir, les enjeux sont multiples pour nombre de pays
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en transition : en Tunisie, l’Assemblée constituante qui tente de parvenir à un texte pré constitutionnel depuis plus d’un an doit faire face à la pression d’Ennahda et des Salastes contre les laïcs, et préconise la tenue d’élections en septembre prochain. En Libye, dont les médias se sont largement détournés, un an et demi après l’intervention militaire de la coalition, la mort tragique de l’ambassadeur américain à Benghazi début décembre 2012 a souligné une fois encore les limites de l’intervention exté-rieure et la difcile construction de la démocratie notamment dans la région de la Cyrénaïque. Quant à l’Égypte, les tentatives récentes du président Mohamed Morsi de s’octroyer par un coup de force davantage de pouvoir, la contestation de l’oppo-sition et le référendum sur la constitution nalement approuvé, ont profondément divisé à nouveau les Égyptiens qui se méent davantage des Frères musulmans. En Syrie, le seuil des 60 000 morts aurait été atteint dans cette guerre civile qui dure depuis 18 mois et qui ne voit ni l’effondrement du régime baasiste de Bachar Al Assad ni l’écroulement de la résistance sur place ou de la nouvelle opposition qui tente de s’organiser. Des pays proches restent relativement discrets mais font les frais de la déstabilisation syrienne avec l’arrivée massive de réfugiés. C’est le cas de la Jordanie, après les élections législa-tives du 14 janvier 2013, après la valse des premiers Ministres en 2011, les manifestations populaires contre la grave crise économique et sociale que traverse le pays et la politique d’aus-térité entreprise depuis près de dix ans dans un pays quasi sans ressources. Au cœur de ces situations diverses régionales, des pays sont toujours sous le joug de déstabilisations politiques, soit victimes de leurs voisins, soit de leurs propres tensions politiques internes : c’est le cas du Liban, et de la Palestine. Les élections du 23 janvier 2013 en Israël peuvent faire craindre aux Palestiniens encore plus de radicalité à leur encontre avec l’arrivée d’une droite encore plus extrême, éloignant plus encore la matérialisation sur le terrain d’un véritable État qui n’en aurait plus alors que le nom.
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Il ne faut pas oublier les pays qui ont proté des révoltes arabes et se sont sentis investis d’une mission de « médiation » ou plutôt de soutien à de nouveaux pouvoirs plus avantageux pour eux. Arabie Saoudite et Qatar, plus ou moins proches des Occidentaux, inuencent les jeux de pouvoir et les alliances locales, déstabilisent certains régimes, nancent certaines rébel-lions. Mais dans le même temps, ces deux pays n’opèrent aucune évolution politique. Il faudra continuer à étudier l’ascension fulgurante de la diplomatie qatarie sur tous les fronts, là où l’Union européenne est bien souvent absente. Preuve en sont les dernières actions symboliques de Doha : la visite de l’émir Al Thani à Ismail Haniyeh le chef du Hamas à Gaza brisant l’isole-ment diplomatique du mouvement islamiste, le soutien nancier aux victimes de la révolution tunisienne à qui l’émirat a offert 20 millions d’euros. Le même Qatar qui condamnait à la prison à perpétuité n novembre 2012 un poète pour incitation au soulè-vement contre le régime en rendant hommage aux révolution-naires en Tunisie. Quant à la situation des droits de l’homme en Arabie Saoudite, elle n’est plus un secret pour personne : celle des femmes mineures dans le seul pays au monde où elles sont interdites de conduire des voitures comme celle des homosexuels agellés, ou des chiites persécutés à l’est du pays là où les réserves pétrolières sont les plus importantes. Pourtant en 2011, des experts préconi-saient un avenir assez sombre à la dynastie des Séoud, alors qu’un embryon d’opposition tentait de s’organiser. An de calmer le jeu, le pouvoir libéra 130 milliards de dollars à destination de la population an de nancer la politique sociale mais aussi les insti-tutions religieuses. La contestation s’éteint. An de détourner le regard de ses propres turpitudes, le pouvoir saoudien s’immisce dans les affaires régionales, notamment au Bahreïn où la contes-tation chiite est réprimée par les soldats saoudiens. Ce n’était que le début de l’interventionnisme saoudien dans la région : soutien à la rébellion libyenne, nancement du Conseil Suprême des forces armées, soutien à l’opposition syrienne, etc.
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