Nouvelles Relations internationales

Nouvelles Relations internationales

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Livres
427 pages

Description

Nouvelles relations internationales


Cette édition prend le relais de Relations internationales (2 vol.) qui a constitué un classique depuis vingt-cinq ans. Elle a été repensée en rassemblant les questions régionales et mondiales en un seul volume pour mieux l'articuler autour des grandes mutations de ce dernier quart de siècle : nouvelles technologies de l'information, révolution numérique ; globalisation de l'économie ; entrée en scène des puissances du Sud ; repli ou recomposition de l'ordre américain ; chaos du Moyen-Orient et nouvel âge du terrorisme... Ces évolutions imposent une approche nouvelle qui intègre les rapports géopolitiques dans les mouvements de fond de l'histoire : transformations de l'État souverain, migrations des individus et des groupes, émergence chaotique d'une société planétaire, enjeux écologiques, quête d'une sécurité globale. Un nouveau classique !





Philippe Moreau Defarges


Chercheur et co-directeur du RAMSES à l'Institut français des relations internationales (IFRI), il enseigne à Sciences Po Paris. Il est l'auteur de très nombreux ouvrages sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne.


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Date de parution 22 juin 2017
Nombre de lectures 6
EAN13 9782757857526
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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couverture
4eme couverture

Du même auteur

La France dans le monde

Hachette, « Les fondamentaux », 1994

 

Les Grands Concepts

de la politique internationale

Hachette, « Les fondamentaux », 1995

 

Repentance et Réconciliation

Presses de Sciences Po

« Bibliothèque du citoyen », 1999

 

Introduction à la géopolitique

Seuil, « Points Essais », 3éd. revue et mise à jour, 2009

 

La Mondialisation

PUF, « Que sais-je ? », no 1687, 10éd. mise à jour, 2016

 

L’Ordre mondial

Armand Colin, « U », 4éd., 2008

 

Les Institutions européennes

Armand Colin, « Cursus », 7éd., 2005

 

La Gouvernance

PUF, « Que sais-je ? », no 3676, 5éd., 2015

 

Dictionnaire de géopolitique

Armand Colin, 2002

 

Comprendre la Constitution européenne

Éditions d’Organisation, 2004

 

Constitution européenne Voter en connaissance de cause

Éditions d’organisation, 2005

 

Où va l’Europe ?

Eyrolles, 2006

 

Droits d’ingérence

Presses de Sciences Po, 2006

 

La Géopolitique pour les Nuls

First Éditions, 2éd., 2012

 

La Géopolitique pour les Nuls

First Éditions, édition de poche, 2016

 

La Guerre ou la Paix demain ?

Armand Colin, 2009

 

L’Histoire du monde pour les Nuls

First Editions, « Pour les nuls », 2e éd., 2015

 

L’Histoire de l’Europe pour les Nuls

First Editions, « Pour les nuls », 2013

 

50 notions clés sur la mondialisation pour les nuls

First Editions, « Pour les nuls », 2016

Avertissement


Les Relations internationales (deux tomes, collection « Points Essais ») paraissent pour la première fois en 1993. Depuis cette publication initiale, le premier tome « Questions régionales » fait l’objet de sept rééditions, chacune s’accompagnant d’une entière révision, la dernière réédition intervenant en 2011. Le second tome « Questions mondiales » donne lieu à huit rééditions, la dernière en 2010. Chaque réédition entraîne d’innombrables ajustements : actualisation, synthèse et ajouts, réécriture du texte existant. Inexorablement l’ouvrage se déforme, distordu par ces aménagements successifs.

Vingt-trois ans, soit le passage d’une génération à une autre, s’écoulent depuis la première publication. Durant ce dernier quart de siècle (1993-2017), le monde change radicalement : épanouissement de la numérisation fondée sur l’électronique, l’informatique, les télécommunications ; constitution de la Terre en un marché unique ; entrée dans le jeu planétaire des puissances du Sud ; repli, recomposition ou même remise en cause de l’ordre mondial par le président des États-Unis… Ces évolutions ou/et révolutions imposent de repenser complètement l’approche des relations internationales, d’intégrer les rapports géopolitiques dans les mouvements de fond de l’histoire des hommes : transformations de l’État souverain ; migrations des individus et des groupes ; émergence chaotique d’une société planétaire ; enjeux écologiques ; quête d’une sécurité globale.

Pour un livre entièrement inédit, un titre actualisé s’impose : Nouvelles relations internationales1.


1.

En fin d’ouvrage se trouvent une bibliographie, un atlas cartographique, une table mentionnant les dates de naissance et de mort des principaux acteurs des relations internationales, ainsi qu’un index des noms, des pays et des organisations.

1

Métamorphoses du système international


Vingt dates clés

3 millions d’années-10 000 ans av. J. C.

Peuplement de la Terre par des vagues successives d’hominidés puis d’hommes.

3 000 ans av. J.C.-XVe siècle

Empires autosuffisants. Quelques liaisons intercontinentales : routes de la soie, de l’ambre.

XVe-XIXe siècle

Dans le sillage des grandes découvertes, ouverture des empires aux échanges internationaux par les puissances européennes.

XVIe-XXe siècle

Équilibre européen.

1648

Traités de Westphalie, terminant la guerre de Trente Ans et instituant l’État souverain comme fondement de l’ordre international (en fait, européen).

Fin XVIIIe siècle

Révolutions américaine et française proclamant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

1840-1914

« Première » mondialisation : câbles télégraphiques, trains transcontinentaux, dépeçage de l’Asie puis de l’Afrique.

1914-1991

« Le court XXe siècle », dominé par la lutte à mort entre communisme soviétique et capitalisme libéral occidental.

1919

Traités de paix à l’issue de la Première Guerre mondiale. Création de la Société des Nations (SDN), première organisation visant à assurer une paix permanente.

1944-1948

Établissement du système onusien : Organisation des Nations unies (ONU), Fonds monétaire international (FMI).

1945-1991

Hégémonie de l’ordre américano-soviétique.

Décennie 1970

« Deuxième mondialisation » : démantèlement de l’isolement de la Chine par Deng Xiaoping, émergence de l’Asie maritime.

1971

Premier Forum économique mondial de Davos (Suisse), réunissant chaque année hommes d’affaires et responsables politiques afin de débattre de la situation mondiale.

1992

Sommet de la Terre à Rio de Janeiro.

XXIe siècle

L’océan Pacifique, pivot du système économique mondial. La Chine au coude à coude avec les États-Unis.

2001

Premier Forum social mondial à Porto Alegre (Brésil), visant à institutionnaliser l’altermondialisme.

2002

Cour pénale internationale (CPI), affirmant le principe que tout responsable politique peut être poursuivi et jugé pour les crimes commis dans l’exercice de ses fonctions.

2005

« Déclaration du Millénaire », célébrant les cinquante ans de l’ONU et définissant un code universel de bonne conduite.

2009

Premier sommet des BRIC – Brésil, Russie, Inde, Chine – à Iekaterinbourg (Russie), en quête d’un ordre alternatif à celui dominé par les Occidentaux. Officialisation, à Pittsburgh, du G20, ébauche d’une gouvernance économique mondiale.

2016

Élection de Rodrigo Duterte à la présidence des Philippines (juin). Tentative de coup d’État contre le président Erdoğan en Turquie (juillet). Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis (novembre). Rejet et fin de la mondialisation libérale ?

Chaque époque de l’histoire se convainc d’être exceptionnelle ; peut-elle ne pas se laisser séduire par une telle illusion ? Chaque époque, tout en n’étant en aucune manière supérieure aux autres, n’en est pas moins unique, par la synthèse précaire d’éléments qui lui sont spécifiques.

Ce début de XXIe siècle se définit par la remise en cause brutale d’une mondialisation en crise. Dans le dernier quart du XXe siècle, l’effondrement du bloc soviétique et le ralliement des pays du Sud, et d’abord du colosse chinois, à l’ouverture économique élargissent spectaculairement le champ des échanges internationaux. Produits bruts, biens manufacturés, investissements, idées et modes, individus, tous ces éléments se trouvent emportés par et dans les dynamiques du marché mondial. De la même manière que, dans les années 1850-1914, le chemin de fer, le bateau à vapeur, l’électricité, les débuts du téléphone contribuent de manière décisive à la mondialisation victorienne, le conteneur, l’ordinateur, le téléphone portable, Internet et bien d’autres outils stimulent et amplifient la mondialisation des dernières décennies du XXe siècle, les murailles des blocs de la guerre froide s’étant effondrées en 1989-1991 (dissolution du camp soviétique, éclatement de l’URSS). Une lame de fond aussi ample – multiplication des interdépendances dans tous les domaines, resserrement des processus historiques, contraction de l’espace et du temps – est porteuse d’un remodelage de tous les rapports sociaux : robotisation détruisant des millions d’emplois ; désagrégation et appauvrissement des couches moyennes ; réactions de peur ou de rejet, stimulant les populismes ou les radicalismes.

*
* *

I. UN ORDRE INTERNATIONAL OSCILLANT ENTRE PAIX IMPÉRIALES ET ÉQUILIBRES INSTABLES (DE L’AUBE DE L’HISTOIRE À 1914)

Des empires de l’Antiquité à la double rupture du XVIe siècle (grandes découvertes et édification de l’État moderne en Europe), des zones habitées (Méditerranée, Proche-Orient, sous-continent indien, Chine, Amérique centrale) émergent au milieu d’immenses espaces plus ou moins vides (cœur de l’Eurasie, Afrique subsaharienne, Amériques du Nord et du Sud). Les conflits et surtout leur forme extrême, la lutte armée, se concentrent inévitablement à l’intérieur des premières, l’éloignement rendant logistiquement très compliquée toute guerre entre des régions séparées par de multiples obstacles : milliers de kilomètres, montagnes, déserts…

A. DESDÉVELOPPEMENTSCLOS

Longtemps le petit nombre d’hommes, les distances, les difficultés de transports et d’échanges imposent des processus de civilisation en système clos. En même temps, se développent très tôt des axes de circulation ou des routes au moins pour les produits les plus recherchés : or, ambre, épices, soie, etc. On commence par la conquête et le pillage ; le commerce civilisé, régi par des règles, survient ensuite.

1. Premières mondialisations, premières fragmentations

L’histoire des hommes alterne entre poussées expansionnistes et unificatrices et pauses, les premières avançant toujours trop loin, les secondes tentant de stabiliser ce qui a été acquis pour souvent se décomposer.

a) La Terre unifiée par les hommes

Depuis la Préhistoire, des vagues d’hominidés puis d’hommes, initialement venus d’Afrique, marchent de plus en plus loin, s’appropriant inexorablement la planète entière. Déjà une naturellement, la Terre reçoit une autre unité, celle fabriquée par les hommes, rencontrant tous les mêmes défis : survivre, se nourrir, se loger, se rassembler, donner un sens à l’existence. Les réponses, les solutions sont innombrables, parfois s’opposant, parfois se complétant, mais elles expriment toutes ces mêmes préoccupations fondamentales.

b) Des pôles de civilisation

Des régions deviennent le berceau de civilisations : territoire de l’actuelle Turquie, Égypte, Grèce, plaine Indo-Gangétique, Chine, Amérique centrale… Bien des explications sont avancées : atouts géographiques (le Nil pour l’Égypte), mise au point d’outils (écriture, irrigation, architecture), persévérance pluriséculaire (Chine se constituant simultanément en culture et en empire ; Rome étendant méthodiquement son emprise à toute la Méditerranée).

Ces pôles se développent sur un périmètre stable et peu dépendant de l’extérieur. Pourtant les connexions entre eux sont déjà nombreuses et énigmatiques. Entre 1000 et 500 av. J.-C. (« l’âge axial », selon la formule du philosophe allemand Karl Jaspers), apparaissent une multitude de prophètes de l’universel proposant chacun des règles de vie s’adressant à tous les hommes : le juif Moïse, le Persan Zarathoustra, le prince indien Siddhārta Gautama dit Bouddha, le Chinois Confucius, le Grec Pythagore…

c) Des percées intercontinentales

Que d’éléments naturels entravant la circulation : distances, montagnes, déserts, océans ! Mais, très tôt, l’homme fait tout pour élargir ses aires d’échanges. Il commence par utiliser les chemins les plus faciles et a priori les moins incertains : fleuves, mers fermées (mer Noire, Méditerranée). Puis il établit des voies terrestres de plus en plus complexes. Tout empire s’incarne dans un système de communications : Rome avec son réseau de voies dallées servant tant aux légions qu’aux marchands ; la Chine impériale avec le Grand Canal ; l’empire Inca avec sa double liaison nord-sud que parcourent quotidiennement à pied des courriers… Dès l’aube de l’ère chrétienne, sous Auguste (63-14 av. J.-C.), Rome et la Chine sont en contact par la route de la soie, ses tracés se modifiant en fonction des équilibres géopolitiques.

2. Les empires

Les empires, longtemps après leur dissolution, continuent de hanter l’histoire. L’Europe ne se remet pas de la chute de l’Empire romain (476, pour sa moitié occidentale ; 1453, pour sa partie orientale – Byzance) tentant périodiquement de le recréer (ainsi Charlemagne, Charles Quint), sa dernière incarnation étant la construction européenne. La Chine n’est sans doute pas guérie de son âge d’or (certes mythique) où elle était l’empire du Milieu.

a) L’empire, premier des ordres

À travers l’histoire, l’ordre impérial fournit la paix la plus complète et la plus stable : une unité renforcée à la fois par la défense contre un ou des ennemis communs et par l’attachement à l’empire ; une autorité centrale laissant une large autonomie aux entités subordonnées, ces dernières étant façonnées par les valeurs de l’empire. L’Empire romain demeure l’exemple le plus éclatant de cette paix impériale : il est constitué en un ensemble par les légions se déplaçant rapidement pour bloquer toute agression extérieure, sa cohésion interne est garantie par un tissu urbain remarquablement homogène.

Or tout empire souffre de deux contradictions. Tout d’abord, il est poussé à toujours s’étendre davantage, afin de se procurer de nouvelles richesses pour faire face à l’alourdissement de ses charges ; plus il s’agrandit, plus ses frontières sont vulnérables, plus il excite les convoitises des autres. Ensuite, s’il persuade l’empire de son éternité, le temps érode ses assises (soldats-citoyens remplacés par des mercenaires ; élites se disputant des dépouilles qui s’amenuisent). Les empires se constituent dans l’éclat des prouesses militaires, finissant dépecés par des parvenus de la puissance.

b) La paix impériale finalement plus forte que les jeux d’équilibre

Du VIIe (fixation des constitutions) au IVe siècle avant J.-C. (instauration de l’hégémonie macédonienne), les cités grecques s’épanouissent. Tout en se chamaillant, elles tiennent tête au colossal Empire perse et créent une très brillante civilisation. Mais cet équilibre anarchique ne tient pas face à la force des dynamiques impériales. À la suite des victoires contre la Perse, Athènes se laisse emporter par la tentation d’imposer sa domination à ses sœurs grecques, déchaînant la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.). Athènes est vaincu, son ennemi Sparte bénéficiant à la fois de ses erreurs stratégiques (expédition ratée de Sicile) et de l’appui de la Perse avide de revanche. La Grèce des cités, épuisée par ses luttes fratricides, est mûre pour un protecteur impérial, Philippe II de Macédoine, puis surtout son fils, Alexandre III le Grand. Ainsi tout système international oscille-t-il entre équilibre et empire…

Dans le sillage de sa victoire sur sa rivale Carthage (guerres puniques 264-146 av. J.-C.), Rome soumet tout le Bassin méditerranéen à sa paix impériale. Cette dernière règne à peu près cinq siècles (en 476, fin de l’Empire romain d’Occident). Cette paix reste un modèle, que tentent de réinventer, par exemple, l’Angleterre victorienne ou les États-Unis au temps de la guerre froide.

B. LEMONDEOUVERTPAR LES PUISSANCESEUROPÉENNES

1453. La prise de Byzance (Constantinople) par le sultan Mehmet II (dit le Conquérant) prive les Européens de leur accès à la route de la soie, cette dernière reliant par l’Asie centrale la Méditerranée à la Chine. Alors s’engage une âpre compétition, initialement entre Portugal et Espagne, pour rejoindre l’Extrême-Orient par la voie maritime. En 1492, le Génois Christophe Colomb, ayant persuadé l’Espagne d’Isabelle la Catholique d’explorer la route de l’Atlantique, bute contre les Caraïbes, convaincu d’être arrivé à Cipango (nom chinois du Japon). En 1498, le Portugais Vasco de Gama, contournant l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, atteint les Indes. Entre 1519 et 1522, Fernand de Magellan et Juan Sebastián El Cano réalisent la première circumnavigation du globe. La mondialisation commence, liant inexorablement toute la planète par des flux et des réseaux de toutes sortes.

1. La Terre entière, champ de dépeçages impériaux

Initialement, ces explorations sont souvent le fait d’individus et de petites bandes : conquistadors issus de noblesses appauvries, aventuriers en quête d’occasions. Puis très vite des cautions royales se révèlent indispensables pour conférer à des expéditions hasardeuses crédibilité et légitimité.

a) 1492-1920 : un enchaînement de bras de fer

Pendant plus de quatre siècles, de l’arrivée des Espagnols et des Portugais en Amérique à la fin de la Première Guerre mondiale, s’enchaînent des affrontements planétaires dont les enjeux sont des territoires déclarés comme « à prendre » : Amériques, sous-continent indien, Asie du Sud-Est, Afrique. Au XVIe siècle, l’Espagne et le Portugal sont cernés et usés par la France, les Provinces-Unies et l’Angleterre. Au milieu du XVIIe siècle, les Provinces-Unies, présentes des îles de la Sonde (Indes néerlandaises) jusqu’aux rivages nord-américains (de 1614 à 1664, la future New York se nomme Nouvelle Amsterdam), perdent la guerre navale contre l’Angleterre de Cromwell. Au XVIIIe siècle, c’est au tour de la France d’être dépouillée de l’essentiel de son premier empire colonial (Canada, Indes) par l’Angleterre (guerre de Sept Ans, 1756-1763). Dans les années 1870-1914, l’Angleterre se retrouve défiée par les quatre pays émergents d’alors : États-Unis, Allemagne, Russie et Japon.

En 1919-1920, les traités terminant la Grande Guerre opèrent le dernier grand dépeçage, celui des provinces moyen-orientales de l’Empire ottoman et des colonies allemandes essentiellement entre l’Angleterre et la France.

b) Toujours les mêmes face-à-face

Le jeu oppose deux situations ou deux types de puissances. Les puissances établies (Espagne de Philippe II, France de Louis XIV, Angleterre de Victoria) bénéficient de leur position même, d’une force accumulée, mais leurs richesses et leur prééminence excitent toutes sortes de convoitises : ces colosses finissent parfois dévorés. Les puissances ascendantes (Angleterre des XVIIe-XVIIIe siècles, Allemagne des années 1860-1914, Japon des années 1867-1945, États-Unis de leur création aux guerres mondiales) sont portées par un mélange de vigueur et de confiance en soi ; certaines parviennent au sommet (Angleterre, États-Unis), d’autres trébuchent tragiquement (Allemagne, Japon).

2. L’équilibre européen

De la Renaissance (XVIe siècle) aux deux guerres mondiales, l’Europe est le laboratoire du système international. Les puissances européennes, tout en ne cessant de se combattre, dominent et se partagent la planète. C’est l’âge de l’équilibre européen. Périodiquement l’une des puissances du continent tente d’imposer son ordre aux autres : Espagne de Charles Quint puis de Philippe II, France de Louis XIV puis de Napoléon Ier, Allemagne de Guillaume II puis de Hitler. Ce pari hégémonique amène les autres à se coaliser pour stopper l’entreprise dominatrice et rétablir l’équilibre.