Palestine / Israël deux peuples sur une terre

Palestine / Israël deux peuples sur une terre

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Depuis la proclamation de l'Etat d'Israël en 1948 et la naissance du conflit israélo-palestinien, une série de conflits et de processus de paix avortés se sont succédés, dont l'issue est aujourd'hui plombée par l'occupation-colonisation israélienne de la Palestine. Par le biais d'interviews de personnalités variées, l'auteur éclaire les points "sensibles" de la problématique d'une même terre disputée par deux peuples.

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Ajouté le 01 février 2010
Nombre de lectures 186
EAN13 9782296234734
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Collection Voyages Zellidja

LA FONDATION ZELLIDJA
« Donner aux meilleurs des jeunes Français le moyen de compléter leurs études par des connaissances qu'ils n'ont pas acquises dans les établissements scolaires et n'acquerront pas davantage dans les grandes écoles ou en faculté. » Jean WALTER (1883-1957) Architecte, voyageur, passionné de géologie, Jean WAL TER mit à jour un très important gisement de cuivre et de plomb à Zellidja (Maroc). Voulant contribuer à la formation des jeunes, il fonda en 1939 les Bourses Zellidja, en accord avec Jean Zay, Ministre de l'Education Nationale de l'époque. Tous les ans, à la suite d'un concours retenant les projets les plus valables, la FONDATION ZELLIDJA, sous l'égide de la Fondation de France, attribue à des jeunes de 16 à 20 ans des bourses de voyage selon les critères suivants: Durée minimum du voyage: 1 mois Voyage en solitaire Remise au retour d'un rapport comprenant l'étude du sujet proposé dans le projet, un journal de route et un camet des comptes. Les meilleurs travaux autorisent l'obtention d'une bourse pour un 2éme voyage dont le rapport peut permettre à son auteur d'accéder au titre de Lauréat Zellicija. Certains rapports présentant un intérêt exceptionnel, tant par la valeur de l'étude que par la qualité littéraire du journal de bord, font l'objet d'une publication dans la collection « Voyages Zellicija ». En 2009, la FONDATION ZELLIDJA a attribué une mention pour la qualité de son regard sur un drame d'actualité mondiale à Charlotte SULTANA, Lauréate Zellidja.

Association des Lauréats Zellidja 60 rue Regnault F -75013 - PARIS Tél/fax: 01 4021 7532 info(a)zellidia.com www.zellidja.com

Charlotte

SULTANA

Palestine/Israël:

deux peuples sur une terre

L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique F -75005 - PARIS

L.auteure Charlotte SULTANA est née en 1987 et étudie actuellement à Lyon au sein de l'Ecole Internationale de Commerce et Développement 3A. Lauréate Zellidja depuis 2009, elle a effectué son premier voyage en Inde sur le thème de «La spiritualité au Tamil Nadu ». Son second voyage s'est déroulé en Israël/Palestine sur le thème «Palestine/Israël: deux peuples sur une terre », pour lequel elle a reçu une mention pour la qualité de son regard sur un drame d'actualité mondiale.

Photographie des couvertures: Couverture: Une banderole palestinienne à Naplouse Quatrième: Dessins sur le Mur: ombres et dominos

Copyright L'HARMATTAN, 2010 http://www.editions-harmattan.fr www.librairieharmattan.com harmattanl@wanadoo.fr ISBN: 978 2 296 09654 7 EAN: 978 2296 09654 7

« Les Hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts» Isaac Newton

REMERCIEMENTS

Je tiens tout d'abord à remercier la Fondation Zellidja, sans laquelle je n'aurais pas eu les moyens financiers d'effectuer ce voyage en 2008, ainsi que mes collègues de l'Hôtel Ibis de Pau, où j'ai travaillé dans le but de compléter mes recettes. Ces derniers m'ont soutenue et ont fait preuve d'une grande ouverture d'esprit quant à mon projet. Je souhaite ensuite et surtout remercier ceux et celles qui m'ont aidée - tout particulièrement les personnes interviewées qui m'ont consacré du temps et qui ont cru en ma démarche. Un grand merci à Charlotte Ciolek, sans qui mes données vidéo et photographiques n'auraient jamais pu être sauvegardées, et à Abdu et Héloïse qui m'ont aidée à traduire les témoignages en arabe et espagnol. Merci également à toutes les personnes qui, à un moment ou à un autre, se sont trouvées sur mon chemin et m'ont apporté bonne humeur et informations. Je pense particulièrement à Teysseire, Mohammad, James, Sam, Abu, Magda, Saddam, Adli, Basheer, Salim, HelaI, Ayham... Merci à ceux qui ont été présents à distance, prêts à écouter mes récits un peu «à chaud »... à savoir: Eloïse, Catherine, Jean, Kathy, Eric et Josépha. Et à Kuba, pour avoir croisé mon chemin et qui ne l'a pas quitté depuis.

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AVANT-PROPOS

Je m'intéresse depuis longtemps au Moyen-Orient, et tout particulièrement au « conflit israélo-palestinien ». Troublée à distance par une situation qui m'apparaissait révoltante, je ressentais le besoin de m'y rendre, sans pour autant pouvoir en donner l'explication concrète. Il existe des situations injustes partout autour de nous sans avoir besoin de se rendre au bout du monde, mais mon intérêt s'est porté sur la Palestine. Certains argueront que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». Les bourses de voyage Zellidja ont été pour moi l'occasion de véritablement m'investir dans une étude sur place, de donner sens à mon voyage. Il me semblait primordial d'avoir un objectif précis pour un voyage qui me tenait tant à cœur. Cela m'a permis d'approfondir ma connaissance de l'Histoire et de la vie d'un peuplel. Par-dessus tout, cela m'a déterminée dans ma volonté de me spécialiser sur le Moyen-Orient, les Territoires Palestiniens Occupés tout particulièrement, et de m'investir d'autant plus dans l'apprentissage de la langue arabe. Dans mon dossier de candidature adressé à la Fondation Zellidja, j'expliquais que je cherchais à ne pas prendre parti d'avance: « Pourquoi avoir choisi de s'intéresser aux peuples israélien et palestinien? Si je n'écoutais que moi-même, je me dirigerais uniquement vers les Palestiniens, car mon cœur me mène instinctivement vers leur cause. Mais je souhaite justement remettre en question mes préjugés et c'est pourquoi je tiens à comprendre les «deux côtés ». Chacun possède sa vision des choses et, au sein même des deux peuples, les avis sont multiples ». C'est ce que j'ai fait. En tout cas j'ai essayé. Mais mon « cœur» ne s'est pas détourné de la cause palestinienne. Après avoir confronté mes connaissances théoriques avec l'étude du terrain, je n'ai plus d'incertitudes quant au parti à prendre.
I

Il est à noter qu'après cette étude, j'ai parfois eu le sentiment d'être
éloignée des réalités, insaisissables du fait de ma

encore plus subjectivité.

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C'est pourquoi mon récit n'est pas neutre. Ce dernier est subjectif et prend parti, mais je ne considère en aucun cas détenir une quelconque vérité. Je ne fais que montrer des témoignages tels que récoltés et j'analyse la situation telle que je l'ai vécue et ressentie. De même, l'approche que j'ai de l'Histoire m'est personnelle, et je ne demande à personne d'y adhérer. Je prends donc parti. Certainement pas en tant que propalestinienne ou anti-israélienne, mais en tant qu'individu qui rejette toute forme d'occupation. Je ne considère pas que tous les Israéliens soient du «mauvais côté », au contraire un nombre notable d'entre eux mènent des initiatives pour une véritable paix; et je n'ai pas la naïveté de croire que tous les Palestiniens soient du « bon côté ». La réalité est beaucoup plus complexe qu'une simple bipolarité. Mais il s'avère que ce sont les Palestiniens qui subissent les premiers les effets de l'occupation et de la colonisation au quotidien. Avant toute chose, je souhaite présenter les personnalités que j'ai interviewées tout au long de mon séjour, de sorte que leurs références ultérieures fassent écho chez le lecteur. J'ai décidé d'appréhender ensuite les aspects géopolitiques et historiques de ce territoire, pour finir par centrer mon intérêt sur l'occupation au quotidien. J'intègre alors en transversale les témoignages récoltés, des citations qui ont retenu mon attention à certains moments du voyage et des informations tirées de sources qui m'ont accompagnée dans mes recherches. De même, certaines de mes notes de voyage « s'immiscent» tout au long du livre: les sentiments traduisent parfois plus habilement une réalité trop souvent théorisée2.

2 Se référer à l'Annexe 1 pour l'itinéraire de mon voyage. 10

*
Tel-Aviv, le 2 août 2008 Arrivant ce matin à l'aéroport, les indications de Roissy me semblent vraiment peu claires. Le fait de ne pas avoir dormi de la nuit, le fait qu'il soit cinq heures du matin et le fait d'avoir un peu trop bu la vieille sont autant de facteurs qui concordent à me rendre un peu perdue... Je croise heureusement un couple de Juifs français qui se rend à Tel-Aviv. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir des difficultés d'orientation! Quoiqu'il en soit, nous finissons par trouver le bureau d'enregistrement. Je patiente donc au milieu d'une foule déchaînée: les uns s'agglutinent contre les autres, comme si un concours avait implicitement été déclaré pour savoir qui rentrerait le premier dans l'avion! Tout le monde se bouscule, c'est ahurissant. La situation en devient presque comique; c'est la première fois que j'assiste à une scène de la sorte dans un aéroport. La femme que je viens de rencontrer finit par déclarer: « C'est toujours comme ça quand on rentre au pays. Nous sommes véritablement un peuple mécontent ». Deux éléments m'ont interpellée dans sa réflexion. Le premier fut le fait de « rentrer au pays» : ont-ils la légitimité de considérer « y retourner» ? Le second fut le « peuple mécontent ». J'en ai l'impression. Une seconde personne s'approche alors de nous et nous demande de surveiller ses bagages. La même femme entame sa deuxième réflexion: « Oui, bien sûr. Tant que vous ne cachez pas une bombe à l'intérieur! ». Je me prends au même instant un coup de chariot par quelqu'un qui essaye de me doubler: le fameux concours implicite. Je trouve la situation moins comique. Et analyse brusquement celle-ci d'une toute autre manière. Ce vol atterrira en Israël, je suis loin d'être arrivée en
Palestine.. .

Arrivée ensuite à Tel-Aviv, on m'apprend que c'est le Shabbat, jour de congé de la religion juive et de ce fait en Israël. Par conséquent, il n'y a ni bus, ni train, ni taxi collectif pour se rendre dans le centre-ville. Je dois donc prendre un taxi privé, qui bien sûr coûte excessivement cher. Je cherche alors d'autres personnes afin de partager les frais et rencontre un couple qui Il

vient en vacances pour visiter de la famille juive. Nous entamons la conversation et je fmis par « avouer» que je vais essayer de me rendre en Cisjordanie. Je n'ai pas tardé à regretter mes paroles... Lejeune homme s'empresse de me dire que la Palestine est un territoire particulièrement dangereux, que je ferais mieux de me rendre à l'Ambassade française avant de prendre une telle décision. Eux iront en Palestine, mais uniquement dans une colonie juive protégée par les militaires. Le mot colonie me fait frémir, et je préfère de ne pas prêter attention à ses propos. Installée à l'auberge de jeunesse, je rencontre un soldat en permission qui travaille aux frontières israélo-palestiniennes. Il m'explique que la Cisjordanie est dangereuse. Je vais finir par être convaincue à force d'entendre les gens me décrire la Palestine de la sorte. Mais j'ose espérer qu'un discours en cache un autre...

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I.

DES VOIX POUR UNE VOIE