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Pouvoirs et idéologies tribales au Zaïre

144 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1997
Lecture(s) : 158
EAN13 : 9782296324503
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Collection « Points de vue»

Chez le même éditeur:
Th.BAKAJ1KA BANJIKILA : Épuration ethnique en Afrique

-

Du Katanga 1961 au Shaba 1992 : les « Kasaïens ». (1996) ZAIRE
BU ANA KABUE

Citoyen Président,

lettre ouverte au Président Mobutu et aux

Rébellions et Révolutions au Zal're (Coll. Racines du Présent) (Coquery- Vidrovitch, Forest, Weiss) T.1, 237p.......... COQUERY-VIDROVITCH Rébellions et Révolutions au Zal're (Coll. Racines du Présent) (Coquery-Vidrovitch, Forest, Weiss) T.2, 210p.......... DELISPh. & SINARDCh. Economie de la construction à Kinshasa, 132p..................... DUNGJAEmmanuel Mobutu et l'argent du Zal're. Révélations d'un diplomate, ex-agent des services secrets, 1992, 215p............................ Volonté de changement au Zal're,(l'ome 1), 1991, 217p........... GBABENDU E.A. et autre Volonté de changement au Zaire (l'ome 2), 1991, 223p........... GBABENDU E.A. et autre Du Congo prospèrt au Zaire en débaclt, 1991, 240p............. KA LON DA DJESSA l.G. KA MIT ATU Cléophas Zal're, It pouvoir à la portée du peuplt, 204p....................... P.Lumumba. Justice pour lt héros. (Préfact de Jean Ziegler), KAPITA-MULOPO L. 1992, 308p ........... KASONGO-NGOY I MAKITA Capital scolaire et pouvoir social en Afrique - A quoi sert le diplôme universitaire, Préf de B. Verhaegen. 224p........... MBA Y A & STREIFFELER Zaïre. Village,ville et campagne (Coll.Altt:matives Paysannes), 180p......................................................... Sur le sentier mystérieux des nombres noirs. 184p................ MUBUMBILA MFlKA Zaire, combatpour la deuxièmeindépendance,124p.............. TSHITENGE Muteba Femme.t zairoises de Kisangani - Combats pour la survie VERHAEGEN B. (Coll. Histoire et société), 1991, 3OOp................................ VERHAEGEN Benoît L'enseignement universitaire au Zaire. De Louvanium à l'UNAZA (1958-1978), 2oop............................................ Zaïre, l'épopée d'Inga - Chronique d'une prédation WILLIAM J.C industrielle (Coll. Villes et Entreprises), 213p.......................

COQUERY VIDROVITCH

-

autres, 280p...............................................................

KABAMBA NKAMANY A BALEME

,

POUVOIRS ET IDEOLOGIES TRIBALES AU ZAÏRE

Préfacé par Elikia M'Bokolo

L'Harmattan 5-7, rue de l'ÉcolePolytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

L'auteur:
Kabamba Nkamany A Baleme, Victor, dit « Alhadeff », est né le 25 décembre 1939 à Luputa (région Kaniok, Zaïre). Études primaires à Tshilomba (Tielen Saint-Jacques); études universaitaires et post-universiatires en France et aux USA. Médecin-chirurgien et spécialiste des maladies tropicales, de la nutrition et en économie de la santé. D'abord professeur de cardiologie à Kinshasa (Lovanium), il est devenu depuis 1985 fonctionnaire international.

Ses autres ouvrages:
La famine en Afrique, Pergamon Press, 1982. Art et Culture Songye, Éd. Nkamanyland, Kinshasa, Zaïre, 1983. Nutrition en République du Zaïre, INACG Group, Bali, Indonésie, 1984. Santé: Le Zaïre peut-il remonter la pente? (document soumis à la Conférence Nationale Souveraine à Kinshasa, Zaïre, 1992) Zaïre: Busongye. Aide-mémoire pour une action affirmative.
En couverture: La carte du Congo-Zaïre dessinée dans le tissu raphia ediba (mpeko songye)

@ Éditions L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-4563-2

A mon père Ruben Alhadeff A mon frère Lucien Fernandes A mon ami Mpinga Kasenda Tous dévoués au Zaïre, notre pays.

LOCALISATION APPROXIMATIVE DE QUELQUES ETHNIES CITÉES DANS CET OUVRAGE (Source: J.Vansina, 1966)

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REMERCIEMENTS

Nous voudrions exprimer notre gratitude à tous ceux qui nous ont aidé à réaliser cette étude qui a nécessité entre autres nombre d'entretiens ainsi que la consultation de nombreux documents d'archives, dont certains inédits. Nous avons respecté la volonté de témoins et autres contributeurs, qui ont pratiquement tous tenu à garder l'anonymat tout en nous gratifiant de leur expérience, de leur connaissance et de leurs critiques. Notre reconnaissance va au journaliste camerounais Jean-Victor Nkolo, à Pierre Maya Mbongo-Mbwanga, diplomate zaïrois, au professeur zaïrois Samba Kaputo G. dont la contribution fut utile à la dernière mouture de l'ouvrage, et au professeur Elikia M'Bokolo. À Caroline Sendwe Mpinga et à son assistante Gina Linda pour leurs conseils pertinents. A mon épouse Faray Mangaza (alias Janet Peeters), dont la persévérance a permis à cette oeuvre de voir le jour. Qu'elle trouve ici le modeste témoignage de toute mon affection et de ma reconnaIssance.

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LIMITE SUD DES LANGUES-t SOUDANAISES ET NILOTIQUES

Les etluùes du Congo-Zaïre. Source: Crawford Young,
IntrodlU;tion Lila politique congolaise, CRISP, Bruxelles. 1968, p.113.

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PRÉFACE

Dans la grisaille des obscurs combats qui agitent le microcosme politique zaïrois, la lecture du livre du docteur Kabamba Nkamany A Baleme n'apporte pas seulement une originale note de fraîcheur, elle donne aussi des raisons de ne pas désespérer du Zaïre. Que ce pays, considéré par tous comme "grand" et comme appelé potentiellement à de grandes choses, soit en crise, cela relève des évidences premières. Mais devant la persistance de cette crise, le déploiement de violences qu'elle génère, l'apparent blocage de toutes les issues, on est bien conduit à se demander de quelle crise il s'agit. Les politiciens zaïrois de tous bords font ce qu'ils peuvent pour accréditer l'idée selon laquelle il s'agit d'abord, voire seulement, d'une crise politique en définitive assez simple qui porterait sur les procédures de la "transition démocratique" et sur le problème de la légitimité ou de la légalité des gouvernements successifs que le pays expérimente depuis le début des années 90. Nous sommes de plus en plus nombreux à formuler une argumentation tout à fait différente: celle d'une crise générale et durable, qui est de structure plutôt que de conjoncture, et dont nous ne sortirons pas par d'habiles combinaisons politico-parlementaires, encore moins par le génie salvateur de quelque homme providentiel. 9

Il y a plus: on ne voit pas assez que la crise zaïroise est aussi une terrible crise de la pensée. Quand nous avons commencé à soutenir ce point de vue, on nous a aussitôt lancé l'accusation disqualifiante d'''intellectualisme'' ! Or l'on est bien obligé de constater aujourd'hui l'ampleur de cette crise de la pensée qui, pour faire vite, se manifeste notamment par l'incapacité quasi générale d'analyser clairement le "moment actuel" du Zaïre, de formuler rationnellement les dimensions et enjeux de sa crise, les rapports de forces, les stratégies et scénarios pour s'en sortir ou encore de disséquer chacun de nos problèmes pour lui trouver une réponse pertinente. Ce n'est pas par hasard que cet "anti-intellectualisme" frappe aussi bien la forteresse mobutiste que l'opposition, "modérée" ou "radicale". Les cadres de l'une et l'autre sont en effet issus du même moule, ils ont cheminé ensemble et bâti, si l'on peut dire, la Deuxième République, avant de se disputer, au nom du "peuple", les dépouilles du pouvoir. Or cette Deuxième République, qui n'en fmit pas de mourir, a précisément essayé par tous les moyens de tuer la pensée. Et l'un des héritages les plus lourds qu'elle laisse au Zaïre est une capacité de penser émasculée, moribonde ou l'absence tout court de pensée. La question à laquelle s'attaque le Docteur Kabamba est l'un de ces "impensés" les plus cruciaux de la politique zaïroise. "Tribalisme", "Régionalisme", "Ethnicité", "Géopolitique", on a l'embarras du choix des mots, mais le problème est bien là qui nous empêche d'avancer politiquement. Les tout premiers hommes politiques du Congo indépendant se sont efforcés, non sans succès, d'en rendre compte dans une démarche à la fois théorique, historique et constructive.

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Sait-on encore, pour ne prendre qu'un exemple, que le premier livre du très fécond Mabika-Kalanda (Baluba-Lulua, une ethnie à la recherche d'un nouvel équilibre, 1959) a remarquablement traité d'une manière théorique et pratique de cette question au milieu même du premier "drame kasaïen" ? On voit bien, dans ce cas, comment la Deuxième République a tout mis en oeuvre pour tuer la pensée. Au-delà des vexations personnelles frappant son auteur, cette pensée riche a été occultée, au mieux reléguée au rang des curiosités académiques, ce qu'elle refusait d'être. En lieu et place, on a inventé les slogans faciles, aussi sonores que trompeurs et inefficaces. Car, comme le rappelle ici le Docteur Kabamba, au moment même où les thuriféraires de la Deuxième République exaltaient la construction, par le "Guide Clairvoyant", d'une vraie "nation zaïroise", ce régime produisait, avec un raffinement sans cesse accru, les stratégies ethnicistes et régionalistes, dont les effets sont aujourd'hui l'un des cadeaux empoisonnés que nous laisse le mobutisme. Comment expliquer autrement la référence unanime tant dans la "mouvance présidentielle" que dans l'opposition, à la prétendue "géopolitique", qui n'est que l'autre nom du tribalisme et du régionalisme? Tout se passe en réalité, dans ce domaine aussi bien que dans les autres, comme si l'on prétendait combattre le mobutisme avec les concepts, les manoeuvres et les pratiques mêmes caractéristiques du mobutisme. Faut-il s'étonner qu'à ce jeu-là le Maréchal-Président soit le plus fort? Si j'ai dit cependant qu'il n'y a pas lieu de désespérer du Zaïre, c'est que le Docteur Kabamba administre la preuve de ce que peut donner une pensée originale dans le contexte actuel. Médecin, haut fonctionnaire international, il est ce qu'on appelle au Zaïre un "intellectuel", quoiqu'il ne réponde pas au modèle le plus répandu d'''intellectuels'' zaïrois. Conséquence inévitable d'un régime colonial on ne peut plus malthusien en matière 11

d'éducation, les "intellectuels" congolais-zaïrois n'ont d'abord été que des diplômés d'université en qui une société opprimée et frustrée avait placé les plus grands espoirs. On se souvient peutêtre de ce qu'il en est advenu. Dès les premiers jours de l'indépendance, ces "intellectuels", s'étaient empressés de trahir les Lumumba et autres Kasa- Vubu pour entrer en masse dans le Collège des Commissaires Généraux inventé par le lieutenantcolonel Joseph-Désiré Mobutu au lendemain de son premier coup d'Etat, ("neutralisation" du Président Kasa- Vubu et du Premier ministre Patrice Lumumba en septembre 1960). Ce sont encore ces intellectuels qu'on retrouve au début de la Deuxième République et parmi eux - ne faut-il pas le souligner? - les principaux ténors de l'actuelle opposition, tous actifs à donner au mobutisme naissant les instruments juridiques et les astuces en tous genres pour organiser une dictature féroce et le plus gigantesque pillage que le pays ait connu. Ce sont eux encore que Mobutu, à la fin des années 80, a appelés au secours pour tenter un ultime sauvetage de son régime aux abois. Si le Docteur Nkamany nous donne à espérer, c'est qu'il montre qu'on peut être "intellectuel zaïrois" et illustrer ce qui fait partout dans le monde l'essence de l'intellectuel: l'attention aux problèmes de son temps; la conscience des enjeux traversant la société; la volonté de contribuer au progrès général par tous les moyens, en commençant par ceux qu'on maîtrise le mieux, ceux du savoir et de la réflexion organisée; le souci de la clarté, de la rigueur et de l'honnêteté intellectuelle. Tout en collant de près aux querelles actuelles au Zaïre sur le fédéralisme (formule qui reçoit son accord sous certaines réserves), ce qu'il dit des "idéologies tribales" et de leur articulation complexe avec les "pouvoirs" rejoint sur certains points les débats actuels entre les spécialistes de l'Afrique et s'en 12

sépare sur d'autres. Peu lui importe, à juste titre, la conformité

ou la non-conformité avec les spécialistes dont on voit, à
l'épreuve des faits, qu'ils ne sont pas exempts de calculs, d'erreurs et de fautes. Son propos est autre, c'est celui d'un intellectuel, c'est-à-dire d'un citoyen parmi d'autres, dont le seul privilège est de maîtriser l'usage intensif de la réflexion et d'avoir accès aux tribunes d'où sa parole peut être bien entendue. Le propre de l'intellectuel n'est donc pas de convaincre à tout prix, mais de susciter un déb~t fécond qui aide à la prise d'initiatives, à l'action et à la solution des problèmes de société. Parions que ce livre provoque ce nécessaire débat qui clarifie enfm, pour ce qui concerne le Zaïre d'aujourd'hui, les véritables ressorts et enjeux de la "question ethnique".

6 août 1995 Elikia M'Bokolo Directeur d'Etudes Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Paris

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REPUBLIQUE

CENTRAFRICAINE

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Le Congo en 1960 (carte CRISP) SolU"C~:Zair~. k dossiD; th la recolonisation. tan-Paris &: Vie Ouvrière-Bruxelles, 1978.

RHODESIE préface de Jules Chom6, L'Harmat-

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