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Quelle justice internationale au Proche-Orient?

De
134 pages
Le 14 février 2005, Rafic Hariri, ancien premier ministre libanais, est assassiné à Beyrouth dans l’explosion d’une voiture piégée. Pour juger les auteurs et mettre fin à l’impunité des assassinats politiques au Liban, un tribunal spécial est créé en 2007 en vertu d’un accord entre l’ONU et le gouvernement libanais.
Or, dès sa mise en place, le Tribunal spécial pour le Liban devient un sujet de discorde entre les Libanais et les puissances régionales et internationales : compétences juridiques, accusations politiques, étendue territoriale et coopération avec le Liban, la Syrie, l’Iran, tout est constamment remis en cause. Le va-et-vient entre vérité, justice et politique est habité par une tension qui tantôt pousse la justice à poursuivre sa mission en toute indépendance et tantôt incite le politique à prendre ses distances d’avec la justice internationale.
Le présent ouvrage examine le processus de création de ce premier tribunal international hybride qui a la compétence pour juger de crimes terroristes. Il en explique le montage juridique, le cadre politique ainsi que les questions relatives à son financement et à la coopération avec le Liban. Il expose également toutes les particularités de cette institution improbable qui navigue dans le cadre géopolitique extrêmement complexe du Proche-Orient.
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rmer que nous vivons dans une société hautement média-A tisée est désormais un truisme. Il n’est pratiquement pas de sphères de nos existences qui ne soient a ectées par les médias. Les dispositifs par lesquels nous recevons et émettons de l’information se connectent entre eux, de même qu’avec les objets de nos envi-amètdispositifs – et les contenus qu’ils véhiculent – nous suivent jusque ronnements quotidiens et les réseaux mondiaux numériques. Ces dans notre intimité, s’insérant dans nos amitiés, nos relations professionnelles et nos amours. Dès lors, une maîtrise minimale de ces technologies devient une condition à l’insertion sociale et économique. L’accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’information, aux loisirs et à l’emploi impose maintenant comme exigence la capacité à utiliser ces outils. Mais cela ne saurait su re. Le citoyen doit également pouvoir poser un regard critique sur l’information, en comprendre les sources et en évaluer sa qualité et s abilité. Cet ouvrage regroupe les contributions d’auteurs et d’éducateurs chevronnés. Il jette les bases d'une approche critique de l'éducation aux médias qui répond à des problèmes récurrents concernant notamment la vie privée, la liberté d’expression, la sexualité, la violence et les représentations médiatiques.
isbn 978-2-7606-3678-1
s Sous la direction de Normand LandryAnneSophie Letellier et re amètL’éducation aux médias r pà l’ère numérique
entre fondations et renouvellement
Les Presses de l’Université de Montréal
L’ÉDUC ATION AUX MÉDIAS À L’ÈRE NUMÉRIQUE
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Sous la direction de Normand Landry et Anne-Sophie Letellier
L’ÉDUC ATION AUX MÉDIAS À L’ÈRE NUMÉRIQUE
Entre fondations et renouvellement
Les Presses de l’Université de Montréal
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Catalogage avant publication de Bibliotèque et Arcives nationales du Québec et Bibliotèque et Arcives Canada
Landry, Normand  L’éducation aux médias à l’ère numérique : entre fondations et renouvellement.  (Paramètres)  Comprend des références bibliographiques et un index.  ISBN 978-2-7606-3678-1  1. Éducation aux médias. 2. Médias et jeunesse. I. Letellier, Anne-Sophie. ii . Titre. III. Collection : Paramètres. P96.m4l 36 2016 302.23 c 2016-940945-7
Mise en pages : Folio infographie
isBn (papier) : 978-2-7606-3678-1 isBn (PDF) : 978-2-7606-3679-8 isBn (ePub) : 978-2-7606-3680-4
e Dépôt légal : 3 trimestre 2016 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2016
Cet ouvrage a été publié grâce à une subvention de la Fédération des sciences humaines de concert avec le Prix d’auteurs pour l’édition savante, dont les fonds proviennent du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutiennancier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
imPr imé a u c a na da
Introduction
Normand Landry et Anne-Sopie Letellier
Armer que nous vivons dans une société hautement médiatisée est un 1 truisme . Presque toutes les sphères de l’existence sont aectées par les médias. En plus d’être mobiles, les dispositifs par lesquels nous recevons et émettons de l’information sont devenus de véritables extensions de nous-mêmes ; ils se connectent entre eux, avec les objets de notre quotidien et les réseaux internationaux numériques. Les contenus qu’ils véhiculent nous suivent jusque dans notre intimité, s’insèrent dans nos groupes d’amis, nos relations professionnelles et nos amours. Échapper à leur 2 emprise, se soustraire à leur présence , est presque devenu une mission impossible. Un constat s’impose : une maîtrise minimale des technologies média-tiques numériques est aujourd’hui essentielle à l’insertion sociale et éco-nomique. Pour avoir accès à des soins de santé, à l’éducation, à l’information, 3 aux loisirs et à l’emploi, il faut une certaine capacité à utiliser ces outils , mais cela ne sut pas. L’exercice responsable et éclairé de la citoyenneté ne peut se faire qu’en posant un regard critique sur l’information, ce qui implique d’être en mesure d’évaluer la qualité et laabilité des sources et
1. La préparation de ce livre a bénécié du soutien du Programme des chaires de recherche du Canada, du Fonds de développement académique du réseau de l’Université du Québec, et du Fonds de recherche du Québec – Société et culture. Nous remercions chaleureusement ces organismes. 2. Cette introduction adapte quelques éléments tirés du coursCOM  : Éducation aux médias et littératies médiatiquesLe lecteur désirant s’y initier pourra (TÉLUQ). consulter la page suivante : <http://com3028.teluq.ca/>. 3. UNESCO,Global Media and Information Literacy Assessment Framework: Country Readiness and Competencies, UNESCO, Paris, 2013.
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de remettre en question les stratégies et les intérêts de ceux qui nous infor-ment. Cet accès sans précédent à l’information s’accompagne d’une capa-cité inusitée à produire et à diffuser individuellement des contenus médiatiques. Lagure fréquemment décriée au siècle dernier du spectateur amorphe et passif devant les médias de masse cède la place à celle de l’usager actif, producteur et diuseur d’information. Pour jouer ce rôle, toutefois, il faut pouvoir utiliser les outils numériques à desns expressives 4 et artistiques, et exercer ces compétences de façon éthique et légale . En somme, ces phénomènes posent comme problématique l’acquisi-tion des compétences médiatiques désormais nécessaires à l’épanouisse-ment de l’individu et à sa pleine participation à la collectivité. La littérature de langue anglaise utilise fréquemment le concept de « littératie média-tique » ou, de plus en plus couramment, la notion de « littératie numé-5 rique», pour désigner la somme des compétences médiatiques recherchées . L’usage du mot « littératie » n’est pas fortuit. Il renvoie à un ensemble de compétences traditionnelles impliquant une maîtrise du langage, une capacité à l’expression individuelle et à la compréhension de textes com-plexes et diversiés. Ces compétences, historiquement associées au texte imprimé, seraient dorénavant « médiatiques ». Il est donc question de lire, 6 de comprendre, d’évaluer et de produire des « textes médiatiques » variés, présentés dans une multitude de formats, que l’on peut consulter et modi-7 er grâce à de multiples dispositifs . L’omniprésence de l’image médiatique appelle à une capacité à la décoder, à l’analyser et à l’évaluer de manière 8 critique . Qui plus est, les modes communicationnels médiatisés sont
4. Koltay, Tibor, «he media and the literacies : Media literacy, information literacy, digital literacy »,Media, Culture & Society, vol. 3, 2011, p. 211-221. 5. Kellner, Douglas et Jeff Share, « Toward critical media literacy : Core concepts, debates, organizations and policy»,Discourse : Studies in te Cultural Politics of Education, o vol.Expanding the concept of literacy »,3, 2005, p. 369-386 ; Daley, Elizabeth, « 26, n o Educause Review,vol.38, n 2, 2003, p.Livingstone, Sonia, « What is media lite-32-40 ; o racy ? »,Intermedia, vol. 3, 2004, p. 18-20.2, n 6. Le lecteur remarquera ici le positionnement du contenu ou de la production médiatique comme « texte » pouvant être lu, décodé, analysé. Cette expression « texte médiatique » traduit l’inuence des études littéraires et de la linguistique dans l’approche des contenus médiatiques. 7. Hobbs, Renee, «Teaching media literacy – Yo! Are you hip to this ?», dans Everette E. Dennis et Edward C. Pease,Cildren and te Media,Transaction Publishers, New Brunswick, 1996. 8. Voir Gaines, Elliot,Media literacy and semiotics, Palgrave Macmillan, New York, 2010.
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désormais tout à la fois de l’ordre de la diusion de masse, de l’échange dialogique individualisé ou ciblé ; ils sont multicanaux et instantanés. Les distinctions entre émetteurs et récepteurs, entre producteurs et consom-mateurs d’information s’amenuisent et s’accompagnent de possibilités d’interactions inusitées et de risques accrus d’abus et de comportements 9 antisociaux dans les environnements numériques . La notion de «littératie médiatique » soulève de nombreuses interrogations. Quelles sont préci-sément les compétences en jeu ? À quelles préoccupations et à quels besoins ces compétences prétendent-elles répondre ? Quels processus pédagogiques et quels enseignements doit-on mobiliser an de soutenir celles-ci ? Quelles compétences les éducateurs devraient-ils eux-mêmes posséder an de développer les compétences recherchées chez leurs élèves ? Quel est le rôle de l’école, en tant qu’institution chargée de l’édu-cation de base des individus, dans l’acquisition de ces littératies ? Cet ouvrage se propose d’apporter des éléments de réponse à ces questions. Il constitue une introduction à une pratique pédagogique complexe et riche qui se situe au cœur des grandes préoccupations tou-chant aux rapports entre jeunes et médias. Cette pratique, que l’on appelle « éducation aux médias », demeure méconnue et négligée au Québec alors que s’amplient les problématiques et les besoins associés aux enjeux qu’elle soulève.
Survol introductif
De manière générale, on peut comprendre l’éducation aux médias comme la somme des processus pédagogiques et des enseignements qui visent l’apprentissage des compétences et des savoirs sur les médias en tenant compte de problématiques et d’objectifs sociaux, politiques et culturels déterminés. Elle est étroitement associée aux controverses et aux inquié-tudes portant sur les médias, au regard notamment de la violence, du sexisme, du racisme et de l’homophobie, des stéréotypes et des représen-tations du corps, de la sexualité, de la manipulation, de la cyber intimi-dation, des droits de propriété intellectuelle et de la protection de l’enfance.
9. Notamment, les questions associées à la cyberintimidation demeurent l’objet de préoccupations récurrentes. Voir Kowalski, Robin M., Sue Limber et Patricia W. Agatston, Cyberbullying : Bullying in te digital age, Wiley-Blackwell, Malden, 2012.
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Elle touche également au soutien d’habiletés artistiques et créatives, d’une prise de parole citoyenne ainsi que de facultés cognitives et métacognitives 10 en lien avec les médias .
Historique de l’éducation aux médias
Les racines canadiennes de l’éducation aux médias remontent à l’appari-tion des médias de masse, l’avènement de la télévision ayant servi de catalyseur aux premières initiatives concertées. Les travaux du célèbre théoricien des médias Marshall McLuhan ont positionné le Canada parmi les pionniers de l’éducation aux médias dans les années1950, ceux-ci ayant contribué non seulement au débat théorique sur la nature et l’inuence des médias électroniques, mais également à la pédagogie des médias. Après une phase d’expérimentation et de mobilisation portée par des précurseurs, l’éducation aux médias a été progressivement intégrée dans 11 les programmes éducatifs des diverses provinces canadiennes . Le pro-cessus a débuté dans la seconde moitié des années1980 pour se terminer e 12 au cours de la première décennie du 21 siècle . Au Québec, l’insertion de composantes en éducation aux médias dans le Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) s’est eectuée dans le cadre d’une réforme 13 en éducation au tournant du siècle . Dans l’ensemble des systèmes sco-laires canadiens, elle s’est inscrite dans un processus historique de for-malisation de l’éducation aux médias. Dans le contexte actuel, marqué notamment par des transformations médiatiques accélérées et l’exacerbation des problématiques liées aux médias, l’éducation aux médias trouve une reconnaissance croissante sur
10. Potter, James W., «h»,e state of media literacy Journal of Broadcasting and o Electronic Media, vol. 4, n 4, 2004, p. 675-696. 11. Pungente, John J.et al., «he Canadian experience : Leading the way »,Yearbook o of te National Society for te Study of Education,vol. 1, 2005, p. 140-160.04, n 12. Wilson, Carolyn et Barry Duncan, «Implementing mandates in media education: he Ontario experience, mapping media education policies in the world»,dans Divina Frau-Meigs et Jodi Torrent (dir.),Mapping Media Education Policies in te World. Visions, Programmes and Callenges,United Nations Alliance of Civilizations, UNESCO, Commission européenne, Paris, 2009, p. 127-140 13. Mellouki, M’hammed (dir.),Promesses et ratés de la réforme de l’éducation au Québec, Presses de l’Université Laval, 2010.