//img.uscri.be/pth/7ce729105ecd215851cce78f61bcd35bcd904107
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 15,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Socialisme ou social-démocratie ?

De
280 pages
Quelle approche le Parti socialiste de François Mitterrand a-t-il eue de la social-démocratie allemande ? La formule "Epinay contre Bad Godesberg" traduit le fossé idéologique qui sépare les deux partis dans les années 70. Cet ouvrage reconstitue l'histoire de leurs relations, et leur évolution dans les années 70. Il met en lumière le poids des hommes, et notamment le rôle des équipes des secrétariats aux affaires internationales des deux partis. Il raconte aussi la rencontre et la naissance d'une amitié entre François Mitterrand et Willy Brandt.
Voir plus Voir moins
pspsd1.indd1
20/11/0612:42:49
pspsd1.indd2
20/11/0612:42:49
Socialismeou social-démocratie?
pspsd1.indd3
20/11/0612:42:49
Socialismeousocial-démocratie?
regardscroisésfrançaisallemands,1971-1981
Despoingsetdesroses
pspsd1.indd5
20/11/0612:42:49
pspsd1.indd6
Dans la même collection Albert Gazier (1908-1997),autour d’une vie de militant Bruno Demonsais,Gavroche.Un hebdomadaire culturel socialiste de la Résistance à la Guerre froide.
Des poings et des roses collection dirigée par Pierre Mauroy et Alain Bergounioux
conception graphique|réalisationbéatriceVillemant
illustration de couverture : François Mitterrand et Willy Brandt, congrès de l’Internationale socialiste à Vancouver, 1978. DR. Coll FJJ-CAS.
20/11/0612:42:49
7
Présentation
Alain Bergounioux du comité de lecture du Prix de la Fondation JeanJaurès.Historien, président
Ce nouveau volume de la collection « Des poings et des roses » apporte un éclairage inédit et original sur les rapports et les relations entre les socialistes français et les sociauxdémocrates allemands dans une décennie décisive pour la vie du Parti socialiste entre 1971 et 1981. Cette grille de lecture qui pourrait apparaître périphérique en regard des histoires nationales déjà écrites du Parti socialiste et du Parti social démocrate allemand offre en réalité une bonne entrée dans la compré hension de ces deux socialismes. Le point de vue comparatif, en effet, est toujours éclairant. Car, audelà de la manière dont des événements historiques sont abordés et traités par ces deux partis nationaux – tout particulièrement la crise des fusées soviétiques en Europe et le rôle du pacifisme – c’est bien la mise au jour de ce que sont les cultures poli tiques que cette étude permet de réaliser. Or, c’est ce qu’il y a de plus difficile à saisir et pourtant de plus important à penser. Car nombre de positions, d’attitudes, d’actions ne sont compréhensibles que si l’on se réfère aux cultures politiques qui façonnent les acteurs sans qu’ils en aient toujours la pleine conscience. Modèle envié parfois, contesté souvent, le Parti socialdémocrate allemand a joué le rôle d’un miroir pour le socialisme français qui a forgé une part de son identité dans ses emprunts et dans ses refus – parfois simultanés. Influencé par le marxisme codifié par les maîtres e allemands de la II Internationale, il n’en a pas moins revendiqué son
pspsd1.indd7
20/11/0612:42:49
héritage républicain. Et, au congrès d’Amsterdam en 1904, d’accusé, Jean Jaurès s’était transformé en accusateur ! Critique visàvis de la manière dont le SPD renaissait après 1945, et posait la question alle mande, la SFIO a revendiqué son choix européen. Refusant le révi sionnisme doctrinal porté par le congrès de Bad Godesberg en 1959, les socialistes français, d’abord la SFIO, puis le parti d’Épinay ont voulu maintenir, jusqu’au début des années 1980, une analyse marxiste de l’économie et de la société. Agacé par l’invocation d’un « modèle alle mand », le parti français n’a cessé malgré tout d’envier les structures d’organisation du SPD qui en ont fait longtemps un parti de masses. Ce n’est pas que les rencontres et les discussions ont manqué. Mais les deux partis ont rarement été en phase. Et ce n’est pas un secret que François Mitterrand avait plus d’accroche avec Helmut Kohl qu’avec Helmut Schmidt ! Pour comprendre tout cela – qui a pesé à des moments importants sur l’histoire du socialisme européen et parfois de l’Europe ellemême – Christelle Flandre a mené une étude minutieuse, informée et réfléchie sur une période de dix années qui fait appel à des archives nouvelles et à des témoignages inédits. La décennie 19711981, en effet, est une période passionnante. D’abord parce qu’elle est celle où le socialisme français se reconstruit – et l’on sait l’importance des commencements, (même s’il s’agit ici d’un recommencement) dans la codification d’une culture politique. Mais aussi, parce que ce sont les années où les condi tions de « la grande croissance » d’après guerre commencent à être remises en cause et où le socialisme européen se trouve peu à peu placé sur la défensive et entre dans une nouvelle période. Parce que ce sont aussi des années où l’Europe vit – sans le savoir évidemment – les derniers soubresauts de la Guerre froide avec la crise des fusées, SS 20 soviétiques contre Pershing américains, où les socialistes allemands et les socialistes français peinent à trouver des positions communes. Ce livre jette donc des lumières nouvelles sur toute une période historique. Il introduit aussi plus profondément le lecteur à une réflexion sur ce que sont les identités politiques et comment elles se forment. Et pour cela, rien ne vaut plus qu’une histoire comparative qui permet de mieux voir les lignes de force pour chacun des partis. Ne diton pas que « penser, c’est comparer » ?
pspsd1.indd8
Socialisme ou social-démocratie ?
20/11/0612:42:50
Préface
Vincent Peillon Député socialiste au Parlement européen
Voilà un bien utile et bien talentueux travail. Je me réjouis tout parti culièrement qu’il soit le résultat d’une recherche menée par Christelle Flandre, jeune historienne promise à un grand avenir. Mais l’histoire, et les idées ellesmêmes, sont prises dans la chair de l’existence. Nous ne sommes pas, pour parler comme Pierre Leroux, seulement connais sance : nous sommes en même temps sensation et sentiment. C’est donc aussi un petit bout de vie sensible, intime et précieuse qui explique le plaisir qui est le mien d’avoir à écrire quelques mots en préface de cet ouvrage. En 1995, lorsque je me suis rendu pour la première fois dans le Vimeu, j’avais en poche l’adresse d’un ancien instituteur, François SaintGermain, considéré par tous comme l’autorité politique et morale pour les socialistes de cette région de la Somme. C’est François SaintGermain qui m’a encouragé à m’implanter dans cette circons cription « rouge » où nous ne tenions pas un seul canton sur les neuf et une poignée de mairies seulement sur plus de 150. François avait chez lui leDiscours à la jeunessede Jean Jaurès, dans une édition populaire. Ses cheveux blancs, sa stature puissante, son beau visage, sa voix de tribun exceptionnel, tout ce qui émanait de lui était force d’âme, générosité, sérénité. Nous avons parlé jusqu’à la nuit, en présence de Nicole, son épouse attentionnée, taquine, et puis nous ne nous sommes plus quittés jusqu’à sa mort.
9
pspsd1.indd9
20/11/0612:42:50
François et Nicole ont eu une fille, Michèle. Ellemême a eu, avec Luc Flandre, une fille. Je me souviens de cette petite fille rencontrée chez ses grands parents, une petite fille blonde, jolie, timide, intéressée par les histoires des grands, nos histoires de socialisme, nos vies dévorées par notre passion de militer, petite fille choyée, discrète, sérieuse. Les années ont passé. François, malade depuis un moment, nous a quitté en 2002, juste pendant la campagne des législatives. Comme tous les hommes politiques, je n’ai sans doute pas été assez attentif : entre deux livres, entre deux congrès, entre des milliers de sollicitations, je n’ai pas vu que la petite fille de Fressenneville avait grandi. Un jour j’ai appris que Christelle Flandre avait eu le Prix de la Fondation JeanJaurès pour son mémoire de maîtrise d’histoire. Pierre Mauroy le lui a remis. Ce même Pierre Mauroy qui, en 1997 à Fressenneville, et en 2002 à FeuquièresenVimeu était par deux fois venu ouvrir mes campagnes. Pardelà cette cloison de carton pâte qui sépare la vie de la mort, j’ai vu François sourire.
Le sujet traité par Christelle Flandre est tout à fait remarquable d’in térêt, non seulement parce qu’il restitue une part de notre histoire, mais parce qu’il touche, par un côté majeur, à la question essentielle du socialisme français, celle de son identité. Cette question s’est toujours posée dans une relation spéculaire avec le socialisme allemand et elle détient aujourd’hui encore les clefs de l’avenir.Toutes les belles recher ches d’histoire sont celles qui portent avec elles des éléments oraculaires ou prophétiques. Je voudrais me permettre ici quelques réflexions de philosophe que m’a inspirées cette lecture. Il existe un socialisme français, qui a son histoire propre, ses struc tures, ses concepts. Certains le redécouvrent aujourd’hui, et tant mieux, ce n’est que justice. Depuis 1905, et l’unité des socialismes français réalisée sous l’impulsion de Jean Jaurès, on considère que le socialisme français est confronté à un divorce permanent des discours et des actes, partagé entre une pratique opportuniste et des discours de rupture. Ce fut le prix à payer pour l’unité, prix payé en apparence à Jules Guesde, mais en réalité au marxisme, au socialisme allemand. À plusieurs reprises, aux moments de refondation, des grands leaders ont essayé de réduire cette tension et d’accomplir la mue du socialisme français, en s’efforçant de le faire renoncer à son « sinistrisme » ou, si l’on préfère, à sa schizophrénie, en tout cas à lavulgatemarxiste. Ce fut chaque fois un échec. Et lorsque le Parti socialiste d’Épinay, sous la conduite de François Mitterrand et autour de la stratégie d’union de la gauche, est parti à la conquête du pouvoir, il l’a fait encore pour une grande part avec des schémas d’analyse, des propositions et des slogans qui se sont
Socialisme ou social-démocratie ? 10
pspsd1.indd10
20/11/0612:42:50