Soro, un destin pour la Côte d'Ivoire

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« Dites au piment que vous ne l’aimez pas, mais laissez-lui, au moins sa rougeur et son piquant ».


Ce proverbe de chez nous illustre à merveille l’histoire de cet homme qui marque sa Côte d’Ivoire natale et son continent l’Afrique.


Guillaume Soro est une légende vivante qui a déjà fait - à sa manière - son autobiographie, une sorte de livre blanc.


Mais en Afrique comme ailleurs dans le reste du monde, « le couteau ne saurait éplucher son propre manche ».


C’est ce qui m’a conduit à écrire cet essai sur cet homme au destin exceptionnel en phase d’écrire la nouvelle page de la Côte d'Ivoire d’aujourd’hui.


L'ancien Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire un est homme aussi controversé qu’adulé.


Et comme «aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années», même si on n’aime pas quelqu’un, on se doit de lui reconnaître tout de même ses qualités et sa valeur intrinsèque.

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EAN13 9782490637249
Langue Français

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SORO, un destin pour la Côte d’Ivoire Ibrahima Diallo
© Editions Ethen. Avril 2019 ISBN : 978-2-490637-24-9 Courriel : contact.editionsethen@gmail.com Internet : www.leseditions-ethen.com
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Préface
Ibrahima Diallo me fait l’honneur et le plaisir d’é crire la préface de son essai biographique sur Guillaume Kigbafori Soro, l’ancien Président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, un homme aussi controversé qu’ adulé. Mais Guillaume a déjà fait - à sa manière – son autobiographie, une sorte de livre blanc. Cependant, le couteau ne saurait éplucher so n propre manche ; disent les Mandingues. En clair, c’est quelqu’un d’autre qui doit parler d e nous, faire nos éloges, partant, nous mettre sur un piédestal. Soumaoro Kanté, le roi sorcier, faisait lui-même se s éloges dans sa case secrète en jouant de son balafon magique, l’instrument de musi que dont Fakoly Koroma, son neveu, l’avait gratifié. Mais le jour où Balla Fasséké Kouyaté s’introduisit discrètement, en son absence, pour jouer de ce balafon, Soumaoro, d’abord furieux, pui s extasié, le lui offrit. Et c’est ce jour-là qu’il réalisa qu’il vaut mieux d’être flatté par quelqu’un d’autre que de se flatter soi-même. Ainsi, si Ibrahima Diallo a jeté son dévolu sur Guillaume Soro, c’est que – quelque part – il le séduit. Guillaume Soro, Guillaume le sérieux, Guillaume le conquérant, Guillaume le héros, Guillaume le surdoué… tout peut passer. Ce ne sera pas les fleurs qui vont manquer. Ce nom Soro serait-il tiré du Malinké ou du Bambara Soro ? Dans ces deux langues Ouest Africaines, le nom Soro signifie centaure ou sagittaire, cette créature mi-homme, mi- cheval bien connue dans nos légendes et mytholo gies ; cette créature fabuleuse rompue à la chasse, au combat, donc à la guerre. Si Guillaume estSorot pas alors(sagittaire), son penchant pour la guerre ne devrai étonner. Et s’il n’est pas Soro, qu’est-ce qui pouv ait le prédestiner à la guerre ? D’ailleurs, s’il est sagittaire, il y a certaines c hoses qu’il faille taire… de peur de recevoir des bouts de flèches qui ne manquent guère dans son carquois. Est-ce sa carrure ou son teint de forgeron ? Ou enc ore son dédain de la ségrégation, sa haine de la frustration qui pouvaient encore le pré destiner à la guerre? Pourtant, son grand ancêtre Twaconyo Soro n’a accep té la guerre sous aucune forme. Il n’a jamais voulu en découdre avec l’Almamy Samory Touré qui a tenu la dragée haute aux animistes et autres idolâtres de la sous-région Ouest Africaine. L’Almamy des Touré lui a lancé plusieurs provocatio ns auxquelles il n’a jamais cru devoir répondre, se disant paysan, cultivateur non violent, adepte de la paix et non de la guerre dévastatrice. Son arrière petit-fils en venir à la contestation, aux armes, que voilà le paradoxe ! Mais, poussée à bout, la chèvre peut mordre. L’homm e n’aime pas la frustration, encore moins l’injustice. Un excrément ne saurait chasser un autre excrément d’un tas d’immondices ; disent encore les Mandingues. Des Ivoiriens nier le droit d’Ivoirité à d’autres Ivoiriens, c’est bien ce qui a fait déborder le vase ; c’est bien ce qui a mis le feu à la poudre. Dans son autobiographie, Guillaume Kigbafori s’est bien défendu… aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale. Ibrahima Diallo, qui l’a compris et qui l’apprécie, veut l’aider à se justifier et, pourquoi pas, à se « blanchir » sur l’échiquier internationa l. C’est de bonne guerre. Sylvain Yardin
Introduction
Si j’ai décidé d’écrire sur Guillaume Kigbafori Soro, c’est tout simplement parce qu’il sort de l’ordinaire. Voici un homme qui a, très tôt, marqué sa Côte d’Iv oire natale et son continent l’Afrique. On dit que « La valeur n’attend pas le nombre des a nnées ». Ce qui est vrai pour Rodrigue, l’est également pour Guillaume. « Dites au piment que vous ne l’aimez pas, mais lai ssez-lui, au moins, sa rougeur et son piquant » ; dit un proverbe bien de chez nous. En d’autres termes, même si on n’aime pas quelqu’u n, on lui reconnaît tout de même ses qualités, sa valeur intrinsèque. Vous me qualifierai de laudateur ? Je l’accepterai bien volontiers. Traitez-moi également de thuriféraire, je ne l’assumerai pas mo ins. « Va en guerre avec un poltron, un pusillanime, mai s pas avec un sceptique ». C’est une boutade bien connue chez nous. Or, le doute, la tergiversation et l’atermoiement n’ont jamais été du lot de Kigbafori. Encore moins la peur. Loin s’en faut ! Un homme, digne de ce nom, prend fait et cause pour quelqu’un qui lutte pour la bonne cause. Tribun hors pair, fin politicien, stratège, meneur d’hommes et tout cela avant la quarantaine, autant de choses susceptibles de conva incre les plus sceptiques, de rabattre le caquet à plus d’une langue fourchue ; m ieux, de confondre ses pires ennemis. Il faut lancer des fleurs à qui les mérite et non à un usurpateur, encore moins à un importun ! La bataille que mène « l’enfant terrible de Kofiplé » est une juste bataille, une lutte normale pour la restauration de son droit et celui d’une bonne fraction de son peuple, une juste lutte pour contrer cette forme outrée d’a partheid, pour bouter hors de la Côte d’Ivoire cette forme inacceptable de ségrégation en ce troisième millénaire : le problème d’Ivoirité dans une contrée jadis de félic ité. L’éléphant ne saurait serpenter, ni même contourner. L’éléphant va tout droit au but et écrase, que dis-je, aplatit tout ce qui se trouve s ur son passage. Et qui pourra l’en empêcher ? Qui pourra chasser cet énorme pachyderme entré dans un champ ? Somme toute, cet essai biographique vise à faire pl us de lumière sur « ce brin de lumière », à le rendre plus lumineux, plus brillant, fluorescent. Soro, un homme auquel la chance a finalement souri, mérite d’être mieux connu. Un type qui a connu la galère de la guerre et s’en est sorti grâce à son sixième sens. Il apparait, d’une manière générale, que Kigbafori a une vie bien remplie. Dans son livre autobiographique, il parle sans tabou de lui-même, de ses projets, du futur de sa Côte d’Ivoire, de son amour pour elle en particulier et pour l’Afrique en général. Perfectionniste à souhait, Guillaume est aujourd’hu i un homme d’Etat qui a essuyé moult déboire savant de connaître une ascension ful gurante. Tout cela dans une société ivoirienne où la jeunesse avait du mal à pe rcer. Président de l’Assemblée Nationale, donc troisième personnalité de l’Etat, il rêve d’un « panafricanisme intégral » et consacre, autant que faire se peut, ses efforts à l’unité et au progrès du pays des pachydermes. Tout homme ou peuple épris de paix et de justice se doit de l’encourager et de l’aider dans cette voie, celle de la vérité, de la dignité et de la légitimité ; la seule qui vaille, la seule qui, absolument, signifie.
Le côté mythique, mystique ou mystérieux de Guillau me Soro
Vrai, il y a quelque chose que l’on n’arrive pas à comprendre chez Guillaume Soro. Est-il féticheur, chasseur, animiste, idolâtre ou s orcier ? Est-il hanté par un démon, un diable, un djinn, un génie, un ange ? Ou alors sera it-il un fervent chrétien ? Car, celui qui croit fermement en un seul et unique Dieu et le pratique est invincible. Comment fait-il pour déjouer ces coups ? Soro, dès son enfance, a commencé la contestation e t la protestation. On dit « Qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre de s années ». De même, le maïs qui doit faire l’objet d’exposition (comice), se reconn aît par la première feuille de sa pousse. Et il est indéniable qu’un coq qui doit cha nter chantera. Contre vents et marées. Est-il de ceux-là ? Il y en a qui sont « nés pour ç a, nés…coiffés », comme qui dirait. Six(6) attentats manqués et six (6) incarcérations parmi lesquels le fameux complot de la RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne) d’où il est sorti miraculeusement indemne. Il est vrai qu’en Afrique, pour être chef où roi, il faut être non seulement fort physiquement, mais aussi et surtout, avoir des conn aissances étendues en sciences occultes. Il faut aussi s’allier aux grands marabou ts, aux bons diseurs et/ou faiseurs d’heureux et de malheureux, aux devins et autres es prits divins. En Afrique, ne devient pas chef qui veut. Mieux, la chefferie ne court pas les rues. D’où Kigbafori tire-t-il sa force, ses secrets ? Bé ni, doué, surdoué, seul Dieu et l’avenir nous le diront. Les secrets des Shaka Zulu, AlmamySamory Touré, Sou maoro Kanté, El Hadj Oumar Tall et bien d’autres sont connus aujourd’hui. Guil laume y fera t-il exception ? Les grands hommes sont souvent comme des avions. On ne perçoit, véritablement, leurs vacarmes, leurs vrombissements que lorsqu’ils arrivent à passer, à s’éloigner. Quoi qu’il en soit, si un chef africain supplante u n autre, si un roi africain en évince un autre, c’est qu’il aura eu dans son sérail les meil leurs marabouts, prestidigitateurs et oniromanciens ; c’est qu’il aura fait plus de sacri fices que lui. Guillaume a affirmé lui-même que les Donzos (chasse urs) ont été d’un apport inestimable dans la victoire de la rébellion, eux q ui pouvaient se rendre invisibles lors de la guerre civile ivoirienne de 2009-2010. Qui di t chasseur, dit féticho animiste. Il a été maintes fois prouvé qu’ils sont invulnérab les, façonNaminagbén(passe-muraille)… Comme quoi, l’Afrique est pleine de mystères. Ici, tout donne à réfléchir, à penser, à méditer… Quand l’homme refuse, il dit « Non » !
Des destins croisés
A qui comparer Guillaume Soro parmi les chefs et rois Ouest Africains d’antan ? Samory Touré, Sékou Touré, Kantara ou Sankara ? Les premiers incarnent la témérité et la sévérité. Les seconds, la sévérité et la générosité. L’Almamy Samory Touré (le Guinéen) et Guillaume Kig bafori Soro – GKS – (l’Ivoirien) n’auront pas vécu ou ne vivent pas la même époque. Cependant, eux deux (2) ont en commun des similitudes caractérisant chacun de son côté la destinée qui lui a été tracée. Natif deMiniambalandougou (Guinée) dans les années 1830, Samory vécut dans son pays et dans de nombreux autres du continent dont l a Côte d’Ivoire. Très jeune, il fut obligé de se constituer prisonnier pendantsept ans, sept mois, sept jours pour libérer sa mère de la captivité de Sory Bourém a, le roi du clan des Cissé d’alors chez qui d’ailleurs il subit mille et une humiliati ons. Tout cela afin d’obtenir la libération de sa chère mère Sonah Kandjan. On appelle cela labaraka. Et cette baraka l’a accompagné toute sa vie. Soro n’a t-il pas sa barak a à lui ? A vingt (20) ans déjà, Samory savait manier les armes avec dextérité et pouvait être qualifié de stratège. En 1864, alors que mourait l’Empereur Toucouleur, E l hadj Oumar Tall, Samory s’installait, lui, avec son armée à Sanankoro. Paganiste au départ, il se convertit à l’Islam et p rit par la suite le titre d’Almamy. Entre 1876 et 1878, sa prouesse et sa stratégie ava ient atteint un tel degré qu’il se proclama Faama (Chef militaire) de l’Empire du Wass oulou, empire qu’il fonda et dont la capitale était Bissandougou. Après plusieurs affrontements avec les Français pou r le contrôle des zones d’exploitation minière sous sa tutelle des années d urant, Samory changea de stratégie et accepta de passer à table pour signer le 28 mars 1886 unTraité de paix et de commerceavec les Français. Soro, tout bien mûri, n’accepta-t-il pas, en fin de compte de faire la paix avec Gbagbo pour le bonheur des Ivoiriens et de tous les ivoiri ens. L’Almamy Samory Touré a tué, mais il a tué pour l’Islam et la liberté. D’aucuns ont trouvé cela normal si Samory signifieSaya Mory, c’est-à-dire le marabout qui tue, qui donne la mort. Ainsi, il a forcé des gens à adhérer massivement à la religion musulmane et c’est pour cela qu’on l’a appelé Almamy, imam. Il a tué en résistant à l’invasion française. Lors de la bataille de Woyonwayankö (frontière guinéo-malienne), il s’est écrié qu’il n e saurait accepter que « le poisson sorte de l’eau pour venir l’agresser sur ‘’ sa ‘’ terre ferme ; ça jamais ! » Ce poisson, c’était le Blanc. L’on se rappelle sa célèbre phrase Thièb’i ban, a fö n’tè (Quand l’homme refuse, il dit « Non ! ») et il a dit « Non » à la colonisatio n. Guillaume, lui, a dit « Non » à la ségrégation. Kantara, un autre chef mandingue, n’était pas, lui, méchant, mais sévère, d’une sévérité hors pair. Il savait manier la carotte et le bâton. Il coupait et éventait par la suite. Nos griots le surnommaientKantarathièmènî la, c’est-à-dire Kantara le « centuple », Kantara le donneur ou le donateur de centaines de choses ou d’animaux. C’est dire que son intransigeance, sa sévérité, le disputait à sa générosité. Quand Kantara donnait, il donnait au centuple (cent objets ou têtes d’animaux) et quand il corrigeait, il corrigeait au centuple (cen t coups de fouets, cent injures). Soro peut lui ressembler à quelque chose près. Et, plus près de nous, au vingtième siècle de notre ère, ont vécu Ahmed Sékou Touré et Thomas Sankara. Deux chefs d’Etat d’obédience so cialiste, deux révolutionnaires
ayant marqué l’Afrique et le monde, chacun à sa man ière. Guillaume ne leur ressemble-t-il pas quelque part, lui qui n’a jamais caché son penchant socialiste, lui qui n’a aucunement dissimu lé son amour pour le russe Vladimir Oulianov Lénine ? Il l’a dit, il a aimé non seulement sa barbiche au menton, mais aussi et surtout sa tête bien faite et bien pleine. En Guinée, Toumani Sangaré était gouverneur de la région administrative de Guéckédou sous la Révolution. Il dirigea fermement cette région. Toumani pouvait à la fois aduler et châtier. Lorsqu’il aimait, il le pro uvait :Il montrait à suffisance qu’il aimait. Et lorsqu’il détestait, il ne portait ni de masque pour le dire, ni de gant pour le faire. Voilà un chef qui, après avoir envoyé son sujet en cellule pour deux semaines, était capable de l’interner à l’hôtel pour trois semaine s. Le Thièbèndo jazz de Guéckédou, son orchestre, en s ait quelque chose… Ses fans lui ont d’ailleurs dédié cette chanson : Toumani Sangaré koobê n’a tuma lé Sangaré… Ce qui s ignifie « Toumani Sangaré, chaque chose a son temps. » Cette chanson est encore fredonnée de nos jours en Guinée forestière et ailleurs, tellement ce digne Peulh du Wassoulou y a travaillé , tellement il y a été célèbre. Les gens se font échos de ce que font leurs héros . Autant prendre au sérieux tout ce que l’on fait ; mieux, bien faire ce qu’on fait. Mê me si nous allons à la selle, libérons là-bas du caca digne de foi. Mankanyéwaraba lé köö (C’est le fauve qui rugit, qu i fait du bruit, émet des échos. Comme Toumani Sangaré, Soro commande avec une main de fer dans un gant de velours.
Quoi qu’il en soit, l’enfant béni de Kofiplé a glan é chez tous les grands de l’Afrique et de ce monde (chefs, rois, intellectuels) à seule fin d ’avoir son nom écrit aujourd’hui, de manière indélébile, en lettre d’or et de feu au fro nton de l’histoire universelle...
L’Ivoirité en question
On parle d’Ivoirité, une question ayant été telleme nt ressassée qu’on en a marre. Et lorsque ces « vrais Ivoiriens » ont imposé « leurs cartes de séjour », beaucoup d’étrangers ont choisi d’aller vers d’autres horizo ns, sachant que les choses n’allaient pas tarder à se compliquer. Les plus sages ont flairé le danger. Ils savaient q ue, pour paraphraser un économiste américain, les difficultés, l’inquiétude, pour un p ays, ce n’est pas l’arrivée des étrangers, mais leur départ. Dès que les étrangers commencent à quitter un pays dit de cocagne, les autochtones – conscients – doivent com mencer à s’inquiéter, à se mettre sur leur garde, voire à parer au plus pressé. C’est tout comme si vous étiez dans une case au coi n du feu avec un chien sous une pluie battante. Le chien sort rarement sous la plui e et lorsqu’il sort c’est que ça ne va pas. Dès qu’un chien sort d’une case sous la pluie en co urant et s’éloignant, c’est qu’il sent un danger s’approcher. D’aucuns soutiennent que le chien, s’il ne perçoit pas l’ultra-son, devrait avoir un sixième sens qui le guide. De même que la chauve-souris… Ainsi, lorsqu’il pressent une tombée de foudre par exemple ou une catastrophe naturelle (tremblement de terre, éboulement de terrain), il détale. Un avertissement pour ses maîtres ou voisins immédiats. Mais, au fait, qui est ivoirien, qui n’est pas ivoi rien ? Comme dira l’artiste BabadjanKaba, « La perdrix dit de picorer, de creuser, de décaper. Le poulet dit de ne ni picorer, ni creuser, ni déca per. Qu’en décapant ou déterrant, on y trouvera quelque chose d’inouï, d’effarant, d’inima ginable. » Donc qu’il serait prudent, voire sage de laisser tel quel. En Côte d’Ivoire, les gens ont cherché à déterrer e t ils ont eu ce qu’ils cherchaient. La Haute Côte d’Ivoire La Côte d’Ivoire et la Haute Volta (actuel Burkina Faso) constituaient un seul et même pays pendant la colonisation française. C’est en 19 47(selon les historiens) qu’ils ont été séparés par l’administration coloniale d’alors. C’est dire que ces deux pays sont, pour ainsi dire, mêlés, mélangés, enchevêtrés. Ils jouissent d’une histoire commune, « d’une communaut é d’origine, de formation psychique et de culture ». Des brassages culturels, des mariages inter ethniqu es, inter religieux et inter régionaux ont lié et lient encore la Côte d’Ivoire et l’actue lpays des hommes inTègres(burkinabè). Comment diviser ce que Dieu a uni ? Comment séparer alors ces deux peuples, pardon, ce peuple ? Comment ériger entre le nord et le sud de cette Haute Côte d’Ivoire une barrière étanche, une frontière opaque ? Et comme l’a dit le Président Ahmed Sékou Touré au sujet de la Guinée et du Mali, je suis tenté de dire que « La Côte d’Ivoire et le Burkina sont deux poumons d’un même corps. »