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Typologie des démocraties sauvages

De
286 pages
Que de préjudices contre la race, soutient-on au vu du drame permanent des Afro-Américains, plombés par un lourd passé d'esclaves qui les poursuit. Cependant, d'un bout à l'autre de la mère Afrique, les adeptes d'un machiavélisme tropical et d'une gestion solitaire du pouvoir règnent. Ces fous prônent une démocratie d'un autre genre, sèment impunément le génocide, la misère et la soufrance. Est-ce un statut métaphysique incontrôlable, une tare génétique scientifiquement explicable, une punition divine ? Voici pour une fois, élevée en profession de foi, une autocritique sévère.
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SHANDA TONME
TYPOLOGIE DES DÉMOCRATIES SAUVAGES
Dieu atil puni les Noirs ?
Typologie des démocraties sauvages
DU MÊME AUTEUR AUX ÉDITIONS L’HARMATTAN, Paris 1- Le Crépuscule sombre de la fin d’un siècle tourmenté, juillet 2008 2- L’Orée d’un nouveau siècle, juillet 2008 3- Pensée unique et diplomatie de guerre, juillet 2008 4- Ces dinosaures politiques qui bouchent l’horizon de l’Afrique, juillet 2008 5- Repenser la diplomatie, juillet 2008 6- Réflexion sur l’universalisme,juillet 2008 7- Avancez, ne nous attendez pas.Le constat amer d’un intellectuel africain, juillet 2008 8- Droits de l’Homme et droits des peuples dans les relations internationales, juillet 2008 9- Afrique, l’inéluctable effondrement des dictatures, octobre 2008 10- Autopsie de la décrépitude de l’intelligentsia camerounaise, novembre 2008 11- Un Africain au musée des arts premiers, décembre 2008 12- Coexistence contentieuse entre les nations, janvier 2009 13- La politique africaine de la France en question, janvier 2009 14- Réflexion sur les crises de la société camerounaise, janvier 2009 15- L’Afrique et la mondialisation, février 2009 16- La crise de l’intelligentsia africaine, janvier 2009 17- Pouvoir politique et autoritarisme en Afrique, mars 2009 18- Mémoires d’un diplomate africain, avril 2009 19- Réflexion sur l’état du monde, mai 2009 20- La France a-t-elle commis un génocide au Cameroun ?, juillet 2009 21- Jeux et enjeux des États dans l’ordonnancement géostratégique planétaire, juillet 2009 22- Les tribulations d’un étudiant africain à Paris, septembre 2009 23- Fondements culturels du retard de l’Afrique noire, septembre 2009 24- Et si l’Occident n’était pas responsable des problèmes de l’Afrique ?, novembre 2009 25- Analyses circonstanciées des relations internationales, avril 2010 26- Le rêve américain d’un enfant d’Afrique, juillet 2010 27- Le système des organisations internationales non gouvernementales.Émergence d’un droit international spécifique, décembre 2010 28- L’impossible paix mondiale, avril 2011 29- Les chemins de l’immigration,La France ou rien,octobre 2011 30- La malédiction de l’Afrique noire.De la négritude à la négrocratie,novembre 2011 31- La presse en accusation.Soupçons sur un pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs,septembre 2014 32- Conflits d’éthiques et crises des relations internationales, février 201533- Tourments de polygamie.Un enfant de sa mère, février 2015 34- J’ai compris Yves Michel Fotso. Un testament pour la postérité,octobre 201635- Un diplomate au service de l’archevêque.À la mémoire de Monseigneur Jean Zoa, du Père Urs Egli et de Monseigneur André Wouking,octobre 2016 36-Pour Yves Michel Fotso, je plaide, janvier 2017
AUX ÉDITIONS EDILIVRE, Paris 1- Les truands de la galaxie humanitaire.De la pitié à l’escroquerie,26 février 20132- Espoirs et désespoirs des nations, 21 mars 2013 3- Une bouleversante idylle en Noir et Blanc, 29 avril 2013 4- Je suis un esclave et mon maître est un Noir, 19 juin 2013 5- Violences et guerres comme instruments des systèmes de gouvernance, 20 juin 2013 6- Le nouvel ordre moral du monde, 30 juillet 2013 7- L’Afrique noire est foutue, 10 octobre 2013 8- Vérités d’État et vérités du peuple, 6 août 2014
AUX ÉDITIONS DU SCHABEL, Yaoundé 1- Destin de battant : De la misère aux hautes sphères, août 2015 2- Les convictions d’un intellectuel engagé.Vérités sur le Cameroun, l’Afrique et le Monde, 2015
SHANDATONME
Typologie des démocraties sauvages Dieu a-t-il puni les Noirs ?
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-11831-4 EAN : 9782343118314
À Yves Michel Fotso
Industriel camerounais, symbole de l’entreprenariat à succès et du génie créateur des richesses dont l’Afrique a tant besoin pour mettre fin à son état de dépendance chronique et entrer efficacement dans la compétition des nations pour se faire enfin respecter.
Il est devenu le symbole de ce que les systèmes africains de gouvernance sauvage savent faire le mieux pour tuer le génie et annihiler le dévouement patriotique.
Condamné à deux peines d’emprisonnement à vie pour délit d’amitié avec un autre citoyen soupçonné de prétendre au 1 pouvoir suprême ./.
SHANDA TONME, 31 décembre 2016
1  Voir la synthèse sur ce cas dans les annexes. L’homme d’affaires et capitaine d’industrie à succès fut appelé à la rescousse pour sauver la compagnie aérienne nationale en perdition. Mais il a tellement réussi sa mission qu’il est devenu gênant pour des politiques plus soucieux de garantir la survie du régime en place que des intérêts nationaux. Deux ouvrages ont été entièrement consacrés à l’exposition et à la défense de sa cause par le même auteur :J’ai compris Yves Michel Fotso, etPour Yves Michel Fotso, je plaide.
Introduction En l’espace de sept mois, le temps qui s’étale d’octobre 2015 à mai 2016, des régimes au pouvoir en Afrique ont administré au monde la preuve d’une originalité politique tout à fait exceptionnelle, propre et susceptible d’être consignée dans les annales de la science politique. Cette originalité est manifeste avec l’inculpation de Moïse Katoumbi au Congo démocratique pour cause de candidature à l’élection 2 présidentielle , l’embastillement des leaders de l’opposition en Ouganda, au Niger et au Rwanda en passant par la liquidation froide des militaires frondeurs au Tchad jusqu’à la décision du Congo-Brazzaville d’exiger le rappel de l’ambassadeur de l’Union européenne. Le constat s’impose dès lors d’une lecture académique et idéologique très particulière, laquelle renseigne sur les nombreux ostracismes politiques de ces régimes et sur leur mode opératoire qui se situe très loin de toute idée de démocratie au sens de la pluralité d’opinions, de pensées et de croyances.
Il n’est point besoin de recourir aux théories du droit constitutionnel classique pour appréhender le système qui génère ces monstruosités politico-administratives et criminogènes. Ces régimes ne réfèrent à aucune norme précise des généralités consacrées de la gouvernance intelligible. Il ne faudrait pas non plus s’attarder sur les modèles d’organisation des pouvoirs sociaux ou des rapports de force économiques que mettent en exergue ou recommandent les enseignements de science politique et de science de gestion. Laissons de côté les grandes théories que les intellectuels africains surtout, surtout eux malheureusement, ont l’art de solliciter pour expliquer leurs bêtises managériales congénitales. Ni la Sorbonne, ni Harvard, ni Oxford, ni l’Académie Lumumba de Moscou, mais simplement le village, les allées de nos rues et champs, les bancs de nos amphithéâtres de Dakar,
2 L’intellectuel et militant nationaliste camerounais Abel Eyinga fit l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par le régime néocolonial d’Ahmadou Ahidjo parce qu’il avait osé se déclarer candidat à l’élection présidentielle.
Kampala, Kano, Makéréré et Bangui devraient permettre d’en formuler les clés de compréhension. Notre sous-culture de l’organisation politique, sociale et économique n’a rien de commun avec quelques thèses proclamées universelles par les maîtres du monde. Assumons la responsabilité de l’exposer à la critique vive, de la décrier et de la qualifier en adjectifs et en épouvantail.
À la vérité, la décision de confisquer le pouvoir et de confondre son destin avec celui de la collectivité à l’échelle de la nation entière induit une déviation absolue de la promesse du bonheur de tous, vers le bonheur de soi, le ''soi maître'', le ''soi roi'', le soi chef'' des chefs et dieu des dieux immortels et inégalables dans son contexte. Ici, il y a le vrai nous, selon er Idi Amin Dada, selon l’empereur Bokassa 1 de l’Oubangui, selon Sassou, Kagame et les autres.
C’est justement parce que toute spéculation sur la possibilité de concurrence dans le champ politique pour le contrôle de l’appareil d’État au sommet, et pour la gestion subséquente des ressources publiques est nulle que l’idée d’alternance devient fondamentalement absurde. De là, toute idée de changement devient un crime de lèse-majesté. On doit réduire au silence, et par tous les moyens, au mépris de toutes valeurs nobles et justes, et par-dessus tous les conventions et arrangements protégeant les citoyens, leurs idées, leurs droits et leurs légitimes ambitions de participer à la construction de leur destin. Dans cette cavale, rien n’empêchera pourtant la proclamation de la démocratie portée en triomphe et consacrée ostensiblement dans les discours. Le temps pris en prétexte dans la proposition que je m’en vais formuler dans ma démarche pour cet ouvrage, est justement un temps où l’on trouve agencées, presque comme des produits standards sortant d’une chaîne industrielle, des élections présidentielles dans les pays nommément cités. Tout un symbole donc.
À chaque fois, le roi aura dit le droit, dicté la norme, interprété ou façonné et refaçonné la charte fondamentale. À chaque fois donc, un individu devenu super être humain, aura défié l’universalité, érigé sa propre raison politique, produit un modèle personnel à l’encontre ou à l’envers de celui prêché et souhaité par cette «prétendue communauté internationale ». Le chef suprême, comme ils adorent être appelés, aura vanté son originalité et conféré à ce qu’il nomme souveraineté, pouvoir, démocratie, élection, citoyen, peuple, nation, État et bien public, le sens
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qui correspond le mieux à son état mental, à son niveau réel ou supposé d’éducation morale et politique. Il y a au fond une certaine fierté, fût-elle abjecte, à se sentir Africain parce que pour une fois, et sans risque de contestation aucune, les dirigeants du continent sont parvenus explicitement ou implicitement à asseoir un véritable modèle de démocratie dont ils ont seuls le secret des mécanismes et du mode opératoire. Il s’agit de « la démocratie sauvage », qu’il ne faut comparer à aucune autre ni confondre avec aucune autre, tant son originalité dévoyée révèle des méthodes d’action, des formes d’évolution, des manières de faire, de vivre et de survivre qui produisent un citoyen nouveau et des rapports sociaux d’exception. Son décryptage devient dès lors une urgence académique.
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