Un père pour grandir

Un père pour grandir

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Livres
92 pages

Description


Dans le cadre d'un débat passionnel autour de la famille et de la parentalité,
Jean Le Camus inscrit sa réflexion sur " l'être père " aujourd'hui.












Comment faire pour apporter du bien-être à nos enfants ? Sur quels repères s'appuyer pour les éduquer quand la cellule familiale revêt tant de formes différentes ?

Un père pour grandir recouvre l'ensemble des principes, des stratégies et des éléments de méthode qui sous-tendent, structurent et expriment une volonté de changement. Plus précisément, l'auteur s'applique à défendre ce qu'il appelle la paternité positive : répondre " oui " pour un père, c'est agir sans intermédiaire, s'impliquer en tant que parent au côté de la mère, et assumer le partage des responsabilités. C'est ensuite, et surtout, avoir le souci de l'intérêt supérieur de l'enfant. Cette nouvelle paternité sert aussi les intérêts de la société : ne plus s'accommoder de l'opposition traditionnelle des fonctions parentales - l'amour de la mère / la loi du père - pour aider l'évolution des mentalités : des droits de l'enfant mieux reconnus, l'égalité hommes-femmes mieux respectée, la diversité des configurations familiales mieux acceptée.
Entre les pères adoptants, les pères IAD, les pères séparés, les pères homosexuels, voire les beaux-pères mis en position de père social..., il n'y a plus d'image unique du " bon père ". Désormais tous sont légitimes et revendiquent les mêmes droits que les mères à l'égard des enfants. Les mêmes droits et les mêmes devoirs ! souligne l'auteur.







TABLE DES MATIERES



Avant-propos



Introduction



PARTIE I Le non du père en question : forces et faiblesses de la conception classique de la paternité
Chapitre 1. Naissance et développement de la première conception scientifique du père

Affection et autorité sont les deux mamelles ... de l'enfance Lacan : du non au nom

Porot : une famille idéalisée
Quand le présent fait revivre le passé

Les fondamentaux de la paternité

Le père chef de famille
Le père compagnon de la mère
A qui s'adresse et sur quoi porte le non du père ?

Les raisons du consensus des années 1950 ? 1960.

Du côté des croyances et des préceptes
Du côté des savoirs


Chapitre 2. Examen critique de la conception classique de la paternité : un bilan contrasté

Intérêt du schéma-type : pour un SMIG de la paternité

La différence-réalité
Nos premières réserves : des acquis à préciser et à actualiser

Les faiblesses et les dérives de la conception classique

Les droits de l'enfant menacés
L'égalité des mères et des pères compromise
Les familles atypiques stigmatisées





PARTIE II La place et la fonction du père revisitées
Chapitre 3. Une place à définir et à conforter

Principaux facteurs du changement de perspective

La poussée des idées féministes et la prise de conscience par les hommes de leur " moi nourricier "
L'évolution de spratiques progfessionnelles et des pratiques domestiques
La transformation de la psychologie du développement
Un nouvel horizon : la différence-égalité

La configuration nucléaire redessinée et rééquilibrée

L'autorité appartient au père et à la mère.
La mère joue une fonction essentielle dans le développement psycho-sexuel et la construction de l'identité sexuée de l'enfant, au même titre que le père

Les configurations atypiques réhabilitées et consolidées.

Le concubinage
Configurations monoparentales
Configurations pluriparentales
Configurations homoparentales


Chapitre 4. Enrichir et positiver la fonction du père

Du père de famille au père de l'enfant
L'âge de l'intervention du père.

Présence avant la naissance
Présence à la naissance
Présence après la naissance

Le mode d'action du père

Dialogue " tonico-émotionnel " et dialogue " phasique " dans la première année
A l'âge de la crèche
A l'âge de l'école maternelle

Le registre d'influence du père

Construction de l'intelligence
Développement du langage
Ancrage et équilibrage affectif
Et les pères au foyer ?





Conclusion
Remerciements






Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 10 février 2011
Nombre de lectures 88
EAN13 9782221125250
Langue Français
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DU MÊME AUTEUR
L’Enfant maladroit, PUF, Paris, 1981. Pratiques psychomotrices, Marpaga, Liège, 1984. Les Relations et les interactions du jeune enfant, ESF, Paris,1985. Les Origines de la motricité chez l’enfant, PUF, Paris, 1988. Les Racines de la socialité, Centurion, Paris, 1989. Les Pratiques aquatiques du bébé, PUF, Paris, 1991. L’Enfant et l’Eau(collectif), J. Le Camus, J.-P. Moulin, C. Navarro, L’Harmattan, Paris, 1995. Pères et bébés, L’Harmattan, Paris, 1995. Le Rôle du père dans le développement du jeune enfant(collectif), J. Le Camus, F. Labrell, C. Zaouche-Gaupron, Nathan, Paris, 1997. Le Père éducateur du jeune enfant, PUF, Paris, 1999. Le Vrai Rôle du père, Opile Jacob, Paris, 2000 (réépition, 2004). Rester parents malgré la détention(collectif), sous la pirection pe J. Le Camus, Erès, Ramonville-Saint-Agne, 2002. Comment être père aujourd’hui, Opile Jacob, Paris, 2005. Le Père et l’Enfant à l’épreuve de la séparation, avec Michèle Laborpe, Opile Jacob, Paris, 2009.
« RÉPONSES » Collection créée par Joëlle de Gravelaine, dirigée par Nathalie Le Breton
JEAN LE CAMUS
UN PÈRE POUR GRANDIR
Essai sur la aternité
ROBERT LAFFONT
© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2011
Couverture© Images.com / Corbis
ISBN 978-2-221-12525-0
À mes parents, Henri et Mathilde. À ma femme, Christiane. À mes enfants, Christophe et Françoise ; Florence et Laurent. À mes petits-enfants, Quentin, Matthieu, Célia et Marine. À mes amis.
4 Te protéger toujours, ne jamais t’étouffer… Je veux seulement que mon ombre t’épargne les grandes brûlures. Je ne veux pas qu’elle te prive de lumière… J’aimerais tant t’aider à devenir toi-même… » 1 Philippe CLAUDEL
4 Vous, ce qui vous préoccupe avant tout, c’est de voir vos enfants réussir leurs exercices de liberté en appliquant la règle de la confiance, graduée par vos soins… » 2 Jean-Yves CENDREY
1-Être père, disent-ils, L’Iconoclaste, 2009. 2-Ibid.
Avant-propos
Même s’il n’est pas très académique de raconter des « histoires de vie » dans les premières pages d’un essai, je commencerai cet ouvrage en rapportant deux courtes biographies. Au fil de ces itinéraires, fragments d’existence prélevés auprès de deux familles ordinaires implantées dans le sud de la France, on verra déjà en quoi peuvent se différencier des modèles de parentalité apparus à deux époques éloignées l’une de l’autre ; on verra aussi comment se construisent les normes, les attitudes et les conduites qui expriment la façon d’être père ; et enfin pourquoi tel homme, situé dans tel milieu, à tel moment de l’Histoire, met en pratique telle conception de la paternité. Place donc à Georges et à Jean-Paul. Dans le premier cas, on a affaire à un homme qui a vécu l’expérience de la paternité à la veille, au cours et dans la suite immédiate de la Seconde Guerre mondiale. Georges est né dans un village du Lot-et-Garonne en 1907 au sein d’une famille bourgeoise plutôt aisée, attachée aux valeurs ancestrales de l’honneur, de la fidélité, du respect de l’ordre et très attentive aux bonnes manières. Entraîné à l’observance des convictions et des pratiques catholiques de tradition, élevé dans un établissement privé où régnait une discipline intransigeante, Georges devenu père ne pouvait pas ne pas inscrire sa progéniture, un seul fils en fait, Guy (né en 1936), dans la perspective du devoir à accomplir. En harmonie avec son épouse, Irène, il aurait voulu avoir un enfant exemplaire et qui vivrait en adéquation avec l’idéal chrétien auquel il adhérait avec ferveur (idéal auquel Guy s’est temporairement conformé, avant de basculer, bien plus tard, dans l’agnosticisme). En politique, Georges se disait « modéré » mais il votait à droite et avait une réputation justifiée de conservateur. Sa profession d’agriculteur ne correspondait pas à son niveau d’instruction (il avait obtenu le bachot ès lettres en 1925 !) mais apparemment il ne souffrait pas de ce décalage. Comme le faisaient presque tous les pères des années 1930-1940, il confia à Irène, sans profession, le soin de s’occuper des premières années de la vie de Guy. Celui-ci vécut dans un cadre domestique chaleureux et enveloppant (pas de crèche, ni d’école maternelle), avant de fréquenter l’école élémentaire publique puis les classes de l’enseignement secondaire en pensionnat privé. Dans le ménage, c’était à Georges et à lui seul que revenait la charge de l’autorité : son fils devait obéir et il lui demandait en priorité d’être « sage », c’est-à-dire poli, gentil et discipliné. Georges traitait son fils avec bonté et équité mais aussi avec une grande rigueur (la gifle n’était pas prohibée). On peut dire également que le père et le fils s’aimaient sans réserve. Georges voulait que Guy réussisse sa vie en mettant en œuvre le projet qu’il avait élaboré à sa place. Il était fier des réussites scolaires et sportives de son fils. Il le contrôlait strictement, toutefois il accepta volontiers son choix professionnel (un emploi commercial) et son choix conjugal. L’orientation idéologique de Georges était telle que Guy ne se retrouvait pas dans certains des choix de vie de son père (d’ailleurs Guy a voté « à gauche » à partir de 1967). Lorsqu’il est devenu adulte, il a plusieurs fois pris le temps de dire à son père qu’il ne partageait pas ses idées politiques mais les discussions n’allèrent pas très loin : à cet égard, le père et le fils n’étaient pas sur la même longueur d’onde. Ces divergences d’opinion n’ont pas empêché que Guy soit présent au chevet de son père en fin de vie, qu’il garde de lui un souvenir impérissable, qu’il éprouve le besoin d’aller se recueillir sur sa tombe plusieurs fois par an et qu’il conserve sa photographie au-dessus de son bureau. À l’inverse de ce qu’écrivait Sartre dans son autobiographie, on pourrait dire que Guy était pourvu d’un « surmoi » fort… et que c’est d’abord à son père qu’il le devait.