1000 Dessins de Génie

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Longtemps considéré comme le petit frère négligé de la peinture, l’art du dessin a récemment commencé à avoir meilleure réputation. Des expositions sur le dessin créées à travers le monde, notamment par le Metropolitan Museum de New York ou les Offices de Florence, ont apporté au dessin plus de critiques et d’intérêt académique que jamais. Ce texte captivant offre au lecteur une analyse de l’histoire du dessin, des maîtres de la Renaissance comme Léonard de Vinci ou Michel-Ange, aux artistes modernes comme M.C. Escher ou Pablo Picasso.

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Date de parution 24 novembre 2014
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EAN13 9781783104581
Langue Français

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GénieA_The Book Drawings_Intro + 12th-14th_ENG_ A-OK_23 Oct 2013_ 4C:Layout 1 10/28/2013 1:37 PM Page 2A_The Book Drawings_Intro + 13th-14th_FRE_ P-7OK_28 Jan 2014_Layout 1 3/12/2014 3:22 PM Page 2
Auteurs : © Vassily Kandinsky Estate, Artists Rights Society (ARS),
Victoria Charles New York, USA / ADAGP, Paris
Klaus H. Carl © Ellsworth Kelly (Droits réservés)
Avec la collaboration de Rubén Cervantes Garrido © Oskar Kokoschka Estate, Artists Rights Society (ARS),
New York, USA / Pro Litteris, Zurich
Textes cités de : © Käthe Kollwitz, Artists Rights Society (ARS), New York,
Léon Battista Alberti, Charles Baudelaire, Vincenzo Carducci, USA / VG Bild-Kunst, Bonn
Cennino Cennini, Paul Klee, John Ruskin, Giorgio Vasari et © Wifredo Lam Estate, Artists Rights Society (ARS),
Claude-Henri Watelet New York, USA/ADAGP, Paris
© Mikhail Larionov Estate, Artists Rights Society (ARS),
Mise en page : New York, USA / ADAGP, Paris
Baseline Co. Ltd © Henri Laurens, Artists Rights Society (ARS), New York,
61A-63A Vo Van Tan Street USA / ADAGP, Paris
e4 étage © Fernand Léger Estate, Artists Rights Society (ARS),
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville New York, USA / ADAGP, Paris
Vietnam © Wyndham Lewis (Droits réservés)
© René Magritte Estate, Artists Rights Society (ARS),
New Y, Paris
© Confidential Concepts, worldwide, USA
© André Masson Estate, Artists Rights Society (ARS), © Parkstone Press International, New York, USA
New York, USA / ADAGP, Paris
Image-Bar www.image-bar.com
© Henri Matisse, Les Héritiers Matisse, Artists Rights
Society (ARS), New York, USA / ADAGP, Paris© Antonin Artaud, Artists Rights Society (ARS), New York
© Joan Miró, Succession Joan Miró, Artists Rights SocietyUSA / ADAGP, Paris
(ARS), New Y, Paris© Giacomo Balla Estate, Artists Rights Society (ARS),
© Edvard Munch Estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA / SIAE, Rome
New York, USA / BONO, Oslo© Balthus (Droits réservés)
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(ARS), New York, USA / ADAGP, Paris New York, USA / ADAGP, Paris
© Georgia O’Keeffe Museum, Artists Rights Society (ARS),© Max Beckmann Estate, Artists Rights Society (ARS),
New York, USANew York, USA / VG Bild-Kunst, Bonn
© George Passmore (Droits réservés)© Hans Bellmer, Artists Rights Society, New York (ARS),
© Francis Picabia Estate, Artists Rights Society (ARS), USA / ADAGP, Paris
© Pierre Bonnard Estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA / ADAGP, Paris
© Pablo Picasso Estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA / ADAGP, Paris
© Georges Braque Estate, Artists Rights Society (ARS), New Y, Paris
New Y, Paris © Adrian Piper (Droits réservés)
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ADAGP, Paris Artists Rights Society (ARS), New York, USA
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© Giorgio de Chirico Estate, Artists Rights Society (ARS), ADAGP, Paris
New York, USA / SIAE, Rome © Diego Rivera, Banco de México Diego Rivera & Frida
© Francesco Clemente (Droits réservés) Kalho Museums Trust. AV. Cinco de Mayo n°2, Col. Centro,
© Salvador Dalí, Gala-Salvador Dalí Foundation / Artists Del. Cuauhtémoc 06059, México, D.F.
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© André Derain, Estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA / ADAGP, Paris
New York, USA / ADAGP, Paris © Gino Severini Estate, Artists Rights Society (ARS),
© Raoul Dufy Estate, Artists Rights Society (ARS), New Y, Paris
New Y, Paris © Nicolas de Staël, Artists Rights Society (ARS), New York,
© Jacob Epstein (Droits réservés) USA / ADAGP, Paris
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© Frida Kalho, Banco de México Diego Rivera & Frida
Kalho Museums Trust. AV. Cinco de Mayo n°2, Col. Centro,
Del. Cuauhtémoc 06059, México, D.F.
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Sommaire
Introduction 7
e eXIII -XIV siècles 11
eXV siècle 21
eXVI siècle 77
eXVII siècle 177
eXVIII siècle 247
eXIX siècle 293
eXX siècle 399
Chronologie 526
Légende 536
Glossaire 537
Index des artistes 540
5A_The Book Drawings_Intro + 12th-14th_ENG_ A-OK_23 Oct 2013_ 4C:Layout 1 10/28/2013 1:37 PM Page 6A_The Book Drawings_Intro + 13th-14th_FRE_ P-7OK_28 Jan 2014_Layout 1 3/12/2014 8:56 AM Page 7A_The Book Drawings_Intro + 12th-14th_ENG_ A-OK_23 Oct 2013_ 4C:Layout 1 10/28/2013 1:37 PM Page 7
Introduction
et ouvrage a pour objectif d’accompagner le lecteur à je vais renoncer à toute discussion sur l’importance du sujet, et
travers une histoire de l’art du dessin. Au fur et à ne me pencher que sur les points qui peuvent apparaîtreC mesure de la lecture, chacun peut suivre l’évolution contestables dans le procédé de leurs études.
de l’art occidental depuis la fin du Moyen Âge à nos jours. En premier lieu, ce livre ne s’adresse pas aux enfants de
En effet, chaque chapitre offre des exemples visuels des moins de douze ou quatorze ans. Il ne me semble pas
idiomadifférentes tendances qui ont pu coexister au cours du temps, tique d’encourager un enfant dans une pratique artistique à
avec une large sélection des plus grands artistes. moins qu’elle ne soit volontaire. S’il a un talent artistique
Ces dessins sont accompagnés de textes écrits par un artiste quelconque, il va continuellement gribouiller sur n’importe
ou un théoricien d’art, contemporain de la période concerné, quelle surface ; et il doit avoir la liberté de griffonner autant
afin d’offrir au lecteur une meilleure compréhension des préoc- qu’il le souhaite et des encouragements doivent lui être donnés
cupations et des approches artistiques autour du dessin. pour toute forme de soin ou de vérité dans ses efforts.
Un extrait d’Éléments du dessin de John Ruskin publié pour Il doit être autorisé de s’amuser avec des couleurs bon
la première fois en 1857, a été choisi pour l’introduction marché presqu’aussitôt qu’il en fait la demande sensée. S’il ne
générale de cet ouvrage. L’intérêt cependant, ne porte pas sur produit à peine plus de quelques griffonnages et des taches
les descriptions détaillées de la pratique de la ligne au crayon, difformes, la boîte de couleurs peut lui être retirée jusqu’à ce
ou encore sur la manière d’appliquer les ombres et la couleur. qu’il soit plus âgé. Mais dès qu’il se montre capable de peindre
Il semble être plus intéressant pour le lecteur de connaître les des soldats en rouge et des drapeaux rayés sur des bateaux etc.,
recommandations que Ruskin adresse aux jeunes artistes ou il doit avoir des couleurs sur commande ; et sans restreindre ses
aux personnes souhaitant embrasser cette carrière. Sorte de choix en matière de sujets [...], il doit être gentiment orienté par
lien entre les approches traditionnelles et modernes de l’art, les parents vers le dessin, même de façon la plus puérile, de
Ruskin présente aujourd’hui un intérêt certain. Il est possible choses à portée de main, telles que des oiseaux, des papillons,
qu’il ne nous semble pas résolument moderne ; ses recomman- des fleurs ou des fruits. Par la suite, l’utilisation de la couleur
dations qui paraissent strictes, semblent aller à l’encontre ne doit être qu’une récompense, une fois que l’enfant ait fait
d’une notion contemporaine de liberté de création. Mais alors preuve de soin et de progrès dans ses dessins au crayon. Un
qu’il affiche de nombreuses valeurs artistiques traditionnelles, nombre limité de bons et amusants dessins imprimés doivent
Ruskin était aussi un grand amateur des figures modernes toujours être accessible à un garçon ; mais doivent être
telles que Turner et les préraphaélites, à une période où ils fermement limités à quelques livres ou imprimés. Si un enfant
n’étaient pas en vogue. Bien entendu, il s’agit ici des recom- a beaucoup de jouets, il s’en lassera et les cassera ; si un garçon
mandations d’un théoricien d’art en particulier, mais dans son a beaucoup d’imprimés il ne s’en souciera peu et griffonnera
domaine, Ruskin occupe une place importante. Il est ainsi très dessus ; c’est en limitant le nombre de ses biens que son plaisir
intéressant de connaître ses opinions sur les meilleurs (et les de les avoir est accentué et son attention concentrée.
pires) artistes qu’un débutant se devait d’admirer, ainsi que
ses recommandations littéraires. [...]
Ruskin est un très bon exemple car il introduit le lecteur à Annexe II. Les choses à étudier.
une période de l’histoire de l’art où les valeurs académiques Jusqu’ici, le pire danger auquel un étudiant isolé est
rigides commençaient à être remises en question ; et c’est ici confronté, est d’aimer des choses qu’il ne devrait pas aimer. Il
que puisent les racines de l’art contemporain. ne s’agit pas tant de ses propres difficultés ou de ses goûts,
qu’il doit acquérir seul : et même sous l’égide d’un maître,
beaucoup d’œuvres d’art peuvent s’avérer être instructives,
Préface qu’elles ne soient que partiellement excellentes (le bon et le
Il est peut être considéré que je devrais m’étendre sur les mauvais doivent cependant être distingués), sa garantie, tant
raisons de l’apprentissage du dessin dans cette préface, mais qu’il travaillera seul, sera de ne s’autoriser à posséder que des
ces raisons me paraissent si nombreuses et si lourdes, que je ne choses, qui, de leurs façons, soient sans défauts, afin que les
peux pas les nommer ou les appliquer rapidement. Avec la copies qu’il en fera ne le trompe pas, et de ne contempler que
permission du lecteur, ce volume étant trop important déjà, les œuvres d’art qu’il sait être parfaites ou nobles dans leurs
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défauts. Je vais, à cet effet, énumérer dans un ordre limpide, le Premièrement, dans les galeries d’images :
nom de maîtres que vous pouvez sans danger admirer, et 1. Parce qu’ils ont toujours raison, vous pouvez observer
quelques livres que vous pouvez sans risque posséder. En ces avec confiance Titien, Véronèse, Giorgione, Giovanni Bellini et
temps où l’illustration est bon marché, le danger est toujours Velázquez : l’authenticité de la peinture doit, bien entendu,
de posséder trop que trop peu. Cela peut permettre de mettre vous avoir été confirmée.
en valeur dans quelle mesure un art de mauvaise qualité 2. Vous pouvez admirer, en ayant conscience toutefois de la
peut accentuer des caractéristiques qualitatives, mais dans question du bon et du mauvais, Van Eyck, Holbein, Le Pérugin,
l’ensemble, je pense qu’il est préférable de ne vivre que de Il Francia, Angelico, Léonard de Vinci, Le Corrège, Van Dyck,
saine nourriture et que notre plaisir ne sera jamais aussi Rembrandt, Reynolds, Gainsborough, Turner et les modernes
satisfait que de vivre de cendres ; cependant, il peut être bon préraphaélites. Vous ne devriez pas vous éloigner des peintres
parfois de goûter aux cendres afin d’en déceler les amertumes. cités ici, à moins de vous éloigner, ou de vous retrouver dans
Bien entendu, les œuvres des grands maîtres ne peuvent des cas plus graves guidés par d’autres grands maîtres tels
rendre service à l’étudiant qu’une fois après que ce dernier ait que Michel-Ange, Raphaël et Rubens dont les œuvres ont
fait preuve de progrès considérables. Traîner de jeunes été corrompues par d’autres tels que Murillo, Salvator,
étudiants dans des galeries ne fait que leur faire perdre du Claude, Gaspar Poussin, Teniers et tant d’autres. Vous pouvez
temps et les décourager, au moins qu’ils n’émettent le souhait observer, cependant, afin d’avoir des exemples de ce qui est
eux-mêmes de voir un tableau en particulier. Généralement, mauvais, avec une réprobation universelle, Le Dominiquin, les
les jeunes personnes souhaitent entrer dans une galerie frères Carrache, Il Bronzino et les pièces figuratives de Salvator.
seulement pour faire la course et il est préférable qu’ils fassent Parmi les noms cités ci-dessus, il ne vous faut pas observer
cela dans les jardins à l’extérieur. Toutefois, s’ils présentent un trop longuement, ni être trop enthousiaste vis à vis d’Angelico,
réel intérêt et souhaitent observer telle ou telle peinture, la clé Le Corrège, Reynolds, Turner et les préraphaélites, mais si vous
est de ne jamais les déranger dans la contemplation de ce qui devenez trop attaché aux œuvres d’un autre nom citées ici, cessez
les intéresse et de ne pas les orienter vers ce qui ne les intéresse de les observer, car d’une manière ou d’une autre quelque chose
pas. Rien n’est utile aux jeunes (ni d’ailleurs d’une grande ne va pas. Si, par exemple, vous avez un intérêt en particulier
utilité pour les plus âgés), en dehors de ce qui les intéresse. De pour Rembrandt ou pour Léonard de Vinci vous perdez votre
plus, même s’il est important de ne mettre entre leurs mains intérêt pour la couleur ; si vous appréciez tout particulièrement
que des œuvres de qualité, il est toutefois plus important Van Eyck ou Le Pérugin, alors vous devenez trop focalisé sur les
encore de les laisser observer ce qui attire leur attention détails minutieux ; et si vous aimez Van Dyck ou Gainsborough,
lorsqu’ils sont dans un musée ou dans une galerie : même si vous devez être trop attiré par la courtoisie légère.
cela ne leur sera pas utile dans l’art, ce le sera d’une autre Deuxièmement, parmi l’art publié ou autrement reproduit,
façon. Le cas de figure le plus sain où l’art peut les intéresser que vous pouvez vous procurer vous-même, ou observer dans
est lorsqu’ils l’étudient, non pas comme de l’art, mais parce des maisons privées ou des galeries, les œuvres des maîtres
qu’il représente quelque chose qu’ils aiment provenant de la suivants sont les plus appréciables, après les Turner,
nature. Si un garçon se passionne pour la vie de n’importe quel Rembrandt, et Durer dont nous avons déjà parlé.
grand homme et qu’il va avidement observer son portrait Une édition de Tennyson, publiée récemment, contient des
réalisé par Van Dyck, alors il s’agit de la façon la plus sûre et gravures de dessins de Rosetti et autres maîtres préraphaélites.
la plus saine pour lui de s’initier à l’art du portrait. S’il aime les Elles sont terriblement gâchées et généralement la partie la plus
montagnes et qu’il s’attarde sur un dessin de Turner parce intéressante, l’expression caractéristique sont entièrement
qu’il y voit une vallée du Yorkshire ou un chemin alpin, alors perdues ; néanmoins elles sont extrêmement instructives, et ne
il s’agit de la façon la plus sûre et la plus saine pour lui de peuvent être étudiées de façon trop minutieuse. Mais observez,
s’initier à l’étude des paysages, et si les rêves d’une jeune fille si vous avez l’habitude d’œuvres plus approximatives, où le
sont remplis d’anges et de saints, et qu’elle s’arrête devant un sentiment, l’action et le style sont empruntés ou superficiels, et
Angelico parce qu’elle considère qu’il s’agit là du paradis, c’est alors vous serez sans aucun doute offensé par toutes les œuvres
la meilleure façon pour elle de commencer l’étude de la maniérées. L’art maniériste, qui est à peine de l’art, tel que
peinture religieuse. Véronèse ou Titien, peuvent ne pas vous offenser, les chances
Lorsque, cependant, l’étudiant a réalisé des progrès signifi- étant que vous puissiez ne pas vous en apercevoir ; mais des
catifs et que chaque image devient pour lui un réel appui, qu’il œuvres telles que Maude ou Aurora Leigh en poésie ou les grands
soit vrai ou faux, dans son propre travail, il est très important sujets préraphaélites en peinture, vont sans aucun doute susciter
qu’il n’observe jamais, même précautionneusement, à de votre mépris. De plus, si vous ne travaillez plus aussi dur et
mauvaises œuvres d’art ; et à présent, si le lecteur daigne me faire persistez à admirer des peintures vicieuses et fausses, elles
conticonfiance à ce sujet, les conseils suivants vont lui être utiles. [...] nueront à vous offenser. Il serait bon, alors, de ne connaître
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— INTRODUCTION —
qu’un seul genre d’art entièrement mauvais, afin de savoir adorable analyse que nous possédions de la douce quiétude
me
comment vous y opposer. Les grandes lignes de Flaxman à domestique moderne, alors que Aurora Leigh de M Browings
Dante, contiennent, il me semble, des exemples de tous les est, à mon sens, le plus beau poème que ce siècle ait produit dans
mensonges et de toutes les faiblesses qu’il est possible pour un n’importe quelle langue. Inutile et écœurant, Cast Coleridge est
artiste studieux de commettre ou d’admettre autant dans le immédiatement exclu, au même titre que Shelley qui est tout
dessin que dans l’exécution. Des sujets de base ou avilissants, aussi superficiel et prolixe ; et Byron, dont il vous faut vous
tels que vous les trouverez constamment chez Teniers et autres méfier avant d’avoir éduqué votre goût et être capable de
peintres hollandais, j’espère ne pas avoir à vous mettre en garde ; discerner la magnificence de son œuvre parmi le reste. Ne lisez
vous devriez seulement vous en détourner avec dégoût, tandis jamais de la poésie vulgaire et n’en écrivez jamais non plus ; il
que n’importe quel dessin qu’il soit mauvais ou simple, avec des y a peut-être déjà trop de mots dans le monde comme il est.
erreurs dans tous les sens, ne peut vous apprendre ce genre de Pour la poésie de pensée, lisez Bacon, Johnston et Helps.
faiblesse dont il est question ici. Cependant, vous pouvez Carlyle ne doit à peine être cité, même pour les débutants ; son
trouver dans les dessins de Flaxman, un sentiment courtois, ainsi enseignement peut s’avérer particulièrement nocif. Si vous le
qu’une juste connaissance anatomique, et des lignes fermes, comprenez et l’appréciez, vous pouvez le lire, s’il vous offense,
toutes appliquées de la pire et la plus ridicule façon ; vous ne vous n’êtes pas encore prêt pour sa prose, et peut-être ne le
pouvez pas avoir de meilleur exemple d’erreurs de bonne serez-vous jamais ; en toutes circonstances laissez tomber s’il
volonté et de mauvais dessin avec un beau coup de crayon. [...] vous heurte et attendez d’être plus à même de l’apprécier.
Pour finir, votre jugement sera, bien entendu, guidé par Pour la fiction, lisez Sir Charles Grandison, les romans de Scott
lle
vos goûts en matière de littérature. En effet, je connais des et ceux de M Edgeworth, et si vous êtes une jeune femme,
lle
personnes qui ont les goûts les plus purs en littérature, et lisez Madame de Genlis, le penchant français de M
cependant de mauvais goûts en art, et ce phénomène m’étonne Edgeworth, faisant de ces auteurs vos compagnons fidèles.
prodigieusement : mais je n’ai jamais rencontré une personne Lisez peu à la fois, en essayant de ressentir un intérêt pour les
ayant de mauvais goûts en littérature et de bons goûts en art. Il petites choses, et lisez non pas tant pour l’histoire que pour
est également de la plus grande importance pour vous, non vous familiariser avec les gens agréables que ces auteurs vous
seulement pour l’amour de l’art, mais pour toutes sortes de présentent. Un livre quelconque vous apportera souvent
raisons, en ces jours où les livres abondent, de vous garder de beaucoup de plaisir, mais seulement un livre noble vous
toutes les différentes sortes de littérature et de ne garder que celle offrira des amis qui vous resteront chers. Rappelez-vous aussi,
qui vous tient à cœur. Je ne peux, bien entendu, vous orienter sur qu’il est moins important dans vos jeunes années, qu’un livre
les choix de votre bibliothèque : les différents esprits nécessitent soit intelligent plutôt que juste. Je ne veux pas dire ici qu’il doit
différents ouvrages ; mais il y a certains livres dont nous avons être oppressant ou répulsif par son caractère éducatif ; mais
tous besoin et assurément, si vous lisez Homère, Platon, que les pensées exprimées doivent être juste et que les
sentiEschyle, Hérodote, Dante, Shakespeare et Spenser autant que ments stimulés excitants. Il n’est pas nécessaire pour vous de
vous le pouvez, vous n’aurez pas besoin d’étagères supplémen- lire le livre le plus spirituel ou le plus évocateur : il est en
taires pour étudier. Parmi la littérature moderne, évitez les général plus pertinent de lire ce que l’on sait déjà mais
magazines et les critiques. Parfois, ces types d’ouvrages peuvent exprimé de façon limpide. La majorité de la littérature
contemcontenir des résumés utiles, ou une critique utile, mais les poraine, même si elle convient à un public d’âge mûr, a une
chances sont de dix pour un qu’ils vous feront perdre votre temps tendance à agiter plutôt qu’à confirmer, et laisse trop
ou vous induire en erreur. Si vous souhaitez vous renseigner sur fréquemment ces lecteurs dans un état d’indignation inutile, le
un sujet en particulier, orientez-vous vers un ouvrage dont vous pire état d’esprit pour un jeune. Il peut, en effet, s’avérer
nécesavez entendu parler et non pas un résumé de ce même livre. Si saire pour vous au cours de votre vie, que vous posiez le doigt
ce premier livre n’est pas à votre goût, essayez en un autre, sur des choses qui doivent être modifiées, ou vous attacher à
mais ne vous attendez jamais à comprendre parfaitement un des causes qui peuvent inspirer de la pitié ou au contraire
sujet sans difficulté, à l’aide d’un résumé. Éloignez-vous à tout doivent être condamnées : mais pour une jeune personne il est
prix de cette littérature qui a un ton condescendant. [...] préférable de faire une révérence et de rester dans l’obscurité.
En règle générale, plus vous concentrez vos lectures sur la Aujourd’hui, pour sûr, et même tout au cours de votre vie, vos
poésie de pensée, la poésie lyrique, l’histoire et l’histoire professeurs sont plus prudents lorsqu’ils vous tiennent au
naturelle, évitant la fiction et le drame, plus votre esprit sera silence, et la littérature et l’art qui vous conviennent le mieux
sain. Pour la poésie moderne, concentrez-vous sur Scott, sont ceux qui pointent vers la vie ordinaire, et aux choses
Wordsworth, Keats, Crabbe, Tennyson, les deux Browings, familières, vers les objets d’espoir et à l’amour humble.
Thomas Hood, Lowell, Longfellow et Conventry Patmore dont
L’Ange de la maison est le poème le plus achevé et la plus John Ruskin, Éléments du dessin, 1857
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e e XIII siècle-XIV siècle
ême s’il a été écrit dans un contexte où l’art évoluait tant mieux pour toi. Cependant je te donne ce conseil : choisis
vers une nouvelle ère, Trattato della pittura (1437) de toujours le meilleur et celui qui a le plus de réputation ; et t’yM Cennino Cennini constitue un parfait résumé des attachant jour par jour, il serait contre nature que tu
techniques artistiques de la fin du Moyen Âge, sous forme n’acquières pas quelque chose de sa manière et de ses allures.
presque de livre de recettes, typique des siècles précédant la Tandis que si tu te portes à dessiner aujourd’hui celui-ci,
Renaissance. Ici, nous présentons quelques lignes directrices demain celui-là, tu n’auras la manière ni de l’un ni de l’autre,
concernant le dessin, ainsi que les principes de l’auteur sur la et peut-être il t’en résultera un peu de bizarrerie, comme ayant
pratique artistique en général. Certaines, d’ailleurs, paraîtront l’esprit tiraillé par ces différentes façons : un jour tu voudras
curieuses au lecteur contemporain, telles que : faire comme celui-ci, demain comme cet autre, et ainsi tu ne
« VIII. Comment il faut commencer à dessiner avec la pointe, conduiras rien à perfection. Si tu continues à ne suivre que les
et avec quelle lumière. [...] Puis commencer, par exemple, à pas d’un seul, il faudra que ton intelligence soit bien grossière
dessiner des choses aussi aisées que possible, pour former la pour que tu n’en recueilles pas quelque nourriture, et alors il
main, et avec le stylet va sur la tablette si légèrement qu’on t’arrivera que la fantaisie que t’aura concédé la nature, une fois
puisse à peine voir d’abord ce que tu commences à faire, développée, te poussera à prendre une manière qui te sera
augmentant les traits peu à peu, et en revenant souvent pour propre et qui ne pourra qu’être bonne, parce que ta main et ton
faire l’ombre. Aux extrémités que tu veux faire plus obscures, intelligence, accoutumées à cultiver des fleurs, ne sauraient
il faut revenir plus souvent, et au contraire sur les reliefs recueillir des épines.
retoucher très-peu. Il faut prendre pour timon et pour guide de « XXVIII. Comment, de préférence même aux maîtres, il te
ce que tu peux voir, la lumière du soleil, celle de ton œil et ta faudra continuellement dessiner d’après nature. Remarque que le
main. Sans ces trois choses on ne peut rien faire de raisonnable. guide le plus parfait que l’on puisse avoir, la meilleure
Place-toi, quand tu dessines, sous une lumière tempérée ; que direction, la porte triomphale qui conduit au dessin, c’est la
le soleil te batte du côté gauche. Préparé de cette façon, tu peux nature. Dessiner d’après nature passe avant tout. Il faut t’y
commencer à te risquer sur le dessin, faisant peu chaque jour livrer avec ardeur et confiance, surtout quand tu commenceras
pour ne pas te dégoûter et te rebuter. [...] à avoir quelque sentiment du dessin, continuer avec
« XII. Comment, s’étant trompé en dessinant avec des stylets de persévérance, et ne passer jamais un jour sans dessiner
plomb, on peut l’enlever. Sur le papier, on peut dessiner avec le quelque chose. Si peu que ce soit, ce sera toujours autant, assez
plomb susdit après ou sans préparation préalable à l’os. Et si peut-être pour te conduire à l’excellence.
quelquefois il t’arrivait de te tromper et que tu voulusses enlever « XXIX. Comment tu dois diriger ta vie en honnêteté et avec le
quelques signes faits avec ce plomb, prends un peu de mie de soin particulier de ta main. — Dans quelle compagnie [...] Ta vie
pain, frotte sur le papier, tu enlèveras ce que tu voudras. Et de doit être rangée comme si tu étais étudiant en théologie,
même sur ce papier tu peux ombrer avec l’encre, les couleurs ou philosophie ou toute autre science; usant avec tempérance le
les tablettes de miniaturistes mêlées à la tempera enseignée. [...] boire et le manger. Deux fois par jour suffisent, te contentant
« XXVII. Comment tu dois t’appliquer à copier et dessiner de pâtes et de vin légers. Veillant à éviter à ta main de trop
d’après les maîtres le plus que tu peux. Maintenant il est temps fréquentes fatigues, comme de jeter des pierres, des pieux ou
d’aller en avant, pour que tu puisses mettre en œuvre ce que toute autre chose qui lui sont contraires et la font trembler.
tu as acquis de science. [...] Tu as consacré un certain temps au Une autre chose peut rendre la main si légère et tremblante
dessin sur tablettes, comme je te l’ai enseigné d’abord, romps- qu’elle vacillerait au vent comme une feuille de papier, c’est
toi à dessiner les meilleures choses que tu pourras trouver la compagnie trop fréquente des femmes. [...] »
sorties des mains des grands maîtres ; fais-en tes délices. Et si
tu es dans un endroit où il y ait abondance de bons maîtres, Cennino Cennini, Trattato della pittura, 1437
1. Villard de Honnecourt, 1190-1235, Français, Un Lion et un porc-épic (tiré du
Livre de Portrait), vers 1225-1250. Graphite renforcée avec stylet sur parchemin,
22 x 14 cm. Bibliothèque nationale de France, Paris. Haut Moyen Âge.
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e2. Anonyme, XIII siècle, Anglais, Bâtiment de la tour de Clifford (tiré de Vies des
Offas de Matthew Paris, 1200-1259) vers 1250-1254.
Encre sur papier vélin. The British Library, Londres. Haut Moyen Âge.
e3. Maître de la reine Mary, XIV siècle, Anglais, L’arche de Noé (tiré du Psautier
de la Reine Mary), vers 1310-1320.
Encre sur parchemin. The British Library, Londres. Bas Moyen Âge.
e4. Maître de la reine Mary, XIV siècle, Anglais, Scène de chasse (tirée du Psautier
de la Reine Mary), vers 1310-1320.
Encre sur parchemin. The British Library, Londres. Bas Moyen Âge.
e5. Anonyme, XIV siècle, Anglais, Lion (illustration tirée du Traité d’Astrologie
d’Albumazar (787-886)), vers 1325-1375.
Encre sur parchemin, 27 x 18 cm. The British Library, Londres. Bas Moyen Âge.
e6. Anonyme, XIV siècle, Anglais, Taurus (illustration tirée du Traité d’Astrologie
Encre sur par, Londres. Bas Moyen Âge.
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AMBROGIO LORENZETTI
(Sienne, 1285-1348)
Ambrogio Lorenzetti, tout comme son frère Pietro, appartenait à
l'école siennoise, dominée par la tradition byzantine. Ils furent les
premiers Siennois à adopter et à défendre ardemment l'approche
naturaliste de Giotto. Certains documents attestent que les frères
se sont aussi mutuellement empruntés certaines techniques. Avec
une certaine virtuosité dans la représentation tridimensionnelle,
Ambrogio préfigura l'art de la Renaissance. Il est très connu pour
son cycle de fresques représentant L’Allégorie du Bon et Mauvais
Gouvernement, remarquable pour ses descriptions minutieuses de
personnages et du milieu siennois. Les fresques ornant les murs de
la Sala della Pace du Palazzo Pubblico font partie des chefs-d'œuvre
de l'art profane. Ghiberti considérait Ambrogio comme le plus
egrand peintre siennois du XIV siècle.
7. Jean Pucelle, vers 1300-1334, Français, L’Annonciation aux bergers
(folio tiré du Livre d’Heures de Jeanne d’Évreux), 1324-1328.
Grisaille, tempera et encre sur vélin, 9,2 x 6,2 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York. Gothique international.
8. Jean Pucelle, vers 1300-1334, Français, Le Portement de croix
(folio tiré du ), 1324-1328.ork. Gothique international.
9. Ambrogio Lorenzetti, 1285-1348, Italien,
L’Annonciation (détail d’un ange), vers 1340. Sinopia.
Oratorio di San Galgano, San Galgano. Gothique international.
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e e— XIII siècle-XIV siècle —
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10. Ambrogio Lorenzetti, 1285-1348, Italien,
L’Annonciation (détail de la Vierge), vers 1340.
Sinopia. Oratorio di San Galgano, San Galgano. Gothique international.
11. Buonamico Buffalmacco, actif de 1315-1336, Italien,
Le Triomphe de la Mort (détail d’une femme avec un chien), vers 1330-1340.
Sinopia. Camposanto, Pise. Trecento.
12. , actif de 1315-1336, Italien, Le Triomphe de la Mort
(détail de saint Macaire le Grand), vers 1330-1340. Sinopia.
Camposanto, Pise. Trecento.
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e e— XIII siècle-XIV siècle —
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e 13. Andrés Marçal de Sas, actif vers 1393-1410, Allemand, 17. Anonyme, XIV siècle, Italien, La Visitation, vers 1350.
Sainte Catherine d’Alexandrie. Plume et encre sur parchemin. Plume et encre sur parchemin, 21,2 x 33,3 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Gothique tardif. Galleria degli Uffizi, Florence. Gothique international.
14. Andrés Marçal de Sas 18. Attribué à Jean d’Orléans, actif vers 1356-1408, Français,
Page de l’Alphabet avec les lettres R, S, T, U. Plume et encre sur parchemin. Parement de Narbonne, vers 1375. Grisaille sur soie, 78 x 286 cm.
Musée du Louvre, Paris. Gothique international.
15. Andrés Marçal de Sas, actif vers 1393-1410, Allemand,
La Vierge de l’Annonciation, vers 1300-1400. Plume et encre sur parchemin.
Galleria degli Uffizi, Florence. Gothique tardif.
16. Giovanni da Milano, vers 1325/1330-1370, Italien, Crucifixion, 1365.
Pinceau et encre sur papier brun préparé, 28,4 x 22 cm.
Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin. Gothique tardif.
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19. Giovannino de’Grassi, vers 1350-1398, Italien,
Deux Jeunes Femmes jouant de la musique, 1380-1398.
Plume, encre et aquarelle sur parchemin, 26 x 19 cm.
Civica Biblioteca Angelo Mai, Bergame. Gothique international.
20. Giovannino de’Grassi, vers 1350-1398, Italien,
Groupe de jeunes hommes chantant, 1380-1398.
Plume et encre sur parchemin, 26 x 19 cm.
Civica Biblioteca Angelo Mai, Bergame. Gothique international.
21. Giovannino de’Grassi, vers 1350-1398, Italien,
Homme préhistorique, 1380-1398.
Plume et encre sur parchemin, 26 x 19 cm.
Civica Biblioteca Angelo Mai, Bergame. Gothique international.
22. Giovannino de’Grassi, vers 1350-1398, Italien,
Lion mangeant un cerf, 1380-1398.
Encre, ombres argentés, tempera et aquarelle sur parchemin, 26 x 19 cm.
Civica Biblioteca Angelo Mai, Bergame. Gothique international.
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e e— XIII siècle-XIV siècle —
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e XV siècle
e
a Renaissance vit le jour au XV siècle à Florence. Le Voici ce qu’il en est. Je tends sur cadre un voile de fil très fin
premier théoricien de cet art révolutionnaire fut l’archi- en tissé très lâche, de n’importe quelle couleur, divisé en carrésL tecte et humaniste Leon Battista Alberti qui représentait égaux parallèles au cadre par des fils plus gros ; je l’interpose
l’idéal de « l’homme universel ». Son traité De pictura publié en entre mon oeil et ce que je veux représenter, de façon à ce que la
1435-36 instaura les bases d’une longue lignée de théoriciens pyramide visuelle pénètre au travers du voile par l'écartement
de la Renaissance qui allait suivre. Bien que son traité offre des des fils. Cette intersection du voile a en elle de fort grands
exemples pratiques pour le dessin et la peinture, au même avantages. Le premier, c’est de te représenter les mêmes
supertitre que des écrits plus anciens, les « recettes » d’Alberti sont ficies immobiles ; [...]. Or, sache qu’il est impossible, en peignant,
destinées à une nouvelle sensibilité. L’homme réalisant des de bien imiter un objet, si, tant qu’on le peint, on ne lui conserve
peintures et des sculptures n’est désormais plus un artisan pas toujours le même aspect. [...] Sache, en outre, que si tu
dont les travaux sont tout aussi intellectuels que manuels. L’art changes la distance et la position du point central, l’objet
luiet la science vont désormais de pair, l’élément clé étant la même paraîtra modifié. Aussi ce voile ou intersecteur
sera-tperspective, la « pyramide visuelle » évoquée dans l’extrait du il, ainsi que je l’ai dit, d’une assez notable utilité, puisqu’il
second traité d’Alberti sur la peinture portant sur le dessin que maintient l’objet sous un même aspect. Le premier avantage est
nous avons sélectionné ici : de pouvoir établir à des places certaines, sur le tableau qu’on
« [Peindre] est digne seulement d’un esprit noble et libre, exécute, la position des contours et les limites des superficies. En
le dévouement au dessin étant à mon sens le signe le plus effet, considérant que le front tient en tel carré, le nez dans celui
évocateur de son excellence ingénieuse. [...] » au-dessous, les joues dans les plus voisins, le menton dans le
« En peinture, la perfection consiste de contours, d’une plus bas, et ainsi de suite pour toutes les parties, chacune à sa
composition, et de l’ombre et la lumière [...] place, tu peux colloquer de nouveau ces parties sur le tableau ou
« La circonscription est celle qui consiste, en peignant, à sur la paroi, dans des divisions parallèles préalablement étalies.
tracer les cicuits des contours. [...] Ainsi donc, la circon- [...] Je ne veux pas écouter ceux qui prétendent qu’un peintre ne
scription n’est autre chose que le tracé des contours, et s’ils se doit pas s’habituer à de semblables moyens, parce que, bien
faisaient avec une ligne trop apparente, ils ne représenteraient qu’ils lui apportent un grand secours, ils sont tels, que sans eux
plus les bords des superficies, mais bien plûtot de petites il ne saurait plus rien faire par lui-même. Mais, si je ne me
fissures. C’est pourquoi j’affirme qu’on s’y doit exercer trompe, nous n’avons pas à demander au peintre de prendre
extrêmement, attendu que, là où la circonscription sera une peine infinie, mais seulement de nous rendre en peinture les
mauvaise, il n’y aura lieu de louer ni la composition, ni la reliefs exacts que nous voyons dans les objets. C’est là, à moins
distribution des lumières. Tandis qu’au contraire, la circon- que je ne manque d’intelligence, une qualité qui me semble
scription toute seule peut encore être très agréable à devoir être obtenue beaucoup moins bien sans l’usage de ce voile.
considérer. Applique-toi donc à cette opération, pour laquelle C’est pourquoi, que ceux qui veulent progresser en peinture
je ne sache pas qu’on puisse trouver rien de mieux que ce fassent emploi de cet intersecteur dont je viens de les entretenir. »
voile auquel j’ai coutume, avec mes amis, de donner le nom
d’intersecteur. C’est moi qui en ai inventé l’usage. Leon Battista Alberti, De Pictura, 1435-36
23. Lorenzo Monaco (Piero di Giovanni), vers 1370-1425, Italien,
Saint Benoît assis sur un trône, date inconnue.
Plume et encre sur parchemin, 24,5 x 17,5 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Gothique international.
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LORENZO MONACO
(Piero di Giovanni)
(Sienne ?, vers 1370 - Florence, vers 1425)
Lorenzo Monaco est l’un des derniers représentants de la
peinture florentine de style gothique tardif.
Même si l’on considère qu’il est né à Sienne, il travailla à
Florence pendant plus de trente ans. De son vrai nom Piero di
Giovanni, il commença à être connu sous l’appellation Lorenzo
Monaco (Lorenzo le moine) lorsqu’il entra au monastère
Camaldolense Santa Maria degli Angeli en 1391. Il est connu
pour ses fresques réalisées pour la chapelle Bartolini de Santa
Trinità (Florence), mais il était surtout un peintre de retables.
Influencé par Duccio, il a pu être également l’élève d’Agnolo
Gaddi et de Jacopo de Cione. Ses personnages gracieux, et ses
arrières-plans dorés, typiques du gothique italo-byzantin, en
font peut être le dernier représentant de cette école.
Son œuvre est en contraste avec son grand contemporain,
Masaccio, qui allait montrer la voie à la peinture de la Renaissance.
Malgré cela, Monaco a eu une influence considérable sur un
autre peintre majeur de la Renaissance, Fra Angelico.
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E— XV siècle —
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e27. Anonyme, XV siècle, Italien, Le Dominicain Pierre de la Croix,
rencontrant le Diable et des serpents, 1417.
Plume et lavis sur parchemin, 24,1 x 13,4 cm.
Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, New York. Gothique tardif.
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24. Lorenzo Monaco (Piero di Giovanni), vers 1370-1425, Italien,
Six Saints agenouillés, date inconnue. e28. Anonyme, XV siècle, Italien, Le Naufrage de frère Pétrus,
Plume et encre sur parchemin, 24,5 x 17,5 cm. sa capture et son procès devant le souverain musulman, 1417.
Galleria degli Uffizi, Florence. Gothique international. Plume et lavis sur parchemin, 30,2 x 13,8 cm.
Houghton Library, Havard University, Cambridge, Massachusetts. Gothique tardif.
25. , vers 1370-1425, Italien,
Initiale décorée avec scène de Christ entrant dans le temple, 1408-1411.
Plume et encre sur parchemin, 30,5 x 24,4 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York. Gothique international.
e26. Anonyme, XV siècle, Italien,
Deux Moines regardant un dragon dans une tour, 1400-1450.
Plume et encre brune, lavis brun et brosse sur vélin, 18,7 x 13,9 cm.ork. Gothique tardif.
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29. Fra Angelico (Guido di Pietro), vers 1395-1455, Italien, Justice, vers 1427. 30. Fra Angelico (Guido di Pietro), vers 1395-1455, Italien,
Plume et encre, pinceau et lavis brun, 19,3 x 17 cm. Le Roi David jouant du luth, vers 1430.
The Metropolitan Museum of Art, New York. Première Renaissance. Plume, encre et lavis sur papier vélin, 19,7 x 17,8 cm.
British Museum, Londres. Première Renaissance.
FRA ANGELICO
(Guido di Pietro)
(Vicchio di Mugello,1395 - Rome,1455)
Isolé du monde par les murs d’un cloître, ce moine peintre, appartenant à l’ordre des dominicains, voua son existence à la
peinture religieuse.
On sait très peu de choses sur le début de sa vie, mis à part qu’il était né à Vicchio, dans la vaste et fertile vallée du Mugello,
non loin de Florence, que son nom était Guido di Pietro, et qu’il passa sa jeunesse à Florence, sans doute dans une sorte de
bottega (atelier), car, à vingt ans, il fut reconnu comme peintre. En 1418, Fra Angelico entra dans un couvent dominicain de
Fiesole en compagnie de son frère. Ils furent accueillis par les moines et, après une année de noviciat, promus au rang de
frères, Guido prenant le nom que lui connaîtra la postérité, Fra Giovanni da Fiesole ; en réalité, le surnom d’Angelico (l’ange)
ou Il Beato (le bienheureux) lui fut attribué après sa mort.
Il incarna l’exemple d’un homme possédant une double personnalité : c’était à la fois un peintre et un moine dévoué. Ses
thèmes étaient toujours religieux et empreints d’une profonde piété. Pourtant, la dévotion du moine n’était pas plus grande
que la concentration de l’artiste. Bien qu’il vécût reclus derrière les murs du monastère, il entretint continuellement le contact
avec les mouvements artistiques de son temps et évolua constamment en tant que peintre. Ses premiers travaux montrent qu’il
s’était formé auprès des enlumineurs, héritiers de la tradition byzantine, et qu’il avait été marqué par la simplicité du sentiment
religieux de Giotto. Également influencé par Lorenzo Monaco et l’école siennoise, il peignit sous le patronage de Côme de
Médicis. Puis il découvrit le brillant groupe de sculpteurs et d’architectes qui enrichissaient Florence de leur génie. Ghiberti
exécutait alors ses bronzes destinés à orner les portes du baptistère, Donatello, sa célèbre statue de Saint Georges et la ronde
des enfants dansant autour de la galerie de l’orgue du dôme ; Luca della Robbia, aussi, était à l’oeuvre élaborant sa frise
d’enfants, chantant, dansant et jouant d’instruments. Par ailleurs, Masaccio avait révélé la dignité de la forme dans la peinture.
Grâce à ces artistes, la beauté du corps humain, sa vie et son mouvement, se manifestaient aux yeux des Florentins et des
autres cités. Fra Angelico, lui, se caractérisait par son enthousiasme et le dynasmisme de ses personnages.
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E— XV siècle —
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31. Cercle de Jan van Eyck (vers 1390-1441), Flamand, Saint Paul, vers 1430.
Plume et encre brune, pointe de pinceau
et encre brune, avec rehauts de violet et or sur vélin, 14,6 x 7,9 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York. Renaissance du Nord.
32. Fra Angelico (Guido di Pietro), vers 1395-1455, Italien,
Christ sur la Croix, vers 1430.
Plume et encre brune, avec lavis rouge et jaune sur parchemin,
29,3 x 19 cm. Albertina, Vienne. Première Renaissance.
33. Stefano da Verona (Stefano di Giovanni), vers 1374/1375-1438, Italien,
Trois Figures debout, 1435-1438.
Plume et encre brune sur traces de pierre noire, 30 x 22,4 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York. Première Renaissance. 33
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34. Konrad Witz, vers 1400-1445, Suisse,
Vierge à l’Enfant dans un intérieur, date inconnue.
Plume, encre brune et lavis, 29,1 x 20 cm.
Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin.
Renaissance du Nord.
35. Stefano da Verona (Stefano di Giovanni), vers 1374/1375-1438, Italien,
Vierge et l’Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste, 1420-1430.
Plume et encre sur papier blanc filigrané, 22,4 x 14,3 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
36. Pisanello (Antonio Pisano), vers 1395-1455, Italien, Trois Singes
dans différentes postures, croquis et tête d’un autre singe, vers 1430.
Pointe d’argent sur papier, 20,6 x 21,7 cm.
Musée du Louvre, Paris. Première Renaissance.
37. Jan van Eyck, vers 1390-1441, Flamand,
Portrait du Cardinal Niccolo Albergati, vers 1435.
Pointe d’argent sur papier, 21,2 x 18 cm.
Kupferstich-Kabinett, Staatliche Kunstsammlungen, Dresde.
Renaissance du Nord.
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E— XV siècle —
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JAN VAN EYCK
(près de Maastricht, vers 1390 - Bruges, 1441)
On connaît très peu de choses de la vie des deux frères Hubert et Jan van Eyck, même leurs dates de naissance sont incertaines. Leur œuvre la
plus connue, commencée par Hubert et achevée par Jan, est le retable intitulé L’Adoration de l’Agneau mystique. Jan, comme peut-être Hubert,
fut pour un temps au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Il fut introduit dans son entourage comme «valet et peintre » ; et assumait
également le rôle d’ami et de confident, recevant pour ses services un salaire annuel et disposant de deux chevaux et d’un «valet en livrée » pour
prendre soin de lui. Il passa la majeure partie de sa vie à Bruges. La réputation des frères van Eyck était en particulier due au coloris qu’ils
utilisait. Des artistes venaient d’Italie pour étudier leurs tableaux, espérant découvrir la solution pour peindre avec le même éclat, la même
plénitude et la même fermeté que les deux frères. En effet, ces derniers avaient découvert, au cours d’un long travail de recherche, le secret des
couleurs à l’huile. Avant eux, on avait tenté de mélanger les couleurs en y intégrant de l’huile, mais celle-ci tardait à sécher, et le vernis que l’on
y ajoutait pour remédier à cela, obscurcissait les couleurs.
Les frères Van Eyck avaient inventé un vernis transparent qui séchait rapidement, sans endommager les teintes. Bien que leur secret fût
jalousement gardé, l’Italien Antonello da Messina le découvrit alors qu’il travaillait à Bruges, et le révéla au public.
Grâce aux frères Van Eyck, l’art flamand vit jour et l’art de la peinture à l’huile put s’épanouir dans toute sa splendeur. Bien que déjà
développé, et grâce à l’influence italienne, l’art flamand ne cessa d’évoluer.
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38. Pisanello (Antonio Pisano), vers 1395-1455, Italien, 39. Cercle de Rogier van der Weyden (vers 1399/1400-1464),
Château et paysage, 1440-1450. Sinopia. Flandres, Hommes empilant des chaises dans des pelles, 1444-1450.
Palazzo Ducale, Mantoue. Première Renaissance. Plume et encre brune sur traces de pierre noire, 30 x 42,6 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York. Renaissance du Nord.
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E— XV siècle —
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40. Paolo Uccello (Paolo di Dono), 1397-1475, Italien, 41. Andrea Mantegna, 1430/1431-1506, Italien,
Étude pour le Monument à John Hawkwood, vers 1436. Faune attaquant un serpent, 1446-1506.
Pointe de métal et céruse sur papier quadrillé, 46,1 x 33,3 cm. Plume et encre sur papier, 29,3 x 17,3 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance. British Museum, Londres. Première Renaissance.
PAOLO UCCELLO
(Paolo di Dono)
(Florence 1397-1475)
Paolo di Dono fut surnommé Uccello parce qu’il adorait les
oiseaux (uccello en italien). À côté de ses peintures sur bois et
de ses fresques, Uccello réalisa également des mosaïques, en
particulier à Venise, et conçut les dessins de vitraux. Nous
reconnaissons chez lui l’influence de Donatello, surtout dans
une fresque représentant Le Déluge. Tandis que ses nus nous
rappellent les fresques réalisées par Masaccio pour la chapelle
Brancacci, ses études de perspective très sophistiquées évoquent
les traités sur l’art de la Renaissance de Piero della Francesca,
Vinci ou Dürer. Son apport au style Renaissance fut
considérable. Bien que son chef-d’œuvre, La Bataille de San Romano
(1438-1440), comportât des éléments Renaissance, Ucello ne se
priva pas d’orner les surfaces de ses œuvres de dorures,
caractéristiques du style gothique.
42. Pisanello (Antonio Pisano), vers 1395-1455, Italien,
Tournoi, vers 1440-1450. Sinopia.
Palazzo Ducale, Mantoue. Première Renaissance. 42
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ANDREA DEL
CASTAGNO
(Andrea di Bartolo di Bargilla)
(Castagno, avant 1419 -
Florence, 1457)
Peintre italien de l’école florentine Andrea del
Castagno est né à Castagno dans le quartier de
Mugello. Il suivit le naturalisme de Masaccio et
utilisa la perspective scientifique, ce qui lui valut
d’acquérir une reconnaissance considérable
pour les fresques du couvent de Sant’Apollina
à Florence. Elles comprennent La Cène et trois
scènes de la Passion. Une autre de ses œuvres
principales (beaucoup ont aujourd’hui
disparu) est le portrait équestre de Nicola di
Tolentino, dans la cathédrale de Florence.
Castagno ajouta à l’illusionnisme de la
Renaissance une forte expressivité réaliste qui
allait influencer les sculptures de Donatello. Il
eut une influence considérable pour plusieurs
générations d’artistes par la suite. Néanmoins,
pendant quatre siècles, son nom fut assimilé à
l’assassinat de son collègue. Il se disait qu’il
l’avait tué dans l’espoir de connaître et
s’approprier le secret, alors récent, de la peinture à
l’huile. Cette accusation s’avéra cependant être
inexacte puisque Domenico mourut quatre ans
après Andrea.
43. Andrea del Castagno (Andrea di Bartolo di Bargilla),
avant 1419-1457, Italien, Christ dans la tombe avec
deux anges, 1447. Sinopia.
Sant’Apollonia, Florence. Première Renaissance. 43
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44. Pisanello (Antonio Pisano), vers 1395-1455, Italien,
Un Monsieur et une dame habillés de vêtements de la cour,
vers 1433-1438. Pointe d’argent et aquarelle, 27,2 x 19,3 cm.
Musée Condé, Chantilly. Première Renaissance.
45. Benozzo Gozzoli, vers 1420-1497, Italien,
Saint Laurent avec la Vierge à l’Enfant et deux putti, 1450-1460.
Plume et pinceau, 22,8 x 16,2 cm.
Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin. Première Renaissance.
46. Andrea del Castagno (Andrea di Bartolo di Bargilla), avant 1419-1457,
Italien, La Vision de Saint Jérôme, 1447. Sinopia.
Santissima Annunziata, Florence. Première Renaissance.
47. Disciple de Rogier van der Weyden, vers 1399/1400-1464, Flandres,
Louis, duc de Savoie, vers 1460-1470.
Pointe d’argent sur papier, 20,4 x 12,8 cm.
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Renaissance du Nord.
48. Paolo Uccello (Paolo di Dono), 1397-1475, Italien,
Étude d’un calice, vers 1450-1470.
Plume et encre brune, 24 x 9 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
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ROGIER VAN DER WEYDEN
(Tournai, 1399/1400 - Bruxelles, 1464)
Van der Weyden vécut à Bruxelles dont il fut le peintre officiel,
dès 1436, mais son influence se fit ressentir à travers toute
l’Europe. L’un de ses mécènes fut Philippe le Bon, également
collectionneur avide. Van der Weyden est le seul Flamand qui
fit véritablement progresser la grande conception de l’art de Van
Eyck. Il lui ajouta un pathos dont il n’existe aucun autre
exemple dans son pays sauf, bien qu’avec moins d’intensité et
de noblesse, celui de Hugo van der Goes vers la fin du siècle.
Il exerça une influence considérable sur l’art de Flandres et
d’Allemagne. Hans Memling fut son élève le plus célèbre. Van
der Weyden fut le dernier héritier de la tradition instaurée par
Giotto, et le dernier des peintres dont l’œuvre fut aussi
profondément religieux.
49. Rogier van der Weyden, vers 1399/1400-1464, Flamand,
Tête de la Vierge, date inconnue.
Pointe d’argent sur papier blanc préparé, 12,9 x 11,1 cm.
Musée du Louvre, Paris. Renaissance du Nord. 49
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50. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, Christ parmi 51. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, Christ lavant les pieds
les docteurs, vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache blanche, des apôtres, vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache blanche,
lavis orange, incisions sur parchemin rose-violet, 7,8 x 6 cm. lavis orange, incisé sur parchemin rose-violet, 7,8 x 6 cm. Museum
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Première Renaissance. Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Première Renaissance.
52 53
52. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, La Cène, 53. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, Christ dans le Jardin
vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache blanche, de Gethsémané, vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache
lavis orange, incisé sur parchemin rose-violet, 7,7 x 5,9 cm. blanche, lavis orange, incisé sur parchemin rose-violet, 7,5 x 6 cm.
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Première Renaissance. Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Première Renaissance.
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54. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, L’Arrestation 55. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, Pilate se lavant les
du Christ, vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache blanche, mains, vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache blanche, lavis
lavis orange, incisé sur parchemin rose-violet, 7,6 x 5,9 cm. orange, incisé sur parchemin rose-violet, 8 x 6 cm. Fogg Art Museum,
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Première Renaissance. Harvard University, Cambridge, Massachusetts. Première Renaissance.
56 57
56. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, La Crucifixion, 57. École de Fra Angelico, vers 1395-1455, Italie, La Lamentation,
vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache blanche, lavis orange, vers 1450. Pinceau et encre marron, gouache blanche, lavis orange,
incisé sur parchemin rose-violet, 8 x 6,3 cm. Fogg Art Museum, incisé sur parchemin rose-violet, 8 x 6,3 cm.
Harvard University, Cambridge, Massachusetts. Première Renaissance. Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam. Première Renaissance.
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59. Paolo Uccello (Paolo di Dono), 1397-1475, Italien,
Quatre Figures assises, date inconnue.
Plume, aquarelle brune et rehauts blancs sur papier bleu, 25,8 x 23,9 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
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58. Filippo Lippi, 1406-1469, Italien, Moine assis, vers 1450-1460.
Pointe de métal, aquarelle et rehauts blancs sur papier blanc, 29,6 x 19,6 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
FRA FILIPPO LIPPI
(Florence, 1406 - Spoleto, 1469)
Moine carmélite, Filippo Lippi vécut dans un monastère de
Florence au moment même où Masolino et Masaccio y
60. Filippo Lippi, 1406-1469, Italien, Étude préparatoire
peignaient leurs fresques. Il fut ordonné prêtre à Padoue en pour la Vierge à l’Enfant avec deux anges, vers 1465.
1434. Ses œuvres révèlent l’intérêt esthétique de son époque à Pointe de métal, aquarelle brune et rehauts blancs, 33 x 26 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.travers des dessins sophistiqués, et sa capacité à obtenir des
effets de transparence sur des couleurs opaques. Après sa mort,
les membres de son atelier terminèrent ses fresques inachevées.
61. Filippo Lippi, 1406-1469, Italien, Tête d’une femme, vers 1452.
Botticelli fut l’un de ses élèves, tout comme son fils Filippino Pointe d’argent, plume, rehauts blancs et crayon rouge,
Lippi, issu de son mariage avec son modèle Lucrezia. Les œuvres 30,5 x 20,5 cm. Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
de ces deux élèves de Fra Filippo assurent la transition entre les
débuts de la Renaissance et la Haute Renaissance. Ses œuvres
62. Cosme Tura, vers 1433-1495, Figure allégorique féminine, 1460-1465.
incluent les importants cycles de fresques de Santa Maria Pinceau, encre noire et grise avec rehauts blancs sur papier gris-bleu,
Novella à Florence, et de Santa Maria sopra Minerva à Rome. 24,4 x 13,5 cm. Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin.
Première Renaissance.
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JEAN FOUQUET
(Tours, 1425-1480)
Peintre et enlumineur, Jean Fouquet est considéré comme le plus important peintre
e siècle. On ne connaît pas grand-chose de sa vie, mais il est à peufrançais du XV
près certain que c'est lui qui réalisa le portrait du pape Eugène IV en Italie. À son
retour en France, il introduit des éléments de la Renaissance italienne dans la
peinture française. Il fut le peintre de cour du roi Louis XI. Que ce soit dans ses
miniatures, élaborant le moindre détail, ou dans ses grands formats sur bois, l'art
de Fouquet possède toujours le même caractère monumental. Ses personnages
s'articulent en larges surfaces définies par des lignes d'une éclatante pureté.
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63. Jean Fouquet, vers 1425-1478, Français,
Portrait d’un Ecclésiastique, vers 1461.
Pointe de métal, pierre noire sur
papier blanc préparé, 19,8 x 13,5 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York.
Première Renaissance.
64. Andrea Mantegna, 1430/1431-1506, Italien,
Saint Jacques conduit au supplice, vers 1453-1457.
Plume, encre et fusain sur papier, 15,5 x 23,4 cm.
British Museum, Londres. Première Renaissance.
65. Paolo Uccello (Paolo di Dono), 1397-1475,
Italien, Ange, vers 1470. Plume et
rehauts blancs sur papier carbone, 24 x 26,5 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
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66. Ercole Roberti, vers 1450-1496, Italien, Guerrier, date inconnue.
Plume, pointe d’argent, lavis gris et bleu, rehauts blancs sur papier gris préparé,
40,3 x 25,4 cm. Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
67. Andrea Mantegna, 1430/1431-1506, Italien,
Le Christ ressuscité avec saint André et saint Longin, vers 1472.
Plume et encre et lavis sur papier, 35 x 28,5 cm.
Staatliche Graphische Sammlung, Munich. Première Renaissance.
68. Ercole Roberti, vers 1450-1496, Italien,
Étude d’un pied d’après une sculpture, 1470.
Plume, pinceau, encre brune, lavis brun et rehauts blancs sur papier préparé
rouge, 13,7 x 8,7 cm. Kupferstichkabinett, Berlin. Première Renaissance.
69. Léonard de Vinci, 1452-1519, Italien,
Buste d’un guerrier de profil, vers 1475-1480.
Pointe d’argent sur papier, 28,7 x 21,1 cm.
British Museum, Londres. Haute Renaissance. 69
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70. Gentile Bellini, vers 1429-1507, Italien, Autoportrait, vers 1480.
Pointe d’argent sur papier, 23 x 19,5 cm.
Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin. Première Renaissance.
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71. Gentile Bellini, vers 1429-1507, Italien,
Une Femme turque, vers 1480.
Plume et encre, 21,4 x 17,6 cm.
British Museum, Londres. Première Renaissance.
72. Sandro Botticelli (Alessandro di Mariano Filipepi), 1445-1510, Italien,
Saint Jean-Baptiste, vers 1480.
Plume et encre sur papier, 36 x 15,5 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Renaissance.
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73. Antonio del Pollaiuolo, vers 1432-1498, Italien,
Adam, vers 1475.
Crayon noir, encre noire sur papier, 28,3 x 17,9 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Renaissance.
74. Antonio del Pollaiuolo, vers 1432-1498, Italien,
Ève, vers 1475.
Crayon noir, encre noire sur papier, 27,8 x 18,6 cm.
75. Andrea del Verrocchio, 1435-1488, Italien,
Tête d’un ange, vers 1470.
Crayon noir, encre noire sur papier, 20,9 x 18,1 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Renaissance. 75
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76. Domenico Ghirlandaio (Domenico Bigordi), 1448/1449-1494, Italien,
Tête d’une femme, date inconnue.
Pointe d’argent et rehauts blancs sur papier ombré, 33,1 x 25,4 cm.
Galleria degli Uffizi, Florence. Renaissance.
77. Filippino Lippi, vers 1457-1504, Italien,
Un Apôtre et un jeune homme, date inconnue.
Pointe de métal, rehauts blancs.
Kupferstich-Kabinett, Staatliche Kunstsammlungen, Dresde. Renaissance.
78. Attribué à Pedro Berruguete, vers 1445/1450-1503, Espagnol,
Moïse sur le mont Sinaï, date inconnue.
Plume et encre.
Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
79. D’après Sandro Botticelli (1445-1510), Italien,
La Bella Simonetta, date inconnue.
Pointe d’argent et encre sur papier, 34 x 23 cm.
Ashmolean Museum, Oxford. Première Renaissance.
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80. Sandro Botticelli (Alessandro di Mariano Filipepi), 1445-1510,
Italien, Illustration pour La Divine Comédie de Dante :
L’Enfer, Chant XXXIV, vers 1480-1500.
Pointe d’argent, plume et encre sur parchemin, 63,5 x 46,8 cm.
Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin.
Première Renaissance.
81. , 1445-1510,
Italien, Illustration pour La Divine Comédie de Dante :
L’Enfer, Chant XXXIV, vers 1480-1500.
Pointe d’argent, plume et encre sur parchemin, 32,5 x 47,5 cm.
Première Renaissance.
82. Attribué à Hugo van der Goes, vers 1420-1482, Flamand,
Saint assis, vers 1475.
Plume et encre sur papier.
The Courtauld Gallery, Londres. Renaissance du Nord.
83. Sandro Botticelli (Alessandro di Mariano Filipepi), 1445-1510,
Italien, Illustration pour La Divine Comédie de Dante : Le Paradis,
Chant XXVIII, vers 1480-1500. Dessin préalable à la pointe
d’argent sur parchemin, repris à l’encre, 32,5 x 47,5 cm.
Staatliche Museen zu Berlin, Kupferstichkabinett, Berlin. Renaissance.
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SANDRO BOTTICELLI
(Alessandro di Mariano Filipepi)
(Florence, 1445-1510)
Botticelli était le fils d’un citoyen jouissant d’une situation confortable, et avait été «instruit dans toutes les choses que les enfants doivent
habituellement savoir avant de choisir une vocation ». Mais il refusa de consacrer son attention à la lecture, l’écriture et le calcul, poursuit Vasari,
de sorte que son père, désespérant de le voir un jour à l’école, le plaça en apprentissage auprès de l’orfèvre Botticello, d’où le nom qui est passé
à la postérité. Mais Sandro, jeune garçon à l’air entêté, doté de grands yeux calmes et scrutateurs et d’une tignasse blonde - il s’est représenté
lui-même sur le côté gauche de L’Adoration des Mages - voulait bien devenir peintre, et il fut donc placé auprès du moine carmélite Fra Filippo
Lippi. Comme de nombreux artistes de son temps, satisfait de la joie que lui procurait la peinture, il se tourna vers l’étude de la beauté et du
caractère de l’homme, plutôt que vers les thèmes religieux. Ainsi, Sandro fit des progrès rapides, aimant son professeur et, plus tard, le fils de
celui-ci, Filippino Lippi, auquel il apprit à peindre. Mais le réalisme du maître le toucha à peine, car Sandro était un rêveur et un poète. Botticelli
n’est pas un peintre de faits, mais d’idées ; ses tableaux ne sont pas tant des représentations d’objets que des agencements de motifs et de formes.
Ses couleurs ne sont pas riches et proches de la vie, mais subordonnées à la forme, et elles sont souvent des nuances plus que de vraies couleurs.
En réalité, il s’intéresse aux possibilités abstraites de son art, et ses personnages n’occupent pas de place bien définie dans l’espace : ils n’attirent
pas notre oeil par leur volume, mais suggèrent plutôt un motif ornemental plat. De même, les lignes qui entourent les personnages sont choisies
pour leur fonction première, décorative.
On a dit que Botticelli, «bien qu’étant un piètre anatomiste, était l’un des plus grands dessinateurs de la Renaissance ». Comme exemple
d’anatomie erronée, nous pouvons citer la manière improbable dont la tête de la Madone est reliée à son cou, ou encore toutes les articulations
approximatives et les membres difformes que l’on trouve dans les tableaux de Botticelli. Pourtant, son talent de dessinateur fut reconnu, car il
donna à la «ligne » non seulement une beauté intrinsèque, mais également un sens. Autrement dit, en langage mathématique, il réduisit le
mouvement de la figure à la somme de ses facteurs élémentaires, à ses plus simples formes d’expression. Il combina ensuite ces diverses formes
en une figure qui, à travers ses lignes rythmiques et harmoniques, projette sur notre imagination les sentiments poétiques qui animaient l’artiste
lui-même. Ce pouvoir de faire compter chaque ligne, à la fois par son sens et par sa beauté, distingue les grands maîtres du dessin de la grande
majorité des artistes, utilisant la ligne avant tout comme un outil nécessaire à la représentation des objets concrets.
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84. Sandro Botticelli (Alessandro di Mariano Filipepi),
1445-1510, Italien, Illustration pour La Divine Comédie
de Dante : Le Purgatoire, Chant XXX, vers 1480-1500.
Dessin préalable à la pointe d’argent sur parchemin,
repris à l’encre, 32,5 x 47,5 cm. Kupferstichkabinett,
Staatliche Museen zu Berlin, Berlin. Renaissance.
85. ,
1445-1510, Italien, Illustration pour La Divine Comédie
de Dante : L’Enfer, Chant XXXI, vers 1480-1500.
Dessin préalable à la pointe d’argent sur parchemin,
86. Filippino Lippi, vers 1457-1504, Italien, Jeune Homme
debout avec les mains derrière le dos et jeune homme
assis lisant, 1457/1458-1504. Pointe d’argent, rehauts de
gouache blanche sur papier rose préparé, 24,5 x 21,6 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York.
Première Renaissance.
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87
87. Sandro Botticelli (Alessandro di Mariano Filipepi), 1445-1510, Italien, 88. Gentile Bellini, vers 1429-1507, Italien,
Illustration pour La Divine Comédie de Dante : Paradis, Chant VI, vers 1480-1500. Campo San Lio à Venise, vers 1490-1507.
Pointe d’argent, plume et encre sur parchemin, 32,5 x 47,5 cm. Plume et encre sur papier, 44,2 x 59,1 cm.
Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin. Galleria degli Uffizi, Florence. Première Renaissance.
89. Martin Schongauer, vers 1435/1450-1491, Allemand,
Buste d’un homme coiffé d’un chapeau et regardant vers le haut,
vers 1480-1490. Plume et encre noire, sur plume et encre brune
sur papier préparé de lavis sanguine, 13 x 9,6 cm.
The Metropolitan Museum of Art, New York. Renaissance du Nord.
90. Filippino Lippi, vers 1457-1504, Italien,
Tête d’un vieil homme agenouillé, 1480-1483.
Pointe d’argent avec rehauts blancs, sur papier rose, 15 x 11,3 cm.
Museum der Bildenden Künste, Leipzig. Première Renaissance.
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E— XV siècle —
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