La fabrique des espaces publics en Algérie

La fabrique des espaces publics en Algérie

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Français
466 pages

Description

En s'appuyant sur le cas des places publiques d'Oran, cet ouvrage veut contribuer à une réflexion plus large sur la fabrique des espaces publics urbains et s'inscrire dans l'actualité de la recherche urbaine sur le monde arabe et méditerranéen. Trois axes sont étudiés : l'héritage d'un urbanisme issu de la culture européenne et « exporté » vers la rive sud de la Méditerranée, le traitement des espaces publics dans le contexte de la planification urbanistique algérienne actuelle, enfin les usages contemporains de ces espaces par les usagers-habitants. L'objectif est de saisir les interactions entre formes d'aménagement, usages urbains et jeux d'acteurs.

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Informations

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Date de parution 10 mai 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782140121302
Langue Français
Poids de l'ouvrage 23 Mo

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Fadila KETTAF
LA FABRIQUE DES ESPACES PUBLICS EN ALGÉRIE Géographie Les places dans la ville d’Oran (conceptions, formes et usages)
TerrPirtéofiarceesddeeJelaanMarie Miossec
La fabrique des espaces publics en Algérie
Territoires de la Géographie Collection dirigée par Jean-Marie Miossecjean-marie.miossec@univ-montp3.fr Science de l’homme dans son milieu, science de la localisation, la géographie décrypte les relations des sociétés et de leur environnement, le rôle de l’étendue et de la distance dans l’organisation de l’es pace. Elle se préoccupe de l’action humaine dans les modifications de son oek oumène et de la réactivité des sociétés et de leurs optimisations spat iales face aux aléas et aux conflits. Tous les champs spatialisés sont de sa compétence. Ils sont inventoriés dans le jeu multiscalaire auquel sont désormais soumis toute société et tout individu, du global au local. C’est sur l a qualité de l’entrecroisement de ces échelons et la capacité des protagonis tes à en accroitre l’efficience que repose l’amélioration ou l’altératio n des cadres de vie et de la gouvernance des territoires et des ressources. Destinée à un public d’universitaires, de chercheurs, d’étudian ts, de professionnels de l’aménagement et au public éclairé, la collec tion Territoires de la Géographieest ouverte à tout type de production inédite : ouvrage, thèse et rapport de synthèse d’ha bilitation à diriger des recherches, actes de colloque, synthèse de programm e de recherche… L’ambition de cette collection est de livrer aux lec teurs des clés de l’explication du monde actuel et en devenir, dans sa complexité, sa diversité et ses nuances qui, seules, le rendent vivable et viable. Déjà parus Jean-Marie MIOSSEC,Rivages d’Europe. Personnalité et avenir d’un continent ouvert,2013. Laurent TOUCHART,Les territoires de l’eau en Russie, 2014.Jean-Pierre VILLARD,L’État et sa politique extérieure. La géographie des diplomates,2014. Fernanda MOSCARELLI,Développement durable en France, Enseignements à partir des Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) Grenoblois et Montpelliérain,2016.
Fadila KETTAFLA FABRIQUE DES ESPACES PUBLICS ENALGERIELesplaces dans la ville d'Oran (conceptions, formes et usages) Préface de Jean-Marie Miossec
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10356-3 EAN : 9782343103563
À ma famille «Oran est … une ville ordinaire … Mais il est juste d’ajouter qu’elle s’est greffée sur un paysage sans égal, au milieu d’un plateau nu, entouré de collines lumineuses, devant une baie au dessin parfait. » La Peste.Albert Camus (1947, p. 10-14)
Remerciements
Cet ouvrage est le fruit d’un long travail de thèse de géographie et aménagement del’espace, thèse soutenue en 2013 à l’Université Paul-Valéry Montpellier. Quelques modifications et mises à jour ont été apportées ici et là.
Mon profond remerciement va toutd’abord àRaffaele Cattedra, Professeur à l’Université Paul-Valéry Montpellier, en sa qualité de directeur de thèse. Ses orientations, remarques et apports scientifiques ont été très précieux.
J’adresse égalementvifs remerciements à Jean-Marie Miossec, Président mes honoraire etProfesseur à l’Université Paul-Valéry Montpellier, pour sa générosité intellectuelle et pour avoir proposé de préfacer cet ouvrage et sa publication.
Pour l’intérêt consenti à cette recherche, je remercie également Anna Madœuf, Professeur à l’Université de Tours, Naïma Chabbi-Chemrouk, Professeur à l’École Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger, Jean-Claude David, Chargé de recherche, CNRS GREMMO et Salah-Eddine Cherrad, Professeur à l’Université de Constantine, en tant que membres du jury de thèse.
Je suis aussi redevable à Ammara Bekkouche, Nancy de Richemond, Fernanda Moscarelli, Stéphanie Defossez, Chloé Yvroux et Monique Gherardi qui ont bien voulu consacrer du temps dans la relecture ou dans la mise en forme du manuscrit. Je les remercie sincèrement.
Mes remerciements vont aussi à tous mes interlocuteurs publics et privés pour l'aide précieuse que j'ai reçue de chacun d'eux à Oran. Je pense particulièrement à toutes les personnes qui m'ont accordé des interviews et des entretiens, ainsi qu’aux responsables etaux cadres de différentes directions qui ont mis à ma disposition les informations et les documents nécessaires au bon développement de cette recherche.
Je remercie aussi Asmaa Kerrouche et Youcef Kadri, jeunes architectes, pour l'aide qu'ils ont bien voulu m'apporter dans la numérisation des dessins et plans présentés dans cet ouvrage. Je suis également redevable à Mme Samira Gaïd, laquelle a suivi régulièrement, en sa qualité d’amie et coauteur de plusieurs articles, la lente évolution de ce travail.J’exprime également toute mon affection à mes autres amis, collègues et proches d’Oran et de Montpellier.Je pense particulièrement à mes parents et à ma famille leur adressant mes ultimes remerciements pour leur générosité et leur patience.
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Préface L’espace public et l’espace privé sont deux entités souvent mises en avant dans les études urbaines. Leurs rôles sont spécifiques dans la construction de la ville, mais le binôme public/privé ne se calque pas exactement sur ceux de l’extérieur et de l’intérieur, du collectif et de l’individuel, de l’autrui et de l’intime. La séparation artificielle entre l’espace public et l’espace privé s’efface partiellement avec l’empiétement de celui-ci sur celui-là.
Dans la civilisation européenne, l’espace public est aussi symbole de cosmopolitisme, d’de citoyenneté. Cet espace public estunion par la diversité, fait de jardins, de rues et de places. L’agoraet leforumaprès la désagrégation du monde antique se sont reconstitués, là où les libertés communales ont pu s’épanouir, sous la forme de« places », selon le vocable de chaque pays. La dénomination de ces places, leur rôle comme élément de repérage, dans le temps et dans l’espace en font des lieux d’importance mythique, émotionnelle, des lieux municipaux et citoyens qui vibrent lors d’évènementscollectifs majeurs.
Il n’en est pas de même dans d’autres civilisations où l’espace public est considéré comme un envers de l’espace privé. Celui-ci était constitué de quartiers d’habitation cloisonnés abritant des catégories ethniques ou confessionnellesde la population urbaine. L’espace public, constitué, dans la civilisation islamique, de rues marchandes avec leurs boutiques (souks,bazars), n’était pas considéré comme une propriété publique, municipale, seuls existant, originellement, un droit privé et une propriété privées’accordant de fondations privées ou souverainesqu’elle soit individuelle ou collective.
Mais l’histoire a souvent mis en contact différentes conceptions d’appréciation des territoires, imbriquant et superposant des pratiques dont les sens diffèrent. Le caractère exogène de la place apparaît alors, mais avec des nuances.
C’est à ce décorticage minutieux que se livre Madame Fadila Kettaf dans cet ouvrage qui est issu d’une thèse dedoctorat soutenue le 9 décembre 2013 à l’université Paul Valéry à Montpellier devant un jury composé de Naïma Chabbi-Chemrouk,Anna Madœuf, Salah Eddine Cherrad, Raffaele Cattedra et moi-même. Architecte-urbaniste et géographe, Fadila Kettaf enseigne à l’universitédes sciences et de la technologied’Oran, la métropole de l’Ouest algérien, ville à laquelle elle consacre ses recherches.
Elle a entrepris cette belle étude, pour sonder les dimensions physiques et matérielles d’une sélection de places produites dans le contexte d’un urbanisme colonial, pour donner signification et sens à ces formes urbaines, métaphores et archétypes de l’espace public. L’auteure a fait preuve d’incontestables compétences pour mettre à plat les lieux distingués, pour réaliser un exercice méthodique et minutieux qui relève presque d’une «dissection » du tissu urbain. L’analyse typomorphologique, fondée en partie sur une approche
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