La splendeur de l'architecture gothique anglaise

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Cet ouvrage est l’occasion d’expliquer et de célébrer la richesse de ces églises et cathédrales qui occupant une place majeure au sein de l’architecture médiévale occidentale. Le style gothique anglais s’est développé un peu plus tardivement qu’en France et a rapidement élaboré des codes architecturaux et ornementaux différents. L’auteur, John Shannon Hendrix, divise ici le gothique anglais en quatre grandes phases : le gothique primaire, le gothique décoré, le gothique curvilinéaire et le gothique perpendiculaire. De nombreuses photographies des témoignages architecturaux les plus frappants permettent d’envisager dans sa totalité l’originalité du gothique anglais : à Canterbury, Wells, Lincoln, York ou encore Salisbury. L’architecture gothique anglaise est une architecture poétique, s’adressant à la fois aux sens et à la spiritualité.John Shannon Hendrix est professeur d’histoire de l’art et d’architecture à la Rhode Island School of Design et à l’Université Roger Williams. Il exerce aussi au sein de l’Université de Lincoln en Grande-Bretagne. Il a rédigé de nombreux ouvrages sur l’architecture, l’esthétique, la philosophie et la psychanalyse, notamment Architecture as Cosmology: Lincoln Cathedral and English Gothic Architecture, publié en 2011.

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Date de parution 15 septembre 2015
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EAN13 9781783108923
Langue Français

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Auteur :
John Shannon Hendrix

Mise en page :
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61A-63A Vo Van Tan Street
e4 étage
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam

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© Parkstone Press International, New York, USA
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impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de
bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.

ISBN : 978-1-78310-892-3John Shannon Hendrix



La Splendeur
d e
l’architecture gothique anglaise




S o m m a i r e


Introduction
Le Gothique primaire
Le Gothique décoratif
Le Gothique curvilinéaire
Le Gothique perpendiculaire
Remerciements
Bibliographie
Liste des illustrationsVoûte de la nef, 1475-1490.
Abbatiale de Sherborne.


I n t r o d u c t i o n


L’enjeu de ce livre est d’étudier et de célébrer la richesse de l’architecture gothique anglaise, dans son
usage des matériaux, de la lumière, de l’espace, des motifs et textures et de la couleur. Les
cathédrales et églises d’Angleterre figurent parmi les plus beaux monuments du monde. Elles
présentent moins de splendeur matérielle, mais plus de spiritualité et d’expérience intime. Se trouver
à l’intérieur de l’un de ces bâtiments est sans égal : il est possible d’atteindre un sentiment de
plénitude par les sens, une stimulation intellectuelle qu’apportent les structures complexes et leurs
motifs, et une spiritualité à laquelle ces espaces sont dévoués. Cette architecture est unique et
possède une richesse supérieure à la plupart d’autres monuments, notamment les plus modernes. Ici,
elle est plus à même d’atteindre son potentiel qu’ailleurs : celui de créer une expérience
épanouissante, dans laquelle l’homme est en relation avec la nature et le divin. Elle parle à la fois aux
sens et à l’esprit. Elle constitue l’une des architectures les plus poétiques, et l’une qui allie le mieux
la poésie aux aspirations de l’architecture. Dans ce livre, ses détails sont présentés en tant
qu’ensemble, que myriade de variations autour d’un même thème qui constitue une extraordinaire
expérience architecturale.
Le développement de l’architecture gothique anglaise tout au long du Moyen Âge, de 1180 à
1540, est relativement homogène et cohérent. Sa quasi-totalité contribue à la même mission, la même
utilisation particulière d’éléments sémantiques, avec des variations surprenantes et novatrices, et
partage les mêmes intentions expressives. Le fil conducteur est l’intention d’exprimer une idée
poétique à travers la juxtaposition d’éléments géométriques non structuraux aux géométries
structurelles de l’architecture. Sa caractéristique unique, les réseaux linéaires, les motifs de surface,
les articulations géométriques et les interpénétrations spatiales contribuent à la création d’une
architecture dans laquelle la forme contredit la fonction, résultant en une expression poétique. Pour
que l’architecture devienne art, la forme doit contredire sa fonction puisque l’architecture, à la
différence des autres arts, ne saura être libre et indépendante de sa fonction.
Les cathédrales et les églises de l’architecture gothique anglaise figurent donc parmi les plus
grandes réalisations de l’architecture en tant qu’œuvres d’art dans l’histoire de l’architecture. Tous
les bâtiments contribuent à l’expression d’une idée cohérente représentant la théologie, la philosophie
et l’épistémologie (la scolastique) de l’Angleterre médiévale. Les bâtiments sont conçus comme des
catéchismes, comme des modèles tridimensionnels dans le but didactique de représenter et de
communiquer à tout le monde des idées de base sur l’homme et Dieu. Ces concepts de la structure de
l’univers, de l’Être et de l’entendement imprégnaient la culture de l’Angleterre médiévale et ont
contribué de 1180 à 1540 à une expression culturelle homogène en particulier dans l’architecture de
la cathédrale. Elle avait été ourdie comme une réponse à l’air du temps, au zeitgeist de l’époque ; il y
avait peu de place pour une expression artistique individuelle ou pour la créativité. Il en résulte une
représentation durable dans la forme bâtie.
eL’architecture est présentée par ordre chronologique en commençant à la fin du XII siècle et
es’achevant en point d’orgue au début du XVI siècle. Le développement chronologique est divisé en
périodes, les périodes de référence étant établies par Thomas Rickman dans son ouvrage Une
Tentative de distinguer les styles d’architecture en Angleterre en 1815. Nous avons : le gothique
primaire (1180-1250), le gothique décoratif (1250-1290), le gothique curvilinéaire (1290-1380) et
le gothique perpendiculaire (1380-1540). Les noms donnés aux périodes par Rickman ne sont pas
exhaustifs, ni d’une exactitude complète par rapport à leur architecture, mais ils suffisent à donner un
nom et des repères à ces périodes. Les chapitres sur les périodes de l’architecture gothique anglaise
examinent les détails de vingt-quatre cathédrales et églises en Angleterre.
Le chapitre Le Gothique primaire présente les développements architecturaux de Canterbury,
Wells, Lincoln, Winchester, Ely, Beverley, Chester, York, Salisbury, Worcester, Southwell etGloucester. La cathédrale de Canterbury est la première cathédrale gothique pour laquelle le travail
de Guillaume de Sens et de Guillaume l’Anglais marque une rupture avec le style normand ou le style
roman, et au sein de laquelle des formes et méthodes qui exerceront une influence tout au long de son
développement sont inventées. La première phase de la construction de celle de Wells, y compris la
nef, s’est déroulée simultanément à Lincoln. Les deux bâtiments représentent deux points de départs
divergents de Canterbury, mais chacun reproduit cependant une architecture gothique anglaise
distinctive : Wells dans son homogénéité et Lincoln dans son syncrétisme. À Lincoln, les transepts
situés à l’est et à l’ouest montrent l’influence de Canterbury dans une approche expérimentale des
relations spatiales, et dans la variété de matériaux utilisée. La rosace du transept ouest, Dean’s Eye
(l’Œil de l’évêque), est le premier grand exemple de vitrail dans une cathédrale gothique.John Constable, Cathédrale de Salisbury vue de Bishop’s Grounds, 1823.
Huile sur toile, 87,6 x 111,8 cm. Victoria and Albert Museum, Londres.Girart de Roussilon, Chanson de Geste :
eChantier, deuxième moitié du XV siècle.
Österreichische Nationalbibliothek, Vienne.


La cathédrale d’Ely est la première à montrer l’influence de Lincoln dans les détails de la façade
ouest et sur le porche de Galilée, en particulier par le chevauchement des doubles arcades. La partie
eorientale de Winchester, la chapelle de la Vierge, montre l’influence de Lincoln au début du XIII
siècle. Nous retrouvons aussi l’arcade à chevauchement dans la cathédrale de Beverley, avec des fûts
en marbre de Purbeck et des arcatures ajourées, qui font apparaître des purifications à Lincoln. La
hauteur du transept commencé vers 1220, situé sur le côté sud de la cathédrale de York, est
semblable à celle de Lincoln et de Beverley, tout comme les élévations de l’arrière-chœur de
Worcester, construit dans les années 1220, dont les voûtes sont des voûtes d’ogives à doubleaux
provenant de Lincoln. Les motifs des élévations de l’arrière-chœur sont repris dans celui de
Worcester.
Les architectes de la cathédrale de Salisbury, Elias de Dereham et Nicolas d’Ely, ont incorporé des
emotifs de Lincoln dans le nouveau plan du XIII siècle, en les alliant avec des thèmes de Wells. Le
chœur de la cathédrale de Southwell, commencé en 1234 par l’archevêque Walter Gray, s’appuie sur
Lincoln. Le presbytère de la cathédrale d’Ely a été construit sous l’évêque Hugues de Northwold, un
ami de Robert Grosseteste, évêque de Lincoln. Il est considéré comme une étape intermédiaire dans le
développement de la nef de Lincoln, par Alexandre le Maçon, jusqu’au chœur des Anges de Lincoln,
par Simon Thirsk. La voûte du presbytère d’Ely est une copie de celle de la nef de Lincoln. Il est
possible que la voûte du chœur de Saint-Hugues de Lincoln, la « voûte folle », comme on l’appelle,
ait été reconstruite dans les années 1240 après l’effondrement de la tour en 1237 ou 1239. Cette
voûte avait, probablement à partir d’un dessin ou d’un modèle antérieur peut-être réalisé par Geoffrey
de Noyers, introduit le faîtage à tiercerons (la troisième nervure ou nervure non structurelle) et la
voûte à arêtes triples (trois nervures convergeant vers un poteau du faîtage), dans la seule voûte
asymétrique majeure d’une cathédrale gothique. La voûte de la nef de Lincoln et sa salle capitulaire
introduisent de nouveaux éléments dans l’expression de l’architecture gothique anglaise.
Le chapitre sur la période du style décoratif comprend des détails sur l’architecture de Wells,
Lincoln, Salisbury, York, et Southwell. Cette période introduit des variations par rapport aux motifs
edu gothique primaire. Au milieu du XIII siècle, des motifs géométriques répétitifs ou réticulations
apparaissent à Lincoln, à l’abbaye de Westminster, et à la cathédrale de Hereford, affichant l’écriture
de modèles linéaires. La nef de l’abbaye de Westminster, commencée en 1253, allie des influences
françaises à celles de Lincoln, avec une voûte à tiercerons. La cage d’escalier et la salle capitulaire de
Wells, dont la construction a débuté en 1255, contiennent des éléments architecturaux de Lincoln -
des fûts de Purbeck, un faîtage et des nervures transversales. Le chœur des Anges de Lincoln, dont la
construction a débuté en 1256 par Simon Thirsk ou Richard de Stowe, combine la nef de Lincoln et
le presbytère d’Ely, avec une utilisation accrue de détails architecturaux et sculpturaux, des arcatures
et un remplage, apportant la transparence qui peut être considérée comme physique et conceptuelle ou
phénoménale, entre l’intellect humain et l’esprit divin.
La nef de la cathédrale de Salisbury contraste avec une voûte simple et des arcades très articulées.
Sa salle capitulaire, construite entre 1263 et 1279, a été bâtie sur le modèle de celle de la cathédrale
de Lincoln, avec seize nervures formant un cône au centre.
L’architecture de la salle capitulaire de la cathédrale de York, entre 1275 et 1290, présente des
écarts importants par rapport au style du gothique primaire. Elle comprend des auvents en surplomb
et des corbeaux à feuillages pouvant être considérés comme pendants, un motif développé plus tard
pendant la période perpendiculaire. La voûte de la salle capitulaire de York est un tierceron centralisé.
Une lierne joint la clef de la voûte d’ogives au point de rencontre de deux tiercerons (la lierne est un
segment d’une nervure non structurelle). Dans la cathédrale d’Exeter, la voûte de la chapelle de la
Vierge montre l’influence de la cathédrale de Lincoln. L’évêque d’Exeter de l’époque, l’évêque
Quivil, était présent à la cathédrale de Lincoln en 1280 pour la consécration du chœur des Anges. La
profusion de tiercerons dans la voûte de la cathédrale d’Exeter suggère l’avènement de la voûte enéventail. Les voûtes de l’arrière-chœur à Exeter présentent une composition syncopée qui renvoie à
celles de Canterbury et de Lincoln. Il est possible que les maçons d’Exeter aient travaillé à Lincoln.
Les sculptures de la salle capitulaire de la cathédrale de Southwell, célébrées par Nikolaus Pevsner
comme les « feuilles de Southwell », présentent les fusions les plus complètes de l’être humain et de
la nature, ou de la géométrie et des formes organiques rencontrées dans l’architecture. La voûte de la
salle capitulaire est un système centralisé de nervures d’arêtes en forme d’étoile, unissant l’extrémité
de la lierne aux angles.eLongue nef, vers 1093 - milieu du XII siècle.
Cathédrale de Durham.Nef, vue vers l’est, 1235-1245. Cathédrale de Lincoln.


Le chapitre suivant, Le Gothique curvilinéaire, examine les détails architecturaux de Southwell,
Exeter, York, Wells, Norwich, Bristol, Gloucester, de l’abbaye de Tewkesbury, d’Ely, St Mary
Redcliffe, Beverley, St Mary Ottery, Chester et Worcester. La période du gothique curvilinéaire
ecommence dans la dernière décennie du XIII siècle. La voûte de St Mary Undercroft dans la chapelle
St Stephen du palais de Westminster, conçue par Michael ou Thomas de Canterbury, a créé un
précédent important pour le développement de la voûte à liernes, un motif déterminant du gothique
curvilinéaire et perpendiculaire. Une voûte à liernes dans le transept de St Mary Redcliffe à Bristol
représente un nouveau niveau de détachement de la forme de la voûte par rapport à sa structure. Les
voûtes dans la chapelle de la Vierge et des allées de l’arrière-chœur d’Exeter introduisent de
nouvelles variantes, comme le font les élévations de la nef de York. La salle capitulaire de Wells
combine le modèle du gothique primaire à des entrelacs curvilignes, conciliant des formes
géométriques et organiques. Au tournant du siècle, les nervures saillantes qui apparaissent dans la
cathédrale de Bristol peuvent être liées à des nervures minuscules qui reposent sur des ogives
croisées dans le sépulcre oriental à Lincoln, et à des expériences dans le domaine des vues spatiales à
Lincoln et à Canterbury. La voûte du chœur de Bristol est une voûte à liernes avec des faisceaux
conoïdes ou en forme de cône, avec des nervures en voussoirs conoïdes, des tiercerons et des
nervures de crête transversales, tels que développés depuis Lincoln. Les élévations du chœur à Exeter,
entre 1300 et 1310, peuvent être considérées comme des variations du gothique décoratif des arcades
de la nef de Lincoln, avec des treillages en maçonnerie.
eLa voûte de la nef de Bristol, reconstruite au XIX siècle, est une voûte à tiercerons. La nervure
saillante apparaît de nouveau dans l’antichambre de la chapelle de Berkeley de la cathédrale de
Bristol, conçue par William Joy en 1310. Les élévations de la nef à Worcester, à partir de 1320, sont
basées sur celles de Lincoln. Le jubé de Lincoln, de la même époque, représente un exemple précoce
de l’utilisation de l’arc en accolade et de la décoration sculptée associée au style curvilinéaire. Le
jubé d’Exeter, conçu par Thomas Witney, intègre des arcs en accolade polylobés (décoration sur le
bord des entrelacs) et à crochets (décoration foliée sur bord vertical), et une voûte à liernes. La voûte
de la nef de l’abbaye de Tewkesbury combine les motifs liernes de St Mary Redcliffe avec les
nervures épaisses d’Exeter pour créer un catéchisme de la voûte du cosmos, en tant que texture
architecturale sous la forme d’une croisée d’ogives. Le jubé de la cathédrale de Southwell contient
des nervures saillantes, des arcs en accolade, des pignons à crochets, et des fragments d’éléments
d’expression architecturale qui produisent une architecture littéraire ou poétique.La chapelle de la Vierge de Wells, conçue par Thomas Witney, est une composition basée sur
l’expression du gothique primaire anglais (colonnes campaniformes, nervures, tiercerons, liernes),
avec une voûte en forme de dôme et des liernes formant une étoile à huit branches semblable à des
motifs observés dans des illuminations d’alors, représentations de la voûte céleste. L’arrière-chœur
voisin, construit par Joy William, contient des piliers fasciculés en marbre de Purbeck. L’arcade de la
chapelle de la Vierge d’Ely, probablement conçue par John Ramsey, est composée d’arcs brisés,
d’arcs lobés en accolade et de pignons à crochets dans le style curvilinéaire. La voûte de la chapelle de
la Vierge d’Ely est une voûte à tiercerons avec des liernes formant des motifs en étoiles, résultant en
une forme cristalline organique. La voûte du chœur d’Ely est une voûte à liernes étoilées, conçue
comme celles de Lincoln et de St Mary Undercroft. La croisée du transept octogonale d’Ely, conçue
par Alan de Walsingham et surmontée par une lanterne en bois conçue par William Hurley, est la
composition la plus élaborée du style curvilinéaire, la création d’une progression géométrique et
matérielle, du monde matériel vers le monde spirituel. La voûte du porche nord de St Mary Redcliffe
est une voûte à tiercerons centralisée, prenant l’aspect d’une forme cristalline organique. Le transept
situé sur le côté sud de la cathédrale de Gloucester, rénové de 1331 à 1336, est considéré comme la
première manifestation du style perpendiculaire, avec ses lambris verticaux, ses meneaux et ses
entrelacs provenant des élévations extérieures de la chapelle St Stephen, mais avec des éléments
curvilignes tels que des arcs en accolade et polylobés. La voûte dans le transept de Gloucester est une
voûte à tiercerons et liernes, prenant la forme d’une structure organique sous-jacente basée sur des
proportions géométriques et mathématiques.Voûte de la croisée du transept et lanterne,
vers 1322-1336. Cathédrale d’Ely.Vitrail. Cathédrale de Canterbury.


La voûte du chœur de Wells, construite par William Joy entre 1333 et 1340, introduit un motif
géométrique entrelacé qui affiche une dématérialisation de la texture de la surface. Des voûtes à
tiercerons et liernes en étoile dans les déambulatoires autour du chœur, suggèrent une forme
cristalline ou un diagramme cosmique. Le tombeau Percy de la cathédrale de Beverley, conçu par
William de Malton, est un chef-d’œuvre du style curvilinéaire, avec des arcs brisés en accolade,
polylobés et à crochets. La voûte de la nef de St Mary Redcliffe présente un développement de la
voûte du transept, avec des liernes sinueuses, se pliant et vallonnant à travers une surface inégale de la
voûte. Entre 1337 et 1367, les élévations du chœur et du presbytère de Gloucester ont été
recouvertes de lambris du style perpendiculaire, et la texture dense de la voûte croisée à liernes a été
conçue par William Ramsey, portant à l’extrême la voûte en tant que texture de surface. Les voûtes
du chœur et de la nef de St Mary Ottery ont été conçues par William Joy entre 1338 et 1342,
montrant l’influence de celle du chœur de Wells. La voûte de la nef d’Exeter de William Joy est une
voûte du style Lincoln avec des tiercerons augmentés en taille et en densité, ce qui suggère une forme
organique. La voûte du transept située sur le côté sud de Chester, datant d’environ 1350 (restaurée),
est une voûte du style Lincoln, tout comme celle de la nef de Worcester.
La première voûte en éventail complète a été construite dans le cloître de Gloucester entre 1351 et
1364. Elle est attribuée à Thomas de Cambridge. La voûte en éventail peut être vue comme une
conséquence logique du développement de la voûte à tiercerons, car elle se compose de faisceaux
conoïdes, de tiercerons avec des liernes appliquées à la surface. La voûte en éventail réunit le
géométrique et l’organique, l’esprit humain et la nature, ou l’esprit humain et l’esprit divin, avec des
matrices géométriques sous-jacentes. La voûte originelle de la nef de la cathédrale de York,
eremplacée par une reproduction en bois du XIX siècle, est une version simplifiée de la voûte à
tiercerons. Les tiercerons et les liernes fluctuent comme le font les surfaces concaves de la voûte.
Celle-ci était peinte pour symboliser le cosmos. Une version plus complexe de la voûte est apparue
dans le chœur et dans l’arrière-chœur de York entre 1361 et 1370, poursuivant les tendances
fluctuantes. Des arcades ajourées dans le presbytère de Norwich rappellent les traitements de
Geoffrey de Noyers à Lincoln et de Guillaume l’Anglais à Canterbury, dans leur dématérialisation et
dans les expériences touchant aux vues spatiales. Les voûtes dans les transepts de Worcester
s’apparentent également à Lincoln ou au début de l’expression du gothique primaire anglais.
La période perpendiculaire, l’objet du dernier chapitre, est la dernière période ou le dernier style
dans le développement continu de l’architecture gothique anglaise depuis les précédents établis à
Canterbury et à Lincoln. Ce chapitre comprend des détails de l’abbaye de Tewkesbury, de Lincoln,
Gloucester, Beverley, Winchester, Worcester, de l’abbaye de Sherborne, Norwich, Peterborough,
Bristol, Chester, York, de la Divinity School d’Oxford, de la Christ Church d’Oxford, Salisbury,
Wells, Ely, de l’abbaye de Bath, et de la chapelle du King’s College de Cambridge. Les styles
curvilinéaire et perpendiculaire se chevauchent, puisque des éléments du perpendiculaire apparaissent
edès le début du XIV siècle. Le style perpendiculaire est dominé par des lignes verticales, des
modèles linéaires, des panneaux lobés répétés, des nervures à liernes, et des ogives courbes et
contrecourbes formant des motifs réticulés en accolade.
La voûte du chœur de l’abbaye de Tewkesbury, réalisée entre 1375 et 1390, est une voûte à
tiercerons et liernes en motifs en étoile, composés de courbes qui sont des segments d’arcs en
accolade, et estompent la distinction entre organique et non organique, la structure et le modèle. La
voûte de la croisée du transept à Tewkesbury est une voûte à liernes centralisée sous la forme d’un
mandala, un catéchisme cosmologique avec des octogones et des carrés, et une représentation du
soleil dans le centre symbolisant l’émanation et la création et synthétisant la théologie chrétienne et la
philosophie classique. La voûte de la tour de croisée de la cathédrale de Lincoln fait la synthèse des
éléments de l’expression de Lincoln - des voussoirs conoïdes, des tiercerons, des liernes et des
nervures de faîtage pour former ce qui pourrait être lu comme un catéchisme des hiérarchies célestes
ou de la voûte du cosmos.Chœur secondaire, 1174-1179. Cathédrale de Canterbury.


La chapelle du Fondateur de l’abbaye de Tewkesbury contient le premier modèle de la voûte en
éventail, avec des voûtes à nervures appliquées comme décoration et une ferronnerie du style
perpendiculaire. La chapelle de Beauchamp de l’abbaye de Tewkesbury dispose de voûtes en éventail
avec des pendentifs dans ses niveaux inférieurs et supérieurs. Le pendentif devient un élément de
l’expression esthétique définissant le style perpendiculaire, comme dans les voûtes de la Divinity
School d’Oxford et de la Oxford Christ Church, de la chapelle du King’s College de Cambridge, de la
chapelle St George du château de Windsor, et de la chapelle d’Henry VII à l’abbaye de Westminster.
Le pendentif peut être vu comme un développement des corbeaux suspendus, comme dans la salle
capitulaire de York, la minimalisation progressive des élévations des boutants, ou le retrait de la
colonne évasée de la voûte. Le pendentif est un encorbellement suspendu sans aucun soutien. Il peut
être apparenté aux expériences de Canterbury et de Lincoln. Le promenoir du cloître à l’ouest de la
cathédrale de Worcester, construit par John Chapman entre 1435 et 1438, possède des voûtes
composées de voussoirs conoïdes et tiercerons, d’un faîtage, de nervures transversales et de liernes
octogones. La voûte du chœur de l’abbaye de Sherborne, conçue par Robert Hulle en 1445, est la
première voûte en éventail de pleine étendue. La voûte de la nef de Norwich, conçue par Robert
Everard ou Reginald Ely, contient des liernes en zigzag et une configuration en étoiles. La voûte du
presbytère de Peterborough est une voûte à tiercerons semblable à celle de la voûte du chœur de St
Mary Redcliffe, mettant l’accent sur la texture de surface. La voûte de la nef de la cathédrale de
Winchester, conçue par Robert Hulle est une voûte étoilée avec des liernes en zigzag, comme dans la
nef de St Mary Redcliffe ou celle de Norwich.
Le remodelage de la croisée du transept de la cathédrale de Gloucester entre 1450 et 1475 par
Robert Tully, implique des arcs en accolade en plein ciel placés sur des arcs plats centrés de style
Tudor, soutenant des voussoirs conoïdes pendentifs en forme de voûte à tiercerons. Les arcs semblent
être un développement des nervures suspendues, continuant l’expérience des juxtapositions spatiales
qui ont commencé à Canterbury et à Lincoln, mais appartenant au style perpendiculaire. La voûte de
la croisée du transept à la cathédrale de Bristol est une voûte étoilée à liernes centrées, dont le motif
se poursuit dans les transepts, avec tiercerons et liernes en forme de losanges. La voûte de la croisée
du transept de la cathédrale de York est également une voûte à lierne centrée. La voûte du chœur à
Norwich se compose de motifs stellaires et de tiercerons qui ressortent par rapport au sommet des
bords des fenêtres à claire-voie, ou pendent de la voûte, comme pendentifs, donnant l’impression que
les élévations sont suspendues. La voûte de la nef de l’abbaye de Sherborne, conçue par WilliamSmyth, entrelace des tiercerons, des motifs de liernes et des éventails, en guise de conclusion de
l’expression du développement des voûtes du gothique anglais.
La voûte de la Divinity School de la bibliothèque Bodleian à l’université d’Oxford est une voûte à
liernes et pendentifs conçue par William Orchard en 1478. Elle est divisée par des nervures
transversales groupées qui ressemblent presque à des nervures suspendues ; l’espace entre les
écoinçons est décoré par des entrelacs ajourés. William Orchard a également conçu la voûte du chœur
de Christ Church à l’université d’Oxford, une voûte à liernes et pendentifs entrelacés, avec des
nervures transversales similaires suggérant des nervures suspendues et des pendentifs attachés aux
nervures transversales comme corbeaux secondaires. La voûte de la croisée du transept de Salisbury
est une voûte à tiercerons centrée et lobée ; la voûte de la croisée du transept de Wells, conçue par
William Smyth, est identique. La chapelle de l’évêque Alcock dans la cathédrale d’Ely, créée en 1488
soit par Adam Lord, Adam Vertue ou par Robert Janyns, dispose d’une voûte en éventail influencée
par la chapelle St George, avec des pendentifs lobés, et un écran ondulé rempli de crochets en forme
de crosses végétales, des arcs en accolade et des entrelacs en filigrane. La composition combine des
éléments d’expression reconnaissables dans une forme inédite pleine de chevauchements et de
juxtapositions spatiales. La voûte de la chapelle de l’évêque de Langton de Winchester se distingue
par des tiercerons, des liernes en zigzag et des entrelacs lobés. La voûte de l’arrière-chœur ou du
« nouveau bâtiment » de Peterborough a été conçue par John Wastell, concepteur de la voûte de la
chapelle du King’s College à l’université de Cambridge. La voûte à Peterborough est composée de
sections conoïdes raides, d’éventails ornés de tiercerons et d’entrelacs réticulés dans le style
perpendiculaire.
La voûte de l’abbaye de Bath a été conçue par Robert et William Vertue, construite entre 1504 et
1508, puis restaurée par Sir George Gilbert Scott dans les années 1860. Elle se compose de hautes
voûtes à voussoirs conoïdes et de tiercerons ou d’éventails, de nervures transversales, d’entrelacs
lobés et de pendentifs. La voûte éventail de la chapelle du King‘s College, la plus grande voûte en
éventail du monde, a été créée par John Wastell en 1508. Les éventails sont entrecroisés par des arcs
transversaux et segmentés par de minces lignes de crêtes latérales, et sont couverts par des arcs avec
des entrelacs à lobe et à réticule.
La dernière voûte en éventail de l’architecture gothique anglaise est celle de la nef de St Mary
Ottery dans le Dorset, avec des tiercerons épais et des arcs lobés entrelacés en accolade. Les parties
supérieures des éventails peuvent aussi être interprétées comme des tympans inclinés le long des
nervures de faîtage. Les voûtes en éventail à Bath, à Cambridge et à Ottery rapprochent l’architecture
gothique anglaise de sa fin, vers la Renaissance et un changement culturel dans les idées et dans les
perspectives, tout comme dans son approche de l’architecture. L’approche culturelle constante et
cohérente de la connaissance et des formes construites produisant un développement homogène tout
au long du Moyen Âge en Angleterre a abouti à ce qui est parmi les architectures les plus
extraordinaires de l’histoire du monde.Intérieur de la chapelle. Élévation datant de 1444-1485,
voûte datant de 1508-1515. King’s College, Cambridge.Cour intérieure. Cathédrale de Canterbury.


Le Gothique primaire


D’après Gervase de Canterbury, (un moine), la partie orientale de la cathédrale de Canterbury fut
détruite par un incendie en septembre 1174 et reconstruite entre 1175 et 1185. Selon lui, les moines
de Canterbury qui avaient convoqué des maçons d’Angleterre et de France, furent impressionnés par
le maçon français Guillaume de Sens, qui décida de démolir les arcades et les claires-voies
normandes qui avaient survécu à l’incendie. Gervase relata la construction année par année. En 1175
deux piliers furent construits de chaque côté de l’extrémité ouest du chœur. L’année suivante, un
pilier supplémentaire fut ajouté de chaque côté, avec des arcs, des voûtes, des voûtes de soutien et des
allées centrales pour les trois premières travées. Deux baies additionnelles furent ajoutées l’année
suivante, avec une galerie, des claires-voies et une voûte pour les cinq premières travées du chœur.
En 1178 la sixième baie du chœur et du transept fut construite. Le projet de construction s’étendit sur
dix années entières, jusqu’à l’accident de Guillaume de Sens en 1178 qui tomba d’un échafaudage en
supervisant le travail sur la voûte au-dessus de l’autel, après avoir terminé la sixième baie du chœur
et les transepts, l’obligeant à retourner en France et à être remplacé par Guillaume l’Anglais.
Le nouvel architecte ajouta une nouvelle crypte en 1181, et commença la construction des murs
extérieurs de la chapelle de la Trinité. Les piliers de la chapelle furent achevés l’année suivante, ainsi
que les murs de la corniche derrière celle-ci : l’abside de Becket.
Le sanctuaire de Thomas Becket, assassiné dans la cathédrale en 1170 et canonisé comme saint
Thomas de Canterbury en 1173, fut ajouté au petit chœur normand, construit sous l’évêque Lanfranc
(1070-1077) après la conquête normande. Il se compose de deux baies et d’une abside, et fut agrandi
eau XII siècle par l’évêque Anselme (saint Anselme, archevêque de Canterbury de 1093 à 1109) et
l’évêque Conrad (prieur Conrad, mort en 1127) afin de l’inclure dans les transepts situés à l’est ainsi
que dans les chapelles St Anselm et St Andrew. Le corps de Thomas Becket, initialement enterré dans
la crypte, fut placé dans le nouveau sanctuaire : la chapelle de la Trinité (Trinity Chapel), construite
par Guillaume l’Anglais en 1220, et pour laquelle il suivit les grandes lignes du chœur.
Becket fut assassiné après son retour d’exil de Sens suite à une dispute avec le roi Henri II. Dans le
transept nord de la croisée du transept, quatre chevaliers agissant sur l’ordre du roi le poignardèrent à
mort. On retrouva par la suite un cilice grouillant de poux sous sa robe. Il fut sanctifié et Henri II fit
pénitence sur son tombeau, flagellé par des moines. Le tombeau de Thomas Becket devint le lieu de
pèlerinage le plus important de l’Angleterre médiévale, car il fut un symbole de résistance à l’autorité
tyrannique. Les Contes de Canterbury de Chaucer ont été inspirés par le pélerinage allant de Londres
à Canterbury. Tant d’offrandes s’étaient accumulées dans le sanctuaire qu’en 1538, lorsqu’il fut
détruit par Henri VIII déterminé à détruire le symbole de la résistance au roi, il fallut vingt-six
chariots pour enlever toutes les offrandes.
Des vitraux, appelés « Miracles de Becket », furent installés autour de la chapelle de la Trinité.
Terminés vers 1220, ils dépeignent les images du pèlerinage et les miracles associés à Becket. Un
evitrail Becket a également été installé dans la cathédrale de Chartres au début du XIII siècle,
illustrant les exploits et la mort du saint en 1170. À Chartres, des vitraux antérieurs comprennent le
vitrail de la Vierge bleue, celui de Jessé et celui de la vie du Christ, tous installés autour de 1150.
L’importance de Canterbury était établie bien avant l’assassinat de Becket. En 597, le missionnaire
saint Augustin fut envoyé par le pape Grégoire à Canterbury afin de convertir l’Angleterre au
christianisme. Il fit un sermon au roi anglo-saxon du Kent, Ethelbert, qui fut baptisé plus tard cette
année-là selon l’Histoire de l’Angleterre de saint Bède le Vénérable. Augustin devint le premier
archevêque de Canterbury, et Canterbury devint le siège du primat d’Angleterre. Après la conquête
normande, les archevêques Lanfranc et Anselme, qui avaient initié la construction de la grande
cathédrale, furent également considérés comme étant les pères de la scolastique anglaise, grâce à leurs
écrits et leurs sermons. L’archevêque Lanfranc construisit le plus grand monastère d’Angleterre avec
un complexe de bâtiments bénédictins comprenant un cloître, une salle capitulaire, un dortoir, unréfectoire et des logements cellériers sur le côté nord de la cathédrale.Chœur, 1175-1185. Cathédrale de Canterbury.


La reconstruction de l’extrémité orientale de Canterbury fut réalisée de 1174 à 1179 par
Guillaume de Sens, un architecte français qui importa des pierres de Caen en Normandie pour le
projet. Le travail de Guillaume de Sens comprend le chœur qui contient des stalles pour les moines
sur cinq baies entre la tour centrale et la croisée du transept à l’est ; le presbytère ou l’arrière-chœur,
sur trois baies à l’est de la croisée du transept ; un autel élevé sur quelques marches et une baie finale
edu presbytère, contenant le trône de saint Augustin, le premier archevêque de Canterbury au VI
siècle. Guillaume de Sens fut en mesure de remplacer les piliers existants par des colonnes du
nouveau style gothique français, mais forcé de respecter le plan normand initial. Le nouveau bâtiment
était beaucoup plus haut, avec des proportions plus élancées, des arcs en ogive et une voûte à
nervures. Tandis que des éléments gothiques apparurent à Durham, à Ripon et à l’abbaye de Roche,
dans le Yorkshire vers 1170, le chœur de Guillaume de Sens est considéré comme étant l’élément
gothique le plus ancien qui subsiste en Angleterre.
Le style architectural est un compromis entre le désir de construire une nouvelle cathédrale dans le
style français et la conformité aux exigences locales. L’architecture est française par le déambulatoire
semi-circulaire, les arcs-boutants cachés sous les plafonds des bas-côtés, les colonnes jumelées, les
chapiteaux ornés de feuilles d’acanthe, ainsi que les voûtes sexpartites à deux baies. Alors que les
murs sont d’épais murs normands, avec des piliers compacts alternant les formes cylindriques et
octogonales, une combinaison répétée avec les chapiteaux sculptés et la hauteur de l’arcade suggère
la cathédrale française, comprenant environ soixante pour cent de l’élévation, et faisant apparaître la
galerie et les claires-voies au-dessus. Des pilastres qui émergent de ces colonnes cylindriques
soutiennent des nervures transversales transformant une voûte quadripartite en une voûte sexpartite
dans le style français, mais la continuité du système français est interrompue par des piliers en
alternance. Un seul fût soutient les nervures transversales supplémentaires, tandis que les fûts
groupés tripartites soutiennent les ogives et les nervures principales transversales, créant une
alternance qui exprime la hiérarchie des supports, comme à Notre-Dame de Paris ou à Laon.
Les nervures de la voûte s’élèvent des corbeaux avec une alternance d’abaques carrés et inclinés,
correspondant aux piliers ronds alternés et octogonaux en bas de leur pilastre respectif. Les abaques
carrés sont placés au-dessus des minces fûts uniques, qui soutiennent les nervures transversales
supplémentaires, se croisant avec des nervures diagonales au niveau d’un bossage, le long de la ligne
de nervure de la voûte, tandis que les abaques inclinés sont placés sur des fûts tripartites groupés, qui
soutiennent les ogives et les nervures principales transversales délimitant les travées de la voûte.