Le design

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Si ses racines remontent à la Renaissance, le design naît au début du XXe siècle, lors-qu’artistes, architectes, artisans décident d’assumer la production industrielle standardisée et mécanisée et de travailler non plus contre elle et à cause d’elle, mais avec elle et grâce à elle. Derrière l’apparition du mot « design », c’est une nouvelle culture du projet et du prototype qui se fait jour, et qui n’a de cesse d’évoluer depuis.
En retraçant l’histoire de l’essor et de l’âge d’or du design industriel, puis sa crise d’identité et le renouveau du design contemporain, Stéphane Vial nous invite à comprendre, au-delà de la spécificité d’un métier, l’originalité d’une culture et d’une discipline scientifique à part entière.

À lire également en Que sais-je ?...
[[Que_sais-je:Psychologie_des_conduites_à_projet|''Psychologie des conduites à projet'']], Jean-Pierre Boutinet
[[Que_sais-je:Le_packaging|''Le packaging'']], Benoît Heilbrunn et Bertrand Barré

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Publié par
Date de parution 21 janvier 2015
Nombre de visites sur la page 63
EAN13 9782130633174
Langue Français

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QUE SAIS-JE ?





Le design





STÉPHANE VIAL


Du même auteur
Kierkegaard, écrire ou mourir, Paris, Puf, « Perspectives critiques », 2007.
Court traité du design, Paris, Puf, « Travaux pratiques », 2014, 2e éd.
L’Être et l’Écran : comment le numérique change la perception, Paris, Puf, 2013.D é d i c a c e
À tous mes étudiants, passés, présents, futurs.

À tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette formidable philosophie impliquée
qu’est le design.

Une synthèse comme celle que propose ce livre n’aurait pas été possible sans l’aide précieuse de
plusieurs collègues et amis, que je tiens à remercier chaleureusement.
En premier lieu, Alain Findeli, dont le travail, largement cité, m’a grandement nourri et éclairé. En
second lieu, les contributeurs et les relecteurs : Philippe Gauthier, Sébastien Proulx, Stéphane Vincent,
Remy Bourganel, Bernard Darras, Jocelyne Le Bœuf, Lysianne Léchot-Hirt, Georges Schambach,
Benoît Drouillat, Jean-Louis Frechin, ainsi que les chercheurs internationaux de la liste de diffusion
« PHD-Design ». En troisième lieu, Geoffrey Dorne et ses dessins. En quatrième lieu, Julie Gazier,
pour sa patience et sa qualité de lecture, ainsi que Monique Labrune, pour sa confiance. Et enfin, un
remerciement spécial pour Laetitia Fière, ma primo-lectrice.
Stéphane Vial,
Barcelone-Nîmes, 27 octobre 2014.

Web : uni.stephane-vial.net
E-mail : stephane. vial@unimes. fr
Facebook : fb.me/stephane.vial
Twitter : @svial


978-2-13-063317-4
Dépôt légal – 1re édition : 2015, janvier
© Presses Universitaires de France, 2015
6, avenue Reille, 75014 Paris Sommaire
Page de titre
Du même auteur
Dédicace
Page de Copyright
Préface
Prologue – Quand tout est design, rien n’est design
Chapitre I – Du projet au design industriel : éclosions
I. – Le design, une discipline du projet (XV s.)e
II. – Les origines du design industriel (1900-1920)
III. – La naissance du design industriel aux États-Unis (1920-1950)
IV. – L’esthétique industrielle et le rôle de la France (1940-1960)
Chapitre II – Du design industriel à la crise d’identité : convulsions
I. – L’âge d’or mercatique du design industriel (1960-1990)
II. – La crise morale du design industriel (1960-1990)
III. – Le dépassement du design industriel : le tournant sémantique (2000)
Chapitre III – Extension du domaine du design : redéfinitions
I. – L’éco-conception et le design durable
II. – Le design centré sur l’utilisateur
III. – Le design d’interaction
IV. – Le design de services
V. – Le design social
Chapitre IV – Le projet en design et sa méthode
I. – Qu’appelle-t-on « projet » en design ?
II. – Le discours de la méthode en design
III. – Les modélisations du projet en design
IV. – Le Design Thinking, un nouveau paradigme ?
Chapitre V – La recherche en design
I. – Les origines
II. – Quelles sciences du design ?
Épilogue – Manifeste pour le renouveau social et critique du design
Bibliographie
NotesP r é f a c e
Peu après 1930, les Bell Laboratories de la Western Electric Company confient à l’un des pionniers
états-uniens du design industriel, « l’homme au complet brun1 » Henry Dreyfuss, le design d’un nouveau
combiné téléphonique pour remplacer le modèle mural alors en usage. Le modèle 302, archétype des
téléphones noirs caractéristiques du siècle passé, produit dès 1936 en zinc puis en polymère
cellulosique moulé, connaîtra un succès considérable avant d’être progressivement remplacé au début
des années 1950 par le modèle 500, également conçu par Dreyfuss et promis à un avenir encore plus
brillant, car on le trouve qui fonctionne encore aujourd’hui. Ce qui nous intéresse dans la démarche de
Dreyfuss, c’est qu’il a refusé de se laisser enfermer dans l’image qu’on se faisait alors du designer
comme cosméticien de formes industrielles, cette image tenace qui privilégie la forme adjective du
terme design (un téléphone « design »), encore dominante aujourd’hui, y compris auprès des acteurs
socio-économiques et culturels. Tout en assumant et confirmant son habileté à maîtriser la volumétrie,
les couleurs, les surfaces, les textures et autres critères formels des produits, Dreyfuss a exprimé le
besoin de remonter en amont de la chaîne de conception du WE302 pour contrôler des aspects –
fonctionnels, techniques, anthropométriques, ergonomiques, sécuritaires – habituellement confiés,
lorsque c’était le cas, aux ingénieurs et techniciens industriels.
Cette action de remontée vers l’amont du projet de design pour en embrasser toute la complexité
constitue l’un des traits notables de l’évolution historique globale du design jusqu’à nos jours, ainsi
qu’on le lira dans le chapitre III de ce « Que sais-je ? », dont il convient de saluer la parution. C’est en
quelque sorte également le geste qui caractérise, cette fois sur le plan scientifique et philosophique qui
est le sien, le travail salutaire de Stéphane Vial. Son ouvrage se présente en effet comme un travail
d’élucidation et d’interprétation critique de l’état des lieux le plus actuel dans le champ du design, au
sens le plus large de ces deux termes. Laissant le soin à l’auteur, dans son chapitre I, d’exposer le
second (le design) dans un exercice désormais canonique, je commenterai davantage le premier (le
champ) car c’est celui qui constitue la grande originalité de ce « Que sais-je ? » qui fait suite, après
plus de trente ans et sans pour autant les remplacer, à deux titres précédents de la collection :
L’Esthétique industrielle (n° 957, 1961) et Le Design industriel (n° 2623, 1991).
La forme universitaire du présent ouvrage (positionnement et choix du contenu, priorité au discours
sur l’image, nombreuses références notamment étrangères) décevra peut-être celles et ceux qui
restreignent encore le champ du design aux produits les plus récents, les plus originaux, les plus
branchés, griffés par des signatures célèbres ou rêvant de l’être. Nous les renvoyons aux nombreux
volumes désormais disponibles sur les rayons, physiques et numériques, des bibliothèques et des
librairies. Mais cette forme réjouira ceux et celles qui ont saisi que le champ du design peut et doit être
amplifié et qui regrettent que le public francophone n’ait accès, dans sa langue, qu’à moins de 5 % de
ce qui se publie ailleurs sur le sujet. À cet égard, une des ambitions de ce titre est de montrer que le
thème du design n’est plus seulement l’affaire des seuls designers (praticiens, enseignants, étudiants)
mais que, considéré comme « une formidable philosophie impliquée », il recèle des enjeux qui
concernent bien d’autres domaines de l’expérience et de la condition humaines.
C’est ainsi qu’on découvrira dans le chapitre III comment le champ des objets du design s’est élargi
depuis une génération à des produits entièrement dématérialisés, tels les services et les politiques
publiques ; dans le chapitre IV que le design est devenu en cinquante ans une discipline scientifique à
part entière qui s’applique notamment à explorer, comprendre et enrichir son concept central, le projet ;
dans le chapitre V que, comme dans toute discipline scientifique universitaire, la recherche y occupe
une place prépondérante et que la relative jeunesse de la communauté internationale de recherche en
design (un demi-siècle) ne l’a pas empêchée de soulever des questions fondamentales, notamment celle
de l’habitabilité (corps, âme et esprit) de notre monde, de son amélioration et de son maintien dans
l’avenir.
Ces chapitres sont précédés, comme dans les deux autres titres évoqués, d’une mise en perspective
historique, exercice toujours périlleux vu le cadre de cette collection, où l’auteur s’efforce de dépasser
la saga convenue en nous proposant une lecture de l’histoire faite de « convulsions » technologiques,
conceptuelles, sociétales et morales s’ouvrant sur l’expansion considérable à laquelle on assiste depuis
quelques années.
Enfin l’ouvrage se clôt, dans la plus pure tradition du début du XXe siècle, sur un manifeste de nos
amis québécois qui ont le bonheur et le privilège d’être exposés à deux cultures intellectuelles
radicalement opposées, la cartésienne de l’Ancien Monde et la pragmaticienne du Nouveau Monde,
qu’en un certain sens le design, tel que le présente si éloquemment Stéphane Vial, s’efforce de concilier