Les phares

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Veilleur infatigable, le phare, système de signalisation maritime salvateur qui apparut dès l’Antiquité, guidait sans relâche les bateaux jusqu’à bon port. Si ce nom puise son origine de l’île Pharos qui abritait le phare d’Alexandrie, il semble que les volcans comme le Stromboli et ses irruptions fréquentes furent à l’origine de cette invention.
Si, face à la modernité croissante des équipements des bateaux, ces sentinelles solitaires n’ont, aujourd’hui, plus guère d’utilisation, cet ouvrage tend à souligner non seulement leur intérêt architectural majeur, mais aussi la place qu’ils ont dans le patrimoine culturel mondial. Du phare des Baleines (France) au phare du Bout du Monde (Terre de Feu, Argentine) en passant par le phare de l’Île verte (Canada) ou le phare de Bell Rock (Écosse), cet ouvrage invite le lecteur à redécouvrir les richesses de ces témoins d’un autre temps.

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Date de parution 31 décembre 2015
Nombre de lectures 3
EAN13 9781785259296
Langue Français

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ISBN : 978-1-78525-929-6
LIGHTHOUSES






C O N T E N T S


INTRODUCTION
L’AFRIQUE
L’ASIE
L’EUROPE
L’AMÉRIQUE DU NORD
L’OCÉANIE
L’AMÉRIQUE DU SUD
LISTE DES ILLUSTRATIONSPhare de Koster nord, 1849.
Pierre, hauteur : 7 m. Île Koster nord, Suède.


I N T R O D U C T I O N


« Le phare était alors une tour argentée et brumeuse qui ouvrait son œil jaune subitement et
doucement dans le soir. » (Virginia Woolf, La Promenade au phare)
Avec l’évolution des techniques et des moyens de navigation, tels que les bouées automatisées
créées au cours des années 1980, les phares ne sont désormais plus l’unique assistance offerte aux
marins pour se protéger des côtes. Cependant, leur présence historique ne doit pas être négligée ; ces
« balises de lumière » ont, en effet, protégé et orné nos rivages pendant des siècles.
eLe phare d’Alexandrie, construit au début du III siècle avant J.-C., fut l’une des Sept Merveilles
du monde antique. On estime qu’il guida les navires jusqu’à Alexandrie pendant plus de 1 500 ans.
L’étymologie du mot « phare » vient de l’île Pharos, sur laquelle il se situait. Ce mot se retrouve
dans plusieurs langues latines (en latin « pharus ») démontrant ainsi l’importance de sa présence à
travers l’histoire. En effet, outre la prouesse architecturale de sa réalisation, ce phare fut un des
ersymboles de propagande d’un Ptolémée I désireux d’impressionner le voyageur et de lui signifier,
par là-même, la puissance culturelle, économique et politique de la ville.
Pendant l’expansion de l’Empire romain, plusieurs autres phares furent construits pour marquer
les victoires, telle la tour d’Hercule, à Coruña, en Espagne (l’un des plus vieux phares au monde).
Cependant, après la chute de l’Empire romain, la construction de phares cessa pratiquement jusqu’au
e exiv siècle. Au cours du xvii siècle, de nombreux phares des paysages côtiers européens furent
supervisés par les moines des monastères alentour. Puis, les voyages et la navigation devenant de plus
en plus fréquents, des autorités maritimes furent créées pour contrôler et entretenir les phares. Une
des autorités les plus célèbres était la Trinity House, en Angleterre, qui construisit son premier phare
en 1609 et continua à contrôler la construction des phares de toute l’Angleterre, du Pays de Galles,
des îles anglo-normandes et de Gibraltar.
Différentes méthodes furent utilisées pour allumer ces tours au fil des années. Dans les temps
anciens, elles étaient allumées au moyen de feux alimentés par du charbon ou du bois. Jusqu’à la
ediffusion de l’électricité au xix siècle, différentes lampes furent utilisées (lampe à huile ou à pétrole)pour garder les balises allumées. Les gardiens de phare avaient pour habitude de vivre sur le site,
contrôlant ainsi la circulation navale, sonnant l’alarme pour avertir des tempêtes, prenant soin de
l’entretien du phare et garantissant son bon fonctionnement. Quand les phares commencèrent à être
automatisés, autour des années 1960, les gardiens ne furent plus nécessaires, aussi les phares
furentils contrôlés par le garde-côte local ou l’autorité portuaire.
Ainsi, si ces tours étaient des balises essentielles, indiquant les régions dangereuses afin de prévenir
les navires s’approchant des rochers et des récifs traîtres, elles sont également devenues des repères
esthétiques. En effet, ces phares solitaires veillent dans la nuit sur les rochers escarpés sur lesquels
s’abîment les vagues, telles des sentinelles. Ainsi, dans de nombreux villages côtiers, le phare est
devenu le monument emblématique qui attire les touristes et les visiteurs, curieux de sa signification
historique et désireux de savourer la vue panoramique.L ’ A F R I Q U E

Phare de Ras Nungwi, 1926 (installé en 1881).
Hauteur : 14 m. Zanzibar. Plan focal : 18 m.
Un éclat blanc toutes les 5 secondes.Phare du port de Shepstone, 1906 (importé de Grande-Bretagne).
Fonte, hauteur : 8 m. Port de Shepstone, Afrique du Sud.


Le phare situé sur le port de Shepstone, appelé ainsi en honneur de l’homme d’état sud-africain
Theophilus Shepstone, fut érigé en 1895. En ce temps-là, c’était une simple balise constituée d’une
lanterne hissée sur une structure en bois faite d’échelles. Mais cette construction fut détruite en 1905
et remplacée par une tour en fonte surmontée d’un radiophare. Le phare actuel diffuse une lumière
blanche qui tourne et brille une fois toutes les 6 secondes. Il est peint tel un jeu de dames, en damier
noir et blanc, et apporte un attrait fantastique au paysage.Phare de Ras Boujdour, 1903.
Maçonnerie, hauteur : 45 m. Boujdour, Maroc. Trois éclats blancs toutes les 15 secondes,
portée : 24 milles nautiques.Phare du cap Spartel, 1864.
Maçonnerie, hauteur : 24 m. À l’ouest de Tanger, Maroc. Quatre éclats blancs toutes les 20
secondes, portée : 30 milles nautiques.Phare de Slangkop, 1919.
Fonte, hauteur : 41 m. Kommetjie, Cap-Occidental, Afrique du Sud.


Le phare de Slangkop, dont le nom signifie « phare à tête de serpent », est le plus grand phare en fonte
d’Afrique du Sud, dominant le paysage à 43 mètres au-dessus de la mer. Il éclaire la côte Kommetjie
depuis 1919 ; son électrification date de 1936 et son automatisation de 1975. La lumière brille
quatre fois toutes les 30 secondes et peut être vue jusqu’à 33 miles nautiques, tenant les navires à
distance du littoral rocheux.
L’intérieur du phare est vide à l’exception d’un escalier en colimaçon, de quelques paliers, ainsi
que de deux ou trois moteurs diesel qui fournissent de l’énergie lorsqu’il y a une panne électrique.
Un balcon orne le haut de la tour, permettant l’accès aux fenêtres pour le nettoyage. C’est aussi un
point de guet remarquable, pour ceux qui sont assez braves pour tenter l’escalade.Phare d’Umhlanga, 1954.
Hauteur : 21 m. Durban, Afrique du Sud.
Trois éclats blancs toutes les 20 secondes.


La plage d’Umhlanga, une ville d’Afrique du Sud, est célèbre pour son phare qui s’élève à 21 mètres
au-dessus du rivage. Depuis sa construction en 1954, en remplacement de l’ancien phare désarmé à
partir de 1869, il est devenu un repère de la région.
Le rayon du phare a la puissance de 600 000 bougies et brille toutes les 20 secondes. Il peut être
vu jusqu’à 24 milles nautiques. À la différence de la plupart des phares, le phare d’Umhlanga n’a
jamais eu de gardien ayant vécu sur le site. En effet, les lumières sont contrôlées et surveillées depuis
l’hôtel The Oyster Box, situé près de la tour, où se trouvent aussi les commandes des lumières.Phare de Robben Island, 1864.
Hauteur : 18 m. Robben Island, Afrique du Sud.
Un éclat blanc de 5 secondes toutes les 7 secondes, portée : 24 milles nautiques.