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Paroles de soleil - tome I

De
357 pages
Fruit de trente-trois années de recherche, de description et d'analyse de plus de 19000 cadrans solaires situés en France, cet ouvrage propose un voyage à l'intérieur de l'Art de la devise. Près de 2 159 devises ont été recensées, traduites, étudiées et classées en fonction de leur sens. Chacune est ici présentée avec sa localisation, sa traduction en langue française et les particularités du cadran qui s’en trouve orné. Les origines des devises ont été recherchées et des informations expliquant leurs significations sont exposées afin que le lecteur comprenne toute leur subtilité ainsi que la multiplicité de leur contenu. En fin de chaque tome, un index de mots-clefs permet au lecteur de retrouver les devises comportant un même mot et un index des communes facilite les recherches
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PAROLES DE SOLEIL

Olivier Escuder
Paroles de Soleil
Devises des cadrans solaires de France




Tome I











Le Manuscrit
www.manuscrit.com












© Éditions Le Manuscrit, 2005
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-5353-7 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-5352-9 (livre imprimé)









In memoriam martyrum semper et ubique in orbe
















Ce présent ouvrage est l’aboutissement d’une étude collective,
menée de mai 1998 à janvier 2005, par un groupe de travail de
membres de la Commission des cadrans solaires de la Société
astronomique de France, composé de Mademoiselle Nicole
Marquet, Messieurs Pierre Bacchus, Jean Fort et Serge
Grégori, sous la coordination de Monsieur Olivier Escuder.
SOMMAIRE GÉ N ÉRAL

SOMMAIRE
Avant-propos
Présentation de l’ouvrage...............................................................15
La dédicace de Charles Boursier...................................................17
Introduction
Le projet « Paroles de Soleil »........................................................19
Le fichage des cadrans solaires de France...................................21
Organisation du travail...................................................................22
Classement et catégorisation des devises.....................................23
Gnomonique et cadrans solaires
Rappel sur les cadrans solaires......................................................27
Glossaire technique des termes gnomoniques utilisés dans
l’ouvrage ...........................................................................................31
Devises religieuses
Citations de l’Ancien Testament...................................................37
Citations du Nouveau Testament.................................................60
Devises religieuses non liées à un texte scripturaire ..................75 n chrétiennes...........................................108
13 SOMMAIRE
Devises philosophiques et morales
Devises philosophiques............................................................... 109
Devises morales............................................................................ 135
Devises optimistes et épicuriennes
Devises optimistes........................................................................ 166
Devises épicuriennes.................................................................... 179
La fuite du temps, la fuite de la vie
La fuite du temps.......................................................................... 215
La fuite de la vie............................................................................ 247
Index des mots-clefs ............................................................... 273
I communes et principaux lieux-dits cités ... 311
Tables des matières (tome I et tome II).......................... 345


14 AVANT-PROPOS


AVANT-PROPOS
PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE
À l'instar de l'Académie royale des inscriptions et médailles,
fondée par Colbert en 1663, qui était chargée de concevoir des
devises en latin destinées à orner les monuments commémorant
les hauts faits de Louis XIV, les cadraniers ont très tôt ajouté à
leurs cadrans solaires des devises, françaises, latines, grecques ou
en langues vernaculaires. Cette tradition se poursuit d'ailleurs
aujourd'hui, à tel point qu'on ne compte plus les « TEMPUS
FUGIT » qui figurent sur les cadrans dits de série ! Ceci
témoigne que les devises sont pour beaucoup un élément du
cadran solaire presque aussi important que le style qui porte
ombre.
Il était donc naturel que le recensement des cadrans solaires
de notre pays – commencé en 1972 par la Commission des
cadrans solaires et qui dépasse 30 ans plus tard les 19 000
cadrans – aboutisse aussi au recensement des devises, d'autant
plus qu'au siècle précédent, un seul véritable ouvrage leur a été
consacré.
Paroles de Soleil n'est pas qu'un simple inventaire de devises ;
c'est un instrument de travail qui a demandé de longues années
de mise au point, fruit d'une recherche collective dont les
« chasseurs de cadrans » sont les pionniers. Cet ouvrage s'adresse
donc aussi bien aux amateurs et aux constructeurs de cadrans
15 AVANT-PROPOS
solaires qu'aux historiens et aux sociologues ou encore aux
simples curieux pour qui les devises n'auront désormais plus de
secret.
Une telle somme n'aurait pu voir le jour sans le difficile
labeur et la pugnacité d'un petit groupe, passionné par ces
devises. Je tiens ici à leur exprimer, au nom de tous les membres
de la Commission des cadrans solaires, nos plus vifs
remerciements et notre admiration pour ce remarquable travail.
Et, je ne saurais terminer cette présentation sans remercier tout
spécialement Olivier Escuder à qui Paroles de Soleil doit
infiniment.


Denis Savoie
Président de la Commission des cadrans solaires
eSociété astronomique de France (Paris 16 )

AVANT-PROPOS

LA DÉDICACE DE CHARLES BOURSIER
À la fin de son ouvrage 800 devises de cadrans solaires, paru en
1936, dans la partie qu’il a nommée « Déductions », Charles
Boursier termine sa présentation et son analyse des devises par
ces mots et une maxime en latin :
« Par ces exemples pris parmi beaucoup d’autres, on voit
quel intérêt peut présenter l’étude des anciennes devises de
cadrans solaires. Ceux qui tenteront de réaliser le programme
que nous venons d’esquisser seront certainement payés de leurs
peines par de grandes jouissances, comme nous l’avons été
nous-même.

1PRETIUM LABORUM NON VILE »



Que Charles Boursier se rassure. Non seulement nous
avons suivi son œuvre et l’avons complétée, mais nous avons été
également remerciés de notre travail par ces grands moments de
plaisir dont il parlait.

1. Le prix du travail n’est pas déshonorant.
17 AVANT-PROPOS
INTRODUCTION


INTRODUCTION
LE PROJET « PAROLES DE SOLEIL »
Créée au sein de la Société astronomique de France en
2décembre 1972, la Commission des cadrans solaires reste
encore aujourd’hui le seul regroupement en France de
gnomonistes et de passionnés d’horloges solaires. Les premiers
buts que se fixa la Commission furent d’une part la recherche en
Gnomonique et d’autre part l’édification d’un recensement le
plus exhaustif possible de tous les cadrans solaires présents sur le
territoire français.
Trente-deux ans plus tard, plus de 19 000 cadrans solaires
ont été patiemment récoltés par l’ensemble des « chasseurs »
bénévoles. Tous ont su ne compter ni les heures ni les frais que
cela pouvait occasionner, pour produire cet extraordinaire
document-catalogue qu’est le « Cadrans solaires français
3catalogués » (CSFC), remis à jour chaque année . Ce titanesque
travail de recherche, de description et de fichage n’est pas encore
terminé. Il ne le sera vraisemblablement jamais étant donné le

2. Adresse postale : Société astronomique de France – 3, rue Beethoven –
75016 Paris – France
3. Au 31 décembre 2003, le CSFC comportait 19 319 cadrans répartis sur
l’ensemble du territoire français métropolitain et d’outre-mer.
19 INTRODUCTION
nombre important des nouveaux cadrans découverts chaque
année.
Si l’ensemble du CSFC a été étudié et analysé à la loupe par
les responsables du catalogage, il restait encore une tâche difficile
à entreprendre ; celle de recenser toutes les devises qu’il
contenait. En effet, la dernière fois qu’une telle œuvre fut
effectuée remonte à 1936. Dans son remarquable ouvrage, 800
devises de cadrans solaires, Charles Boursier faisait état d’environ un
millier de devises. Bien malheureusement, cet ouvrage n’est plus
disponible depuis longtemps et de nombreuses devises ont été
perdues, modifiées ou créées depuis. Il devenait donc plus
qu’intéressant de refaire un état des devises des cadrans solaires
de France et, cela, en utilisant la masse énorme des informations
recueillies.
L’idée de ce nouveau recensement des devises revient à
Monsieur Jean Fort, membre de longue date de la Commission
des cadrans solaires. En mai 1998, lors de la traditionnelle
réunion de printemps, Monsieur Fort s’est montré très favorable
à la création d’un tel projet. Après accord de notre président,
Denis Savoie, un groupe de travail fut créé. Il est aujourd’hui
constitué de Messieurs Pierre Bacchus, Olivier Escuder, Jean
Fort, Serge Grégori et de Mademoiselle Nicole Marquet.

Ce groupe d’étude s’est fixé pour buts de :
- recenser toutes les devises inscrites sur les cadrans solaires
fichés au CSFC,
- traduire ces devises,
- les classer en fonction de leur signification (pensées
optimistes, philosophiques, devise sur la mort, le temps
qui passe, textes honorifiques, chronogrammes et jeux de
mots, etc.),
- les publier dans un recueil les présentant une à une.

Après six années de travail, ayant nécessité près de vingt-six
réunions et environ un millier d’heures d’étude, nous avons le
plaisir de vous présenter cet ouvrage comprenant 2 159 devises
puisées parmi les cadrans du CSFC.
Cette présente étude couvre les enregistrements de cadrans
depuis la création de la Commission jusqu’au 31 décembre 2000.
20 INTRODUCTION

Pendant cette période, 15 103 cadrans ont été fichés dont près
d’un millier a, d’ores et déjà, irrémédiablement disparu. Sur
l’ensemble de ces fiches, notre groupe de travail s’est attaché à
rechercher les devises, les traduire en français et les catégoriser
en fonction de leur sens.
Les devises retenues dans notre étude sont celles figurant
sur les cadrans solaires présents sur le territoire français (y
compris les départements et territoires d’outre-mer) fichés dans
le CSFC et, ce, quel que soit le type du cadran qu’elles ornent. Les
devises des cadrans solaires présents dans les musées et
collections privées ont été également prises en compte, ainsi que
celles figurant sur des cadrans aujourd’hui disparus. Ont donc
été exclues les devises ne figurant pas sur des cadrans solaires
(par exemple : horloges, frontons de bâtiment, etc.), les devises
situées hors du territoire français ainsi que celles de cadrans non
encore fichés dans le CSFC ou en attente de fichage.
LE FICHAGE DES CADRANS SOLAIRES DE FRANCE
Cette étude a vu le jour grâce aux recherches de
406 chercheurs qui explorent les départements français. C’est
l’appel lancé en mai 1972 par Monsieur Robert Sagot, co-
fondateur de la Commission des cadrans solaires de la Société
astronomique de France, qui l’a permis en groupant tous ces
amateurs animés par la même passion. Ils se qualifient eux-
mêmes de « chasseurs ». Pour plusieurs d’entre eux cette action
est liée à d’autres intérêts comme la technique, les calculs,
l’histoire, l’esthétique ou les particularités… Ces diverses
spécialités forment l’art de la Gnomonique.
Depuis plus de 32 ans, la récolte est analysée pour former
un inventaire. Établie dès le début, la procédure n’a pas changé :
classement des découvertes par département, puis par commune.
Pour cela un numéro spécifique de 7 chiffres est attribué à
chaque cadran. Il est composé de deux chiffres pour le numéro
de code du département (01 pour l’Ain), puis de trois pour la
commune (001 pour la commune de L’Abergement-Clémenciat,
constituant son code INSEE) et enfin de deux autres chiffres
pour numéro d’ordre. Pour exemple, la référence 0100101
21 INTRODUCTION
correspond au premier cadran de L’Abergement-Clémenciat
dans le département de l’Ain. Il est rajouté un chiffre après un
tiret pour indiquer le nombre de réalisations sur un même lieu.
Chaque cadran avec ses informations, document
photographique ou diapositive, est enregistré sur une fiche
manuelle au format 11 x 14 cm. Elle comporte le lieu exact où se
trouve le cadran, sa référence, une description physique et
scientifique, ainsi que de nombreux autres renseignements
importants (date de construction ou de restauration, devise, nom
du chasseur, date de la visite, numéro du document
correspondant, etc.). Ce travail est toujours d’actualité et a vu
son transfert dans une base de données informatique depuis
2002.
Il faut ici vivement remercier nos collègues, chasseurs ou
non, à l’origine de cet ouvrage, fruit de leurs recherches
perspicaces.
ORGANISATION DU TRAVAIL
Le groupe de travail Devises des cadrans solaires de France s’est
réuni pour la première fois le 24 juin 1998 pour établir un plan
de travail et se répartir les tâches.
Dans un premier temps, les fiches sur papier furent
enregistrées sous forme d’un fichier Excel, imprimé et diffusé
peu à peu. À chaque réunion, le groupe de travail étudiait chaque
devise, l’affectant à une des neuf catégories de sens établies en
1936 par Charles Boursier dans son ouvrage 800 devises de cadrans
solaires.
Il fallut arriver au 26 février 2000, après quatorze réunions
(soit un total de 19h35), pour que 3 452 devises soient toutes
étudiées et affectées à une catégorie (soit une moyenne de 0,34
minute par devise).
Il a ensuite fallu 8 réunions supplémentaires, jusqu’au
12 janvier 2002 (soit un total de 12h50), pour revoir certaines
devises temporairement « mises de côté » par manque
d’information (examen de la photo pour vérifier le texte exact,
demande d’informations complémentaires, etc.).
Entre-temps, un exemplaire papier du fichier Excel, formé
de 49 pages imprimées recto verso, contenant 3 313 devises avec
22 INTRODUCTION

diverses informations (texte, traduction, commentaires, etc.) a
été distribué, lors de la réunion de la Commission du
12 mai 2001, aux membres intéressés. Leurs commentaires et
suggestions ont été pris en compte.
Le fichier Excel fut ensuite transféré en un fichier Word,
pour former un « manuscrit », de 454 pages, que le groupe de
travail a relu, lors de quatre réunions complémentaires du
20 décembre 2003 au 28 février 2004, pour un total de 19h50.
Un projet de couverture dessiné par Serge Grégori ainsi que
divers textes de présentation furent ajoutés, pour aboutir au livre
que vous lisez actuellement.
CLASSEMENT ET CATÉGORISATION DES DEVISES
Les diverses catégories de devises
Les devises sont classées d'après leur signification, en
plusieurs grandes catégories : citations des Écritures Saintes
(Ancien et Nouveau Testaments), devises philosophiques ou
morales, devises épicuriennes tel que le célèbre « CARPE
DIEM » (Profite du jour). De nombreuses devises évoquent la
fuite du temps et l'heure de la mort. D'autres se rapportent au
rôle du cadran solaire lui-même ou à quelque particularité du lieu
où il est implanté. On trouve enfin des devises humoristiques et
des jeux de mots divers. Des pensées professionnelles, parfois
mercantiles, des devises se rapportant aux métiers des
propriétaires d’un cadran, des inscriptions patriotiques,
historiques et même politiques. On peut également trouver des
devises dédicaces à la famille ou bien à un être cher et disparu.
Toutes ces catégories de devises sont divisées en sous-
catégories, elles-mêmes subdivisées, avec toute la finesse
nécessaire. On trouvera dans la table des matières la liste de
toutes ces multiples sous-catégories, dont le nombre dépasse
deux cents.
Il est fréquent qu'une même devise puisse être rattachée,
selon l'interprétation qu'on en fait, à deux ou plusieurs
catégories. Dans tous les cas une seule d'entre-elles a été retenue.
Ainsi la devise « UMBRAE TRANSITUS EST TEMPUS
23 INTRODUCTION
NOSTRUM » (Notre temps est le passage d'une ombre)
pourrait, dans un sens terre-à-terre, évoquer le fonctionnement
du cadran solaire (catégorie 7). Mais son origine biblique l'a fait
mettre dans la catégorie 1 (devises religieuses) ; alors que
l'intention de l'auteur de la devise était peut-être de faire un jeu
de mots entre les deux interprétations, auquel cas aurait-il fallu
mettre cette devise en catégorie 9 (devises humoristiques et jeux
de mots).
Variantes
Dans chaque catégorie ultime, les variantes d'une même
devise sont regroupées. Ces variantes ont toutes la même
signification et ne diffèrent que par leur présentation : sur une
ligne ou sur plusieurs lignes, graphismes divers, orthographe
parfois erronée, lettres ou mots absents ou illisibles, mots
synonymes, etc. Dans chaque cas, la devise a été fidèlement
reproduite. Certaines devises présentent plus d'une dizaine de
variantes différentes.
Langues utilisées
On peut trouver des devises écrites en des langues aussi
diverses que latin, français, italien, anglais, allemand, espagnol et
langues régionales françaises ou patois locaux… Il s'agit là aussi
de variantes. Lorsque la langue n'est pas le français, on indique
de quelle langue il s’agit (ce qui n'est pas toujours évident) et l'on
donne une traduction. Il est certain que bien souvent la devise
est ambiguë, ou obscure, et que le traduction présentée
comporte une part d'interprétation.
Emplacement des cadrans
Après chaque variante de chaque devise, on trouvera la liste
des cadrans sur lesquels on la trouve. Cette liste se réduit
souvent à un seul cadran. Mais pour les devises les plus
répandues, telle que « TEMPUS FUGIT » (Le temps s’enfuit),
celle-ci peut devenir assez longue. Elle est néanmoins donnée de
24 INTRODUCTION

façon exhaustive, sauf pour quelques devises très utilisées sur les
cadrans dits de série, c’est-à-dire fabriqués de façon
industrielle à des centaines d’exemplaires identiques. La
devise qui vient d'être citée plus haut en est le meilleur
exemple.
Pour définir l'emplacement où se trouve un cadran, on
donne le nom de la commune, son département et parfois
un nom de lieu-dit. Le fait de rester le plus vague possible
dans l’information concernant la localisation des cadrans est
volontaire. Il s’agit de respecter le vœu de non-diffusion
exprimé par certains propriétaires, mais plus généralement
pour assurer une confidentialité évidente. Toutefois, lorsque
le cadran se trouve sur un monument public remarquable
(ouvert au public ou bien visitable), cette précision est
indiquée. Pour connaître l'emplacement exact des cadrans,
les lecteurs pourront se référer au CSFC (Cadrans solaires
français catalogués, document interne de la Société
astronomique de France, dont l’accès est réservé aux
membres de la Commission des cadrans solaires).
Commentaires et particularités graphiques
La date de construction du cadran est indiquée, chaque fois
qu'elle est connue, ainsi que les dates des restaurations
éventuelles. Lorsque ces dates sont douteuses, leur exactitude
peut être discutée.
Assez souvent nous avons ajouté des commentaires sur
le cadran lui-même, s'il présente des particularités peu
fréquentes (cadran analemmatique par exemple). Parfois
l'origine ou l'histoire du cadran est précisée, ainsi que les
anecdotes qui s'y rapportent. Les interprétations possibles de
la devise sont également mentionnées lorsqu'il y a lieu.
Sur la devise elle-même, les particularités graphiques ou
orthographiques sont signalées. Elles ont été
scrupuleusement respectées. L’usage typographique actuel
aurait voulu que nous n’eussions pas employé de lettres
majuscules pour présenter les devises dans les pages de cet
ouvrage. Cependant, afin de respecter et de faire ressortir la
25 INTRODUCTION
présentation des devises – écrites majoritairement en
majuscules – nous avons préféré les indiquer en caractères
de haut de casse, ce qui permet, en outre, de distinguer le V
du U et le I du J sur de nombreux mots latin ou français.



Pierre Bacchus, Olivier Escuder, Jean Fort, Serge Grégori et
Nicole Marquet
Groupe de travail sur les devises des cadrans solaires de France
Commission des cadrans solaires
eSociété astronomique de France (Paris 16 )
26 GNOMONIQUE ET CADRANS SOLAIRES


Gnomonique
et cadrans solaires


RAPPELS SUR LES CADRANS SOLAIRES
Le cadran solaire constitue certainement l'instrument
astronomique le plus ancien. Dès l'Antiquité, son usage a permis
de déterminer l'heure, les dates des saisons, mais aussi la latitude
d'un lieu ou la trajectoire du Soleil dans le ciel. La Gnomonique,
c'est-à-dire l'art de construire des cadrans solaires, a aussi joué un
rôle majeur en Mathématiques, notamment dans les découvertes
sur les projections géographiques et dans le domaine des
sections coniques.
Réaliser un cadran solaire – dont la fonction première est de
fournir le temps solaire par simple lecture – c'est projeter sur
une surface les cercles de la sphère céleste (méridiens espacés de
15°, équateur, tropiques, etc.). On prend habituellement un point
de vue particulier, le plus souvent le centre de cette sphère
(projection dite « gnomonique »), ce qui présente l'avantage de
transformer les méridiens en droites devenant ainsi les lignes
horaires du cadran.
Le cadran le plus simple est le gnomon, constitué d'un bâton
planté verticalement dans le sol ; au cours de la journée, l'ombre
du gnomon se déplace en raison du mouvement du Soleil, mais
aussi en fonction de la date : l'ombre est plus longue à midi en
27 PAROLES DE SOLEIL
hiver qu'en été. D'un point de vue général, un cadran solaire se
compose d'une surface, qui peut être horizontale, verticale ou
inclinée, et d'un style, c'est-à-dire d'une tige qui porte ombre sur
la surface. Il existe deux types de styles : le style droit,
perpendiculaire au plan du cadran, et le style polaire, incliné vers
l'étoile polaire. Dans le premier cas, l'heure est donnée par
l'extrémité de l'ombre, dans le second cas par la totalité de
l'ombre qui recouvre alors les lignes horaires au cours d'une
journée.
L'Antiquité gréco-romaine utilisait, en plus du gnomon, le
scaphé, cadran de forme conique ou sphérique. Ce n'est qu'à la
période romaine que l'obélisque, surmonté d'une sphère ou d'un
œilleton afin de diminuer les effets de pénombre, fut utilisé
comme indicateur horaire, les Égyptiens n'en ayant jamais fait un
tel usage.
À partir du Moyen-Âge, apparaissent des cadrans solaires
dits canoniaux, le plus souvent en forme de demi-cercle divisé en
secteurs égaux. Le rôle de ces cadrans, qui ne comportaient pas
d'indications chiffrées, était de déterminer les heures de prières
au cours de la journée. Puis par l'intermédiaire des Arabes,
l'Occident découvre à la Renaissance les cadrans à style polaire ;
ce sont les plus connus. Ils ornent souvent des façades d'églises,
des châteaux, de simples maisons ou des jardins lorsqu'ils sont
tracés au sol. On en compte actuellement plus de 19 000 en
France, tous types confondus. Les plus courants sont les cadrans
verticaux qui ornent souvent une façade sud, bien que l'on
puisse aussi les placer sur une façade est, ouest et même nord !
Le succès des cadrans à style polaire tient essentiellement au type
d'heure qu'ils indiquent.
Car l'heure indiquée par l'ombre des différents cadrans a
varié au cours des âges. Dans l'Antiquité, on divisait l'intervalle
de temps entre le lever et le coucher du Soleil en 12 parties
égales. L'heure correspondant à ce découpage est dite
« temporaire » ou « inégale », parce que sa durée varie en
fonction des saisons. Par exemple sous nos latitudes de France
métropolitaine une heure temporaire dure 40 minutes en hiver et
80 minutes en été. L'heure temporaire est égale à 60 minutes
uniquement aux équinoxes ; on l'appelle d'ailleurs « heure
équinoxiale » ou « heure égale ». C'est justement ce type d'heure
28 GNOMONIQUE ET CADRANS SOLAIRES

qui donne les cadrans à style polaire. Quant à l'origine du
décompte de l'heure, elle a aussi varié selon les époques et les
pays; on pouvait mesurer l'heure depuis midi, minuit, depuis le
lever du Soleil (heure babylonique) ou depuis son coucher (heure
italique).
eMalgré le développement de l'horlogerie à partir du XIII
siècle, les cadrans solaires ont continué à prospérer. Les cadrans
portables, déjà connus des Anciens et qui indiquaient l'heure à
epartir de la hauteur du Soleil, ont fleuri en Europe aux XV et
e eXVI siècles. Le XVII siècle vit l'invention d'un type particulier de
cadran, l'analemmatique. L'originalité de ce cadran tient au fait que
l'heure est indiquée par l'ombre d'un homme qui fait office de
style mobile.
Tous ces cadrans solaires présentaient cependant deux
inconvénients : ils indiquaient le temps solaire vrai du lieu. On
avait reconnu très tôt que le temps solaire n'était pas uniforme,
autrement dit qu'il ne s'écoulait pas exactement 24 heures entre
deux retours du Soleil au même point du ciel. Au cours de
l'année, le Soleil semble avancer ou retarder par rapport à un
Soleil idéal et l'écart entre ces « deux Soleils » peut atteindre 16
minutes. Les causes de ce décalage étaient connues depuis
longtemps : l'axe de la Terre est incliné (d'où le phénomène des
saisons) et la Terre ne tourne pas autour du Soleil à une vitesse
uniforme en raison de la légère excentricité de son orbite.
Le deuxième inconvénient était lié au fait que le cadran
solaire donnait l'heure uniquement pour le lieu où il était
construit. Ainsi au même instant, un cadran solaire placé à Brest
et un cadran placé à Nice présentaient presque 50 minutes de
décalage : lorsqu'il était midi à Nice, il était 11 heures et
10 minutes à Brest ; d'où, peut-être, l’origine de l'expression
« Chacun voit midi à sa porte » !
Tant que les moyens de communications en France
erestèrent limités, c'est-à-dire jusqu'à la fin du XIX siècle, ces
différences de temps entre plusieurs villes ne posaient pas de
problème. D'ailleurs le cadran solaire demeurait la référence
incontournable pour connaître l'heure : la vie urbaine et à la
campagne étant réglée sur le Soleil, on venait mettre sa montre
ou son horloge à l'heure en consultant un type de cadran
29 PAROLES DE SOLEIL
particulier, la méridienne. Il s'agit d'un cadran indiquant
uniquement le midi solaire ; ces méridiennes, dont certaines
étaient tracées à l'intérieur de cathédrales, faisaient en quelque
sorte office d'« horloge parlante ».
Mais en 1891, la France instaura une heure unique, celle du
méridien de Paris. Le développement du chemin de fer
nécessitait en effet une heure unique sur tout le territoire
français. Ce fut un rude coup porté aux cadrans solaires, tout
comme le furent les progrès techniques considérables apportés à
l'horlogerie mécanique.


Denis Savoie
Président de la Commission des cadrans solaires
eSociété astronomique de France (Paris 16 )
30 GNOMONIQUE ET CADRANS SOLAIRES

GLOSSAIRE TECHNIQUE DES TERMES
GNOMONIQUES UTILISÉS DANS L’OUVRAGE
Analemme
Appellation anglo-américaine d'une courbe dite « en huit » en raison
de sa forme, permettant de lire directement le temps moyen sur un
cadran solaire. À l'origine, l'analemme désigne une projection
orthographique des cercles de la sphère céleste.

Analemmatique
Se dit d’un cadran le plus souvent tracé sur un plan horizontal, où le
style est mobile le long d’une échelle de date inscrite à sa surface. Le
style est parfois figuré par une personne prenant place à
l’emplacement de la date du jour. Ce type de cadran ne possède pas
de lignes horaires ; l'heure se lit à l'intersection de la direction de
l'ombre du style et des points horaires qui dessinent une ellipse.

Arc diurne
Courbe tracée sur la table d'un cadran, matérialisant la trajectoire de
l'extrémité de l'ombre du style au cours d'une journée. Sous nos
latitudes, ces courbes sont des hyperboles, hormis pour le cadran
équatorial où elles deviennent des cercles. Habituellement, les
cadrans solaires comportent sept courbes de déclinaison
correspondant aux dates d’entrée du Soleil dans les douze signes du
zodiaque.

Bloc (ou cadran) multiple
Œuvre gnomonique possédant plusieurs faces dont chacune est
agrémentée d’un cadran d’orientation et d'inclinaison particulières.

Cadran déclinant sud-est
Se dit d’un cadran vertical dont l’orientation est comprise entre le
sud et l’est.

Cadran déclinant sud-ouest
Se dit d’un cadran vertical dont l’orientation est comprise entre le
sud et l’ouest.
31 PAROLES DE SOLEIL
Cadran de série
Type de cadran fabriqué industriellement en grande quantité,
bien souvent sans que les canons de la Gnomonique aient été
respectés pour son tracé. Une grande partie des cadrans de série
sont construits de façon très fantaisiste et bien peu donnent une
heure correcte…

Cadran équatorial
Cadran dont la table se trouve parallèle au plan de l’équateur
4terrestre. Inclinée de (90°- Φ) par rapport au plan horizontal , la
surface supérieure de ce cadran est éclairée par le Soleil au
printemps et en été, et la face inférieure en automne et en hiver.
L’avantage de ce type de cadran est la facilité du tracé des lignes
horaires qui sont alors espacées de 15°.

Cadran horizontal
Cadran dont la table est située dans le plan horizontal.

Cadran incliné
Se dit d’un cadran dont la table est inclinée par rapport au plan
horizontal du lieu où il se trouve.

Cadran méridional
Type de cadran vertical dont la table fait face au sud
géographique du lieu où il se trouve.

Cadran oriental
Type de cadran vertical dont la table fait face à l’est
géographique du lieu où il se trouve.

Cadran orienté
Se dit d’un cadran à tracé méridional, placé sur un mur ne faisant
pas face au sud géographique, orienté de façon que sa table se
trouve face au sud.

4. En Gnomonique, on note la latitude géographique d’un lieu par la lettre
grecque Φ (phi). Cette valeur est positive pour les latitudes de
l’hémisphère nord et négative pour celles de l’hémisphère sud.
32 GNOMONIQUE ET CADRANS SOLAIRES

Cadran occidental
Type de cadran vertical dont la table fait face à l’ouest
géographique du lieu où il se trouve.

Cadran polaire
Type de cadran dont la table est inclinée d'un angle égal à la
latitude du lieu ( Φ) par rapport au plan horizontal du lieu.

Cadran septentrional
Type de cadran vertical dont la table fait face au nord
géographique du lieu où il se trouve.

Cadran septentrional déclinant nord-est
Se dit d’un cadran vertical dont l’orientation est comprise entre
le nord et l’est.
éclinant nord-ouest
Se dit d’un cadran vertical dont l’orientation est comprise entre
le nord et l’ouest.

Cadran tronconique
Type de cadran tracé généralement à l'intérieur d'un tronc de
cône.

Cadran vertical
Type de cadran dont la table est tracée dans le plan vertical.

Chronogramme
Inscription contenant des lettres numériques qui, une fois additionnées,
indiquent une date. Sur les cadrans solaires, les devises chronogrammes
donnent généralement la date de leur réalisation.

Équation du temps
Quantité qu'il faut ajouter au temps solaire vrai pour obtenir le temps
solaire moyen. L'équation du temps traduit les inégalités liées au
mouvement apparent du Soleil au cours de l'année. Elle résulte d'une
part de l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre et d'autre part de la
variation de la vitesse de la Terre autour du Soleil (lois de Kepler). Elle
fluctue de - 16 minutes, début novembre, à + 14 minutes, en février.
33 PAROLES DE SOLEIL
Équinoxiale (ligne)
Ligne tracée sur la table d'un cadran et représentant le parcours
de l’ombre de l’extrémité du style aux équinoxes.

Heures babyloniques
Système de décompte des heures depuis le lever du Soleil
jusqu’au lever suivant.

Heures italiques
Système de décompte des heures depuis le coucher du Soleil
jusqu’au coucher suivant.

Heures temporaires
eSystème de division du temps où une heure correspond à 1/12
de l'intervalle de temps s’écoulant entre le lever et le coucher du
Soleil. Les heures temporaires ont une durée variable au cours de
l'année et ne durent 60 minutes qu’aux équinoxes.

Ligne horaire
Ligne tracée sur la table d’un cadran, indiquant une heure
donnée lorsque l’ombre d’un style polaire s’y superpose.

Scaphé
Cadran solaire tracé à l'intérieure d'une surface sphérique.

Style
Organe principal du cadran solaire, dont l’ombre portée sur la
table indique l’heure. Souvent constitué par une simple tige de
métal, plus ou moins ouvragée, le style peut avoir la forme d’un
triangle (plein ou évidé), voire parfois être remplacé par un
œilleton. Dans ce dernier cas, c’est la tache de lumière qui
permet d’indiquer l’heure. Lorsque le style est dirigé vers l’Étoile
polaire, on dit alors qu’il est « polaire ». Lorsqu’il est implanté
perpendiculairement à la table du cadran, on le qualifiera de
« droit ».

Table
Généralement plane, mais pouvant être concave ou convexe,
c’est la surface principale d’un cadran solaire sur laquelle est
projetée l’ombre du style. Elle est parcourue par les lignes
34 GNOMONIQUE ET CADRANS SOLAIRES

horaires, parfois par des courbes de déclinaison et d'autres lignes
donnant différentes informations.

Temps légal
Temps officiel en usage dans un État. Actuellement en France, le
temps légal est égal à UT + 1 h, du dernier dimanche d’octobre
au dernier dimanche de mars (heure d'hiver), et UT + 2 h du
dernier dimanche de mars au dernier dimanche d’octobre (heure
d'été).

Temps sidéral
Angle horaire du point vernal, point immatériel correspondant à
l'intersection de l'équateur céleste et de l'écliptique. On peut
considérer que le point vernal coïncide avec une étoile : entre
deux passages de cette étoile au méridien, il s'écoule
23 h 56 min 04 s.

Temps solaire vrai
Temps indiqué par les cadrans solaires classiques. En réalité, les
cadrans solaires indiquent l'angle horaire du Soleil, que l'on
énonce comme un temps. Le temps solaire vrai, strictement
local, n'est pas uniforme, en raison des inégalités liées au
mouvement du Soleil.

Temps solaire moyen
Temps solaire vrai corrigé de l'équation du temps. Le temps
moyen, strictement local, est un temps uniforme. Il est 0 h de
temps solaire moyen lorsque le Soleil moyen passe au méridien
du lieu; mais pour des raisons pratiques, on l'augmente
systématiquement de 12 h.

Temps universel
Temps moyen de Greenwich augmenté de 12 h (abréviation
UT).
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