340 pages
Français

Pérennité urbaine, ou la ville par-delà ses métamorphoses

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Description

Au moment où la notion de développement durable devient centrale, la réflexion sur la pérennité urbaine se justifie, car l'urbanisation traduit une conquête protéiforme, répétitive et banale des espaces tandis que la ville renvoie à la singularité, à l'héritage, à l'historicité, à l'esthétique et à la complexité. La croissance contrarie-t-elle la permanence urbaine ou bien en est-elle constitutive ? Cet examen se décline sur trois volumes. Ce premier volume pose la question de la durabilité urbaine.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2009
Nombre de lectures 368
EAN13 9782296216204
Langue Français
Poids de l'ouvrage 32 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

PERENNITE URBAINE Ou la ville par-delà ses métamorphoses Volume I : Traces
ITINERAIRES GEOGRAPHIQUES Sous la direction de Colette Vallat
Espace de débats scientifiques reflétant la diversité et la densité des intérêts géographiques comme la richesse méthodologique qui préside à la recherche en ce domaine, cette collection veut rassembler tous lesitinéraires menant au territoire (géographie sociale, culturelle, quantitative, normative, aménagement…). Forum où rien de ce qui touche à l'homme n'est indifférent la collection donne aussi l'occasion d'ouvrir le dialogue avec de nombreuses sciences humaines en accueillant les textes présentant une réelle curiosité pour l'espace, les cultures et les sociétés. Déjà parus 1) Corinne Eychenne,Hommes et troupeaux en montagne : la question pastorale en Ariège(2005)2) Richard Laganier (ed.),Territoires, inondation et figures du risque, la prévention au prisme de l’évaluation(2006) 3) Ugo Leone, Gilles Benest,Nouvelles politiques de l’environnement(2006) 4) Alexandre Moine,Le territoire : comment observer un système complexe(2007) 5) Gabriel Dupuy, Isabelle Géneau de Lamarlière (ed.), nouvelles échelles des firmes et des réseaux, un défi pour l’aménagement (2007) 6) Yves Guermond (coord.),Rouen : la métropole oubliée(2007) 7) Hervé Rakoto (coord.),Ruralité Nord-Sud, Inégalités, conflits,innovations (2007) 8) Jean-Pierre Vallat (dir.)Mémoires de patrimoines(2007) Titres à paraîtrePatrice Melé, Corinne Larrue (coord.),Territoires d’actionLionel Laslaz,Les zones centrales des Parcs Nationaux alpins Julien Frayssignes,Les AOC des filières fromagères dans le développement territorial Philippe Dugot, Michaël Pouzenc,Territoire du commerce et développement durable
Sommaire Volume I : Traces COLETTEVALLAT09, Entre pérennité et métamorphose : la ville Première partie Symboles et durabilité : le marquage mémoriel de l’espace urbain ANTOINE LEBLANC,PASCALEPHILIFERT17, Introduction PASCALEPHILIFERT, « Demeurer » : une approche comparative de 21 l’évolution des relations entre le cimetière et la ville, en France et au Maroc BERNARDREITEL, Pouvoir politique et production d’espace urbain : 35 histoire des politiques d’aménagement urbain à Berlin FLORINEBALLIF, Les traces de la guerre civile : la pérennisation 49 despeacelinesà Belfast CHARLESAMBROSINO, Le cluster culturel, un artefact conceptuel pour mieux 59 comprendre la ville contemporaine : l’exemple du quartier Berriat à Grenoble GÉRALDINEDJAMENT-TRAN, La « méthode comprimante » ou comment 71 faire du neuf avec du vieux : l’exemple de la « Ville Eternelle » CATHERINEFOURNET-GUÉRIN83, Le vieux Tana n’est plus ? « La forme d’une ville change plus vite, hélas… » JEAN-PIERREMARTINON, La mémoire et l’oubli : du musée à la ville 95 Deuxième partie Résistance des villes : le devenir des lieux LAURENTCOUDROY DELILLE, Introduction 115 DELPHINEPAGÈS-ELKAROUI,119La pérennité des cités du delta du Nil : traces et limons urbains CÉLINEPIERDET131, Digues et remblais de Phnom Penh (Cambodge) par-delà les crises : la pérennité d’une capitale fluviale endiguée en question FADILAKETTAF, Les places publiques du centre-ville d’Oran : 147 entre pérennité et altérité
ANTOINE LEBLANC, La ville trente ans après une catastrophe sismique : 161 traces, identité, renouveau, l’exemple de Gémone (Italie) CHLOËVOISIN, Continuité ? Rupture ? Le difficile choix de la forme 173 de la construction du centre-ville à Dresde, Chemnitz et Magdeburg SAMUELRUFAT, Bucarest entre inertie et résilience : 187 questions d’échelles et de terminologie MABROUKJEBAHI, De la pérennisation d’un haut lieu : 199 la longue histoire d’un cimetière tunisois JEAN-CLAUDECROIZÉ209, L’habitat individuel dans les villes françaises : une vue sur le temps long NORASEMMOUD, La recomposition sociale de l’espace : 221 un phénomène pérenne Troisième partie Planification et aménagement : la ville dans sa dimension temporelle PATRICKBOUCHERON235, Introduction CHRISTOPHEGIUDICE239, Mutation et permanence de l’espace tunisois : e de la ville coloniale à la ville duXXIsiècle YASSAMINETAYAB, Quelle identité pour Téhéran ? Entre modernisation, 253 mutation urbaine et développement anarchique JONATHANCHA263, L’expression des traces du passé comme processus de redéfinition identitaire et urbaine : regard sur la reconstruction des espaces publics du Vieux-Montréal AURÉLIENDELPIROU279, Les vestiges archéologiques et la production de l’espace urbain dans la périphérie de Rome : des conflits d’usage aux projets urbains « intégrés » ? L’exemple du « programme Alessandrino » PIERRE LEGOÏC293, Donner un avenir au passé : politiques locales de la trace historique dans trois villes reconstruites, Lorient, Saint-Nazaire, Brest MOHSENBENHADJSALEM303, De l’ambiance héritée à l’ambiance programmée : les leçons d’une experience CATHERINEWEILL-ROCHANT, Evaluer la perennite urbaine : 315 l’exemple du plan Geddes pour Tel Aviv
INTRODUCTION ENTRE PERENNITE ET METAMORPHOSE : LA VILLE Colette Vallat* A lire l’ensemble des textes réunis dans ces trois volumes traitant de la permanence urbaine et des transformations citadines, il apparaît que les acteurs et les chercheurs de l’urbain (géographes, historiens, architectes, philosophes, sociologues, urbanistes, aménageurs...) reviennent encore une fois sur le concept de ville ! Pourquoi revisiter cette réalité quand le mot « urbanisation » semble si bien correspondre aux réalités contemporaines et que, depuis quelques années, l’attention s’est plus portée sur les transformations urbaines que sur les traits invariants de la cité ? Sans doute est-ce nécessaire parce que les mutations actuelles, liées à la métropolisation, sont si violentes et si radicales qu’il y a lieu, encore et toujours, de s’interroger sur la définition d’un objet soumis à de tels séismes. Il est utile, pour cette même raison, de soumettre l’observation de l’urbain, phénomène en mouvement, à la notion de pérennité, car une perspective sur le temps long permet de le dégager des turbulences contemporaines et d’écarter nombre de scories qui cachent l’essence profonde des phénomènes. Ainsi, après qu’ont été longuement débattues des thèses radicales telles 1 celles de Jean-Pierre Gaudin qui campe la crise urbaine , de Nicole Haumont, 2 Jean-Pierre Lévy ou Pierre Veltzqui présentent une ville éclatée , ou encore celle de Paul Virilio quiperçoit la panique qui caractérise désormais nos 3 villes , les chercheurs éprouvent-ils le besoin de reprendre une approche * Université Paris X, laboratoire Mosaïques, LOUEST/UMR 7145. 1 Jean-Pierre Gaudin (éd.):Technopolis : crises urbaines et innovations municipales, 168 p., PUF, 1989. 2  Nicole Haumont et Jean-Pierre Lévy (éd.):: quartiers et peuplement,La Ville éclatée p., 261 L’Harmattan, 1998. Nicole May, Pierre Veltz :La Ville éclatée, 350 p., éd. de l’Aube, 1998. 3 Paul Virilio :Ville panique : ailleurs commence ici, 144 p., Galilée, 2003.
10C. Vallat (dir.)
articulée sur la construction ou la reconstruction de l’urbain. L’appréhension, par une démarche fondamentale, des crises et des incertitudes, semble avoir précédé la volonté de rétablir par l’action une ville perçue comme « idéale » 4 5 qui tend à se régénérer , à se renouveler , bref ce récent positionnement 6 7 aboutit à ce que se dévoile une ville émergente que l’on voudrait durable . Pour la comprendre et l’établir ne faut-il pas entreprendre une nouvelle approche intellectuelle du fait urbain ? En effet, confronter l’étude de la ville, objet en incessante recomposition qui peut décliner, voire disparaître, au temps long, permet de poser la question de ce qui fait l’urbain, de cette identité citadine qui transcenderait les lieux et les cultures. Entrer par la pérennité pour étudier l’urbain ouvre un vaste champ de recherche temporelle qui ne peut se concevoir sans qu’une réflexion scolaire ne lui fasse pendant, au moment où les notions de développement durable et de rapport du global au local sont si capitales. L’approche territoriale multiscolaire traduit dans l’espace le même dualisme qui existe entre le factuel et le structurel, entre l’anecdotique et l’essentiel, car si l’urbanisation traduit une conquête protéiforme, plus ou moins lâche, toujours répétée et fort banale des espaces, la ville renvoie à la singularité, à l’héritage, à la complexité, à l’esthétique, à l’exception. Si aucune ville ne ressemble à une autre, au même moment cet objet spatial est azonal et ses aspects diachroniques sont capables de traduire la durée. La ville examinée dans ces pages est donc un concept tout autant qu’un objet, puisque au-delà de sa réalité matérielle son essence même perdure. Et quand bien même, à l’image de Troie, disparaîtrait-elle, sa mémoire, sa splendeur et sa puissance persisteraient avec tant de force qu’il serait possible de la « redécouvrir » ! Mieux, l’existence de la cité (dans son acceptation de polis), elle-même transcende la ville (au sens matériel de l’urbs), et c’est bien le concept d’urbanité qui, de l’époque antique à nos jours, fixe sur le même lieu la vieille Capis grecque, qui se métamorphose en la Capoue des délices et de Spartacus, pour se transformer en une contemporaine et prosaïque Santa-Maria-Capua. Cette pérennité des organismes urbains conduit à se poser un grand nombre de questions car, quels que soient les lieux, un certain nombre de traits invariants font et fondent la ville. Après s’être étendues, fragmentées, voire dissoutes dans l’espace, nombre d’agglomérations, en ce e début deXXI siècle, se recomposent, se resserrent sur leurs centres et cherchent à se réaffirmer au travers un « recentrement » géographique et fonctionnel. En effet, si la pérennité des organismes urbains est incontestable, l’extension territoriale des villes semble, dans un même temps et dans un même mouvement, avoir agrandi les agglomérations et affaibli la « cité ». 4 Claude Chaline :La Régénération urbaine,127 p., PUF,coll. « Que sais-je ? », Paris, 1999. 5 Colloque de Lille : Renouveler la ville : les enjeux de la régénération urbaine, 384 p., FRE Ville, 2001. 6 Geneviève Dubois-Taine et Yves Chalas :La Ville émergente, 285 p., éd. de l’Aube, 1997. 7  Nicole Mathieu, Yves Guermond : La Ville durable du politique au scientifique,Cemegrf, Cirad, Ifremer, 2005.