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Booba

De
130 pages
"Pourquoi suis-je transpercé par la musique de Booba ?" L'auteur mène ici une investigation sur l'oeuvre du rappeur, qu'il érige au rang de grand poète ; digne héritier d'Artaud et Michaux. De manière plus générique, il s'interroge sur la poésie et la musique afin de comprendre les ressorts affectifs de l'écoute musicale : que génère la musique ? Qu'éveille-t-elle en nous ? Pourquoi ? Et, enfin, qu'est-ce qu'une bonne musique ?
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titre 4 de couv
« Pourquoi suis-je transpercé par la
musique de Booba ? ». C’est cette question B Bpremière qui a généré l’écriture de ce livre.
L’auteur mène alors une investigation sur
l’œuvre du rappeur, puis, de manière plus
générique, sur la poésie et la musique. Il
érige Booba au rang de grand poète ; digne
héritier d’Artaud et Michaux. Tentant de
comprendre les ressorts afectifs de l’écoute
musicale, il accorde une place cruciale au
rythme. Que génère la musique ? Qu’éveille-O Ot-elle en nous ? Et pourquoi ? Enfn, l’ultime
question fait surface : qu’est-ce qu’une
bonne musique ? La réponse amène l’auteur Poésie, à proposer une autre philosophie de la
musique, flle de Nietzsche et Spinoza. Ainsi, musique
au détour du fl d’Ariane que constituent
et philosophieles morceaux de Booba, ce livre contient
des propos sur la poésie, la culture, l’art, la
liberté et le bonheur. Alexandre O O
Chirat
Après un Baccalauréat au Lycée du Forez (42),
Alexandre Chirat poursuit ses études en classe
préparatoire au lycée Ampère de Lyon. Il décide ensuite
de rejoindre la faculté de sciences économiques et de
gestion de l’université Lumière de Lyon. Alors âgé de
21 ans, il entreprend l’écriture de cet ouvrage tout en
préparant le Capes de SES. Il obtient son concours en B Bjuillet 2014 et enseigne actuellement au Lycée du Parc
de Lyon.
ISBN : 978-2-343-05539-8
14 €A A
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boo
Alexandre Chirat
Poésie, musique et philosophie
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Booba
Poésie, musique et philosophie

Alexandre Chirat









BOOBA
Poésie, musique et philosophie















L’Harmattan



































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05539-8
EAN : 9782343055398
erA ma cousine Fafa, Le 1 septembre 2014
« Les couleurs vives et chaudes dont tu te parais
Illumineront ton doux visage à jamais
La vie est injuste et parfois laide et hideuse
Toi tu as su resté Fière, Forte et Gracieuse. »

A Jo. Le 25 octobre 2010.
« La vie cette putain t’as emporté trop tôt
Toi ce mec au grand cœur ce magnifique ado
Tu incarnes à jamais cette fureur de vivre
De ta Joie ton sourire nous sommes encore ivres ».




« Cette minute où le premier livre sort avec son
encre fraîche et son papier tendre, cette minute exaltante
et enivrante, avec un bruissement d’ailes qui virevoltent et
de première fleur qui s’ouvre sur la hauteur conquise,
cette minute-là est présente une seule fois dans la vie du
poète »
Pablo Neruda, J’avoue que j’ai vécu Avertissement liminaire

Tout commence, paradoxalement a priori, dans une
église. L’enterrement de notre Kho, Joffrey. Ma couleur
de Booba résonne alors. Mon regard ne peut croiser celui
de Bernisch. Mais nous nous regardons. Stupéfaits.
Contristés. Nous suffoquons.
Chaque écoute de cette chanson engendre désormais le
même enchaînement affectif, et donc d’idées : Ma
Couleur, Joffrey, l’Église, Bernisch et Moi, et Théo, et nos
missions tous ensemble, l’Amitié. Aussi, loin de me
maintenir dans la tristesse, cette chanson me rend au
contraire joyeux, est source de pensées heureuses.
Ainsi me suis-je donc mis à écouter Booba. D’abord
son album Lunatic. J’ai mis mes préjugés, formés lors
d’écoutes inattentives et partielles, de côté pour me laisser
charmer par l’œuvre. Puis, je découvre, chez Alexandra,
poussiéreux, reposant sur un instable porte-disque en
métal, la pochette de son album Ouest Side. C’est une
révélation. Petit à petit, écoute après écoute, je découvre
l’ensemble de son œuvre. Finalement, ses morceaux avec
Ali du temps du groupe Lunatic, quelques mois avant la
sortie, fin 2012, de son dernier album à ce jour : Futur. Le
fossé musical est immense, mais le plaisir toujours
identique et renouvelé.
J’ai alors l’étrange sensation de n’avoir jamais écouté
de musique, mais plutôt d’avoir seulement entendu des
fonds sonores, de la musique d’ameublement, à
l’exception notoire de la musique de Damien Saez.
Pourquoi sont-ils les seuls que j’écoute sans cesse, que je
découvre constamment ? Je pense trouver un début de
11 réponse. Leur musique, pour moi, est une bonne musique
parce qu’elle accroît ce que je sens, ce que je ressens sur le
moment ; consécutivement elle accroît donc ma faculté
générale à sentir et ressentir. En un mot, elle me rend
vivant car vibrant.
J’ai souvent voulu faire partager ces morceaux, de
Booba et Saez ; avec plus de succès pour le second.
Toutefois les chansons de Booba sont sempiternellement
source de Joie : j’insiste donc. Combien de railleries, voire
de hautaines moqueries, ai-je subies ? De nombreuses.
Mais il existe pire : l’indifférence. Car, la raillerie
révoltée, réaction suscitée par la peur et l’altérité, révèle
au moins que ses morceaux, qui moi me bouleversent,
dérangent, affectent et gênent aussi certains, lesquelles
regimbent souvent à s’ouvrir à cette musique et à ce flow
si singulier. J’ai fait preuve du même mépris à l’égard de
Booba, comme je l’évoquais, avant de l’écouter
véritablement. C’est pourquoi je partage les propos de
Sauvanet lorsqu’il affirme :

« Aimer s’apprend. Dans l’amour musical, il se
pourrait bien en effet que ce soient les musiques que
nous n’aimons pas à la première écoute qui finissent
par nous ravir entièrement : l’étrangeté se dévoile
peu à peu, leur beauté apparaît avec le temps, mais
1– heureusement – il reste toujours un voile » .

Vous l’avez compris. C’est Booba qui m’a incité à une
réflexion plus large sur le langage, la poésie, la musique,

1 « Nietzsche, philosophe-musicien de l’éternel retour », Archives de
philosophie, 2001/02, Tome 64, page 354.
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