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Cahiers Simondon

De
154 pages
Les Cahiers Simondon fêtent leur cinquième anniversaire, en cette année 2013 où se tiendra la Décade internationale « Simondon et l'invention du futur » (Cerisy-la-salle). C'est pourquoi nous avons voulu revenir au « duo franco-italien » qui a marqué la naissance même, voici déjà plus de dix ans, du mouvement réellement collectif – et devenu, depuis, international – de redécouverte de l'oeuvre de Simondon.
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                                                   SI   2-3-340-NB: 9 87 euroses0829-515shptéhteuqieosilhiop    eihposolihp
NMÉRO 
S ous la direction de Jean-Hugues Barthélémy
CAHIERS SIMONON
esthétiques
 
        Cahiers Simondon
Numéro 5
Collection Esthétiques  Série « Philosophie »  Coordonnée par Jean-Hugues Barthélémy  La série « Philosophie » de la collection Esthétiques se propose de publier des travaux philosophiques relatifs aux différentes « phases » (Simondon) de la culture : art, technique, religion, science, éthique, etc. Elle ambitionne par là de participer au renouveau de lEncyclopédisme, à une époque où se fait en effet sentir le besoin dune nouvelle synthèse qui redonne du sens et permette de surmonter la crise déjà diagnostiquée en son temps par Husserl. La série « Philosophie » nentend pourtant pas sinscrire dans une optique phénoménologique, mais uvrer bien plutôt à une prise de conscience qui soit source dun « humanisme difficile » : un humanisme qui sache reconnaître, notamment, lappartenance de lhomme au vivant, et celle de la technique à la culture.  Dernières parutions  CAHIERS SIMONDON - NUMERO 1, sous la direction de Jean-Hugues Barthélémy, Esthétiques, 2009.  CAHIERS SIMONDON - NUMERO 2, sous la direction de Jean-Hugues Barthélémy, Esthétiques, 2010.  CAHIERS SIMONDON - NUMERO 3, sous la direction de Jean-Hugues Barthélémy, Esthétiques, 2011.  CAHIERS SIMONDON - NUMERO 4, sous la direction de Jean-Hugues Barthélémy, Esthétiques, 2012.
 
 
Sous la direction de Jean-Hugues Barthélémy       Cahiers Simondon
Numéro 5        Ouvrage publié avec le concours de la Maison des Sciences de lHomme de Paris-Nord                                                                             
 
 
                                                                                                                      © LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00829-5 EAN : 9782343008295
Présentation      Les Cahiers Simondon  fêtent leur cinquième anniversaire, en cette année 2013 où se tiendra la Décade internationale « Simondon et linvention du futur » (Cerisy-la-salle), dont le lecteur trouvera le programme à la fin du présent numéro, dans le compte-rendu des « activités de lAtelier Simondon » rédigé par Vincent Bontems et Vincent Beaubois. Cest pourquoi nous avons voulu revenir au « duo franco-italien » qui a marqué la naissance  même, voici déjà plus de dix ans, du mouvement réellement collectif et devenu, depuis, international - de redécouverte de luvre de Simondon : sont ici réunis à cet effet deux articles confrontant Simondon à Marx, lun étant écrit par cette véritable « locomotive » française quest, pour la dynamique collective des événements consacrés à Simondon, lénergique Vincent Bontems -notre complice depuis 2001 dans un engagement simondonien qui, chez Bontems comme chez nous, se veut également bachelardien -, lautre par le philosophe italien Andrea Bardin, qui est avec Giovanni Carrozzini 1 lun des deux spécialistes transalpins de Simondon.
                                                 1  Giovanni Carrozzini, Gilbert Simondon : per unassiomatica dei saperi , Manni, 2006, et Gilbert Simondon, filosofo della « Mentalité technique » , Mimesis, 2011. Cest ici loccasion de rappeler que le premier à consacrer un ouvrage à Simondon fut, en 1993, le philosophe belge Gilbert Hottois, suivi dix ans après par son élève Pascal Chabot. En 1999, donc dans lentre-deux, parut le très bon petit livre de Muriel Combes, discuté occasionnellement par nous en 2005 puis 2008 en tant quinterlocuteur privilégié de nos deux tomes dexploration éxégétique puis de notre ouvrage de synthèse sur le grand uvre épistémo-ontologique et technologique du philosophe. Vint alors le temps des ouvrages collectifs, tantôt français comme le sont les Cahiers Simondon , tantôt étrangers  on pense ici aux deux ouvrages respectivement dirigés par nos amis Giovanni Carrozzini et Arne De Boever, principal traducteur américain de Simondon. Deux études monographiques, toutefois, sont de nouveau attendues : elles seront issues des thèses de doctorat soutenues ces dernières années par Ludovic Duhem puis Baptiste Morizot, et privilégieront, lune lesthétique et la théorie simondonienne de limagination, lautre la question transversale et décisive de linformation telle que tente de la poser à nouveaux frais lontologie génétique de Simondon.
 Tandis que larticle de Bontems ose prendre Simondon au mot lorsque ce dernier compare la prise de conscience philosophique du sens des objets techniques au rôle qua joué la philosophie lors de labolition de lesclavage, celui de Bardin propose une « ontologie difficile », à la manière de cet « humanisme difficile » que nous avions repéré chez Simondon, et au motif que Simondon sen prend non seulement au « facile humanisme » mais aussi à l « ontologie facile » des « grands mythes collectifs ». Ce nest pas ici le lieu de dire les quelques réserves que nous aurions sur tel ou tel point de ces deux réflexions, de toute façon passionnantes. Peut-être aurons-nous loccasion de le faire, si nous trouvons le temps décrire ce petit livre, qui nous tient à cur mais dont lécriture nous est pour linstant impossible, sur ce que nous nommons la « société de linvention » - que nous concevons également comme une société de lé ducation et du soin .  Viennent ensuite des textes de Victor Petit, Vincent Beaubois et Baptiste Morizot. Victor Petit, collaborateur de Bernard Stiegler et auteur dune thèse consacrée à la notion de milieu, exploite ici ce travail en prolongeant et élargissant la réflexion sur le vivant quil avait menée dans les deux premiers numéros des Cahiers Simondon . Ici encore, nous serions tenté de discuter tel ou tel point dinterprétation de la pensée de Simondon dans sa complexité, mais lessentiel est que Petit mette en évidence la notion de milieu telle quelle peut, par larticulation de ses deux sens, livrer le cur même de toute lentreprise simondonienne 1 . Son parcours rapide des milieux physique, vital, psycho-social  et technique  le conduit finalement à une ouverture sur l « éthique des machines » en lien avec le design  comme « pensée du milieu technique ». Cest là une transition parfaite entre larticle audacieux de Bontems sur la « nouvelle éthique » de Simondon et celui de Beaubois sur lintérêt
                                                 1 Cétait déjà là le sens de notre propos dans « Penser au milieu : Simondon et le XXe siècle philosophique » (conférence prononcée à lUniversité de Lille 3 lors du colloque « Simondon et la philosophie » organisé par Arnaud Bouaniche), et les deux acceptions possibles de lexpression « penser au milieu » définiront les deux premières parties du SIMONDON que nous ont commandé les éditions des Belles Lettres, et dont nous avons repris la rédaction après la longue interruption provoquée par le décès du regretté Richard Zrehen - qui dirigeait dune main de maître cette collection « Figures du savoir » pour laquelle nous sommes heureux décrire ce petit livre dinitiation pédagogique.
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de la réflexion dans le domaine du design  pour réactualiser la théorie simondonienne.  Le texte de Vincent Beaubois, actuellement doctorant à lUniversité Paris Ouest - Nanterre sous la direction dAnne Sauvagnargues, est en effet consacré à la confrontation rigoureuse et bien informée entre la « psychosociologie de la technicité » de Simondon et le fonctionnalisme de lesthétique industrielle française de lépoque, afin de dégager la spécificité dune pensée simondonienne du design . Beaubois y dévoile quen définitive, « si le fonctionnalisme radical de Jacques Viénot se prononce à la fois sur le comment  et le pourquoi  de l'usage, Simondon défend au contraire un fonctionnalisme plus modéré ne prescrivant que le comment », même si et parce que Simondon a demblée montré dans MEOT que la technicité proprement dite réside dans les fonctionnements  et non pas dans les fonctions . En dautres termes, lanti-fonctionnalisme bien connu de Simondon nest pas incompatible avec le « fonctionnalisme modéré » tel quil est défini ici pour lui être attribué.  Larticle de Morizot, lui, fait preuve dambition et apporte une réflexion dont labsence se faisait lourdement sentir au sein des études simondoniennes : il sagit pour lui de confronter la pensée ontogénétique du psycho-social avec la pensée bourdieusienne de lhabitus. Ici comme dans son article de 2012 1 , Morizot fait preuve de minutie et dinventivité à la fois, afin dindividuer vraiment les potentiels simondoniens. Les travaux de Morizot, depuis sa très remarquable thèse soutenue fin 2011 à lE.N.S. Lyon, nous semblent à chaque fois prolonger adéquatement et fort rigoureusement les pistes de réflexion que nous avions ouvertes en 2005 dans les deux tomes de notre enquête sur les sources multiples, les tensions internes mais aussi lactualité possible de ce que nous avons nommé l « Encyclopédisme génétique » de Simondon 2 . Cest pourquoi nous sommes particulièrement heureux de le publier à nouveau.                                                  1 Baptiste Morizot, « Le hasard contraint comme modalité de lindividuation », in J-H. Barthélémy (dir.), Cahiers Simondon n°4 , Paris, LHarmattan, 2012, pp. 9-32. 2  Sur la différence entre la pensée simondonienne du psycho-social et toute forme de sociologisme comme, inversement, de tout psychologisme, voir notre Simondon ou lencyclopédisme génétique , Paris, P.U.F., 2008, pp. 95-101. Nous y reviendrons dans notre SIMONDON , à travers la double critique de Durkheim
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 Enfin, le lecteur trouvera au terme de ce Numéro 5 la version française de notre « Glossaire Simondon », lequel explique les 50 notions centrales de la pensée simondonienne et contient des références systématiques aux pages qui, au sein de lensemble de luvre publiée de Simondon, sont décisives sur telle ou telle notion. Précisons ici que ces notions centrales de luvre de Simondon sont tantôt des thèmes  de réflexion classiques, comme cest le cas de la technique, de lart ou de la religion, tantôt des outils conceptuels  élaborés par Simondon, comme cest le cas de la « concrétisation », de la « transduction » ou du « préindividuel ».  Jean-Hugues Barthélémy        
 
       
                                                                                               et de Freud que nous avions eu loccasion de présenter dans le cadre de lAtelier Simondon, et dont le lecteur pourra également trouver une première version à la fin de la Leçon 1 de notre Philosophie, les leçons. Une introduction pédagogique aux grandes questions (Paris, Ellipses, 2013 ; à paraître).
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Esclaves et machines, même combat ! Laliénation selon Marx et Simondon  par Vincent Bontems, chercheur au Larsim (CEA)
   Sardi venales, alius alio nequior   
 Introduction    Du mode dexistence des objets techniques (MEOT) souvre sur un appel, au premier abord déroutant, à la libération des machines. Simondon compare en effet la réhabilitation culturelle des objets techniques à lengagement des humanistes contre lesclavage : « La prise de conscience des modes dexistence des objets techniques doit être effectuée par la pensée philosophique, qui se trouve avoir à remplir dans cette uvre un devoir analogue à celui quelle a joué pour labolition de lesclavage et laffirmation de la valeur de 1 la personne humaine » . Ce qui ne semblerait être quune exagération métaphorique est pourtant bien, selon nous, lexpression de lintention directrice de son ouvrage. Le parallèle établi entre lintégration de la technique au sein de la culture contemporaine et labolition de lesclavage témoigne de lengagement éthique fondamental de Simondon : il entend promouvoir un humanisme inédit, que notre ami Jean-Hugues Barthélémy a justement identifié comme l« humanisme difficile » 2 . Un tel humanisme ne méconnaîtrait plus la part dhumanité qui se trouve contenue dans les objets techniques, et sa réalisation impliquerait de mettre fin à ce que nous désignerons comme
                                                 1  Gilbert S IMONDON , Du Mode dexistence des objets techniques , Paris, Aubier, 2012, p. 9. 2  Jean-Hugues B ARTHELEMY , Simondon ou lEncyclopédisme génétique , Paris, Presses Universitaires de France, 2008, p. 4.