Caravage

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Le Caravage (Michelangelo Merisi) (Caravaggio, 1571 – Porto Ercole, 1610)
Après avoir séjourné à Milan durant son apprentissage, Michelangelo Merisi arriva à Rome en 1592. Là, il commença à peindre en faisant preuve de réalisme et de psychologie dans la représentation de ses modèles. Le Caravage était aussi versatile dans sa peinture que dans sa vie. Lorsqu'il répondait à de prestigieuses commandes de l'Eglise, son style dramatique et son réalisme étaient considérés comme inacceptables. Le clair-obscur existait bien avant que le Caravage n'arrive sur scène, mais ce fut lui qui établit définitivement cette technique, obscurcissant les ombres et rivant son sujet à la toile par un rayon de lumière aveuglant. Son influence fut immense, et se propagea d'abord grâce à ses disciples plus ou moins directs. Célèbre de son vivant, le Caravage exerça une immense influence sur l'art baroque. Les écoles génoise et napolitaine s'inspirèrent de son style, et le grand développement de la peinture espagnole au XVIIe siècle était en liaison directe avec ces écoles. Dans les générations ultérieures, les peintres les plus doués oscillèrent toujours entre la vision du Caravage et celle de Carracci.

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Date de parution 08 mai 2012
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EAN13 9781780428536
Langue Français

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caravage
Félix Witting & M.L. Patrizi
Auteurs : Félix Witting M.L. Patrizi Traducteurs : Marie-Alix Boisseau Irène Besson
Mise en page: Baseline Co Ltd 127-129 A Nguyen Hue Bld e Fiditourist, 3 étage District 1, Ho Chi Minh-Ville Vietnam
© Parkstone Press International, New York © Confidential Concepts, Worldwide, USA The Royal Collection © 2007 Her Majesty Queen Elizabeth II, p. 126-127 Crédit photographique Pierre Mignot, p. 192 © The Metropolitan Museum of Art, p. 158, 161
Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays. Sauf mention contraire, le copyright des œuvres reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.
ISBN : 978-1-78042-853-6
CARAVAGE
Sommaire
Introduction
I. Caravage, un destin romanesque Les Premières Années et son départ pour Rome Les Premières Œuvres romaines et l’église San Luigi dei Francesi L’Exil Son Visage était le portrait de son âme
II. La Naissance d’un style Le Peintre des plaisirs et de l’interdit Caravage ou la révolution esthétique
III. Autres Regards Caravage conté par Giovanni Pietro Bellori La « Notizia » de Mancini Le Curriculum vitae d’un peintre criminel Lettre du 29 juillet 1610 de l’évêque de Caserte au cardinal Scipion Borghèse
Conclusion Notes bibliographiques Biographie Liste des illustrations
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I ntroduction
i Caravage et son art restèrent dans l’oubli depuis près de 300 ans, force est e pouSr détruire la peinture ?) et enfoui dans les méandres de l’oubli, son nom semble de constater que, depuis le début XX siècle, une rédemption leur a été amplement accordée. Bien que banni (Poussin ne dit-il pas qu’il était venu avoir pourtant surgi dans la mémoire collective à certains moments précis de l’histoire. A l’époque déjà, un contemporain de Caravage, Giovanni Baglione, avait su reconnaître l’importance de celui-ci en tant que précurseur d’un style résolument 1 moderne . Quoique constatant chez l’artiste ce grand désir d’être à la recherche de « la ferveur publique, qui ne juge pas avec les yeux, mais regarde avec les oreilles » et d’avoir poussé de nombreux jeunes artistes à prêter attention exclusivement au coloris, et non pas à la composition des personnages, il décrit tout de même ses œuvres comme étant « faites avec la plus grande application, de la façon la plus exquise » — A cet instar, le mécène de Caravage, le marquis Vincenzio Giustiniani di Bassano (1564-1637), ne doutait pas du grand génie de l’artiste de son vivant. Dans une lettre adressée à l’avocat Teodoro Amideni, ce dernier reprend le point de vue 2 du peintre qu’il considérait comme décisif : « comme le disait Caravage, il lui en coûtait autant de soin pour faire un bon tableau de fleurs qu’un tableau de personnages » — « parmi les peintres de premier choix – nous avons notre Caravage ». Caravage peignit également pour lui son « Cupido a sedere » (Amour vainqueur) (p. 112), et, lorsque le tableau d’autel avec saint Matthieu pour la chapelle Contarelli à San Luigi dei Francesi fut refusé par la congrégation, le marquis décida 3 de l’acquérir . Quant à l’historien d’art Giulio Cesare Gigli, il se répandit également en éloges dithyrambiques sur l’art de Caravage à propos de lapittura trionfante: « Voici ce qu’est le grand Michelangelo Caravage, un peintre grandiose, la merveille de l’art, 4 e le miracle de la nature. » Par ailleurs, au XVIII siècle, dans une lettre adressée à Giambattista Ponfredi, le 20 octobre 1765, le directeur de l’Académie espagnole à Rome, Francisco Preziado, décrit le peintre Caravage comme étant le fondateur 5 d’une école à laquelle appartiennent désormais Ribera et Zurbarán . Et si la période classique vit de temps à autre surgir l’évocation de ce peintre tumultueux, ce fut plus particulièrement pendant la période romantique que se porta un intérêt ponctuel pour l’initiateur du baroque. Le grand philosophe Schopenhauer (1788-1860) 6 aussi lui prêta attention , mais, d’un point vue d’expert, ce fut le professeur Waagen 7 (1794-1868) qui chercha à décrire les caractéristiques de Caravage . Ensuite, d’un point de vue plus académique, ce fut l’historien d’art Manasse Unger (1802-1868) 8 qui, dans sesKritische Forschungen, fit des recherches sur les effets artistiques de ce
Ottavio Leoni,Portrait de Caravage.
Pastel sur papier, 23,5 x 16 cm.
Biblioteca Marucelliana, Florence.
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9 peintre, et commença à rédiger une biographie de Caravage , plutôt complète pour l’époque, selon le jugement historique de J. Meyer. L’historien d’art Eisenmann chercha également à donner sens aux critiques fluctuantes concernant l’importance 10 de l’artiste . Quant aux historiens Woltmann (1841-1880) et Woermann (1844-1933) ils firent un portrait littéraire du peintre dans le cadre du développement historique 11 de la peinture . Ce furent des propos rares mais graves, étrangement réservés pourtant pleins de tension, que l’historien d’art Jakob Burckhardt (1818-1897), dédicaça à l’artiste dans la première édition duCicérone. Force est de constater qu’ils 12 furent à peine modifiés dans les parutions suivantes . Entre-temps, des peintres comme Théodule Ribot (1823-1891) prirent entièrement parti pour le maître baroque et, d’une manière plus intentionnelle, cherchèrent à sauvegarder les théories 13 de leur Caravage français, le maître Valentin de Boulogne . Tout ce qui resta encore à faire, dans ce domaine, fut un hommage historique, objectif, et la reconnaissance d’une dimension psychologique des œuvres de Caravage et de son art, pour arriver, au-delà de l’enthousiasme littéraire, jusqu’aux mérites éternels du peintre.
La vie de Caravage donna donc naissance à de nombreuses interprétations biographiques, toutes dominées par la personnalité violente et extravagante du peintre. L’une de celles-ci, composée sous forme de poème, est la fameuseNotiziaécrite par Mancini (dont une traduction figure ici, au chapitre 3) qui relate les événements majeurs de la vie de Caravage. Selon ce poème et d’autres sources historiques, Michelangelo Merisi naquit en septembre 1571, probablement le 29, le jour de la saint Michel archange, à er Milan où travaillait son père comme contremaître et architecte de Francesco I Sforza, marquis de Caravaggio. La prédisposition pour la peinture dont fit preuve assez tôt l’enfant pourrait lui avoir été transmise par son père. Cela contredit les écrits de Bellori (dont une traduction figure ici, au chapitre 3) selon lesquels l’artiste, né d’un père maçon, aurait, comme son contemporain Polidoro, porté dès son plus jeune âge les seaux de chaux et les enduits destinés aux fresquistes. Il semble cependant assez probable que Michelangelo ait hérité de ses ancêtres un certain talent, bien que certains biographes aient voulu en minimiser la signification. Quoiqu’il en soit, ses parents étaient donc d’honorables membres de la cité. Son père, étant intendant du marquis, jouissait d’une protection certaine dont Caravage allait bénéficier toute sa vie. En 1576, la peste qui s’abattit sur le duché de Milan obligea la famille de Michelangelo Merisi à fuir Milan pour la petite ville de Caravaggio où l’artiste passa son enfance. Quelques mois après l’exode, Michelangelo Merisi perdit son père à l’âge six ans.
Sept années plus tard, le 6 avril 1584, Caravage entra en apprentissage chez le peintre Simone Peterzano à Milan, où il étudia avec assiduité pendant quatre ou cinq ans, quoique se livrant déjà de temps à autre à quelques extravagances causées, dit-on, par son tempérament excessif et emporté.
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