Georges Franju

Georges Franju

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248 pages

Description

Le chef-d'oeuvre de Georges Franju, "Les Yeux sans visage" (1960) a inspiré un certain nombre de cinéastes, de John Woo ("Volte/face", 1997) à Pedro Almodóvar ("La Piel que habito", 2011). Contemporain de la Nouvelle Vague, Franju réalise un film intemporel et insolite au sein du septième art qui se renouvelle fortement à cette époque mémorable. Franju réussit à transposer l'invisibilité d'un monstre à l'écran, personnage central, dont on ne voit jamais le visage. Épigone de Frankenstein, le père de cette créature tente désespérément de combler son déficit d'image, d'accomplir une transfiguration miraculeuse, une transsubstantiation d'un visage profane en image désincarnée.

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Date de parution 22 mars 2019
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EAN13 9782140117312
Langue Français

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GEORGES FRANJU L’image désincarnée
Éric Costeix
Champs visuels Collection dirigée par Pierre-Jean Benghozi, Raphaëlle Moine, Bruno Péquignot et Guillaume Soulez  Une collection d'ouvrages qui traitent de façon interdisciplinaire des images, peinture, photographie, B.D., télévision, cinéma (acteurs, auteurs, marché, metteurs en scène, thèmes, techniques, publics etc.). Cette collection est ouverte à toutes les démarches théoriques et méthodologiques appliquées aux questions spécifiques des usages esthétiques et sociaux des techniques de l'image fixe ou animée, sans craindre la confrontation des idées, mais aussi sans dogmatisme. Dernières parutions Noël BURCH et Geneviève SELLIER,La drôle de guerre des sexes du cinéma français (1930-1956), 2019. Franck TOURRET, Alain Resnais, le pari de la forme, 2019. Florent BARRERE,Cœlacanthe. Une espèce animale à l’épreuve des médias, 2018. Alexia ROUX et Saad CHAKALI,Humanité restante. Penser l’évènement avec la sérieThe leftovers, 2018. Guillaume LAVOIE,L’imaginaire du chemin de fer dans le western américain. Essai sur un mythe cinématographique, 2018.Jean MONTARNAL,La « qualité française ». Un mythe critique ?,2018. François MARTIN (dir.),Animer Starewitch, 2018. Isabel NOGUEIRA,L’image dans le cadre du désir, Transitivité dans la peinture,la photographie et le cinéma, 2018.Florent BARRERE,Une espèce animale à l’épreuve de l’image. Essai sur le calmar géant. Nouvelle édition revue et augmentée, 2017. Eric BONNEFILLE,Maurice Tourneur. Une vie au long cours, 2017. Rémi FOURNIER LANZONI,Rire de plomb. La comédie à l’italienne des années 70, 2017. Raphaël ROTH,À l’écoute de Disney. Une sociologie de la réception de la musique au cinéma, 2017. Hyun Jung CHOI,Origines et prémices du personnage documentaire. La liminalité du personnage documentaire I, 2017. Hyun Jung CHOI,et évolution du personnage Émancipation documentaire. La liminalité du personnage documentaire II, 2017. Jean-Pierre ESQUENAZI,Eléments pour l’analyse des séries, 2017.
Georges FranjuL’image désincarnée
© L’HARMATTAN, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr/ ISBN : 978-2-343-16475-5 EAN : 9782343164755
Éric Costeix Georges Franju L’image désincarnée
Du même auteur
Alain Resnais : La mémoire de l’éternité, L’Harmattan, Collection « Champs visuels », 2013
André Téchiné : Le Paysage Transfiguré, L’Harmattan, Collection « Champs visuels », 2008
Cinéma et Pensée visuelle, Regard sur John Carpenter, L’Harmattan, Collection « Champs visuels », 2005
Sommaire
Introduction....................................................................................................... 9 1. Au fondement de l’image ...................................................................... 15 2. L’image désincarnée ............................................................................... 25 3. La réalité de l’image................................................................................ 35 4. Regard de l’au-delà ................................................................................. 49 5. Le lieu du crime ...................................................................................... 65 6. Le miroir de l’âme................................................................................... 79 7. Rendez-vous avec la mort ..................................................................... 91 8. Une première apparition...................................................................... 105 9. Volte-face ............................................................................................... 121 10. Un homme providentiel ...................................................................... 135
11. Une inhumation simulacre .................................................................. 149 12. Les profanateurs de sépulture............................................................. 159 13. Femmes fatales...................................................................................... 169 14. Un piège mortel .................................................................................... 189 15. La descente aux enfers ......................................................................... 205 16. Fenêtre sur l’éternité............................................................................. 217 Conclusion ..................................................................................................... 231
Index ............................................................................................................... 237 Bibliographie.................................................................................................. 241
Introduction
Fondateur avec Henri Langlois de la Cinémathèque française, Georges Franju, avecLes Yeux sans visage, (1960), nous offre la « singularité d’un fantastique à la française » (Burdeau, 2000 : 3), « film noir » au « gothique flamboyant » (Delahaye, 1960 : 54). Fidèle à un cinéma de la désincarnation, déjà mis au jour dansLe Sang des bêtes(1949), il crée une image artificielle construite sur le réel, où le regard se transfigure en invisible, le visage s’abstrait du corps, une opération que l’on pourrait qualifier de « transsubstantiation de la réalité en simulacre désincarné. » (Mondzain [2], 2002 : 79) Pour cela, il utilise la « puissance expressive de la lumière, l’un des signifiants majeurs du langage cinématographique » (Revault D’Allonnes, 1994 : 11), selon une forme de classicisme, dontLes Yeux sans visagesont empreints. Depuis toujours, Franju possède « une passion pour la lumière du muet et parle de “magie orthochromatique” (par opposition à la pellicule panchromatique des années 30) » (Burdeau,op.citopérateur,. : 5). Ainsi, il emploie un chef Eugen Schuftan (ou Schüfftan), formé à l’école des beaux-arts, « parmi les plus importants chefs opérateurs du cinéma expressionniste allemand, où la lumière joue le premier rôle. » (ibid.) Ce directeur de la photographie a collaboré avec le Réalisme poétique français, Marcel Carné en particulier (Le Quai des brumes, 1938,Drôle de drame, 1937), Max Ophuls (Sans lendemain, 1940,La Tendre ennemie, 1936,Yoshiwara, 1937…), Alexandre Astruc (Le Rideau cramoisi, 1953). De là, un certain rapport du cinéma de Franju avec le Réalisme poétique de Carné-Prévert. D’ailleurs, 1 Jean Douchet le compare à Delannoy à propos du filmThérèse Desqueyroux: « Franju (1962), l’un des artisans de la Qualité française faisait partie des cinéastes “qui n’ont rien à dire, mais le disent bien”. » (Magny, Joël, 1992 : 47) Le réalisateur restait attaché à une « esthétique passablement désuète », comme à un « esprit anticlérical et
1 Jean Delannoy fut la principale cible de la Nouvelle Vague. François Truffaut lui reprochait son académisme, son absence totale de sincérité, la froideur de ses réalisations ; notammentChiens perdus sans collier(1955) d’après le roman de Gilbert Cesbron,Notre-Dame de Paris (1956) d’après Victor Hugo (Jacques Prévert au scénario),La Symphonie pastorale(1946) d’après André Gide,Les Jeux sont faits(1947) d’après Jean-Paul Sartre,La Princesse de Clèves(1961) d’après Madame de la Fayette, Les Amitiés particulières(1964) d’après le roman de Roger Peyrefitte,Dieu a besoin des hommes (1950) d’après Henri Queffélec,Le Baron de l’écluse (1960) d’après Georges Simenon,L’éternel retour (1943) avec Jean Marais et Madeleine Sologne sur un scénario de Jean Cocteau…