Godzilla MD

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Livres
200 pages

Description

Le kaiju eiga (film de monstres) continue encore aujourd'hui à offrir aux théoriciens un indicateur intéressant de l'évolution de la société japonaise depuis 1954, année de sortie du premier Godzilla. Le Japon d'après-guerre demeure sans nul doute un lieu de prédilection qui se prête à l'incarnation de plusieurs périls enfantés par l'inconscience des hommes. Godzilla et ses avatars, par leurs ravages cataclysmiques, perpétuent cette image d'une nation victime des forces de la nature ou des dérives génocidaires de la science.

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Date de parution 01 mai 2014
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EAN13 9782336346663
Langue Français

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Alaîn Vézîna
MD GODZILLA Une métaphore du Japon d’après-guerre
Nouvelle édîtîon
MD GODZILLA Une métaphore du Japon d’aprèsguerre
IMAGES D’ASIE Collection dirigée par Antoine Coppola
Antoine COPPOLA,Le cinéma coréen des années 90 à nos jours (à paraître). Olivier HADOUCHI,KinjiUn cinéaste critique dansFukusaku : le chaos du XXe siècle, 2009.Sébastien JOUNEL,Kaïro de Kurosawa Kiyoshi : Le réseau des solitudes, 2009. Bastian MEIRESONNE,: Évaporation d’uneShoei Imamura réalité, 2011.
ALAIN VÉZINA
MD GODZILLA Une métaphore du Japon d’aprèsguerre Essai
OUVRAGES DU MÊME AUTEUR
Contes et légendes du Québeccritique, en collaboration (édition avec AnnikCorona Ouellette), Montréal, Beauchemin, Coll. « Parcours d’un genre », 2006. Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley (édition critique, en collaboration avec AnnikCorona Ouellette), Montréal, Beauchemin, Coll. « Parcours d’une œuvre », 2009. Le vampire : anthologie des textes fondateurs (édition critique, en collaboration avec AnnikCorona Ouellette, Montréal, Beauchemin, Coll. « Parcours d’un thème », 2013. MD GODZILLA et son image sont des marques de commerce déposées et la propriété exclusive de la compagnie TOHOLTD. Ce livre n’a pas été approuvé ou commandité par la compagnie TOHOLTD. © L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03201-6 EAN : 9782343032016
REMERCIEMENTS  Je tiens à remercier tout particulièrement Monsieur Claude Blouin pour ses judicieux conseils et sa passion communicative pour le cinéma japonais. Je souhaite également témoigner de ma gratitude envers ma conjointe, AnnikCorona Ouellette, pour son soutien indéfectible dans la rédaction de cet ouvrage. Aussi, je ne saurais passer sous silence mes nombreuses discussions enthousiastes avec Messieurs E. Jean Guérin, André Dubois et Michel T. Prévost, véritables exégètes méconnus dukaiju eigaqui, au cours des années, ont sans cesse alimenté mon grand intérêt pour ce genre. Je remercie me également M Livia Monnet et M. Gleason Théberge pour leurs recommandations, ainsi que M. Ryoichi Baba pour son aimable collaboration. La première édition de ce livre m’a aussi offert l’heureuse opportunité de connaître en France d’autres spécialistes dukaiju eiga, à savoir M. JeanBaptiste Pujolle, M. Jordan Guichaux, fondateur de l’excellent site kaijusroyaume.fr, et M. Fabian Mauro, réalisateur du passionnant documentaireKaijunited: Why We Love Japanese Monsters. Un merci tout particulier à M. Antoine Coppola, directeur de collection, pour m’avoir toujours appuyé dans mes démarches.  Enfin, un merci tout spécial à Justin et Anthony Vézina qui partagent mon plaisir à regarder tous ces films mettant en scène des créatures fantaisistes.
Affiche française deGojira(I. Honda, 1954).
INTRODUCTION  Au début du moisd’août 1954, sous les auspices inspirés du producteur Tomoyuki Tanaka, la maison de production Toho se lance dans un ambitieux tournage mobilisant une grande partie des ressources du studio. Il faut dire que les moyens déployés sont à la hauteur des aspirations de Tanaka. Désirant produire un film dans la lignée de l’œuvre d’Eugène Lourié, The Beast from 20,000 Fathomsil se voit allouer un (1953), budget d’environ 175 000 $ (à l’époque,le budget moyen d’un 1 film japonais s’éLe 3 novembre de la mêmelève à 75 000 $) . année, près de 40 000 personnes se ruent dans les cinémas de Tokyo pour assister aux premiers ravages d’un monstre qui s’afficheracomme une figure emblématique du rapidement 2 cinéma fantastique :Gojirala Toho (rebaptisé Godzilla par pour la distribution internationale).  Le film obtient immédiatement un succès retentissant. En un temps record, il enregistre 9,6millions d’entrées au Japon(générant des recettes de 152 millions de yens, soitl’équivalent de 2,25 millions de dollars américains)et deviendra une œuvrematricielle pour un tout nouveau genre : lekaiju eiga(film de monstres). Ce type de production obéit généralement à un schéma narratif qui se résume, à peu de choses près, ainsi : une gigantesque créature, surgie de quelque abysse insondable (la fosse du Pacifique, les confins de la galaxie ou les entrailles de la terre) attaque un petit groupe d’êtres humains.Un survivant raconte la tragédie, mais les autorités hésitent à prêter foi à ce qu’ellescomme des élucubrations imputables à un considèrent profond traumatisme ou à une croyance ancestrale. Mais 1 Gojirafut, pour l’année 1954, le troisième film le plus coûteux de la Toho, le premier étantLes Sept samouraïsd’Akira Kurosawa (560000 $), suivi de Musashi Miyamoto(500000$) d’Hiroshi Inagaki. 2  Dans le présent ouvrage, les titres américains seront généralement utilisés, car ce sont sous ces titres que les films sont le plus souvent distribués en Occident. Toutefois, il arrivera que le titre japonais soit retenu dans le cas où une version américaine présente des différences majeures avec l’œuvre originale, soit par l’ajout ou la suppression de scènes.
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d’autres apparitions du monstre viennent prouver hors de tout doute son existence et un scientifique formule invariablement la théorie que la bête a été libérée par la faute des hommes (explosion atomique, expérience scientifique, pollution ou encore offense sacrilège).L’armée tente vainement de stopper son avance inexorable vers une grande cité et, une fois arrivée à destination, la créature se livre à un saccage en règle jusqu’à ce qu’un cataclysme naturel ou un ingénieux dispositif scientifique la fasse disparaître.Toutefois, l’incertitude de son sort n’a rien pour rassurer les hommes qui, dès lors, se mettent à méditer sur leurs erreurs. Avec les années, cette trame narrative subit quelques variations : les monstres tardent moins à révéler leur présence (le public les connaît et, par conséquent,l’effet de surprise ne joue plus), on multiplie leur nombre au sein d’un même film (en vertu d’une logique commercialevoulant que la quantité de bêtes monstrueuses soit directement proportionnelle aux bénéfices récoltés) et des contraintes budgétaires les amènent à déserter les mégapoles pour sévir en des lieux isolés (on évite ainsi la destruction de coûteuses maquettes). Si, au fil des productions, le genre gagne en hétérogénéité, son potentiel horrifique et son contenu symbolique s’appauvrissentau fur et à mesure que s’y greffent des éléments issus duspace opera(Invasion of AstroMonster, 1965), du film pour enfants (Godzilla’s Revenge, 1969) et même du film deyakuza, les gangsters japonais (Dogora,1964).  La Toho demeure incontestablement la firme de produc tion qui peut se targuer d’avoir le plus contribuégrossir les à rangs des créaturesdéferlant périodiquement sur l’archipeljaponais : Rodan, Mothra, Ghidorah, Varan, Gigan, Megalon, etc. Le studio capitalise rapidement sur le succès du premier Godzilla et met en chantier dès 1955 une suite intituléeGodzilla Raids Again(distribuée aux ÉtatsUnis sous le titre deGigantis The Fire Monster). Dès ce second film, on met en place un véritable starsystème de monstres en opposant Godzilla à l’un de ses semblables,en l’occurrence l’ankylosaure Anguirus.
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 Les autres studios nippons ne tardent pas à entrer dans la valse des monstres géants. La Daiei crée en 1965 le plus féroce rival de Godzilla, la tortue géante Gamera; la Toei Motion Picture Company emboîte le pas en 1966 avecThe Magic Serpent; la Nikkatsu tourne en 1967Gappa, the Triphibian Monsters et la Shochiku présente la même année le monstre Guilala (Itoka dans la version française) dansThe X from Outer Space(une suite ad’ailleursété tournée en 2008).
Quelques monstres de la Toei dansThe Magic Serpent (T. Yamauchi, 1966)  La télévision enrichit également le bestiaire monstrueux nippon : Nissan Productions produit en 1960 une série mettant en vedette une créature amphibie gigantesque,Monster Marine Kong, et Tsuburaya Productions trouve dans leskaiju des adversaires sur mesure pour son superhérosUltraman(première série en 1966). Lekaiju eigarapidement un type de devient 3 production indissociable de la filmographie nationale ! 3 Le Japon est vraiment la terre d’accueil des monstres géants. En 1961, des producteurs américains tournent en Angleterre unkaiju eiga,Gorgo (E. Lourié),et la première du film aura lieu non pas à Londres, mais à Tokyo.
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