La Ritournelle

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Pour bénéficier de l'offre promotionnelle en partenariat avec SND, vous devez être titulaire d'un compte PEF - rendez–vous dans la partie "mon compte" pour vous connecter ! Brigitte et Xavier sont éleveurs bovins en Normandie. Elle est rêveuse, la tête dans les étoiles. Lui, les pieds ancrés dans la terre, vit surtout pour son métier. Avec le départ des enfants, la routine de leur couple pèse de plus en plus à Brigitte. Un jour, sur un coup de folie, elle prend la clef des champs. Destination : Paris. Xavier réalise alors qu’il est peut-être en train de la perdre. Parviendront-ils à se retrouver ? Et comment se réinventer, après toutes ces années ? La reconquête emprunte parfois des chemins de traverse...

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EAN13 9791022001632
Langue Français

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LA RITOURNELLE
Scénario et dialogues : Marc Fitoussi
Collaboration au scénario : Sylvie Dauvillier
Réalisation : Marc Fitoussi
© Presses Électroniques de France, 2014Il s'agit de la version du scénario employée pendant le tournage. Certaines séquences ont donc depuis
disparu ou ont été raccourcies lors du montage.​

1. INT/JOUR-HALLE CONCOURS AGRICOLE
Au parc des expositions de la porte de Versailles, lors du cinquantième anniversaire du Salon de
l’agriculture, le très attendu concours national de Charolais qui a lieu chaque année. Autour du «
ring » qui accueille l’événement, l’effervescence monte peu à peu en puissance. Panneaux
publicitaires, néons, musique martiale et brouhaha. Dans les travées, les éleveurs, chemise blanche
manches courtes/cravate, préparent, corde en main, leur bête blanche vedette pour la compétition.
Sous le regard attentif de spectateurs massés dans les tribunes et de deux juges en costumes sombres,
ils se succèdent alors pour présenter leur taureau, vache ou veau, selon la section. Un défilé de
mannequins à cornes qu’ils peignent et repeignent inlassablement. Avant chaque passage, la voix off
du speaker décline l’identité et le pedigree de la bête exhibée : numéro, date et lieu de naissance, nom
de l’exploitation, propriétaire, poids... C’est au tour des taureaux, monstres au poil lustré de
cosmétique.
Assise dans les tribunes centrales, BRIGITTE, la cinquantaine, élégance discrète, assiste au spectacle,
l’esprit manifestement ailleurs. D’une main, elle tient le col d’une veste en peau retournée, comme si
elle craignait un courant d’air. « Numéro 317, Ben-Hur, né le... » C’est au tour de XAVIER, son
mari, tempes grisonnantes et allure plutôt décontractée, d’avancer avec le fleuron de leur élevage.
RÉGIS, jeune ouvrier agricole, l’accompagne tout en poursuivant soigneusement le toilettage de la
bête.
En passant devant la tribune de sa femme, Xavier lui jette un coup d’œil et lui fait signe de prendre
des photos. Brusquement tirée de sa rêverie, Brigitte s’empare de son appareil et mitraille comme
elle peut.
XAVIER
(Avec une légère impatience)
Mets le flash !
Brigitte a du mal à l’entendre. La voix off couvre tout : « ... 1287 kilos... »
XAVIER
(Hurlant presque)
Le flash !
Brigitte acquiesce, cherche en vain le bouton : on la sent paniquée.
BRIGITTE
(À son voisin)
Excusez-moi, c’est ça le bouton du flash ?
Le jeune homme s’empare de l’appareil, appuie sur deux trois boutons et le rend à Brigitte qui, dans
la précipitation, oublie de le remercier.
Fin prête, elle se concentre sur le passage bien entamé de Ben-Hur et de son mari dont le visage trahit
une ombre de contrariété. Le GÉNÉRIQUE apparaît en surimpression, alors que les bovins,
imperturbables, poursuivent leur show sous le crépitement des flashs.2. EXT/SOIR-CAMPAGNE PUIS COUR FERME
Un peu fatigués, Xavier et Brigitte rentrent chez eux. La nuit tombe doucement sur les paysages
vallonnés. Une lumière entre chien et loup. Xavier conduit. Leur voiture, une Austin Mini Break,
s’engage lentement dans une allée arborée menant à leur ferme, et longe les étables qui se profilent
dans la semi-pénombre. Un long meuglement s’en échappe, suivi par d’autres, plus faibles. Brigitte
tourne la tête vers la vitre : le tracteur est bien garé, parallèlement au bâtiment. Il semble qu’il
s’agisse d’une exploitation plutôt importante et bien entretenue. Au bout de l’allée, une bâtisse en
èmepierres sur deux étages, un peu austère, probablement début XX , avec un appenti. Les pièces du
rez-de-chaussée sont éclairées et une lumière extérieure accueille les propriétaires.
Sur le perron, un jeune homme, silhouette dégingandée et tignasse brune frisée, les attend. Il paraît
légèrement énervé. C’est GRÉGOIRE, le fils de Brigitte et Xavier, vingt ans à peine.
BRIGITTE
Ça va ?
GRÉGOIRE
(Prêt à grimper dans sa voiture)
Qu’est-ce que vous avez foutu ?
BRIGITTE
On a eu un mal fou à faire grimper Ben-Hur dans le semi-remorque du transporteur. Et puis après, il
a fallu raccompagner Régis qui a insisté pour qu’on monte voir sa fille...
GRÉGOIRE
Je vous avais dit, non ? Avant 19 heures ?
XAVIER
Bon ça va ! Il est quoi ?
(Il regarde la montre à son poignet)
19h25 !
GRÉGOIRE
(Entre ses dents)
C’est ça, ouais...
(Plus distinctement)
Je te rappelle que moi, là, j’ai bien trois heures de route !
XAVIER
Eh oh ! Tu baisses d’un ton, d’accord ?
(Tandis qu’il se dirige vers la ferme, une caisse à la main)
Non mais c’est vrai ! J’ai tué qui, là, pour mériter un accueil pareil quand je rentre chez moi ?Xavier disparaît dans la maison, laissant seuls mère et fils. Brigitte s’approche du coffre de la voiture
pour sortir les affaires, puis s’arrête et se tourne vers son fils. On sent qu’elle espère changer un peu
son humeur.
BRIGITTE
Pourquoi tu pars pas demain matin ? On pourrait dîner ensemble. Au final, je t’aurai à peine vu !
GRÉGOIRE
Maman, j’ai cours demain matin. Et avant ça, je dois m’entraîner. Je t’avais prévenue ! Oui ou non ?
Brigitte sent qu’elle a perdu la bataille.
GRÉGOIRE
Arrête de vouloir toujours me faire culpabiliser. Je suis déjà bien gentil de venir faire la garde
pendant que vous allez vous montrer là, dans vos concours...
BRIGITTE
« Vos concours » ! C’est pas nos concours... C’est SES concours. Tu sais très bien que moi, je m’en
passerais volontiers ! ... Quoique non... Je retire ce que j’ai dit, parce que si j’avais pas ces concours,
je crois que tu ne monterais jamais nous voir.
GRÉGOIRE
Et c’est reparti ! ... Tu sais que c’est pas la bonne méthode si t’as envie que je vienne ici plus
souvent...
Xavier réapparaît sur le perron.
XAVIER
Tu lui as filé le fromage ?
BRIGITTE
(Fouillant le coffre de la voiture)
Ah oui, on est aussi passé les Christophe. Ils m’ont donné un beau Livarot pour toi.
XAVIER
(Désignant du doigt les bêtes)
Ça va ? Ils sont restés sages ? T’as pas eu de problèmes ?
GRÉGOIRE
Non, ça a été. Par contre, je sais pas si t’as vu mais Big Jim, il a le sabot avant gauche complètement
bousillé.
XAVIER
Je sais, je sais...
BRIGITTE(Lui tendant une boîte Tupperware)
Tiens. Oh, elle est sympa Rosine ! Elle t’a mis aussi un camembert au Calvados. Tu lui passeras un
coup de fil pour la remercier !
GRÉGOIRE
Ok.
BRIGITTE
Et tu me perds pas pas la boîte Tupperware ! ...
GREGOIRE
Oui...
BRIGITTE
Non, parce qu’après il faudra lui rendre.
GREGOIRE
J’ai compris...
XAVIER
Bon, tu peux nous faire la bise ? À moins que ça te mette trop en retard...
Grégoire embrasse ses parents en coup de vent.
XAVIER
(Tout en lui touchant les cheveux)
Et cette tignasse, tu veux pas un peu la couper ?
Grégoire soupire et monte prestement dans sa voiture, genre Clio. Il paraît soulagé de partir. Un gros
sac à la main, Xavier s’engouffre dans la maison, tandis que Brigitte ne peut s’empêcher de suivre
des yeux le véhicule qui s’éloigne.
Seule devant l’immense bâtisse, elle paraît toute fragile.3. INT/NUIT-SALLE À MANGER FERME
Dans la salle à manger de la ferme, plutôt bourgeoise et décorée avec goût - une grande table d’un
menuisier local et un vaisselier paysan hérité de sa famille - Xavier, qui a ôté la cravate, se tient
debout, vaguement songeur.
Il a dans les mains une plaque ovale en fonte rouge gravée Premier Prix et estampillée du concours
agricole. Celle qu’il vient de remporter grâce à Ben-Hur. Il savoure doucement sa victoire.
Dans l’angle du buffet, on distingue deux photos-portraits, une jeune fille et un adolescent. On
reconnaît Grégoire, quelques années en arrière, plus souriant que dans la séquence précédente.
Xavier s’approche du mur du fond où, dans l’angle, à côté d’une photo sous verre de Paris (les
escaliers de Montmartre par Brassaï ?), on aperçoit deux colonnes pleines de plaques similaires
accrochées. Tous les trophées que Brigitte et lui ont remportés.
XAVIER
(À Brigitte, qui n’est pas dans la pièce)
Brigitte, va falloir que tu fasses une nouvelle colonne... Tu m’entends ? Il y a plus de place pour
accrocher la plaque... Ce que je te propose, c’est que tu retires la photo de Paris... Elle ira tout aussi
bien dans la cuisine...
(Entre ses dents, tendant la plaque à la place du cadre photo)
Oui, ce sera parfait comme ça...
(À sa femme)
Chérie, tu m’entends ?
Pas de réponse.4. INT/NUIT-SALLE DE BAIN FERME
Dans la salle de bain à l’étage, carrelage gris clair et douche italienne, Brigitte, les seins nus, se tient
devant un grand miroir. Sur sa gorge, une impressionnante plaque rouge d’eczéma qu’elle examine
avec attention, l’air préoccupé. Elle en caresse nerveusement les contours et l’on comprend que, si
elle n’est pas nouvelle, la plaque continue vraisemblablement de s’étendre.
Brigitte entend des pas dans l’escalier. Comme elle ne lui a pas répondu, c’est Xavier qui la rejoint.
Elle attrape aussitôt son haut de pyjama, l’enfile et tente de le boutonner à la hâte, avant qu’il n’entre.
Xavier fait irruption dans la salle de bain. Quand il ouvre la porte, son visage, un peu embarrassé,
apparaît derrière elle dans le miroir. À l’expression de sa femme, il devine immédiatement ce qu’elle
était en train de faire.
XAVIER
Montre-moi.
Brigitte soupire et s’exécute, contrainte, en retirant les premiers boutons.
XAVIER
Ça s’est étendu, non ?
Elle acquiesce, tout en se rhabillant.
XAVIER
Pourquoi tu retournes pas voir un spécialiste ?
BRIGITTE
Parce que je sais très bien ce qu’il va me dire !
(Tout en se lavant les mains)
« C’est nerveux, c’est le stress... »
XAVIER
J’comprends pas : moi, regarde !
(Lui montrant ses tempes grisonnantes)
Le stress ça me fait juste des cheveux blancs !
(La prenant par la taille)
Toi, faut toujours que tu fasses ton originale !
Brigitte se laisse enlacer mais paraît contrariée.
XAVIER
(Avec tendresse)
T’as tort de baisser les bras. Si ça se trouve, il existe une nouvelle pommade qu’ils viennent tout
juste de lancer et qui...
BRIGITTE(Se détachant de lui)
Xavier, s’il te plaît ! J’en ai essayé des centaines, des pommades ! Tu le sais comme moi, ça disparaît
pendant deux jours et ensuite, ça repart de plus belle !
XAVIER
D’accord. Donc, c’est quoi pour toi la solution ? C’est d’attendre patiemment que ça te remonte
jusqu’au visage ?
Brigitte soupire à nouveau, ne sachant quoi répondre.
XAVIER
Moi, je pense que tu devrais remonter à Paris. Pourquoi tu vas pas revoir le professeur Malakian ? ...
Il t’avait fait bonne impression, non ?
BRIGITTE
(Moyennement convaincue)
... Disons qu’il m’avait fait un petit peu moins poireauter que les autres dans sa salle d’attente... Mais
côté diagnostic, souviens-toi, il s’était vraiment pas foulé !
XAVIER
Attends, Malakian, c’est bien celui qui t’avait prescrit le truc jaunâtre là qui dégueulassait les draps ?
BRIGITTE
Non, tu confonds, ça c’est Gozlan ! Malakian, c’est celui qui m’avait pris 500 euros pour juste me
dire que je me lavais trop.
XAVIER
Ah oui ! Je m’en souviens de celui-là ! Et celui que t’avait recommandé Laurette ? T’es jamais allé le
voir finalement ?
BRIGITTE
(Lasse)
Non.
XAVIER
Eh ben ? T’attends quoi ?
BRIGITTE
... Qu’est-ce que t’es pénible ! ...
XAVIER
Ben quoi ? Ça vaut le coup d’essayer, non ?
BRIGITTE
... J’aime bien parce que tu dis ça et tu supportes pas quand je te laisse seul avec les bêtes !XAVIER
Ben je demanderai à Régis de rester là, on se débrouille toujours très bien tous les deux.
BRIGITTE
... Finalement, je te sers à rien ! ...
XAVIER
Qu’est-ce que ça veut dire ça ?
BRIGITTE
Ben, tu pourrais très bien te passer de moi !
XAVIER
Oh ! Ce que t’es chiante ! C’est à cause de ça ton truc ! C’est pas parce que tu stresses, c’est parce
que t’es chiante.
Il sort. Brigitte se retourne vers le miroir quelques secondes, comme si elle cherchait une improbable
solution.5. INT/NUIT-CHAMBRE FERME
Dans leur chambre, très sobre, seulement meublée d’une armoire, Brigitte et Xavier sont au lit, sous
la couette. Vies parallèles.
Brigitte est plongée dans la lecture d’un roman étranger publié chez Actes Sud, tandis que Xavier
chausse ses lunettes. Sur sa table de chevet, l’appareil photo numérique dont Brigitte s’est servi le
matin même au concours agricole. Il s’en saisit, revient rapidement en arrière dans les prises de vue
et regarde les photos du concours. Léger sourire, entre amusement et déception, quand il découvre
que la plupart sont floues.
XAVIER
Dis-moi, j’aurais pas un peu misé sur le mauvais cheval ?
BRIGITTE
Pourquoi tu dis ça ?
XAVIER
Parce que ! Non seulement, t’as de l’eczéma mais en plus, maintenant, tu deviens Parkinson ? ...
Regarde tes photos, elles sont toutes floues !
BRIGITTE
(Jetant un œil à l’écran de l’appareil numérique)
... C’est parce que j’étais tellement impressionnée par ta prestance, ton allure ! Ta cravate ! ...
XAVIER
C’est ça, fous-toi de ma gueule en plus. Faites attention, petite bergère ! ...
BRIGITTE
Arrête de m’appeler « petite bergère » ! Tu sais bien que ça m’agace.
(Elle lui fait une bise sur la joue)
Bon, laisse-moi lire s’il te plaît.
Xavier éteint sa lampe de chevet et se couche en silence.6. EXT/MATIN-CHAMP PUIS ÉTABLE
a. Petit matin frais et brumeux. Paysage mélancolique de campagne qui s’éveille en même temps que
les bêtes qui ont passé la nuit dans les prés.
Comme chaque jour, Brigitte et Xavier, bottes et gilets, doudoune sans manche, arpentent leurs terres
pour faire le tour de leurs bêtes. Un rituel immuable.
Xavier n’aime rien tant que ces promenades matinales dans son fief. Précis, il repère aussitôt le veau
déshydraté, la vache qui boîte, la clôture qui nécessite une réparation. Marchant quelques pas devant
sa femme, il poursuit méthodiquement sa tournée d’inspection.
Plus distraite, Brigitte vérifie le niveau d’eau dans les abreuvoirs. À distance, elle observe aussi son
mari dont l’entrain à la tâche, après toutes ces années, ne cesse de la surprendre.
Soudain, un bruit de vélomoteur. Ils se retournent. Régis freine, s’arrête à leur hauteur, et retire son
casque, un peu stressé d’être en retard.
RÉGIS
Je suis désolé, la petite a pas fait sa nuit et, ...
XAVIER
(L’interrompant)
Bon, va t’occuper des litières, on te rejoint.
(À son épouse)
Toujours une bonne excuse, celui-là...
BRIGITTE
Et après ça, tu voudrais que je te laisse seul avec lui...
Brigitte et Xavier reprennent leur tournée, alors que Régis redémarre.
b. Sur le chemin du retour, juste avant d’arriver à la ferme, Brigitte marque une pause devant la
maison voisine aux volets clos, à peine aperçue lors de leur retour en voiture, la veille au soir.
Croquignolette, elle ressemble à une maison de poupée.
BRIGITTE
Elle a quand même plus de charme que la nôtre, hein ? ...
XAVIER
Qu’est-ce que tu racontes ? On dirait une des maisons des trois petits cochons !
BRIGITTE
Ben, je sais pas, moi je l’aime bien...
Dans les étables. Des barrières et quelques vaches alignées dans des boxes. Brigitte et Xavier
retrouvent Régis en plein paillage, la réfection des litières, un travail physique. Xavier s’approche
d’une bête, entre dans son box, la palpe, avant de plier en deux sa queue ramollie. C’est le signe d’un
vêlage imminent.XAVIER
Je crois que c’est pour bientôt...
(Caressant la vache)
C’est que tu nous auras fait attendre, toi...
BRIGITTE
Vaudrait peut-être mieux annuler pour ce soir...
XAVIER
Non... Si mes calculs sont bons, on est tranquilles jusqu’à dimanche... J’ai l’impression que ça ne
t’emballe pas du tout d’aller à ce dîner.
BRIGITTE
Si... À tous les coups, elle va encore nous sortir sa pierrade qui, à part envoyer de la fumée, ne cuit
rien du tout... Non et puis c’est toujours sympathique de pouvoir manger avec une télévision
allumée. Ça rend l’ambiance tellement conviviale !
XAVIER
Arrête ! Ils l’ont fait une fois et c’était pour les résultats des cantonales.
BRIGITTE
C’est sûr que c’aurait été dommage de louper ça...
XAVIER
... Eh oh ! Tu peux parler, toi ! Tu te souviens plus des dimanches que tu me faisais passer chez tes
vieux ? Pas moyen d’en placer une : Jacques Martin non-stop, du midi jusqu’au soir...
BRIGITTE
Ben, c’est bien pour ça que ça me déprime d’aller chez Fred et Laurette : parce qu’ils sont plus
jeunes que nous et qu’ils paraissent déjà VIEUX !7. INT/JOUR-SUPERMARCHÉ
Entre les rayons d’un supermarché, Brigitte pousse un caddie. Ennui de la corvée hebdomadaire.
Soudain, elle s’arrête, et son visage s’anime, alors qu’elle tend l’oreille pour écouter la musique
diffusée en fond sonore, une chanson entraînante. Des yeux, elle cherche une enceinte, avant de se
planter dessous et de se trémousser, indifférente aux regards pincés des autres clientes. Avant la fin
de la chanson, elle se hâte de regagner les caisses.
BRIGITTE
(À une caissière déjà affairée)
Excusez-moi, je voudrais savoir ce que c’est, la musique qui passe là.
LA CAISSIÈRE
(Tout en continuant de biper)
Faut demander à l’accueil, moi j’en ai aucune idée.
Brigitte se dirige alors vers le comptoir d’accueil.
BRIGITTE
Bonjour, excusez-moi, vous pourriez me dire le titre et le nom du groupe qui est en train de passer ?
LE TYPE DE L’ACCUEIL
Alors là ! ... Vous savez, c’est des bandes... C’est le siège qui nous les envoie mais après... Nous, on
n’en sait pas plus...
BRIGITTE
Bon, ben tant pis ! Merci.