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Cinémas mémoire

96 pages
Un grand dossier sur la question de la mémoire dans le cinéma noir, avec de nombreux articles et entretiens. Puis toute l'actualité culturelle est passée en revue : cinéma (Tunisiennes, La Revanche de Lucy), musique (musiques cubaines et voix de femmes), théâtre (entretien avec Malmouna Coulibaly), livres, art, et l'agenda avec tous les événements culturels de l'été.
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n09,été 1998

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Dossier Cinémas mémoire

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Editorial: mémoire du futur
Olivier Barlet

3 6 8 14 ~ 17 20 26

Racines noires 98, rencontre des cinémas du monde noir
Catherine Ruelle

Racines, un arrachement
Emile Breton

Beautésnoires: paroles d'actrices «Prendstout tout de suite, on attendra plus tard Melvinvan Peebles, un langage vainqueur
Michel Euvrard

Fillesde poussière
Olivier Barlet

Hors-champ noir et noires images
GillesMoëllic Western à l'africaine entretien avec Tierno Monenembo

30

Hexagone RFI à la loupe FayçalChehatetSoeufElbadawi 33

Cahier
Tunisiennes, La Revanche de Lucy
Melissa Tchackway, Raphaël Millet

critique

cinéma
38 41 42 Les Africaines à Créteil: la voix en images
Melissa Tchackway

Vues d'Afrique; le dégel québecois
Olivier Barlet

Musique/disques Musiques cubaines: Ida y vuelta
Luigi Elongui

44
53 55

Voies de femmes au Satellit'Café
Luigi Elongui

Nouveautés du disque
Soeuf Elbadawi

Théâtre
Avoir 20 ans entre Malcom X et Toni Morrison entretien avec Maïmouna Coulibaly Liens de sang, d'Athol Fugard
Sylvie Chalaye

59 63

Chasseurset guerriers au Musée Dapper
Isabelle Merle des Isles

Arts plastiques 65 Littérature/ édition 66
70 72

NouveautésMaghreb/Egypte..
Fayçal Chehat

Les romans de l'été
Taina Tervonen

Les livres du mois
Soeuf Elbadawi, Boniface Mongo-Mboussa

Photo de couverture: Le Mandat, d'Ousmane Sembène (Sénégal, 1968).
Revue publiée avec le concours du Centre national du livre

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Africultures / juin-juillet-août 1998

Editorial

memoire du futur
Peinture rnpestre Afrique du Sud

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« Dans quelle nostalgie retrouver mon enfance ou sur quelle joue? Qui contre mon sommeil a chanté les monstres? Moi, la mer à bout de bras, quel délire! » Tchikaya U Tam'si (Marines)

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Qu'on ne s'y trompe pas en ces regarde: tu verras la mer, le temps de commémoration de l'abo- sable... » La caméra travelingue sur lition de l'esclavage: la question de les murs de Gorée, saisit la peau du la mémoire D'est pas résolue en vieux, son regard. «Je n'existe plus, fait quelque chose pour moi, ravivant le souvenir. L'évocation de la violence, celle de la traite souviens-toi ». Le travail de ménégrière comme les conflits plus moire n'est pas un devoir, c'est une actuels, saisit et déroute. « Il a peur nécessité. «Depuis des siècles, mes que cela recommence ailleurs, ici, frères, tes ancêtres, crient et permaintenant, c'est en train de sonne n'entend. 'il Les ~adaYTesdu recommencer ». Cette voix-off Rwanda sont rangés au bulldozer... « Toi qui a lu tant de livres, qui a d'Asientos (François Woukoache, Cameroun 1995), qui observe et comparé tant de chiffres, toi qui a craint ce siècle qui se déchire, ré- retracé les itinéraires des bateaux sonne longtemps après le film. Elle négriers, tu ne sais toujours pas fait écho au dégoût et au désespoir pourquoi la mer ne rejette pas ces face à la violence du monde, au cadavres ». A quoi bon fouiller le poids du temps qui efface les traces passé? Il y a trente anS exactement, sans panser les blessures, aux ter- certains chantaient sur les barriribles bégaiements de l'Histoire... cades de 68: «Du passé faisons Le film rencontre un vieillard sur table rase ». Une dominante des la plage: « Je suis mort et tu n'étais cinémas d'Afrique est de nous appas né, tu veuX visiter, ou voir, va, pn~ndTe le contraiTe, eux qui ne

Africultures / juin-juillet-août 1998

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cessent de questionner la mémoire... N'est-ce pas parce qu'ils savent y trouver de quoi dynamiser le présent, de quoi imaginer l'avenir? Comme le disent les griots, le présent sort du passé. Alors que le cinéma d'un Godard pose le comment ?, ces films s'escriment à demander pourquoi? Le pourquoi d'une mémoire personnelle, d'une mémoire du dedans, non pas l'Histoire mais les histoires

de chacun qui deviennent, recollées, recomposées, représentées, les histoires de tous, de tous les exclus, des peuples opprimés, de ces peuples dont on ose dire qu'ils n'ont pas d'Histoire puisqu'ils n'ont pas écrit leur culture et qu'ils ont été colonisés après avoir été l'objet du commerce immonde. Si, après 500 ans d'oppression, la mémoire collective manque, empêchant de penser en termes de prises

Rédaction décentralisée: Les Pilles
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.!l) Gilles Moëllic, Emile Breton, Mi'TT71'Jchel Euvrard, Catherine Ruelle, Michel Amarger, Marie-Isabelle Merle des Iles, Melissa Thackway. Rédacteurs associés: Abidjan: Tanella Boni, Jean-Servais Bakyono Dakar: Baba Diop Niamey: Alfred Dogbé Alger: Fadela Mezani Madrid: Landry-Wilfrid Miampika New-York: Luc Deschamps Diffusion: Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique F -75005 Paris Amériques : L'Harmattan inc., 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9 Abonnements: voir dernière page. Vente au numéro: en librairies ou à L'Harmattan (+ 8 F port). Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation préalable. n09 - ISBN: 2-7384-6626-5 ISSN: 1276-2458

Nyons

Tel: ++33 (0)475277480 Fax: ++33 (0)475277575 E-mail: barlet@hol.fr Directeur de la publication: Fayçal Chehat Responsable de la rédaction: Olivier Barlet Responsables éditoriaux: Arts plastiques: Jacques Binet Théâtre: Sylvie Chalaye Cinéma: Olivier Barlet Hexagone: Soeuf Elbadawi Musique/danse: Luigi Elongui Littérature/édition: Fayçal Chehat et Boniface Mongo-Mboussa Publicité: à la rédaction. Ont collaboré à ce numéro: Taina Tervonen, Raphaël Millet,

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Africultures / juin-juillet-août 1998

de consciences et de révolution, la mémoire personnelle gagne en importance, en profondeur, éclatant en tous sens. « S'il y a une pluralité de mouvements noirs, disait Haïlé Gerima, c'est chaque cinéaste qui est en soi un mouvement.» C'est chaque cinéaste qui explore sa mémoire, non une mémoire psychologique du souvenir, mais une mémoire proprement corporelle, «le peuple de mes artères» disait Chahine. Cette mémoire personnelle n'a rien du nombrilisme si souvent décelable dans les expressions artistiques occidentales: la mémoire du moi parle de la crise de tous, la mémoire d'un peuple opprimé parle de la mémoire du monde. Et toujours, cette phrase de Césaire qui s'impose: «Qui et quoi sommes-nous? Admirable question. » Il faut aller fouiller son origine, sa filiation. David Achkar, mort trop vite en janvier 98, juste avant de commencer à Conakry le tournage de son premier long métrage, s'adressait directement à son père dans Allah Tantou, lui expliquant même ce qu'il ne pouvait savoir dans la cellule qu'il n'allait plus quitter... Dialoguer avec son origine, y chercher ce qui permet de résister à la barbarie, ce qui permet de se recentrer sur l'humain et de faire face au rouleau compresseur du trop d'images, du misérabilisme des images sur l'Afrique, du commerce des images sensationnelles qui finissent par banaliser I'horreur. C'est d'un ressourcement qu'il s'agit, dans ces histoires de résis-

tance, car on en revient toujours à cela: ces histoires, bien souvent celles des femmes, sont des histoires de luttes pour la liberté, d'affirmation de soi, d'appartenance à
l'humanité. Elles nous disent que

l'espoir est permis. Elles nous souffient que la dignité se nourrit de la mémoire, et vice-versa. Et que pour faire le deuil de ce que les autres, ont fait de soi, la représentation de soi est nécessaire, les images sont utiles, à condition de prendre le temps. Le temps: accepter le silence. Accepter que le plan final d'Asientos fasse plus de six minutes, ce qui n'est rien face à la durée de la traite négrière. Accepter le silence car il prépare l'écoute de la parole, cette parole qui permet de regarder le monde. Celle de Fad'jal (Safi Faye, 1979) qui porte pour autre titre Grand-père raconte. Celle de Yaaba (Grand-mère, Idrissa Ouedraogo, 1989) sur le tournage duquel le plus grand, Djibril Diop Mambety, avait tourné Parlons grand-mère où, pour tout dialogue, il répétait comme une incantation ce qui résume mon propos: «Grand-mère vengera l'enfant que l'on met à genoux! » Le problème du cinéaste est de faire de cette parole un signe de refus, une langue étrangère dans la langue dominante. Aller fouiner sous le mythe pour en dégager un actuel vécu et non le figer comme l'a fait le colonisateur. Ce même colonisateur qui en prend conscience aujourd'hui et se met à
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Africultures / juin-juillet-août 1998

le refuser sans nuance, condamnant systématiquement les films comme passéistes et académiques dès qu'ils sont intemporels... Relisons Deleuze: « La fabulation n'est pas un mythe impersonnel, mais n'est pas non plus une fiction personnelle: c'est une parole en acte, un acte de parole par lequel le personnage ne cesse de franchir la frontière qui séparerait son affaire privée de la politique, et produit lui-même des énoncés collectift» (L'image-temps, Ed. de Minuit). En cela, Ceddo (Ousmane Sembène, 1977) est un modèle: face à l'islamisation forcée au l8e siècle,

les ceddo, les gens du refus du dogme, affirment une parole de résistance. Les joutes oratoires n'ont alors rien d'un verbiage comme voulurent le croire les colons qui n'y décelaient que palabres inutiles: elles sont une mémoire et structurent les ceddo en tant que peuple; elles forgent un devenir. Prenant conscience de l'assujettissement de son peuple, la princesse, les larmes aux yeux, tue l'imam. Arrêt sur image: c'est celle que nous avons choisie pour illustrer ce dossier. Olivier Bar/et rill,

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. memoire
Racines noires 98, rencontre
des cinémas du monde noir
par Catherine Ruelle
Nous quittons pour quelque numéros notre démarche transversale en centrant notre dossier sur une discipline artistique. Il s'agit d'honorer par un travail de recherche les partenariats développés avec les festivals qui nous semblent au-

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gresser la connaissance des cultures africaines. C'est le cas du festival Racines noires que présente ici sa principale instigatrice.

jourd'hui faire réellement pro6

Pourquoi organiser une rencontre des cinéastes du monde noir à Paris, deux ans avant l'an 2000 ?

Africultures / juin-juillet-août 1998

C'est le résultat d'une longue histoire qui commença il y a bien longtemps, il y a cinq siècles, de manière tragique avec la traite des Noirs et la déportation massive vers le Nouveau Monde. Sur la route des esclaves sont nées de la douleur, des musiques et des images qui prolongent par-delà les océans, d'autres musiques, d'autres images, celles de l'Afrique. Au long de cette route se sont crées des cultures métisses, multiples, vivantes, foisonnantes, riches, des cultures qui ont largement enrichi le patrimoine culturel mondial. Si la musique noire est sans doute l'art qui a le plus fait tomber de frontières, rythmant la vie de tout un chacun à travers le monde, il n'en est pas encore de même des images, du cinéma. Et pourtant, les cinémas noirs existent depuis les années 20 aux Etats-Unis ou aux Antilles, depuis les indépendances en Afrique. Il nous a semblé important à l'aube de l'an 2000 de raconter cette mémoire, cette histoire en images, de chercher les liens qui unissent les uns et les autres, tant au niveau thématique que formel. Paris est, dans cette longue histoire, une ville-symbole. Paris a été dans les années 40 la ville d'accueil de très nombreux artistes noirs, de James Baldwin à Joséphine Baker et à Sidney Bechet, de Léon Damas à Léopold Sédar Senghor ou Aimé Césaire. Paris a été, empire colonial oblige, le creuset du mouvement de

la négritude dans les années 50 avant d'être le berceau des premiers films africains. Paris fut aussi dans les années 60 la ville où Melvin Van Peebles a

conçu ses premiers livres et tourné

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ses premiers films. ID Paris enfin est aujourd'hui la ville ~ de résidence de très nombreux ci- 0 néastes, acteurs, actrices et artistes \J (et ressortissants !) des Antilles et du continent africain, une ville métisse. C'est ce long chemin que Racines noires 98 tente de parcourir, à l'occasion de cette date symbolique que représente le 150ème nniversaire de a l'abolition de l'esclavage. Le temps de la commémoration est venu, celui du devoir de mémoire aussi. Aujourd'hui, à l'orée de l'an 2000, alors que le continent africain es depuis peu totalement libre, que l'Afrique du Sud est enfin libérée du joug de l'apartheid, la bataille est loin d'être terminée. A Cuba, au Brésil, aux EtatsUnis, aux Antilles, en France, en Angleterre, sur le continent africain, les cinéastes se battent pour imposer leurs images, leur mode de narration, leur rythme, trouver leur place, toucher leur public. Devoir de mémoire: Racines noires présente une rétrospective de films consacrés à la traite et à l'esclavage, un programme sur la place des Noirs dans le cinéma cubain, un 7

Africultures / juin-juillet-août 1998

hommage à Melvin Van Peebles qui le premier dynamita les images et les clichés racistes en Amérique, un hommage aux actrices noires aussi, ces femmes qui ont traversé le cinéma comme des étoiles filantes, illuminant pour longtemps les souterrains de nos mémoires. Toute une mémoire, toute une histoire cinématographique, pour mieux mettre en valeur un panorama de l'expression des cinéastes de la génération 98. Des images en hommage à cette conquête de la liberté.
A la Vidéothèque - Du 15 au 21 juillet, une sélection des films réalisés en 97-98 aux Etats-Unis, à Cuba, au Brésil, aux Antilles et sur le continent africain. Les 22 et 23, hommage à Melvin Van Peebles et aux cinéastes noirs améri-

cains complété par une programmation signée Arte. Le 24, hommage aux acteurs du monde noir, en prélude au week-end non stop les 25 et 26 consacré au.x « beautés noires H, ces étoiles noires qui ont illuminé le cinéma depuis les années 40: Joséphine Baker, Dorothy Dandridge, Marpessa Dawn, Darling Legitimus, Jenny Alpha, Zeze Mota, Cathy Rosier, et plus près de nous Lisette Malidor, France Zobda, Félicité Wouassi et les nouveaux visages du cinéma de demain. Au cinéma Latina: points de vue sur la place des Noirs dans le cinéma cubain et hommage aux actrices noires. A l'Espace St Michel: rétrospective consacrée à la traite et à l'esclavage. Carte blanche à Melvin Van Peebles. Aux cinémas du Palais de Créteil et dans différentes salles de la région parisienne: la traite des Noirs et l 'hommage aux Etoiles noires.

Racines, un arrachement
par Emile Breton

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Au long et savant arrachement des racines, les cinéastes d'Afrique répondent par la réappropriation. Et font avancer l'humanité.

Donc, l'esclavage a été aboli en 1848. Il Y a cent cinquante ans tout juste et le temps de la commémoration est venu. On aime ça. Mais... Quatre-vingts ans à peine après qu'eût été mis fin à ce trafic qui faisait de l'homme une pièce de

bétail, en 1930, le cinéaste américain Woodbridge Strong Van Dyke, qui n'était pas le plus affreux des colonialistes, mais un cinéaste estimable, curieux des autres, qui avait travaillé avec Robert Flaherty et allait réaliser l'année suivante le premier de la série des Tarzan avec Johnny Weissmuller, tournait en Afrique Trader Horn. Il écrira dans ses Souvenirs, parlant de la constitution de son équipe sur place: « Il ne me manquait plus que le nègre qui devait être à la fois géant et

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Africultures / juin-juillet-août 1998

intelligent et le sorcier. Je réservai ces deux emplettes pour Panyamur, où nous devions tourner les premières scènes du fi!m )).
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« emplettes ». Ainsi un homme parle-t-il de deux autres hommes avec qui il va être amené à travailler.

des troupeaux d'éléphants fuyant devant l'incendie, enfin les fameuses « négresses à plateaux », constituaient autant d'éléments d'intérêt parfaitement mis en valeur. » Cela fut écrit en 1945. Inépuisable réservoir d'exotisme et de rêves d'almées lointaines pour les
casaniers du samedi soir, après

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avoir été pendant les trois siècles de la traite fournisseur de « viande noire» (et les colons français du temps de notre « bel Empire» n'utilisaient-ils pas ce terme, au vingtième siècle encore 7), le continent afticain n'était que cela, pour le cinéma. Vitrine de l'Empire Pire: il devait aussi, pour la puissance coloniale, être la vitrine de sa « mission civilisatrice ». Présentant en 1939 le film La France est un Empire, qu'il venait de réaliser avec le romancier Jean d'Agraives, Emmanuel Bourcier écrivait dans Cinémonde: « Cette propagande inouïe qui va montrer au monde ce qu'est la Civilisation Française (les majuscules sont de lui) et pourquoi l'indigène aime la France, n'a rien coûté à l'Etat. » Assez de citations. On en trouverait bien d'autres qu'on n'irait pas plus loin dans ce qui doit être ici marqué d'entrée: on ne saurait imaginer de négation plus radicale de l'identité de peuples, des identités individuelles mêmes que celle produite par trois siècles et demi de déportations et d'esclavage, un siècle et 9

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Il n'était pas le seul. Léon Poirier, cinéaste ftançais, écrit à propos de Croisière noire, son film « exotique» de 1926 : « Le tutu des danseuses Makéré est fait de feuilles de bananiers découpées en lanières, et le corps de bronze des almées noires en émerge comme un beau fruit.» Et Pierre Leprohon qui, dans L'Exotisme au cinéma rapporte ces propos, parle ainsi de cette Croisière noire: « Des scènes curieuses de mœurs nègres, des images de bêtes en pleine liberté,

Africultures I juin-juillet-août 1998