Claude Monet: Vol 2

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Description

C’est avec Impression, soleil levant, exposé en 1874, que le peintre Claude Monet (18401926) se fait connaître du grand public et donne naissance au mouvement impressionniste. Tout au long de sa vie, il essaya de saisir les mouvements naturels autour de lui et de les traduire en sensations visuelles sur ses toiles. Personnalité complexe, peintre brillant, Monet est aujourd’hui mondialement reconnu pour ses compositions intimes et poétiques, ses séries de nénuphars et ses paysages représentant une nature vivante et belle. Il laisse derrière lui des chefsd’oeuvre qui
fascinent encore aujourd’hui les amateurs d’art à travers le monde.
Dans cet ouvrage composé de deux volumes illustrés, Nathalia Brodskaïa et Nina Kalitina nousv invitent à un voyage à travers le temps pour découvrir ou redécouvrir l’histoire d’un mouvement et d’un peintre aux destins à jamais liés : Claude Monet et l’impressionnisme. Spécialistes de l’art des XIXe et XXe siècles, les deux auteurs mettent en lumière la naissance de la modernité en peinture, véritable révolution qui a rendu possible l’épanouissement du paysage artistique du XXe siècle.

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Date de parution 31 décembre 2015
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EAN13 9781785257001
Langue Français

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Auteur : Nathalia Brodskaïa et Nina Kalitina

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
Hô Chi Minh-Ville, Vietnam

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ISBN : 978-1-78525-700-1Nathalia Brodskaïa et Nina Kalitina



Claude Monet
Volume 2




Claude et Alice Monet avec les pigeons de la place
Saint-Marc à Venise d’après une carte postale de 1908,
ancienne collection Jean-Pierre HoschedéS o m m a i r e


Sa Vie : apogée et crises
Sa Vie : les séries
Ses Œuvres
Après l’Impressionnisme
Les Apports du post-impressionnisme
L’Époque post-impressionniste : le fond et l’ambiance
Le Néo-impressionnisme
Artistes influencés par Monet
Paul Cézanne
Henri Rousseau (1844-1910)
Vincent van Gogh (1853-1890)
Paul Gauguin (1848-1903)
Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901)
Les Nabis
Le Rôle de Monet dans l’histoire de l’art
Biographie
Liste des illustrationsLa Barque, 1887. Huile sur toile, 146 x 133 cm.
Musée Marmottan Monet, Paris.


Sa Vie : apogée et crises


Claude Monet, de même que plusieurs de ses contemporains et de ses prédécesseurs, venait souvent
travailler sur la côte normande. C’est ici que furent réalisées nombre de marines de Delacroix et de
Courbet. Entre 1883 et 1886, Monet séjourna souvent à Étretat, où il peignit plusieurs paysages.
Monet répète souvent le motif du rocher à l’horizon qui s’avance dans la mer. On voit très bien ce
rocher dans Falaises d’Étretat (1886, Musée Pouchkine, Moscou), peint depuis le sommet de la
falaise d’Amont, non loin de la maison Payen. Étretat, ville côtière de Normandie, fut à l’origine de
plusieurs paysages de marines de l’artiste.
À cette époque, Monet n’était pas le seul peintre à voyager dans le nord de la France à la recherche
d’inspiration. Courbet et Delacroix avaient déjà réalisés des paysages d’Étretat, dont Monet avait
acheté une aquarelle de Delacroix.
Parmi les artistes de cette période, Courbet, Pissaro, Manet, et Renoir voyageaient également sur
la côte normande. De plus, Monet rencontrait régulièrement l’écrivain Maupassant originaire
d’Étretat, et dont les nouvelles prenaient souvent vie à Étretat. Le lien entre l’art et la littérature, et
el’influence à double sens entre les deux disciplines, était particulièrement explicite au XIX siècle.
Pour les œuvres plus tardives réalisées dans le nord de la France, Monet captura des vues
spectaculaires de la mer et de la vie côtière dans toute sa simplicité. Parmi les nombreuses falaises
abruptes de la côte, Monet se concentra sur trois arches naturelles : la Porte d’aval, Manneporte et la
Porte d’Amont ainsi que l’aiguille d’Étretat le « rocher dressé » de sept mètres de haut.
En raison de son grand intérêt géologique, la Manneporte est considérée comme la formation
rocheuse la plus souvent peinte par les nombreux artistes de la côte normande. Monet lui-même en fit
son sujet d’étude six fois, toiles que l’on peut considérer comme un pas important vers ses célèbres
séries. La Manneporte près d’Étretat (vol. 1, p. 237) et La Manneporte (Étretat) (vol. 1, p. 238)
font partie. Lorsqu’il s’installa près d’Étretat avec sa future femme Camille Doncieux et leur fils Jean
en 1868, il resta ainsi proche de sa ville natale, Le Havre, lieu pour lequel Monet garda toujours un
profond attachement.
Ces peintures dépeignent parfaitement la formation des vagues de couleur bleu-vert, presque
violet. Il parvint à capturer le climat particulier de la Normandie, alternant entre soleil et nuages et fit
le portrait de la vie des pêcheurs locaux et de leurs bateaux amarrés sur les plages de galets, comme
on peut le constater dans les Trois Bateaux de pêche (vol. 1, p. 199).Bois d’olivier au jardin Moreno, 1884.
Huile sur toile, 65,4 x 81,2 cm. Collection privée.Antibes vue de la Salis, 1888. Huile sur toile,
73,3 x 92 cm. Toledo Museum of Art, Toledo.


Monet prenait souvent plusieurs toiles avec lui sur la plage, et au cours de la journée, alternés
entre les toiles en fonction de leurs avancées, afin de capturer au mieux l’évolution de la lumière.
Monet rapportait ensuite ses toiles dans ses toiles, où il faisait diverses dernières retouches. En tout,
Monet réalisa plus d’une cinquantaine de toiles à Étretat.
En décembre 1883, il partit avec Renoir sur la Riviera. En 1884, après les villes de Bordighera et
de Menton, il retourna à Étretat. L’été suivant, il y passa de nouveau quelques mois.
En 1886, il se rendit en Hollande et en Bretagne. De janvier à avril 1888, il résida à Antibes. Puis
il se rendit à Londres et revint à Étretat. Dans ses voyages, il cherchait une nouvelle source
d’inspiration, de nouveaux motifs. Mais Monet resta toujours fidèle au principe fondamental de sa
création : observer attentivement la nature, la sentir et la fixer au moment précis où l’on peint.
Arrivé à Bordighera, et après avoir vu la nature exotique méridionale, il écrivit à Alice : « Ça
marche donc assez bien, quoique ce soit bien difficile à faire : ces palmiers me font damner ; et puis
les motifs sont extrêmement difficiles à prendre, à mettre dans la toile : c’est tellement touffu
partout ; c’est délicieux à voir. »
La fascination de Monet pour les paysages du bassin méditerranéen atteint son apogée durant les
années 1880. Durant cette période, après avoir peint une série de toiles à un endroit particulier, il
migrait vers une autre ville, afin d’y trouver une nouvelle source d’inspiration.
Après la Côte d’Azur, Monet se rendit de nouveau dans le sud en 1884, afin d’explorer la Riviera
italienne. La beauté de cette région est à l’origine de l’œuvre Le Château de Dolceacqua (1884,
musée Marmottan Monet, Paris). Cette peinture montre le bourg médiéval de Ligurie dominé par les
eruines du château des Doria, et le torrent Nervia enjambé par un pont en dos d’âne datant du XIV
siècle.
Dolceacqua fut le siège de la famille Doria et le lieu de résidence de l’amiral Andrea Doria. La
e efamille Doria maintint la domination de la République de Gênes jusqu’au XVI ou XVII siècle.
Dolceacqua, le vieux pont sur la Nervia (vol. 1, p. 222) et Le Château de Dolceacqua réalisés en
quelques heures, appartiennent à une série notable de peintures, dans laquelle Monet a représenté lejoyau de la province italienne. Dans ces deux toiles, l’artiste a représenté le pont arqué au centre de la
toile, flanqué des deux côtés par les deux bras de la Nervia.Au cap d’Antibes par vent de mistral, 1888.
Huile sur toile, 66 x 81,3 cm. Museum of Fine Arts, Boston.Antibes vue du plateau Notre-Dame, 1888. Huile sur toile, 65,7 x 81,3 cm.
Collection Julia Cheney Edwards, Museum of Fine Arts, Boston.Les Alpes vues du cap d’Antibes, 1888.
Huile sur toile, 65 x 81 cm. Collection privée.Antibes, effets d’après-midi, 1888. Huile sur toile, 66 x 82,5 cm.
Don de Samuel Dacre Bush, Museum of Fine Arts, Boston.


Pour Le Château de Dolceacqua, la perspective est si basse, que Monet a pu peindre le tableau
directement depuis la rivière. Sur le bord tout à fait à droite de la toile, on distingue le mur extérieur
d’une maison et sur le côté opposé du pont, une tour dépasse au-dessus du bâtiment.
Ces peintures sont différentes non seulement par les motifs et la perspective, mais aussi
légèrement pas la gamme chromatique utilisée : des couleurs sombres pour le premier, alors que des
tons vert et marron clair prédominent dans le second.
Monet décrivit le bourg situé près de Vintimille comme « un joyau de légèreté ». Il fut captivé par
la beauté abrupte de l’arrière-pays italien, le pouvoir lumineux du soleil et par sa nature sauvage.
L’originalité fascinante de ce village illustrée dans les tableaux de Monet, est restée intacte encore
aujourd’hui. Le spectateur peut ainsi reconnaitre l’atmosphère particulière dépeinte par l’artiste, et
est transporté par sa créativité et son habilité à retranscrire la lumière et les motifs intrinsèques au
lieu.
Durant son séjour en Italie, Monet ne travailla cependant pas uniquement dans ce bourg, mais
aussi dans les environs, dont il captura les paysages marins, les vues du ciel et des Alpes. De plus, il
peignit des vues de Vintimille et de la vallée de Nervia dont la beauté de l’atmosphère est révélée
dans les toiles de l’artiste. La végétation foisonnante, la lumière exceptionnelle à l’origine des
couleurs vibrantes et la mer Méditerranée, fournissent un environnement dans lequel Monet a pu
puiser d’innombrables sources d’inspiration.
L’œuvre La Vallée de la Nervia (vol. 1, p. 223) montre un paysage aride, surplombé par les
sommets imposants des Alpes. La Nervia est esquissée dans le coin inférieur gauche, et se fond dans
les tons bleus qui l’entourent.
Le peintre réalisa ses toiles dans un style typiquement impressionniste, mais sous l’influence de
ses propres observations artistiques à l’aide d’une palette de couleurs éclatantes qui, d’une certaine
manière, font écho à la Riviera italienne.Maison de jardinier à Antibes, 1888.
Huile sur toile, 66,3 x 93 cm. Cleveland Museum of Art, Cleveland.Montagnes de l’Estérel, 1888. Huile sur toile,
65 x 92 cm. The Samuel Courtauld Trust, Londres.


À la fin de cette période italienne, Monet retourna sur les lieux de ces premières productions, et
visita de nouvelles villes telles que Londres ou Rouen, où il réalisa deux de ses plus célèbres séries.
eNéanmoins, il se rendit de nouveau en Italie durant la première décennie du XX siècle, dans le but
de visiter Venise, dont résulte une autre série de toiles remarquables.
Sur les recommandations du galeriste Durand-Ruel, Monet se rendit à Antibes, durant l’hiver
1888, où il passa trois mois, période pendant laquelle il réalisa une quarantaine de tableaux. La ville
allait par la suite être visitée par d’autres artistes, tels que Picasso et Chagall.
Fascinés par les effets de lumière, la végétation des paysages méditerranéens et par la côte
impressionnante, les visiteurs peignaient de véritables chefs-d’œuvre. Aujourd’hui, le trajet parsemé
des points de vu variés où ces grands artistes se sont arrêtés, offre un aperçu des paysages capturés de
différentes façons.
Au cap d’Antibes par vent de Mistral montre la ville d’Antibes, avec la mer méditerranée d’un
bleu profond, un bleu plus clair pour le ciel, des arbres disséminés dans le paysage, le tout bordé par
les Alpes majestueuses. Dans les œuvres de Monet, la beauté de la nature n’est pas seulement rendue ;
elle est intensifiée.
À Antibes, Monet réalisa des œuvres portant sur des sujets variés qu’il peignait sans discontinuer à
différents moments de la journée, capturant ainsi une multitude de couleurs sous les effets de la
lumière.
Parmi les sujets étudiés se trouve le Fort Carré, entouré de la mer et des Alpes, ou des arbres
somptueux longeant la côte comme on peut le voir dans Plage de Juan-les-Pins (1888). Les jeux
d’ombres et de lumières sont également un élément important dans sa recherche artistique. Il
travaillait principalement à des moments de la journée où la lumière est tout aussi intense que
différente : aux lever et coucher du soleil et à midi.
Monet souhaitait ainsi apporter de nouveaux axes de recherche artistique au mouvement
impressionniste. Ses toiles illustrent la volonté de l’artiste de capturer la fugacité de la lumière, et
annoncent les séries des meules de foin, de la cathédrale de Rouen et des nymphéas.Les Villas à Bordighera, 1884.
Huile sur toile, 116,5 x 136,5 cm. Musée d’Orsay, Paris.La Maison du pêcheur à Varengeville, 1882.
Huile sur toile, 60 x 78 cm. Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.