De La Dame à la licorne et de "son" désir
528 pages
Français

De La Dame à la licorne et de "son" désir

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Description

Embrassant à la fois les domaines historique, artistique, iconologique, héraldique et généalogique, cette étude de la tapisserie de La Dame à la licorne répond à de nombreuses questions que pose cette oeuvre médiévale demeurée mystérieuse. Le résultat de cette importante monographie, enrichie de 267 illustrations, montre que la tapisserie est constituée d'éléments assemblés issus de groupes différents sans aucun rapport thématique avec les cinq sens, interprétation officielle la plus répandue. L'ouvrage prolonge les travaux antérieurs de l'auteur sur la famille Le Viste, commanditaire de cette oeuvre majeure présentée au Musée de Cluny.

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Date de parution 21 mai 2019
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EAN13 9782140122095
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

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Patrice F
DeLa Dame à la licorneet de « son » désir
Chemins de la Mémoire Série Histoire de l’art et patrimoine
DeLa Dame à la licorneet de « son » désir
Chemins de la Mémoire Fondée par Alain Forest, cette collection est consacrée à la publication de travaux de recherche, essentiellement universitaires, dans le domaine de l’histoire en général. Relancée en 2011, elle se décline désormais par séries (chronologiques, thématiques en fonction d’approches disciplinaires spécifiques). Depuis 2013, cette collection centrée sur l’espace européen s’ouvre à d’autres aires géographiques. Derniers titres paruse Leroux (Charles-Édouard),siècle, Jouer éternellement leLa question mémorielle au XXI passé, 2019. Maury (Serge),Une secte janséniste convulsionnaire sous la Révolution française, Les Fareinistes (1783- 1805),2019.e Laporte (Samy),siècle (1795-1914),La vie quotidienne des Juifs de Pologne au XIX 2018. Giacchetti (Claudine Anne),Les déplacés. La diaspora juive est-européenne dans la France occupée. Témoignages et combats, 2018. Lafage (Franck), Louis III, dernier roi de Bavière, (1913-1918),Un souverain dans la tourmentede la Première Guerre mondiale,2018.Louis (Abel A.),Le livre et ses lecteurs en Martinique de la fin du Directoire à la Monarchie de Juillet (1799-1848). Essai d’histoire sociale et matérielle, 2018. e e Lagardère (Vincent),au xviii siècle.Commerce fluvial et batellerie sur l’Adour du xvii Les ports de Dax, Saubusse, Port-de-Lanne, La Marquèze, 2018. Louis (Abel A.),Le monde du négoce à Saint-Pierre sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), Essai d’histoire sociale et matérielle,2017.Feinermann (Emmanuel),La tradition juive et sa survivance à l'épreuve de la shoah, Tome 1 et 2,2017. Louis (Abel A.),Les bourgeoisies en Martinique (1802-1852). Une approche comparative, 2017. Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent.La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Patrice FOUTAKISDELADAME A LA LICORNEET DE«SON»DESIR
DU MÊME AUTEURLIVRES À la lumière des manuscrits Le Viste, famille deLa Dame à la licorne.Paris : Éditions Classiques Garnier, 2016. ΗΜεγώθβαδβΙστκλία,βΒεθετίααδβΕικνσία. [εodon et l’Histoire, Venise et le Pouvoir]. Athènes : Éditions Kapon, 2017. Les trois saisons : uncarrosse sur le chemin du chevalier Antonio Bosio à paraître, Paris : 2019. ARTICLES (sélection)« The granite column in Modon: how to make a stone say what you want it to say! ». Oxford Journal of Archaeology, 24 n° 1, February 2005, p. 89-105. « H LoggiaΥαίπ:Ιά,αξάααάίαπαώ». [La Loggia de La Canée: les signes historiques, architecturaux et héraldiques des temps].Archaiologia, 109, décembre 2008, p. 66-74. « Did the Greeks Build According to the Golden Ratio? ».Cambridge Archaeological Journal, 21 n° 1, February 2014, p. 71-86. «De l’aube à minuit: les Hospitaliers au château de Modon ».Société de l’Histoire et duPatrimoine de l’Ordre de Malte, 33, 2015, p. 17-55. «Sanctissima Expeditio: le projet de recouvrer Rhodes et son protagoniste, le fr. Antonio Bosio ».Société de l’Histoire et du Patrimoine de l’Ordre de Malte, 36, 2017, p. 17-55. « The Norman Reliefs at the Ioannina Castle ».The Mediaeval Journal, 7 n° 2, 2017,« Chemins et destin de fr. Antonio Bosio ».Société de l’Histoire et du Patrimoine de l’Ordre de Malte, 38, 2018, p. 28-59. « Two portraits allegedly depicting twomembers of the Bosio fa mily ».Journal of Historical Archaeology & Anthropological Sciences, 3 n° 4, 2018, p. 573-579.« Frà Antonio Bosio da Chivasso, balivo di Santo Stefano, cavaliere della sfortuna ». Studi Chivassesi, 9, 2018, p. 155-206.© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-17130-2 EAN : 9782343171302
Remerciements
Mes sincères remerciements vont à la regrettée Viviane Huchard, ancienne directrice du musée national du Moyen Âge de Cluny à Paris, pour sa permission et son aide à ce que je puisse à mon aise examinerin situles tapisseries deLa Dame à la licorne,et pour sa lettre à laBritish Library;à Linda Woolley, Conservatrice duVictoria and AlbertMuseum à Londres, pour m’avoir consacré, malgré son emploi du temps chargé, un bon moment au cours de mes déplacements non seulement dans son musée et ses réserves, mais également dans les réserves loin du musée londonien ; à Emma Stuart, bibliothécaire de la Royal Library au château de Windsor, qui facilita de manière obligeante mon accès à l’incunable rare Kalender, aujourd’hui en mauvais état ; à Justin Clegg, conservateur de laBritishLibraryà Londres, qui m’a permis de consulter le célèbre et fort précieux manuscrit enluminé4431 Harley avec la poésie de Christine de Pisan ; à Daniel van Steenberghe, président de la Fabrique d’église de Notre-Dame au Sablon à Bruxelles, pour son accueil et sa disponibilité à propos des vitraux de cette église ; à Damien Breuls de Tiecken, héraldiste et écrivain de l’Association Royale- Office Généalogique et Héraldique de Belgique, pour ses remarques sur la tapisserie armoriale de Sabine de Bavière ; à Marilena Caciorgna, écrivaine et professeur à l’Université de Sienne, pour son aide au sujet de l’iconographie sur la vie vertueuse selon la Renaissance italienne ; à Marc Smith, professeur de paléographie à l’Ecole nationale de chartes à Paris, pour ses propositions concernant les inscriptions examinées ici, et à Laurent Hablot, membre du Centre d’Etudes Supérieures de Civilisation Médiévale à Poitiers, pour ses précisions sur les lettres emblématiques ; à Yvonne-Hélène Le Maresquier, responsable du Centre de topographie parisienne aux Archives nationales, pour ses conseils éclairés sur les censives et plans de Paris ; à Claudine Thénault, du musée Saint-Remi à Reims, pour sa disponibilité afin que ma recherche dans les archives et salles de ce musée soit la plus fructueuse possible ; enfin à Josette Proust-Perrault, écrivaine des travaux sur les censives et demeures parisiennes, pour m’avoir fait signaler des actes notariés. Grâce à leur aide, certains points de ma recherche se sont éclaircis de manière importante. Par ailleurs, le personnel des Archives nationales, du Service de documentation du musée du Moyen Âge de Cluny, de la Conservation des Œuvres d’Art Religieuses et Civiles de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, du musée des Arts décoratifs, de la mairie de Fresnes-sur-Marne, de plusieurs bibliothèques à Paris (Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque de l’Arsenal, Bibliothèque du musée Condé à Chantilly, Bibliothèque de la Sorbonne, Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, Archives historiques de l’archevêché de Paris, Bibliothèque Mazarine, Bibliothèque Forney, Bibliothèque Sainte-Geneviève, Bibliothèque du Saulchoir), du
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château et des archives municipales de Spire en Allemagne, des archives d’État de Bavière, de la bibliothèquede l’État bavarois à Munich, des Archives générales du Royaume à Bruxelles, du château et musée de Gaasbeek en Brabant, du palais d’Egmont à Bruxelles, de la Bodleian Library à Oxford, de la municipalité de Zottegem en Flandres, ainsi que le personnel des Archives départementales de la Haute-Vienne à Limoges, de l’Eure à Évreux, de la Manche à Saint-Lô, du Calvados à Caen, de la Somme à Amiens, de l’Oise à Beauvais, de l’Aisne à Laon, de l’Essonne à Chamarande, de la Marne à Châlons-en-Champagne, de Seine-et-Marne à Dammarie-lès-Lys, du Val-de-Marne à Créteil, du Val-d’Oise à Cergy-Pontoise, des Yvelines à Montigny-le-Bretonneux, de l’Allier à Moulins, de la Creuse à Guéret, de la Côte-d’Or à Dijon, de l’Ain à Bourg-en-Bresse, de la Savoie à Chambéry, de la Meuse à Bar-le-Duc, du Loiret à Orléans, de l’Ardèche à Privas, de l’Aude à Carcassonne, de Vaucluse à Avignon, du Rhône à Lyon, des Archives municipales de Lyon, de Montreuil, de Charenton-le-Pont, des Archives de l’archevêché de Lyon, de la bibliothèque de l’Université Lyon II, de la mairie de Joyeuse, de la Société Éduenne à Autun m’ont opportunément aidé à localiser un document ou un ouvrage. Je ne peux que les remercier. Sans oublier Jacques de Chabannes, propriétaire du château de La Palice, Bruno Choisy, copropriétaire du château de Montaigu-le-Blin, l’associationÉtudes et Chantiers Espace Centralqui essaie non seulement de restaurer ce château mais de lui donner une identité culturelle, François Colcombet, propriétaire de la sculpture armoriale monumentale des de Chabannes-Le Viste, Lucien et Bernadette Blondeau, propriétaires du château de Boussac, Gilbert Leroy, propriétaire du château de Montbrian, et Franco Mora, directeur du château de Bagnols, qui ont témoigné de la disponibilité pour mes visites à leurs domaines. Une mention particulière est due à Hervé de Laguiche pour avoir mis à ma disposition, avec un soin et un zèle exemplaires, les précieuses archives de sa famille, de même qu’au regretté Hugues et à son épouse Hélène Rollin, propriétaires du château d’Arcy; Sophie et-sur-Loire, pour leur hospitalité et leur chaleur humaine Xavier de Taillandier y ont facilité mes recherches. Enfin, je remercie Elisabeth Taburet-Delahaye, directrice du musée national du Moyen Âge de Cluny à Paris, pour ses encouragements.
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ANTE-SCRIPTUMTrop de superlatifs, beaucoup d'idées saugrenues, quelques hypothèses bancales et peu de travaux solidement argumentés ont accompagné les tapisseries deLa Dame à la licornedepuis leur résurrection, au début du e XIX siècle. Aujourd’hui, achetées par l’État en 1882 à la municipalité de Boussac, en Creuse, elles sont exposées au musée national du Moyen Âge de Cluny à Paris. La monographie qui suit se bornera à un examen rigoureux de cette œuvre, sans y projeter des envies personnelles. La plupart des auteurs, ayant formulé une explication à ce sujet, ont suivi leur désir de faire à cette Dame dire ce qu’ils veulent qu’elle dise. Dans cette étude, si désir il y a, il est celui d’examiner cette création artistique sans idées préconçues. Non seulement j’éviterai d’y projeter mes propres désirs, mais je dois avouer que ma conclusion contrarieen quelque sorte mon envie initiale d’essayer de trouver un titre commun pour les six tapisseries ; autre que celuiLes cinq sens. D’ailleurs, une étude comparativesur la manière dont les cinq sens sont illustrés dans plusieursœuvresd’art –1ι cas pour les cinqen l’occurrence sens concernant 16 créations artistiques présentées icisuffisante pour est écarter ce thème comme sujet deLa Dame à la licorne. À dire vrai, je ne m’attendais pas, en me lançant dans cette recherche, à ce que ces panneaux tissés fassent partie de plusieurs suites. Même si la théorie des cinq sens, qui jouit du statut de l’explicationne paraît pas être une réponse officielle, cohérente, je croyais que les six pièces pouvaient former un seul groupe, autant dire une seule tenture.J’étais désorienté, comme beaucoup d’autres, par le fond rouge commun, par le jardin toujours présent, par l’ostentation héraldique, mais aussi par les essences d’arbres, le lion, la licorne et la figure féminine centrale qui se répètent sur chaque scène. Une seule tenture, pensais-je, dont le thème commun viendrait de quelque domaine historique, cognitif, politique, social ou artistique : une allusion à des évènements historiques, mythologiques ou familiaux, les vertus, les facultés, les tempéraments multipliés, les planètes librement restituées, les mois de l’année,les sibylles, les attributs du pouvoir, les muses, la créativité humaine, lesoccupations selon les talents, les scènes d’un roman, les allégories d’un recueil, les figures d’un livre d’Heures et ainsi de suite.J’avais tort. δ’évolution de ma recherche me démentit de manière implicite, toutefois suffisante pour peu que je sois disponible à l’accepter.τbligé d’abandonner toute hypothèse de travail préalable, je recommençai ma démarche sans exclure aucune possibilité.Au fur et à mesure que l’étude de chaque scène tissée avançait, j’ai dû reconnaître que non seulement les six piècesne forment apparemment pas une tenture homogène, mais qu’elles appartiennent forcément à des cycles différents. De la même époque, pour le
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