//img.uscri.be/pth/45c8d9f6509bba859426005f0d36718dabc3cf48
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Eléments pour l'analyse des séries

De
202 pages
Les textes rassemblés explorent notamment deux questions. La première concerne la série comme « tout », comme objet singulier : comment parler de l'unité d'un objet aussi morcelé, comment le saisir comme une oeuvre achevée ? La seconde touche à une éventuelle spécificité des séries : peuvent-elles se prévaloir d'une qualité narrative et esthétique distincte d'autres objets narratifs, romans, films, bandes dessinées ? De nombreux exemples sont proposés : Six Feet Under, Breaking Bad, 24 heures chrono, Battlestar Galactia, Law and Order, et bien d'autres sont examinées.
Voir plus Voir moins
ÉLÉMENTS POUR L’ANALYSE DES SÉRIES
JeanPierre Esquenazi
Éléments pour l’analyse des séries
Champs visuels Collection dirigée par Pierre-Jean Benghozi, Raphaëlle Moine, Bruno Péquignot et Guillaume Soulez  Une collection d'ouvrages qui traitent de façon interdisciplinaire des images, peinture, photographie, B.D., télévision, cinéma (acteurs, auteurs, marché, metteurs en scène, thèmes, techniques, publics etc.). Cette collection est ouverte à toutes les démarches théoriques et méthodologiques appliquées aux questions spécifiques des usages esthétiques et sociaux des techniques de l'image fixe ou animée, sans craindre la confrontation des idées, mais aussi sans dogmatisme. Dernières parutions Camille GENDRAULT, Voir Naples ? Le cinéma et la ville,Mutations de fin de siècle (1980-1998),2017. Michel CONDE,Cinéma et fiction,Essai sur la réception filmique, 2016. Gábor ERÖSS,L’Art de l’histoire. Construction sociale de l’authenticité et de la vraisemblance historiques au cinéma, 2016. Anne BENJAMIN,Cinéma et incitation à l’action,2016. Martin BARNIER, Isabelle LE CORFF, Nedjma MOUSSAOUI, Penser les émotions, Cinémas, séries, nouvelles images, 2016. Paul OBADIA,FBI : portés disparus, Une infinie tristesse, 2016. Mélanie BOISSONNEAU, Bérénice BONHOMME, Adrienne BOUTANG (Dir),Tim Burton, horreurs enfantines, 2016 Marion POIRSON-DECHONNE,Entre spiritualité et laïcité, La tentation iconoclaste du cinéma, 2016. Alain DELIGNE,Charger, L’idée de poids dans la caricature, 2015. Laurent JULLIER (dir.),Les films à voir cette semaine, stratégies de la critique de cinéma, 2015. LIN Chih-Wei,Les images qui se suivent, 2015. Christophe TRIOLLET,Le contrôle cinématographique en France. Quand le sexe, la violence, et la religion font débat,2015. Philippe DE VITA,Jean Renoir Épistolier, Fragments autobiographiques d’un honnête homme,2015.
Jean-Pierre Esquenazi Éléments pour l’analyse des séries
Du même auteur :
L’analyse du film avec Deleuze, CNRS Éditions, 2017.
Le Film noir Histoire et significations d’un genre populaire subversif, CNRS éditions, 2015/2012.
Les Séries télévisées : l’avenir du cinéma ?,Armand Colin, 2014/2010.
L’écriture de l’actualité, Presse Universitaire de Grenoble, 2013/2002.
Hitchcock et l’aventure deVertigo :l’invention à Hollywood, CNRS Editions, 2011/2001.
Mythologies des séries télés, Le cavalier Bleu, 2009.
La Vérité de la fiction, Hermès Lavoisier, 2009.
Sociologie des Publics, La Découverte coll. Repères, 2009/2003.
Sociologie des œuvres, Armand Colin, 2007.
Godard et la société française des années soixante, Armand-Colin, 2004.
Télévision et démocratie - Histoire du politique à la télévision française 1958-1990, Presses Universitaires de France, 1999.
Deux études sur les Distorsions de André Kertesz, (co-écrit avec Frédéric Lambert), L’Harmattan, 1998.
Le Pouvoir d’un média : TF1 et son discours, L’Harmattan, 1996.
Film Perception et Mémoire, L’Harmattan, 1994.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11596-2 EAN : 9782343115962
AVANT-PROPOS
Enfin, le désert de la recherche française sur les séries s’est peuplé. La situation n’est pas encore florissante. Mais les réflexions et les thèses se multiplient, les contacts se nouent. Les colloques sont assez fréquents, qui envisagent différents aspects des séries ; ils peuvent même être consacrés à une œuvre particulière. Une équipe de recherche possède un programme voué exclusivement aux séries. Des collections de livres ont été créées qui sont consacrées au genre. De nombreux progrès ont été accomplis et on ne peut que s’en féliciter. Nous sommes donc en train de rejoindre la recherche anglo-saxonne sur le sujet. Il faut noter que l’impulsion n’est pas venue des chercheurs en audiovisuel, mais des américanistes : il faut leur rendre hommage sur ce point. Ce sont eux qui ont franchi un pas décisif en ne regardant pas seulement les séries comme un phénomène social (longtemps considéré comme un signe de déchéance culturelle), mais comme des œuvres. Il y a évidemment des progrès dans les départements audiovisuels mais ceux-ci demeurent rétifs à inscrire dans les maquettes des cours explicitement consacrés aux séries. Les chercheurs de ces départements ne sont pas si nombreux à regarder attentivement les séries. On pourrait découvrir l’origine de ce peu d’intérêt, outre le mépris pour le petit écran, dans la distance prise par la recherche avec la narratologie depuis une vingtaine d’années : les séries sont essentiellement narratives et la question de la mise en scène a pu y apparaître superfétatoire. Ou bien y voir la force de l’habitude et de la spécialisation. Cependant, la demande étudiante est telle que l’on peut s’étonner. Mon expérience de trois années d’un cours à l’Université Lyon 2 est assez éloquente : profitant d’un titre consacré aux problèmes narratifs, je travaillais avec des étudiants de licence sur un sujet
qui les passionnait très souvent. Par ailleurs, les séries représentent une part non négligeable de la production audiovisuelle : pourquoi ne pas dédier des cours à leur histoire et à leur esthétique ? Il est vrai que nous manquons d’outils en la matière. J’ai pu constater que les choses passent en ce domaine extrêmement vite : des séries du début des années 2000 pourtant décisives commeThe SopranosouSix Feet Undersont peu connues des étudiants. Ne parlons pas des décennies précédentes. Il faut d’évidence fonder l’histoire des séries sur un corpus d’œuvres sur lesquelles revenir et bâtir la culture sérielle. DepuisI Love Lucy etDragnet, quantité d'objets sériels ont été créés qui ont ravi d’innombrables téléspectateurs goûtant leur plaisir d’abord hebdomadaire. À ces différents objets, différents modes de production correspondent, des cultures nationales distinctes, des modèles économiques éloignés, des publics variés. Il nous manque d’évidence un ouvrage de référence contenant une histoire aussi détaillée que possible du genre. Les histoires du cinéma de Jean Mitry et Georges Sadoul n’ont pas peu contribué à fonder la recherche sur le cinéma. Il faudrait peut-être un collectif qui empoigne le sujet et qui donne aux amateurs et aux étudiants une « bible » tout à fait nécessaire, un instrument de recherche fondamentale. D’évidence, il ne manque pas de travail. Des textes importants ont rehaussé les années 2010. Je ne pourrai certainement pas les citer tous, mais je me permettrai de faire un choix bien sûr très subjectif, en retenant comme critère de sélection l’ouverture que ces textes représentent. Pour commencer avec un ouvrage avec lequel j’ai des points de 1 désaccord,La Sériephilieme paraît être uned’Hervé Glévarec avancée dans la compréhension du statut social des séries. Outre le fait que je suis heureux de voir repris un terme moqué en 2007 ou 2008 lorsque je l’ai proposé lors d’un congrès de l’Afeccav, l’auteur offre un portrait juste des amateurs. Après avoir vécu une transformation importante au point qu’on ne parle plus de séries « télévisées », mais de séries « tout court », 1 Glevarec H., 2012 :La sériephilie Sociologie d’un attachement culturel, Paris, Ellipses
8
après donc avoir constaté que les modes de visionnement se sont si profondément diversifiés, la recherche sur les publics doit s’intensifier. Peut-être que la problématique proposée par 2 Marta Boni dans son ouvrage publié en ligne et certains articles, dont celui paru dans le quatrième numéro d’Ecrans, est l’une des meilleures façons de le permettre. S’inscrivant dans une perspective de sociologie des œuvres, la chercheuse considère une série comme un univers très large comprenant l'objet lui-même, les accidents de production, les réactions des fans, etc. Ce modèle donne au temps long de la série une force conceptuelle claire, elle rend compte en même temps de la série comme œuvre et comme phénomène social. 3 La monographie consacrée par François Jost àBreaking Bad à l’immense mérite de prendre une série par un bout rarement choisi, celui de la mise en scène. François Jost démontre combien la conception dont j’avais implicitement admis la prévalence dansLes séries télévisées : l’avenir du 4 cinéma, selon laquelle, le seul vrai réalisateur d'une série était celui de son premier épisode, est insuffisante. Comme il le démontre, les opérations de mise en scène traversent la suite des arcs narratifs pour construire des séries d’échos et de consonances qui participent grandement à l'élaboration de la signification. Il n’est pas certain que l’on puisse dire la même chose de toutes les séries ; mais il est sûr que de nouveaux travaux vont, à la suite de celui de Jost, s’emparer d’autres objets sériels généreusement mis en scène.Rêves et séries5 américaines de Sarah Hatchuel , en un sens plus narratif poursuit la tâche. L’étude de l’auteure porte sur un sujet plus large et profond que le titre de l’ouvrage le laisse penser. En illustrant le propos avec les rêves contenus dans les séries, elle 2 Boni M., 2015 : Romanzo Criminale: Transmedia and Beyond, Venise, Éditions universitaires Ca Foscari, en ligne. BONIMondes2015, «  Marta, sériels et complexité », inÉcransn°4. 3 Jost F., 2016 :Breaking bad : le diable est dans les détails, Paris, Éditions Atlande. 4 Esquenazi J.-P., 2010 :Les Séries télévisées – L’Avenir du cinéma, Paris, Armand Colin. 5 Hatchuel:S., 2015 : la fabrique d’autresRêves et séries américaines mondes, Aix-en-Provence, Rouge Profond.
9