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Gustave Courbet (1819-1877)

De

Courbet, c’est d’abord l’histoire d’un artiste exceptionnel et sans équivalent. Était-il le dernier des classiques ou le premier des modernes. Ainsi Pierre Rosenberg se demande : « Clôt-il une tradition ou ouvre-t-il les portes à la révolution impressionniste ? »

L’auteur nous raconte ici l’artiste, son évolution, celle de sa palette, ainsi que les grands thèmes qu’il a traités (Ornans et sa région, les fleurs, les nus féminins, les paysages de mer, les vagues, la chasse, les natures mortes, la Suisse). Mais il fait aussi revivre l’homme qui a été son ami pendant plus de quinze ans. Courbet le fort-en-gueule, le réaliste, le campagnard, l’orgueilleux, le séducteur, l’homme plein de contradictions, et puis l’opposant à l’Empire et «Bonaparte», le socialiste, le proscrit, l’exilé.

Gustave Courbet et Théodore Duret, c’est l’histoire d’un livre qui nous replace au cœur de la vie artistique et politique du Second empire. L’édition de VisiMuZ est illustrée de 210 tableaux agrandissables sur votre tablette en plein écran, qui enrichissent le texte et nous font entrer de plein pied dans l’univers du peintre.

Les tableaux sont insérés au sein du texte, à l’endroit où l’auteur les évoque. De plus, un diaporama en fin d’ouvrage permet de contempler facilement toutes les facettes du talent de l’artiste. Enfin la localisation s’adresse aux voyageurs, avec plus de 300 tableaux identifiés dans les musées du monde entier.


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Avant-propos

La collection VisiLife a pour objet l'édition ou la réédition d'ouvrages didactiques en Histoire de l'art.
Les auteurs sont des écrivains au style fluide et agréable. Pour la période moderne, les auteurs des biographies connaissaient le plus souvent personnellement les artistes dont ils ont évoqué la vie et l’œuvre.
Ces monographies ou ces ouvrages de référence avaient un défaut : ils étaient parfois frustrants à lire quand on n'avait pas en mémoire les tableaux évoqués par l'auteur. Avec le numérique, cet obstacle est levé et les ouvrages de la collection VisiLife incluent systématiquement les œuvres en regard des textes pour une meilleure compréhension du travail de l'artiste et surtout un plus grand plaisir de lecture. Vous pouvez agrandir chaque photo en pleine page par un simple-tap. Le détail de la navigation est indiqué ci-après. Vous pouvez évidemment annoter votre livre numérique. La visite virtuelle ne remplace pas la visite réelle. Aussi nous vous indiquons la localisation des œuvres que vous avez pu admirer au cours de votre lecture. Grâce au numérique, vous pouvez enfin profiter pleinement des illustrations en les agrandissant.

Quelques conseils pratiques d'utilisation

Votre livre est un e-book.

1) Malgré tout le soin apporté à sa réalisation, les programmes de lecture actuels connaissent quelques défauts de jeunesse, qui peuvent altérer l'affichage de plusieurs caractères. Ainsi, sur certains lecteurs (de plus en plus rares), les espaces insécables peuvent dans quelques polices ne pas être gérées. Dans ce cas, il apparaît un petit carré au lieu d'une espace. Le choix d'une autre police de caractères permet de contourner le problème. De même, l'agrandissement du corps des lettres peut poser quelques soucis d'ajustement pour les images. Ici, il suffit de changer la taille des caractères pour améliorer l'affichage.
Mais votre livre numérique est aussi un livre enrichi, pour vous donner plus de plaisir en regardant les photos des œuvres.

2) Affichage des œuvres en pleine page. Par simple-tap dans le corps du texte sur la photo de l’œuvre, on affiche celle-ci en pleine page. Un double-tap permet alors l'affichage en plein écran. Un autre double-tap retourne à l'affichage pleine page. On peut revenir à la page du texte en cliquant sur la zone en bas à gauche « Revenir à la p. xxx » ou sur la croix en haut à gauche, selon les lecteurs.
Nous avons publié un article sur le site VisiMuZ qui donne quelques conseils pour vous aider à tirer de votre lecture un maximum de plaisir : http://www.visimuz.com/ebooks_beauxarts/.

3) Biographie des artistes. Lorsque vous lisez votre livre en étant connecté à Internet, vous pouvez, par simple-tap sur le nom des artistes, lorsqu'il est indiqué dans le cartel des œuvres, accéder aux notices biographiques qui leur sont consacrées au sein de l'encyclopédie libre Wikipédia. Attention : pour ne pas alourdir la lecture, ces liens ne sont pas signalés.

4) À la fin du livre, vous pouvez afficher un diaporama de toutes les œuvres présentes dans l'ouvrage. Le cartel est rappelé en bas de chaque page.

5) Les dates de certaines vies d'artistes ou de création des œuvres peuvent être imprécises.
Nous avons choisi d'indiquer les incertitudes de la manière suivante :
  • be : between ou entre
  • ca : circa ou vers
  • an : ante ou avant
  • po : post ou après

Nous sommes très attentifs à vos impressions, remarques et critiques concernant le fond et la forme des ouvrages publiés par VisiMuZ. N'hésitez pas à nous envoyer vos commentaires à l'adresse suivante :
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Théodore DURET

documentation par François BLONDEL

Gustave COURBET

• VisiMuZ Éditions •

 

Introduction de l'éditeur

Lorsque nous avons décidé chez VisiMuZ de publier une biographie de Courbet, nous avions le choix entre écrire un nouvel ouvrage ou reprendre un texte existant. De nombreuses monographies sur Courbet sont parues après sa mort. Deux se détachaient particulièrement du lot, et le choix s'est alors réduit à la sélection de l'un de ces deux textes, à la fois beaux et complets.

Il y avait tout d'abord celui de Georges Riat, écrit en 1905, qui a longtemps été considéré comme la référence des spécialistes. Mais il présentait à nos yeux deux inconvénients. Georges Riat a à la fois écrit une monographie et effectué un travail de recherche, largement étayé par les courriers de l'artiste et les articles des critiques d'art de cette époque. Il en résulte un texte un peu trop long (le livre au format in-4° compte près de 400 pages), parfois réservé aux spécialistes du peintre (et nous ne voulions pas couper dans ce texte et publier un texte partiel, dénaturé, maladroitement inspiré du texte originel). De plus, certaines des hypothèses de Georges Riat se sont révélées hasardeuses avec le recul du temps et les recherches des historiens de la fin du xxe siècle et du xxie. Il faut dire que Courbet lui-même ne lui avait pas facilité la tâche. La datation des tableaux de Courbet manque en effet singulièrement de précision. L'artiste a brouillé les pistes en datant les tableaux soit du jour de leur première exposition, ou de leur vente, ou selon son bon plaisir pour des raisons que nous ne connaissons pas. Courbet a semé les semi-vérités dans ses lettres un peu comme Malraux ou Stendhal qui ont réécrit leur légende. Les musées et les collections ont également beaucoup évolué, et la minutie avec laquelle Riat précise tous ses éléments nous aurait obligé à de très (trop) nombreux commentaires qui auraient encore surchargé et alourdi le texte.

L'autre biographie de référence était celle de Théodore Duret, écrite en 1918, 41 ans après la mort du maître d'Ornans. Elle est plus concise, et se prêtait mieux à une remise à jour de la documentation en l'adaptant à l'état des connaissances du xxie siècle. C'est aussi une biographie écrite par un ami, un proche, et les anecdotes savoureuses que Duret nous raconte participent largement au plaisir de la lecture.

Nous avons enrichi cette biographie d'un certain nombre de commentaires issus des recherches menées depuis un siècle et demi sur l'œuvre de Courbet.

Deux catalogues raisonnés ont été établis. Celui de Robert Fernier en 1977 et celui de Pierre Courthion en 1987. Celui de Pierre Couthion est un peu plus restrictif que celui de Fernier. Il faut dire que de très nombreux faux Courbet ont été réalisés, parfois validés par Courbet lui-même. Les recherches se poursuivent et un nouveau catalogue raisonné est en préparation. Il sera réalisé par Jean-Jacques Fernier. Dans la suite, nous avons identifié les tableaux en référence au catalogue de Pierre Courthion. Plus récent, il est aussi plus facilement accessible.

Dans le texte qui suit, nous avons chaque fois qu'il a été possible mis en regard le numéro du tableau dans le catalogue raisonné et le titre évoqué dans le texte (qui a pu changer avec le temps et les différents propriétaires). Le corpus de Courbet compte un peu plus de 1000 tableaux. Le numéro est donc composé de la lettre « C » (pour Pierre Courthion) suivi de quatre chiffres.

Les tableaux sont repérés avec leur localisation en 2017. Si en Europe il est assez facile de suivre les tableaux une fois qu'ils sont entrés dans un musée, ce n'est pas vrai dans le reste du monde. Certains musées ont revendu des tableaux qu'ils possédaient en 1987, date du catalogue de Courthion, et le repérage de ces tableaux a consisté parfois en une véritable « chasse au trésor ». Dans la suite nous avons illustré 213 tableaux et « pisté » plus de 300 d'entre eux, découvrant au passage quelques aventures extraordinaires que nous vous relatons dans les commentaires.

 
Théodore Duret, peint par Whistler en 1883 (détail – tableau au Metropolitan Museum of Art, New York)
 Théodore Duret, peint par Whistler en 1883 (détail – tableau au Metropolitan Museum of Art, New York) 

Théodore Duret est un auteur très important pour tout ce qui concerne la peinture de la seconde partie du xixe siècle. Il était un ami intime de Manet, de Courbet, de Claude Monet, de Whistler. Il a été l'historien des impressionnistes, l'auteur de nombreuses monographies (plusieurs sont publiées chez VisiMuZ) dont l'intérêt est augmenté par sa connaissance personnelle des artistes qu'il évoque.

La première édition de ce livre a paru en 1918 aux éditions Bernheim-Jeune, accompagnée de 40 gravures en noir et blanc. Le texte originel se retrouve intégralement dans l'édition VisiMuz, à l'exception de la localisation des tableaux qui a été mise à jour dans la situation de 2017. À la place des 40 gravures, le lecteur retrouve 210 reproductions d’œuvres et le texte a été complété et enrichi, à la lumière des évènements intervenus depuis 100 ans.

I. LA JEUNESSE

 Gustave Courbet, peint  en 1840 par son ami Édouard Baille (1814-1888). 
Gustave Courbet, peint en 1840 par son ami Édouard Baille (1814-1888).

Courbet (Jean-Désiré-Gustave) naquit à Ornans, petite ville de la Franche-Comté, du Doubs, le 10 juin 1819. Son père et sa mère appartenaient à la bourgeoisie du lieu. Ils étaient aisés, même riches, puisque le père faisait partie des électeurs censitaires, sous le règne de Louis-Philippe. Ils possédaient au village de Flagey, près d'Ornans, un domaine assez étendu.

Les Francs-Comtois, surtout ceux qui se trouvent à l'entrée du Jura, tels que les habitants d'Ornans qu'on peut déjà presque appeler des montagnards, ont une structure robuste. Ils sont généralement de haute stature et larges d'épaules. On ne saurait manquer de remarquer leur conformation particulière en venant parmi eux. Courbet tenait de son père la marque physique de la province. Il était robuste, de haute stature et large d'épaules. Comme trait personnel ses grands yeux, doux et veloutés, apparaissaient proéminents sur son visage. Il avait de fort belles mains très blanches, dont il était fier et prenait grand soin.

Tel qu'il se présentait dans sa jeunesse, on peut le dire un des beaux hommes de son temps. On était naturellement amené à le remarquer et à le tenir pour un homme de race. En dehors de ce qu'on appellera la race, en pensant surtout à la filiation aristocratique, on pourra trouver des types, en chaque lieu et en chaque catégorie sociale, de ce qui constitue la race. Et Courbet était essentiellement avec son type Franc-Comtois et sa beauté personnelle un homme ayant de la race.

Certains hommes reliés physiquement et moralement à leur pays d'origine s'y montrent avec persistance attachés. Tel était Courbet. Quand il sera parvenu à la renommée, qu'il pensera à se glorifier, il prendra de sa petite ville son titre : le maître d'Ornans. Il laissera, en parlant, apercevoir l'accent particulier à la Franche-Comté et se plaira, en certaines circonstances, à le faire sentir dans toute sa force. L'affection qu'il porte à son pays d'origine, explique pourquoi se produisant comme peintre, il se mettra d'abord à représenter les bourgeois de sa ville natale, les paysans de sa campagne, avec les sites rustiques des alentours.

Courbet, arrivé à l'âge où les parents font donner de l'instruction à leurs enfants, fut placé comme externe au petit séminaire d'Ornans, une institution diocésaine dirigée par des ecclésiastiques. Il ne devint point un bon élève. Il ne laissa voir que de l'éloignement pour les études classiques. Par contre, ses intimes propensions se révélant déjà, il montra du goût pour le dessin. Le petit séminaire avait un maître de dessin Beau, et Courbet, assidu et appliqué auprès de lui, poussa sa pratique du dessin aussi avant que son âge le permettait.

Ses parents l'envoyèrent achever ses études au collège royal de Besançon, l'établissement d'instruction le plus en vue de la région. Il ne s'y montra pas meilleur élève qu'au petit séminaire. La répulsion qu'il avait une première fois éprouvée pour la discipline scolaire et les études classiques ne fît que croître. Mais en même temps le goût du dessin, qui lui était venu au petit séminaire, alla se développant. Il avait au collège, comme professeur de dessin, Flajoulot, fidèle au style de David et il a fait alors sous sa direction, des dessins de forme très précise. Cependant loin de pouvoir s'accoutumer au régime de l'internat qu'on lui imposait, il finit par le prendre en telle aversion, exprimée en plaintes si amères, que ses parents durent le sortir de l'intérieur du collège, pour le tenir externe dans une maison particulière.

Courbet, à demeure en ville, trouvait son professeur de dessin du collège, Flajoulot, à la tête de l'école de dessin établie et maintenue par la municipalité. Cette école joignait aux cours de dessin et de peinture des cours d'architecture, de modelage et d'art industriel. Elle prenait ainsi une véritable importance et groupait les jeunes gens de la région, attirés vers l'art et les professions s'y rattachant. Courbet, en étroite relation avec Flajoulot, alla travailler à l'école, où il s'appliqua avec assiduité, à dessiner. Il attaque aussi la peinture, et peint de petits tableaux, restés forcément de simples œuvres d'essai, sans caractère propre.

Il eut à ce moment pour ami, Édouard Baille, de Besançon, qui après avoir commencé ses études de peintre à l'école de la ville, alla les poursuivre à Paris, fut élève de Picot, exposa à plusieurs Salons, puis revint s'établir à Besançon, pour y peindre les célébrités du lieu et des tableaux religieux destinés aux églises. Alors que Courbet et Baille n'étaient encore que des jeunes gens liés par l'amitié. Baille dessina un intéressant portrait de Courbet, que nous reproduisons au début de ce chapitre.

Courbet se lia aussi avec Max Buchon, de Salins, débutant comme poète. Cette liaison amena Courbet, qui s'essayait par surcroit à la lithographie, à illustrer de quatre petites lithographies, un volume de poésies publiées par Max Buchon à Besançon, en 1839. Ce sont là les toutes premières productions qu'il ait présentées au public.

Courbet a terminé à Besançon ce qu'on appelle les études classiques, poursuivies avec répugnance, dont il n'a retiré aucun fruit. La question se pose maintenant, entre lui et ses parents, d'une carrière à choisir. Un moment le père eût voulu qu'il essayât d'entrer à l'École polytechnique et un moment Courbet, cherchant à se rendre au désir paternel, s'était efforcé d'étudier les mathématiques. Cette tentative dans une voie tout à fait contraire à sa nature avait du être promptement abandonnée. Son père se rejette alors sur le droit et Courbet est envoyé l'étudier à Paris. Il y arrive en novembre 1840 [1].

Il va de soi que si tout d'abord à Ornans et à Besançon, ses propensions l'avaient porté vers le dessin et la peinture, alors que dans ses entours rien n'existait qui put l'y prédisposer, arrivé à Paris, dans un milieu où l'art le sollicitait de tous côtés, avec son goût déjà développé et la part de technique acquise à l'école de dessin de Besançon, la vocation devait devenir irrésistible. L'étude du droit ne fut donc même pas commencée. Il fait connaître à ses parents sa détermination de prendre une autre direction et de se livrer tout entier à la peinture. Ils se rendirent sans trop de résistance à ses désirs, la pension qu'ils s'étaient engagés à lui fournir pour lui permettre d'étudier le droit, lui fut continuée pour lui permettre de se consacrer à l'art.

Le voilà donc à Paris tombé de sa province, cherchant dans son inexpérience de quel côté se diriger. On a dit qu'il était alors devenu l'élève de Steuben et de Hesse et il s'en est défendu. Ce qui est certain c'est que ses œuvres de début à Paris, ne laissent point voir ce reflet des procédés de Steuben et de Hesse qui constitueraient leur empreinte en qualité de maîtres. Mais qu'à son arrivée à Paris, selon l'habitude des débutants à cette époque, il se soit mis en quête de peintres en vue, dans l'atelier desquels il pourrait aller au moins momentanément travailler et dont il pourrait recevoir des conseils, est aussi certain. C'est ainsi qu'il a été conduit à nouer des rapports assez suivis avec Steuben et encore mieux avec Hesse, qui ont pu amener à le représenter comme étant devenu leur élève, ce qui est excessif.

Les premiers efforts de Courbet à Paris pour trouver sa voie sont restés obscurs. On commence à le bien saisir, dans sa carrière d'artiste, en 1842. Cette année-là, il annonce à ses parents qu'il va s'installer dans un atelier rue de la Harpe, loué 280 francs par an[2].

[1] Le Désespéré (autoportrait),1843, huile sur toile, 45 x 54 cm, collection particulièreC0018
Le Désespéré
Portrait de l'auteur (avec un chien)
[2] Portrait de l'auteur (avec un chien), 1842, huile sur toile, 27,5 x 22 cm, musée municipal de PontarlierC0024
Courbet au chien noir
[3] Courbet au chien noir, be 1842-44, huile sur toile, 46,3 x 55,5 cm, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la ville de ParisC0025
Juliette Courbet à l'âge de dix ans
[4] Juliette Courbet à l'âge de dix ans, ca 1841, huile sur toile, 24,5 x 19 cm, Museo Nacional de Bellas Artes, Buenos AiresC0015
 Portrait de Juliette Courbet 
[5] Portrait de Juliette Courbet, 1844, huile sur toile, 78 x 62 cm, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la ville de ParisC0038
La Forêt en automne
[6] La Forêt en automne, 1841, huile sur toile, 38,1 x 54,1 cm, collection particulièreC0017
 Loth et ses filles 
[7] Loth et ses filles, 1840, huile sur toile, 89 x 116 cm, collection particulière (Japon)C0012
Coup de dames
[8] Coup de dames, 1844, huile sur papier marouflé sur toile, 25,5 x 34 cm, Adolfo Hauser Collection, CaracasC0040
[9] Les Amants heureux, 1844, huile sur toile, 78 x 80 cm, musée des beaux-arts, LyonC0041
Les Amants heureux

L'homme est vraisemblablement Gustave, la femme Virginie Binet (1808-1865). Il vécut avec elle à partir de 1844 et durant huit ans. Elle lui a donné un fils, Désiré-Alfred-Émile, en 1847. Virginie Binet quitta Courbet en 1852 pour aller à Dieppe. Leur fils mourut en 1872.

[10] Le Guitarero, 1844, huile sur toile, 55 x 41 cm, collection particulière, New YorkC0046
Le Guitarero

Cependant, les œuvres de style romantique et de caractère imaginatif resteront de purs essais, les tentatives qui ne seront pas poursuivies d'un homme à la recherche de sa voie. Les œuvres dues à une observation directe de la vie et au contact de la nature prendront promptement toute la place.

Courbet est porté irrésistiblement vers la vie et la nature à mesure que, par le travail, il développe ses facultés et il y est conduit en outre par la connaissance qu'il prend des vieilles écoles et des maîtres du passé. Il a, cherchant à s'éclairer et à asseoir son jugement, fréquenté le Louvre. Là, dès ses premières observations, il a ressenti pour les Italiens, un éloignement qui n'a fait ensuite que grandir, leur art lui a paru conventionnel. Au contraire il a profondément admiré les Espagnols et encore plus les Hollandais, Rembrandt en tête. Il a trouvé chez eux une image exacte de la vie, le rendu fidèle du monde de leur temps, qui auront sur lui, comme exemple à suivre, une action décisive. Un voyage qu'il fera en Hollande en 1847 le confirmera dans l'admiration des maîtres hollandais, qui lui sera d'abord venue au Louvre.

Il avait promptement cherché à faire recevoir de ses œuvres au Salon. De son temps on ne connaissait pas la coutume des expositions particulières, il n'y avait non plus plusieurs salons à tendances diverses. Il n'y avait qu'un seul et unique salon, le Salon, institution d'État venue du xviie siècle, sur laquelle les artistes et les hommes s'intéressant aux arts tenaient les yeux. Y présenter des œuvres était l'acte obligé du débutant, y être reçu marquait pour lui l'entrée dans la carrière. Courbet chercha sans succès à y pénétrer dès 1842. Il y fut reçu, la première fois, en 1844 avec son Portrait au chien noir. En 1845 il présente plusieurs œuvres mais n'en n'a qu'une de reçue, le Guitarero [C0046].

 Le Hamac (le Rêve) 
[11] Le Hamac (le Rêve), 1844, huile sur toile, 70,5 x 97 cm, collection Oskar Reinhart, WinterthurC0047

Le tableau a été refusé au Salon de 1844. Le modèle a été reconnu comme étant Zélie Courbet.

[12] Femme endormie (La Bacchante), ca 1844-47, huile sur toile, 65 x 81 cm, Fondation Rau pour le Tiers Monde, ZurichC0052
Femme endormie (La Bacchante)
L'Homme à la ceinture de cuir, portrait de l'artiste
[13] L'Homme à la ceinture de cuir, portrait de l'artiste, 1845-46, huile sur toile, 105 x 81,2 cm, musée d'Orsay, ParisC0060
Le Violoncelliste (Autoportrait)
[14] Le Violoncelliste (Autoportrait), 1847, huile sur toile, 117 x 89 cm, National Museum, StockholmC0068
La Vallée de la Loue par ciel d'orage
[15] La Vallée de la Loue par ciel d'orage, ca 1849, huile sur toile, 54 x 65 cm, musée des beaux-arts de StrasbourgC0098
 Marc Trapadoux examinant un livre d’estampes 
[16] Marc Trapadoux examinant un livre d’estampes, ca 1849, huile sur bois, 40,5 x 32 cm, donation Pierre Lévy, musée d'art moderne, TroyesC0092
Une après-dînée à Ornans
[17] Une après-dînée à Ornans, 1848-49, huile sur toile, 195 x 257 cm, palais des beaux-arts, LilleC0084
 La Vendange à Ornans, sous la Roche-du-Mont 
[18] La Vendange à Ornans, sous la Roche-du-Mont, 1849, huile sur toile, 71 x 97 cm, collection Oskar Reinhart, WinterthurC0093
Un enterrement à Ornans
[19] Un enterrement à Ornans, ca 1849-50, huile sur toile, 315 x 668 cm, musée d'Orsay, ParisC0086
Les Paysans de Flagey revenant de la foire
[20] Les Paysans de Flagey revenant de la foire, 1850, huile sur toile, 208,5 x 275,5 cm, musée des beaux-arts, BesançonC0100
 Les Casseurs de pierres (détruite en 1945) 
[21] Les Casseurs de pierres,1849, huile sur toile, 165 x 257 cm, anciennement à Dresde, détruit dans les bombardements de 1945C0095
 Les Casseurs de pierre 
 Le Casseur de pierres 
[22] Les Casseurs de pierre, 1849, huile sur toile, 56 x 65 cm, collection Oskar Reinhart, WinterthurC0096
[23] Le Casseur de pierres, 1849, huile sur toile, 45 x 55 cm, collection particulière (Suisse)C0097

Études pour le n° C0095.

 

Les trois compositions présentent leurs personnages dans la campagne. L'Enterrement a, en particulier, pour fond les hautes collines rocheuses qui entourent Ornans. Le Retour de la foire et les Casseurs de pierres sont également montrés au milieu des paysages. Jusqu'ici Courbet avait peint ses paysages et ses scènes de personnages, comme son Violoncelliste et son Après-dinée, disjoints, à part les uns des autres. Aujourd'hui qu'il veut rendre les traits de son pays natal dans leur plénitude, il combine ses créations de manière à placer ses personnages au milieu de la nature, il marie les hommes et la terre. L'Enterrement, le Retour de la foire, les Casseurs de pierres furent envoyés par Courbet au Salon de 1850.

Il les avait accompagnés d'œuvres moins importantes, des paysages, des portraits, le sien connu comme L'Homme à la pipe [C0087] et ceux de Berlioz [C0103], de Francis Wey [non reproduit, musée d'Ornans, non référencé par Pierre Courthion], de l'apôtre Jean Journet [C0099].

[24] L'Homme à la pipe, ca 1846 , ...