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Jean-Henri Buffon

De
114 pages

L’auteur compose une pièce de théâtre historique dédiée entre autres aux passionnés d'escrime. Le dramaturge opte pour une disposition scénique originale qui présente parallèlement le personnage de Jean-Henri Buffon adulte et enfant. À la solitude de l'homme dans sa cellule de prison s'oppose l'entrain du jeune garçon subjugué par son maître d'armes Monsieur de Bourneuil. Au fil des âges, nous voyons l'élève se perfectionner dans l'apprentissage du maniement du fleuret et acquérir la force mentale nécessaire à la maîtrise de l'art de l'escrime. Il doit ensuite quitter sa chère femme Elisabeth pour combattre à la guerre, où il se comporte en héros. Mais à son retour, grisé par le succès et les honneurs, il se livre à tous les excès sans retenue. Son comportement finit par avoir raison de la patience du Roi qui le fait arrêter, avant d'accepter sa rédemption. Les dialogues enlevés rendent l'atmosphère si particulière de l'époque et l'esprit de franche camaraderie qui unit le groupe d'« inséparables » personnages.


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Couverture
Copyright
Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-334-23615-7
© Edilivre, 2017
Scène 1
La lumière monte sur la scène. Celle-ci est partagée en 2 parties. L’une est la cellule de prison où est enfermé Jean-Henri Buffon adulte. L’autre est un espace de jeu. Dans la cellule, un homme (Jean-Henri Buffon) est sur son lit.
ème La lumière monte sur le 2 plan. Un homme reçoit un enfant.
Tableau 1
(Buffon 8 ans, Mr de Bourneuil)
Le maître d’armes
Bonjour jeune homme.(L’enfant s’incline en enlevant son chapeau) Bien, jeune homme. Je vois que vous n’êtes pas dépourvu des rudiments essentiels du bon savoir vivre… J’y suis sensible… (Pour lui même) quelle sorte d’enfant êtes-vous ?(Le Jaugeant)Alors mon garçon, tu as perdu ta langue ? Et bien, tu as perdu ta langue ? L’enfant
Non Monsieur.
Le maître d’armes
Non Monsieur. Et bien, faisons connaissance. Je suis celui que vous rencontrerez aujourd’hui, demain, après-demain, après après demain et ainsi de suite, jusqu’à ce que moi, je décide que nous ne nous verrions plus. En êtes-vous conscient ? Allez ! Je veux une réponse !
Oui Monsieur.
L’enfant
Le maître d’armes
Oui Monsieur. D’abord nous apprendrons à nous connaître. Je dis, nous parce que si cela va dans un sens, cela va aussi dans l’autre. Nous nous observerons mutuellement. Vous êtes attentif, je serai attentif. Je vous explique quelque chose, vous, vous chercherez à la comprendre. Je n’hésiterai pas à répéter plusieurs fois si je vois que vous n’avez pas compris. Je serai d’une patience d’or. Si vous me montrez… montrer !? Que dis-je… Si vous me démontrez… que je ne perds pas mon temps. Ma première leçon sera la suivante… Vous allez réfléchir dans votre tête et m’apporter ce qui fait la différence entre ces deux mots. Lesquels ? « Montrer » et « démontrer »(L’enfant balbutie quelque chose)que Qu’est-ce vous venez de dire ?(L’enfant fait un pas en arrière effarouché) N’ayez pas peur. Vous pouvez tout me dire. Mes oreilles on entendu bien d’autres balivernes. J’ai cru entendre quelque chose. Allons jeune homme ! Qu’avez-vous dit? L’enfant
Je connais la réponse de la devinette.
Alors je vous écoute.
Le maître d’armes
L’enfant
Montrer, c’est faire voir à autrui. Démontrer, c’est prouver d’une manière incontestable vis-à-vis d’autrui…
Le maître d’armes (Surpris)
Qui vous a appris à raisonner par les mots ?
Mon père Monsieur.
(L’enfant pique Du nez)
L’enfant
Le maître d’armes
Et… Et qui était votre père ?(L’enfant le nez baissé).Et bien ?
L’enfant
Et bien, qui ?!
Mon père était… François Buffon… Il est mort. Il était le Comte de Maussac.
Le maître d’armes
Celui qui réfléchit par les mots réfléchit à l’image même de la pensée. Et… Qui vous envoie à moi ?
Ma mère, Monsieur.
L’enfant
Le maître d’armes
Je vois. Votre mère. Et quel âge avez-vous ?
Huit ans Monsieur.
L’enfant
Le maître d’armes
Sachez, qu’ici, jeune homme, à Huit ans certains savent faire la différence, et ce, depuis Trois ans, la différence disais-je, qu’il y a entre une Rapière et une Brette ou encore un Fleuret. Vous aurez l’occasion de les rencontrer, car vous les aurez pour partenaires. Cependant, je vous prendrai en cours particuliers le temps qu’il faudra pour le perfectionnement. Je jugerai ensuite de l’état de vos progrès.(Changeant de sujet). Pourquoi baissez-vous les yeux lorsque je vous parle ? Vos souliers ne seraient-ils pas cirés ?
Ho si Monsieur !
L’enfant
Le maître d’armes
(S’approchant de lui)
Ha, je vois. C’est peut-être cette cicatrice que je porte au visage qui vous fait peur. Avez-vous peur des cicatrices Monsieur Buffon ? Comment la trouvez-vous ? Allons, des mots formulants une réponse ! Tout de suite !
Elle est amusante…
L’enfant (Souriant d’un air enfantin et gai)
Le maître d’armes
(Fronçant les sourcils) Il la trouve amusante !?(Il éclate de rire)c’est vous qui Mais m’amusez, Monsieur Buffon ! Je me méfie des âneries que je peux dire de temps à autres ; mais là, ça sera sans me plaindre si je m’avance à dire que l’on va s’entendre ! Votre prénom Monsieur Buffon ?
L’enfant
Jean-Henri Monsieur.
Le maître d’armes
(Lui tendant la main)
Et bien Monsieur Jean-Henri Buffon, vous êtes reçu à l’examen d’entrée de la classe d’armes de Monsieur Savinien de Bourneuil.(L’enfant vient, après un salut, serrer la main du Maitre d’armes)Ha ! Tant que j’y pense… Il est interdit de m’appelerMonsieur de Bouvreuil” dans mon dos… Cela me fâche…
Scène2
La lumière monte sur la cellulede J-H Buffon. Buffon
Monsieur de Bourneuil. Il fréquentait les salons littéraires et se vantait de de former des esprits avant tout autre chose.
* * *
La lumière remonte sur l’espace jeu.
Tableau 2
(Mr de Bourneuil et Buffon 12 ans)
de Bourneuil
Non, non, Monsieur Buffon ! Non, non et encore non ! Un mauvais geste ne doit pas avoir de prise sur vous. Car votre adversaire le verra. Ce mauvais geste lui donnera l’ascendant. Et vous le paierez cher. Rappelez vous notre première leçon : il ne s’agit pas de montrer, il faut démontrer ! En loccurrence Monsieur Buffon, que devons nous démontrer ? Je vous écoute… Buffon
Notre force Monsieur.
de Bourneuil
Oui jeune homme. Notre force. Bien souvent, dans la vie vous serez confronté à ce fait. Même hors des luttes, vous aurez à démontrer votre force. Celle du caractère ; celle de la conviction. Parfois, quelques mots dans une phrase désarmeront plus qu’aucun homme. Buffon
Je… j’ai du mal à comprendre.
de Bourneuil
Bien sûr. Vous êtes jeune. Mais faîtes un peu travailler votre cervelle Monsieur Buffon. Savoir se servir d’une arme, certes voilà notre but. Mais cela ne vous empêche nullement de faire fonctionner vos méninges. Auriez-vous un grain de blé entre les oreilles Monsieur Buffon ? Buffon
Non Monsieur.
De Bourneuil (Posant son épée)
Ecoutez, Monsieur Buffon, et ceci je ne le répèterai qu’une fois… Comprenez bien que n’importe qui peut bêtement mettre en action des rudiments. Par contre, peu sont ceux qui comprennent les mécanismes. Si un geste s’inscrit dans le cadre d’une règle, il a été appris : montré, démontré et admis comme étant le bon. Il a donc été réfléchi, testé et éptouvé comme étant le plus efficace. Vous saisissez ?
Je crois… Je crois oui.
Buffon
de Bourneuil
Bon. Or, Monsieur Buffon, je vous parle rien qu’à vous… Si vous êtes capable de comprendre, vous serez aussi capable de remettre en cause. Vous pouvez comprendre vos gestes, vous pouvez aussi comprendre le geste de votre adversaire. Lorsqu’il vous paraîtra évident que cela est comme une mécanique, alors vous pourrez imaginer une autre façon de vous servir de votre arme. M’avez-vous suivi ?
Oui Monsieur. Mais… Que faut’il faire ?
Buffon
de Bourneuil
Ce qu’il faut faire !? Un assaut, une mort. Une suite de gestes précis, une vie de perdue. Net et définitif. Alors votre force sera démontrée, croyez moi. Vous ai-je déjà parlé du fameux coup de Jarnac ?
Non Monsieur.
Buffon
de Bourneuil (Le prenant par les épaules)
Posez donc votre épée. Le cours continue mais pour une fois nous ferons de la parlote. Il s’agit d’un duel historique pour lequel les deux protagonistes réclamèrent l’arbitrage du roi Henri II, devant tous les plus grands de la cour de France. Cette querelle éclata sous le règne de François Ier. Guy Chabot Seigneur De Jarnac avait dit à son ami, Lachataigneraie qu’il vivait bons termes avec sa belle mère et tirait tout l’argent pour faire bonne figure à la cour. Or, Lachataigneraie ébruita ce propos qui fut déformé Il fit considérer Jarnac comme étant l’amant de sa propre belle mère. Celui-ci demanda réparation et lança son cartèle. Lachataigneraie était le favori d’Henri II. Le duel fut fixé en Juillet 1547, à Saint Germain en Laye. Les deux adversaires lancent leurs assauts respectifs, jusqu’à ce que, Jarnac, soudainement, touche Lachâtaignerai… Vous savez où ?
Non Monsieur.
Buffon
de Bourneuil
Le coup fut porté au jarret gauche… puis un autre dans la foulée toujours au même endroit. Lachataigneraie s’effondra. Vous comprenez à présent pourquoi je vous demande de réfléchir à ce que vous faîtes, Monsieur ?
Buffon
J’ai un peu de mal… Mais je crois comprendre.
de Bourneuil
Continuons notre histoire. Tu vas comprendre. A l’époque, il convenait d’attaquer au visage ou à la poitrine. Jarnac a sorti un coup totalement imprévu. Une botte dite « secrète », que lui avait enseigné un maître d’arme Italien. Face à ce coup porté, Lachataigneraie n’a pas pu se défendre car il ne connaissait pas la parade. Il en a perdu la vie. Lachataigneraie appliquait ses rudiments de façon édifiante, mais Jarnac a su placer le geste au moment judicieux. Je vous rappelle qu’à l’époque il convenait d’attaquer au visage ou à la poitrine. Jarnac est sorti des conventions. Pourtant, les gens qui assistèrent au duel, trouvèrent la lutte courtoise et le coup loyal.
Buffon
J’ai une question, Monsieur De Bourneuil.
de Bourneuil
Toutes tes questions en ce qui me concerne trouveront leur réponse. Ta question ?
Buffon
Si le geste s’inscrit dans une discipline, est-ce que le but doit nous intéresser ?
de Bourneuil
(Le souffle coupé)
Que ta question est étrange ! C’est le but qui argumente le combat. Notre but est de toucher l’adversaire sans qu’il nous touche. Au bout n’oublions pas que nous causons une blessure… voire une mort mon garçon. Il n’y a rien de passionnant là-dedans. Ou sinon vous n’avez de goût que pour mettre à mal et dans ce cas, vous vous trompez de cours, Monsieur ! C’est l’esprit qui guide le...